3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
L’histoire d’une patiente qui a retrouvé un ventre paisible.
Je l’ai vue arriver un mardi matin, déjà installée dans la salle d’attente, le sac posé sur les genoux, le dos bien droit. Michèle a 42 ans, elle est mère de deux adolescents, commerciale dans une entreprise de matériaux de construction. Elle m’a été adressée par son médecin traitant, après des années d’examens, de prises de sang, d’échographies et de coloscopies. Tout était normal. « On ne trouve rien », lui avait-on dit. Sauf qu’elle, elle vivait avec cette douleur au ventre depuis plus de six ans.
Elle m’a raconté son quotidien avec une précision presque chirurgicale. Les réveils à 4 heures du matin, cette sensation de poing serré sous les côtes, les crampes qui la plient en deux au volant, entre deux rendez-vous clients. Les repas au bureau qu’elle repousse par peur de la crise. Les soirées annulées, les sorties au restaurant évitées, les vacances gâchées parce que « on ne sait jamais quand ça va arriver ». Elle avait tout essayé : le régime sans gluten, les probiotiques, l’ostéopathie, l’acupuncture, les médicaments anti-spasmodiques, les anxiolytiques légers. Rien n’avait vraiment tenu.
Ce jour-là, elle m’a regardé avec un mélange d’espoir et de lassitude : « On m’a dit que l’hypnose pouvait aider. Mais franchement, je ne vois pas comment parler de mes émotions va faire passer une douleur physique. »
Je lui ai répondu la même chose que je vais vous écrire aujourd’hui : ce n’est pas une question de « croire » ou de « vouloir ». C’est une question de comprendre ce que le ventre fait, vraiment, dans votre corps.
La première chose que j’explique à toutes les personnes qui arrivent avec une douleur abdominale chronique, c’est que le ventre n’est pas un simple organe de digestion. C’est un deuxième cerveau. Littéralement. On appelle ça le système nerveux entérique : un réseau de plus de 100 millions de neurones qui tapisse l’œsophage, l’estomac et les intestins. Il communique en permanence avec le cerveau via le nerf vague, cette autoroute bi-directionnelle qui relie la tête au ventre.
Quand Michèle me disait « je ne stresse pas », elle disait vrai sur le plan conscient. Elle gérait son équipe, ses enfants, son planning, tout semblait sous contrôle. Mais son système nerveux, lui, n’avait pas reçu le message. Il continuait à fonctionner en mode vigilance, parce que son histoire personnelle l’avait conditionné à rester en alerte. Pas un stress aigu, pas une peur panique, non. Plutôt une tension de fond, un bruit de fond physiologique, une veille permanente. Et ce bruit de fond, le ventre le traduit en contractions, en spasmes, en inflammations de bas niveau.
Ce que Michèle vivait n’était pas « dans sa tête » au sens où la douleur serait imaginaire. La douleur était bien réelle, bien physique, bien mesurable dans les tensions de sa paroi abdominale. Mais son origine n’était pas une lésion organique. C’était une habitude de son système nerveux : celle de serrer, de contracter, de protéger, même quand il n’y avait plus rien à protéger.
L’hypnose, dans ce cadre, ne vient pas « enlever la douleur » comme on efface une tache. Elle vient réapprendre au système nerveux à se détendre, à envoyer un signal différent au ventre. Elle vient remettre du jeu là où il n’y avait que du verrouillage. Et ça, ça change tout.
Quand vous souffrez depuis des années, la dernière chose que vous avez envie d’entendre, c’est « détendez-vous ». Non seulement c’est impossible, mais en plus ça ajoute une pression : celle de ne pas y arriver. Je ne demande jamais à mes patients de se relaxer. Je leur propose d’abord de partir ailleurs.
Avec Michèle, la première séance a été une séance d’exploration. Je ne lui ai pas fait faire un voyage imaginaire sous une cascade. Je lui ai demandé de fermer les yeux et de décrire sa douleur comme si c’était un objet. Sa forme, sa couleur, sa texture, sa température. Elle m’a dit : « C’est une boule grise, dure, froide, juste sous le sternum. Elle a des petites aspérités, comme une pierre volcanique. » Je lui ai demandé ce qu’elle ressentait à côté de cette pierre, autour. « Rien. Juste du vide, comme un désert. »
Ce n’était pas un exercice poétique. C’était une manière de cartographier la sensation sans la juger, sans vouloir la chasser. Parce que tant qu’on lutte contre une douleur, on la maintient en vie. La lutte crée de la tension, et la tension alimente la douleur. C’est un cercle vicieux que l’hypnose permet de briser, en changeant la relation à la sensation.
Ensuite, je l’ai invitée à imaginer qu’elle pouvait modifier un tout petit paramètre de cette pierre. Juste un détail. Elle a choisi de la faire passer du gris au bleu clair. Rien de plus. Et là, elle a eu un sursaut : « C’est bizarre, ça chauffe un peu. » Ce petit changement de couleur, qui n’a rien de « réel », a pourtant modifié sa perception physiologique. Parce que le cerveau ne fait pas la différence entre une sensation imaginée et une sensation vécue, quand elle est suffisamment incarnée. C’est le principe de la neuroplasticité perceptive.
