3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
L’histoire vraie d’une patiente qui a transformé sa vie à Saintes.
Je n’ai pas eu besoin de regarder l’heure pour savoir que la consultation allait dépasser. Quand une patiente pousse la porte avec ce regard-là, celui qui dit « je suis venue parce que je n’ai plus rien à perdre », je sais qu’on ne va pas se contenter d’un échange de quinze minutes. Elle s’appelle Sophie (j’ai changé son prénom, bien sûr), elle a 42 ans, elle habite près de Saintes, et elle vit avec des migraines depuis plus de vingt ans.
Elle s’est assise, a posé son sac à main sur ses genoux comme si elle avait peur qu’on le lui vole, et elle a dit : « Je ne crois pas à l’hypnose. Mais je ne crois plus aux médicaments non plus. Alors je viens voir. »
Je ne lui ai pas répondu qu’il fallait croire. Je lui ai répondu que ce n’était pas une question de croyance, mais de fonctionnement. Et on a commencé à travailler.
Trois séances plus tard, Sophie a arrêté de compter les jours sans migraine. Pas parce qu’elle avait renoncé à compter, mais parce qu’elle n’en avait plus besoin. La dernière fois qu’elle a eu une crise, c’était avant la troisième séance. Depuis, c’est le silence. Un silence qu’elle décrit comme « assourdissant de bien-être ».
Ce que je vais vous raconter ici, ce n’est pas une promesse. Je ne vais pas vous dire que l’hypnose guérit tout le monde ni que vous serez débarrassé de vos migraines en trois séances comme Sophie. Chaque histoire est unique. Mais ce qui est arrivé à Sophie est arrivé à d’autres, et je pense que ça mérite qu’on prenne le temps d’en parler. Parce que derrière le « témoignage » que vous lisez dans le titre, il y a des mécanismes concrets, une écoute, et un travail que vous pouvez comprendre et, peut-être, envisager pour vous.
Alors on va décortiquer ensemble ce qui s’est passé, pourquoi ça a fonctionné, et ce que ça signifie pour vous si vous lisez ces lignes avec une boule dans le ventre ou une douleur dans la tempe.
Sophie avait tout essayé. Les triptans, les anti-inflammatoires, les bêtabloquants, l’acupuncture, l’ostéopathie, le régime sans gluten, le yoga chaud, le froid, le silence absolu, les lunettes teintées, les injections de Botox. Elle avait consulté trois neurologues, un rhumatologue, un ORL, et même un dentiste pour vérifier un éventuel bruxisme. Rien n’avait durablement fonctionné.
Ce n’est pas rare. Les migraines sont un des motifs de consultation les plus fréquents en cabinet, et aussi l’un des plus frustrants pour les personnes qui en souffrent. Pourquoi ? Parce que la médecine conventionnelle traite souvent la migraine comme un problème localisé dans la tête. On cherche un dérèglement vasculaire, une inflammation, un déséquilibre chimique. On prescrit des molécules qui agissent sur ces mécanismes. Et parfois ça marche, parfois pas.
Mais ce qu’on oublie trop souvent, c’est que la migraine n’est pas seulement un symptôme neurologique. C’est aussi un signal. Un signal que quelque chose, dans le système, est en déséquilibre. Et ce quelque chose n’est pas toujours dans les vaisseaux sanguins ou les neurotransmetteurs.
Quand j’ai interrogé Sophie sur les moments où ses migraines survenaient, elle m’a répondu : « N’importe quand. Le matin, le soir, le week-end, au travail. » C’était sa vérité subjective, et je la respecte. Mais en creusant un peu, on a commencé à voir apparaître des régularités. Pas des régularités de calendrier, mais des régularités de contexte. Ses migraines étaient plus fréquentes après des conflits relationnels. Elles arrivaient plus souvent quand elle se sentait coincée dans une situation professionnelle qu’elle vivait comme une impasse. Elles étaient plus intenses les jours où elle avait du mal à dire non.
Vous voyez où je veux en venir ?
La migraine n’est pas « dans la tête » au sens où elle serait imaginaire. Elle est bien réelle, elle fait mal, elle handicape. Mais son déclencheur n’est pas toujours physique. Il peut être émotionnel, relationnel, existentiel. Le corps et l’esprit ne sont pas séparés par une frontière étanche. Ce qui se passe dans votre vie affective, dans votre stress, dans vos non-dits, ça circule. Et parfois, ça finit par taper à la porte sous forme de douleur.
« La migraine n’est pas une faiblesse. C’est un signal que votre système envoie parce qu’il n’a pas trouvé d’autre moyen de se faire entendre. »
Je ne dis pas que toutes les migraines sont d’origine émotionnelle. Il existe des migraines purement neurologiques, génétiques, hormonales. Mais je constate que chez une majorité des personnes que je reçois, il y a une composante émotionnelle ou relationnelle qui a été négligée. On a traité le symptôme sans écouter le message.
