3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Une expérience vécue de transformation de la douleur en apaisement.
Je me souviens encore du visage de Marc, le jour où il a poussé la porte de mon cabinet. Il avait 52 ans, un regard fatigué, et il s’est assis en laissant tomber ses épaules comme s’il portait un poids invisible. « Je dois subir une ponction lombaire dans trois semaines, m’a-t-il dit. Et honnêtement, je préférerais affronter un match de foot entier sans préparation. » Il a ri jaune. Marc n’avait jamais eu peur des aiguilles, mais là, c’était différent. Ce n’était pas la piqûre qui l’angoissait, c’était l’idée de rester immobile, impuissant, pendant qu’on lui enfonçait une aiguille dans le dos. Il avait déjà vécu une expérience traumatisante avec une prise de sang compliquée des années plus tôt, et depuis, son corps se souvenait.
Marc n’est pas un cas isolé. Chaque semaine, je reçois des personnes qui doivent faire face à des actes médicaux invasifs : biopsies, ponctions, poses de cathéter, examens sous imagerie. La peur n’est pas une faiblesse, c’est une réponse physiologique normale face à une menace réelle ou anticipée. Mais quand cette peur devient bloquante, elle peut transformer un geste médical banal en épreuve. L’hypnose, dans ce contexte, n’est pas une baguette magique. C’est un outil concret pour reprendre le contrôle là où on se sent dépossédé. Marc a accepté de tenter trois séances avant sa ponction. Ce qu’il a vécu mérite d’être raconté, non pas pour faire de l’hypnose une solution miracle, mais pour montrer comment un changement de perspective peut alléger l’insupportable.
Avant d’expliquer comment l’hypnose a aidé Marc, il faut comprendre ce qui se joue dans la tête d’une personne qui doit subir une ponction. Ce n’est pas seulement la douleur physique qui fait peur. C’est tout un scénario qui se déroule en boucle : l’odeur aseptisée de la salle d’examen, le bruit du matériel qu’on prépare, l’attente allongé sur une table froide, l’impression de ne pas pouvoir bouger, de ne pas avoir son mot à dire. Le cerveau, en mode survie, active alors l’amygdale, cette petite région qui sonne l’alarme. Résultat : le rythme cardiaque s’accélère, la respiration devient courte, les muscles se tendent. Et devinez quoi ? Un corps tendu rend la ponction plus douloureuse et plus difficile à réaliser.
Marc m’a décrit cette anticipation comme une « tempête intérieure ». Il se réveillait la nuit en sursaut, imaginait l’aiguille traversant sa peau, et sentait déjà une crampe dans le bas du dos. Cette anxiété anticipatoire est épuisante, et elle peut même conduire à annuler ou reporter l’examen, ce qui retarde le diagnostic ou le traitement. Le problème, c’est que plus on lutte contre la peur, plus elle grandit. C’est le fameux effet « ne pense pas à un ours blanc » : plus vous essayez de ne pas y penser, plus l’image revient.
L’hypnose ne vise pas à supprimer la peur. Elle permet de changer la relation à cette peur. Au lieu de la subir passivement, on apprend à l’observer, à la distancier, à lui donner une forme, une couleur, un endroit dans le corps. On passe d’un état de lutte à un état d’accueil. Et c’est ce changement de posture qui libère.
« Je ne peux pas contrôler ce que mon corps va ressentir pendant la ponction, mais je peux choisir comment je vais l’accueillir. » – Marc, après sa deuxième séance d’hypnose.
L’hypnose, dans le cadre médical, n’a rien de mystique. C’est un état modifié de conscience, parfaitement naturel, que nous expérimentons tous plusieurs fois par jour sans le savoir : quand vous êtes absorbé par un film, quand vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir du trajet, ou quand vous rêvassez sous la douche. Dans cet état, votre cerveau devient plus réceptif aux suggestions, et votre corps peut modifier sa réponse à la douleur.
Concrètement, comment ça marche pour une ponction ? L’idée n’est pas de faire disparaître la sensation, mais de la déplacer, de la transformer, ou de l’atténuer. On peut, par exemple, suggérer à la personne de ressentir une sensation de chaleur ou de froid à l’endroit de la piqûre, ce qui modifie la perception nerveuse. On peut aussi l’inviter à « voyager » mentalement ailleurs – dans un lieu sécurisant, un souvenir agréable – pendant que le geste médical se déroule. Le corps reste sur la table, mais l’esprit est ailleurs, et la douleur perd de son intensité.
Avec Marc, nous avons travaillé sur deux axes. D’abord, la préparation mentale : nous avons créé ensemble un « lieu ressource », un endroit imaginaire où il se sentait totalement en sécurité. Pour lui, c’était une plage déserte en Bretagne, avec le bruit des vagues et l’odeur du sel. Ensuite, nous avons installé un « signal de dissociation » : il pouvait, à tout moment, lever un doigt pour indiquer qu’il souhaitait que je lui parle, mais sans sortir de son état hypnotique. Cela lui donnait un sentiment de contrôle, essentiel pour ne pas se sentir prisonnier.