La première séance n’a pas fait disparaître la douleur. Mais elle a ouvert une brèche. Michèle est repartie avec une certitude nouvelle : « Je peux faire quelque chose avec cette douleur. Je ne suis plus totalement impuissante. »
Je vais vous donner quelques clés pour comprendre ce qui se joue, parce que je crois que comprendre, c’est déjà commencer à guérir.
Quand vous êtes en hypnose, vous ne perdez pas conscience. Vous ne dormez pas. Vous n’êtes pas sous emprise. Vous entrez dans un état d’attention focalisée, un peu comme quand vous êtes absorbé par un film, une musique, ou une route familière. Dans cet état, votre cortex préfrontal — la partie rationnelle, celle qui analyse, qui juge, qui contrôle — réduit son activité. Et en parallèle, votre système limbique — la partie émotionnelle — et votre système nerveux autonome deviennent plus accessibles au changement.
Concrètement : si votre ventre a appris à se contracter en réponse à un stress ancien, l’hypnose permet de lui réapprendre à se détendre, en court-circuitant les habitudes automatiques. C’est un peu comme si vous reprogrammiez un logiciel qui tournait en boucle depuis des années.
Ce n’est pas magique. C’est neurobiologique. Et c’est pour ça que ça fonctionne sur des douleurs fonctionnelles — c’est-à-dire des douleurs sans lésion organique identifiable — comme le syndrome de l’intestin irritable, les douleurs abdominales chroniques, les colopathies, les spasmes, les reflux sans cause mécanique.
Michèle avait un SII (syndrome de l’intestin irritable) diagnostiqué. Mais elle avait aussi une histoire. Une enfance où il fallait être forte, où montrer ses émotions était perçu comme une faiblesse. Une vie professionnelle où elle devait encaisser sans broncher. Un corps qui avait appris à tout garder à l’intérieur. Et ce « tout garder », le ventre le payait cash.
La troisième séance, je m’en souviens bien. Michèle est arrivée en disant : « Ça va un peu mieux, mais c’est encore là. » Je lui ai proposé un travail différent. Au lieu de modifier la sensation, je l’ai invitée à remonter le fil du temps, en hypnose, pour retrouver la première fois que son ventre s’est serré comme ça.
C’est une technique que j’utilise souvent : la régression en âge, en douceur, sans forcer, sans interprétation. On ne va pas chercher un traumatisme caché, on va simplement laisser le corps raconter son histoire. Parce que le corps n’oublie pas. Il enregistre tout, même ce que la tête a choisi de ranger dans un coin.
Michèle s’est vue à 8 ans, dans la cuisine de ses parents. Sa mère venait de lui annoncer que son père partait, qu’il ne reviendrait pas. Elle se souvient d’avoir serré les poings, serré les dents, serré le ventre. « Il ne faut pas pleurer, il faut être forte pour maman. » Elle avait avalé ses larmes, littéralement. Et ce jour-là, son ventre avait pris le relais. Il était devenu le gardien de toutes les émotions qu’elle ne pouvait pas exprimer.
En hypnose, je lui ai proposé de revenir dans cette cuisine, mais cette fois en tant qu’adulte, à côté de la petite fille. Je lui ai demandé ce qu’elle avait envie de lui dire. Elle a pleuré, doucement, et elle a dit : « Tu n’as pas besoin d’être forte. Tu as le droit d’avoir peur. Je suis là. »
Ce n’est pas une scène de film. C’est une scène de guérison. Parce que dans cet état hypnotique, le cerveau de Michèle a pu recontextualiser l’événement. Il a pu envoyer un signal de sécurité au ventre de la petite fille, et par ricochet, au ventre de la femme de 42 ans. Le corps a reçu un message qu’il n’avait jamais reçu : « C’est fini, tu peux lâcher. »
À la fin de cette séance, Michèle s’est levée, a posé la main sur son ventre et m’a dit : « C’est étrange, c’est tout chaud. Et c’est calme. Je n’ai pas mal. »
Je ne vais pas vous dire que la douleur n’est jamais revenue. Elle est revenue, parfois, sous forme de petites alertes. Mais Michèle savait maintenant quoi faire. Elle avait appris, en hypnose, à poser sa main sur son ventre, à respirer vers cette zone, à lui envoyer une image de chaleur et de fluidité. Elle avait appris à ne plus lutter, à accueillir la sensation sans paniquer. Et à chaque fois, la douleur se dissipait en quelques minutes, là où avant elle pouvait durer des heures, des jours.