Sophie, en vingt ans, n’avait jamais été interrogée sur ce qui se passait dans sa vie au moment où ses migraines avaient commencé. Personne ne lui avait demandé : « Qu’est-ce qui s’est passé pour vous, à ce moment-là ? » On lui avait demandé : « Depuis quand ? », « À quelle fréquence ? », « Quelle douleur sur l’échelle de 1 à 10 ? ». Des questions utiles, mais pas suffisantes.
Quand Sophie est arrivée dans mon cabinet, elle était sur la défensive. Pas contre moi personnellement, mais contre l’idée même que « parler » puisse changer quelque chose à une douleur physique. Elle m’a dit : « Je ne vois pas comment des paroles vont faire passer une migraine. »
C’est une objection légitime. Et je vais être honnête : si l’hypnose fonctionnait uniquement par la parole consciente, elle n’aurait aucun effet sur la douleur. Heureusement, ce n’est pas comme ça que ça marche.
L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, ne consiste pas à donner des ordres à votre cerveau conscient. Elle ne vous dit pas : « Vous allez arrêter d’avoir mal ». Ce serait aussi inefficace que de vous ordonner de ne pas avoir faim. La douleur, comme la faim, est gérée par des parties de votre cerveau qui n’obéissent pas à la raison.
Ce que fait l’hypnose, c’est qu’elle crée un état de conscience modifié qui permet d’accéder à des ressources inconscientes. C’est un état naturel, que vous expérimentez déjà tous les jours sans le savoir : quand vous êtes absorbé par un film, quand vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir du trajet, quand vous rêvassez dans le bus. Dans cet état, votre cerveau est plus réceptif aux suggestions, mais surtout, il est capable de faire des liens que votre mental conscient ne fait pas.
Avec Sophie, je n’ai pas cherché à lui « enlever » sa migraine par une formule magique. J’ai cherché à comprendre, avec elle, ce que sa migraine représentait dans son système. Et pour ça, j’ai utilisé une approche que j’apprécie particulièrement : l’IFS, ou Internal Family Systems.
L’IFS, c’est un modèle qui considère que notre psychisme est composé de différentes « parties » qui ont chacune une fonction et une intention positive, même quand leurs comportements nous semblent nuisibles. Une migraine, dans ce cadre, n’est pas un ennemi à abattre. C’est une partie de vous qui essaie de vous protéger, ou de vous signaler quelque chose, avec les moyens dont elle dispose.
Je ne vais pas vous détailler les trois séances de Sophie, parce que chaque accompagnement est unique et que ce qui a fonctionné pour elle ne fonctionnera pas forcément pour vous de la même manière. Mais je peux vous dire ce qui s’est passé en gros.
Lors de la première séance, Sophie a identifié que sa migraine apparaissait souvent après avoir retenu quelque chose qu’elle aurait voulu dire. Pas une colère explosive, plutôt une petite phrase avalée, un « non » transformé en « oui » pour faire plaisir, une opinion tue pour éviter un conflit. Sa migraine, c’était comme un signal d’alarme que son corps allumait quand sa parole était bloquée.
La deuxième séance a permis d’explorer ce qui se passait dans son corps au moment où elle avalait ses mots. Elle a décrit une tension dans la mâchoire, une fermeture de la gorge, un poids sur les épaules. On a travaillé sur ces sensations, non pas pour les faire disparaître, mais pour les accueillir et comprendre ce qu’elles avaient à dire.
La troisième séance, c’est celle où quelque chose a basculé. Sophie a eu une expérience qu’elle décrit comme « une libération physique ». Elle a senti, pendant l’état hypnotique, une chaleur se déplacer dans son corps, une détente dans des zones qu’elle n’avait pas senties relâchées depuis des années. Elle a pleuré. Pas de tristesse, plutôt de soulagement. Comme si quelque chose d’ancien, de retenu, avait enfin trouvé une sortie.
Depuis cette troisième séance, Sophie n’a plus eu de migraine. Pas une seule. C’est son témoignage, et je le rapporte tel qu’elle me l’a confié. Mais je dois être clair : ce n’est pas une généralité. Certaines personnes voient leurs migraines diminuer en fréquence ou en intensité, d’autres les voient disparaître complètement, d’autres encore constatent une amélioration progressive. Il n’y a pas de résultat garanti, parce qu’il n’y a pas de cause unique.
Ce qui a changé pour Sophie, au-delà de la disparition des migraines, c’est sa relation à son corps. Avant, elle vivait dans un état de vigilance permanent. Chaque petite tension dans la nuque, chaque point lumineux un peu trop fort, chaque odeur un peu entêtante, c’était l’angoisse : « Est-ce que ça va déclencher une migraine ? » Elle passait sa vie à anticiper la douleur, ce qui est épuisant en soi.
Après le travail d’hypnose, elle a commencé à écouter son corps différemment. Non plus comme un ennemi potentiel qui allait la trahir à tout moment, mais comme un allié qui lui envoie des signaux précoces. Elle a appris à repérer les micro-tensions qui précèdent une crise, non pas pour les combattre, mais pour les accueillir et leur donner ce dont elles ont besoin : une pause, une respiration, une parole non dite enfin exprimée.
C’est là que l’Intelligence Relationnelle entre en jeu. Ce n’est pas un terme compliqué : c’est simplement la capacité à être en relation avec soi-même et avec les autres de manière authentique, sans se trahir. Sophie a réalisé qu’une grande partie de ses tensions venait de son incapacité à poser des limites claires dans ses relations. Elle disait « oui » quand elle pensait « non », elle encaissait des remarques sans répondre, elle portait des charges émotionnelles qui n’étaient pas les siennes. Son corps, fatigué de porter tout ça, finissait par crier avec une migraine.
Le travail ne s’est pas arrêté à la troisième séance. Je lui ai donné des outils simples pour continuer chez elle, entre nos rendez-vous. Des exercices d’auto-hypnose, des petits rituels pour vérifier son état intérieur, des façons de dire « non » sans se justifier pendant dix minutes. Ce sont des choses que vous pouvez apprendre, vous aussi, même sans venir me voir. Je vous en donnerai un exemple à la fin de cet article.
L’idée, ce n’est pas de devenir parfait. Sophie n’est pas devenue une personne qui ne ressent plus jamais de stress ou de colère. Elle a simplement appris à repérer quand son système commence à saturer, et à intervenir avant que le signal ne devienne une douleur insupportable.
« Le corps ne ment pas. Il dit ce que vous ne vous autorisez pas à dire. L’hypnose n’est pas un cachet, c’est une traduction. »
Je ne voudrais pas vous laisser avec une image trop idyllique. L’hypnose n’est pas une baguette magique, et je serais malhonnête si je vous disais le contraire. Il y a des choses qu’elle ne fait pas, et il est important que vous le sachiez avant de décider si cette approche est pour vous.
L’hypnose ne remplace pas un diagnostic médical. Si vous avez des migraines, la première chose à faire est de consulter un médecin, idéalement un neurologue, pour écarter des causes organiques graves. Je ne reçois jamais quelqu’un sans lui demander s’il a un suivi médical. L’hypnose peut être un complément puissant, mais elle n’est pas un substitut à un bilan de santé.
L’hypnose ne vous contrôle pas. Il y a une idée reçue tenace selon laquelle le praticien vous « prendrait le contrôle » de votre esprit. C’est faux. Pendant une séance, vous restez conscient de ce qui se passe, vous pouvez ouvrir les yeux à tout moment, et vous n’allez rien faire que vous ne voulez pas faire. L’état hypnotique est un état de concentration intérieure, pas de soumission.
L’hypnose ne fonctionne pas si vous êtes dans une opposition totale. Ce n’est pas une question de « croire » ou non, mais plutôt d’être ouvert à l’expérience. Vous pouvez être sceptique et pourtant bénéficier d’une séance, à condition que vous acceptiez de laisser faire, au moins un peu. Si vous venez avec la ferme intention de résister à tout, ça ne marchera pas. Mais honnêtement, si vous êtes dans cet état d’esprit, vous ne seriez probablement pas en train de lire cet article.
L’hypnose ne guérit pas tout le monde. J’ai eu des patients pour qui l’hypnose a été un vrai tournant, comme Sophie. J’en ai eu d’autres pour qui ça n’a pas fonctionné, ou seulement partiellement. Parfois, le problème est trop ancré, ou il nécessite un autre type d’accompagnement, ou la personne n’est tout simplement pas prête à ce moment-là. Et c’est correct. Mon rôle n’est pas de vous promettre un miracle, mais de vous proposer un outil supplémentaire, et de vous accompagner avec honnêteté.
Enfin, l’hypnose ne vous transforme pas en une autre personne. Vous ne deviendrez pas quelqu’un de calme si vous êtes naturellement nerveux. Vous ne deviendrez pas quelqu’un d’extraverti si vous êtes introverti. Ce qu’elle peut faire, en revanche, c’est vous aider à apaiser les tensions qui vous empêchent d’être pleinement vous-même, sans avoir à vous battre constamment contre votre propre système.
Vous vous demandez peut-être pourquoi je parle de préparation mentale sportive dans un article sur les migraines. La réponse est simple : la plupart des mécanismes sont les mêmes.
Quand j’accompagne un coureur de fond ou un footballeur, on travaille sur la gestion du stress, la concentration, la confiance en soi, et surtout la capacité à écouter son corps sans se laisser submerger par la douleur ou l’anxiété. Un coureur qui a des crampes ne panique pas, il respire, il ajuste sa foulée, il sait que c’est un signal et pas une fin. Une personne migraineuse peut apprendre exactement la même chose.
Le parallèle est encore plus frappant quand on observe comment les sportifs de haut niveau gèrent la douleur. Ils ne la nient pas, ils ne la combattent pas frontalement, ils l’accueillent et la traversent. C’est une compétence qui s’apprend, et l’hypnose est un excellent outil pour ça.
J’ai vu des footballeurs retrouver leur lucidité après une série d’erreurs techniques liées au stress. J’ai vu des coureurs repousser leurs limites en apprenant à respirer dans l’effort plutôt qu’à le subir. Et j’ai vu des personnes comme Sophie apprendre à ne plus avoir peur de leur propre corps.
Dans les deux cas, le travail est le même : sortir
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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