« Je n’ai plus mal au ventre depuis ma troisième séance d’hypnose. Et ce qui est fou, c’est que je n’ai pas changé mon alimentation, je n’ai pas pris de médicament. J’ai juste appris à parler à mon ventre, et à l’écouter. »
Je veux être tout à fait honnête avec vous, parce que je ne vends pas de la magie. L’hypnose ericksonienne que je pratique ne guérit pas tout, ne remplace pas un diagnostic médical, et ne fonctionne pas pour tout le monde de la même manière.
Si votre douleur au ventre a une cause organique claire — un ulcère perforé, une maladie inflammatoire chronique active, un problème biliaire nécessitant une chirurgie — l’hypnose ne va pas réparer la lésion. Elle peut vous aider à mieux vivre avec la douleur, à diminuer la composante émotionnelle et la tension associée, mais elle ne soigne pas la pathologie sous-jacente. C’est pourquoi je demande toujours un bilan médical récent avant de commencer un accompagnement.
L’hypnose est indiquée pour les douleurs fonctionnelles, les troubles somatoformes, les syndromes où l’examen médical ne trouve pas de lésion, mais où la souffrance est bien réelle. C’est le cas du syndrome de l’intestin irritable, des colopathies, des douleurs abdominales chroniques sans cause organique identifiée, des reflux fonctionnels, des nausées psychosomatiques.
Elle est aussi très efficace pour les douleurs liées au stress, à l’anxiété, aux antécédents traumatiques, aux deuils non faits, aux émotions non exprimées. Parce que tout ça, le ventre le garde. Et il le dit à sa manière : en serrant, en brûlant, en tordant, en bloquant.
Ce que l’hypnose fait, c’est qu’elle redonne au système nerveux la capacité de se réguler. Elle lui réapprend à alterner entre tension et détente, entre contraction et relâchement. Elle n’efface pas l’histoire, mais elle change la manière dont le corps la raconte.
Avant même de prendre rendez-vous, vous pouvez commencer par de petites choses. Je vous les donne parce que je sais que le premier pas est souvent le plus dur, et qu’il peut se faire seul, chez vous, sans matériel, sans technique compliquée.
1. La pause main-ventre Asseyez-vous, posez une main à plat sur votre ventre, juste sous le nombril. Ne cherchez pas à changer quoi que ce soit. Restez simplement avec la sensation de votre main qui chauffe doucement le tissu de votre ventre. Respirez normalement. Si vous sentez une tension, ne la forcez pas. Dites-vous intérieurement : « C’est OK, je suis là. » Faites cela 2 minutes, trois fois par jour. C’est un ancrage de sécurité que vous offrez à votre système nerveux.
2. La cartographie de la douleur Quand vous avez mal, au lieu de vouloir chasser la sensation, prenez un carnet et décrivez-la. Couleur, forme, texture, température, mouvement. Donnez-lui un nom si ça vous vient. Ce n’est pas pour l’amplifier, c’est pour sortir de la lutte. La douleur que l’on observe sans la juger diminue souvent d’intensité. Essayez, vous verrez.
3. La respiration ventrale, mais sans forcer Inspirez par le nez, et imaginez que votre ventre est un ballon qui se gonfle doucement, sans forcer, sans pousser. Expirez par la bouche, comme si vous souffliez sur une bougie. Ne cherchez pas à faire des grandes respirations, juste des petites, confortables. L’idée n’est pas de vous détendre, mais de signaler à votre nerf vague que vous êtes en sécurité. 5 respirations, plusieurs fois par jour.
Ces trois gestes ne remplacent pas un accompagnement, mais ils peuvent déjà créer un début de changement. Certaines personnes que j’ai reçues m’ont dit que la simple pose de la main sur le ventre avait modifié leur rapport à la douleur. Parce que le corps a besoin de sentir qu’on s’occupe de lui, pas qu’on le combat.
Michèle est venue me voir il y a six mois. Aujourd’hui, elle ne consulte plus pour son ventre. Elle a repris les restaurants, les sorties, les vacances. Elle m’a dit récemment : « Je ne me rappelle même plus comment c’était, d’avoir mal tout le temps. C’est comme si mon corps avait oublié. »
Je ne promets jamais ce résultat à personne, parce que chaque histoire est unique. Mais je peux vous dire une chose : quand le corps trouve quelqu’un pour l’écouter vraiment, il lâche souvent ce qu’il portait depuis des années. L’hypnose, l’IFS, l’intelligence relationnelle, ce sont des outils pour ça. Des outils pour que votre ventre, enfin, puisse se reposer.
Si vous lisez ces lignes et que vous reconnaissez votre propre histoire dans celle de Michèle, sachez que vous n’êtes pas seul. La douleur au ventre qui ne passe pas, les examens normaux, la fatigue d’entendre « c’est dans votre tête », tout ça pèse lourd. Mais ce n’est pas une fatalité.
Vous pouvez commencer par un geste simple : posez votre main sur votre ventre, là, maintenant. Respirez. Et si vous sentez que c’est le moment, prenez rendez-vous. Pas pour que je vous guérisse, mais pour que vous appreniez à parler à votre corps, et à l’écouter vraiment. Je suis là pour ça.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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