Lors de la troisième séance, nous avons simulé la ponction en imagination. Je lui ai demandé de fermer les yeux, de se mettre dans l’état hypnotique, et de vivre mentalement chaque étape : l’entrée dans la salle, la position allongée, la désinfection, la piqûre. À chaque étape, je l’invitais à ajuster sa respiration, à envoyer une vague de chaleur dans son dos, à se souvenir qu’il pouvait à tout moment partir sur sa plage. Après cette séance, Marc m’a dit : « Je n’ai plus peur de l’aiguille. J’ai peur de l’inconfort, mais je sais que je peux le traverser. » C’était déjà un énorme pas.
Le grand jour est arrivé. Marc est venu me voir la veille pour une dernière séance de renforcement. Il était calme, concentré, mais un fond d’appréhension restait. Je lui ai appris une technique d’auto-hypnose rapide, qu’il pourrait utiliser seul dans la salle d’attente ou juste avant la ponction. Une simple respiration en trois temps : inspirer en imaginant une lumière blanche qui descend du sommet du crâne jusqu’au dos, bloquer en imaginant cette lumière qui enveloppe la zone sensible, expirer en laissant la tension s’écouler par les pieds. Trois minutes, pas plus.
Le jour de la ponction, Marc est arrivé à l’hôpital. Il m’a raconté plus tard qu’en entrant dans la salle, il a senti son cœur s’emballer. Il a fermé les yeux, a fait sa respiration en trois temps, et a immédiatement senti un apaisement. Le médecin, informé de sa démarche, a accepté de lui laisser quelques secondes pour s’installer dans son état. Marc s’est allongé, a visualisé sa plage bretonne, et a laissé son esprit dériver vers le bruit des vagues.
Pendant la ponction, il a ressenti une pression, une gêne, mais pas de douleur aiguë. Il m’a dit : « C’était comme si mon dos était un peu engourdi, et que la piqûre se passait à côté de moi, pas en moi. » Il est resté immobile, calme, et le geste a duré moins de deux minutes. Le médecin, surpris, lui a demandé ce qu’il avait fait. Marc a souri : « J’ai écouté l’océan. »
Ce qui est frappant dans ce témoignage, ce n’est pas que Marc n’a rien ressenti. Il a ressenti de l’inconfort, de la pression, une certaine gêne. Mais il n’a pas paniqué. Il n’a pas lutté. Il a accueilli la sensation, il l’a observée, et il a choisi de la traverser sans s’y accrocher. C’est exactement ce que permet l’hypnose : non pas l’absence de sensation, mais une relation apaisée avec elle.
Je vais être très clair : l’hypnose n’est pas une anesthésie. Elle ne remplace pas une rachianesthésie ou une anesthésie locale quand le geste médical l’exige. Pour une ponction lombaire, par exemple, une anesthésie locale est souvent pratiquée. L’hypnose vient en complément, pour gérer la part émotionnelle, l’anxiété, la tension musculaire, et la perception subjective de la douleur résiduelle.
Il faut aussi savoir que l’hypnose ne fonctionne pas pour tout le monde de la même manière. Certaines personnes sont très réceptives et entrent facilement dans un état modifié de conscience. D’autres ont besoin de plus de temps, ou ne parviennent pas à lâcher prise complètement. Ce n’est pas un échec, c’est une question de profil psychologique et de familiarité avec la technique. Dans mon cabinet, je propose toujours une à trois séances de préparation avant un acte médical, pour tester la réceptivité et adapter les outils.
Autre point important : l’hypnose ne peut pas effacer un traumatisme profond non résolu. Si une personne a vécu une violence médicale grave, il faudra peut-être un travail plus long, avec d’autres approches comme l’IFS ou l’EMDR, avant que l’hypnose soit efficace. Elle est un outil, pas une panacée.
Enfin, l’hypnose ne vous rend pas dépendant. Vous n’aurez pas besoin d’un hypnotiseur à chaque ponction. L’objectif est de vous apprendre des autosuggestions, des techniques que vous pouvez reproduire seul, comme Marc avec sa respiration en trois temps. Vous devenez acteur de votre expérience.
« L’hypnose ne m’a pas enlevé la peur, elle m’a donné une clé pour ouvrir la porte de la pièce où je l’avais enfermée. » – Propos d’un patient après une biopsie.
Si vous lisez ces lignes et que vous devez subir une ponction, une biopsie, ou tout autre geste médical qui vous angoisse, sachez qu’il est possible de vous préparer. Voici les étapes que je propose à mes patients, et que vous pouvez adapter avec un praticien ou même seul si vous avez déjà une base d’auto-hypnose.
1. Identifiez votre peur précise. Est-ce la piqûre ? L’immobilité ? L’idée de ne pas contrôler ? Le bruit du matériel ? La peur du résultat ? Prenez un carnet et écrivez ce qui vous traverse l’esprit quand vous pensez à ce geste. Plus vous êtes précis, plus vous pouvez cibler le travail.
2. Créez un lieu ressource. Fermez les yeux et imaginez un endroit où vous vous sentez totalement en sécurité, paisible. Cela peut être réel ou imaginaire. Ancrez-le avec tous vos sens : que voyez-vous ? Quels sons entendez-vous ? Quelles odeurs ? Quelle température ressentez-vous sur votre peau ? Entraînez-vous à y retourner plusieurs fois par jour, ne serait-ce que trente secondes.
3. Installez un signal de contrôle. Choisissez un geste simple (lever un doigt, serrer le poing, appuyer le talon) qui signifie « stop », « je veux une pause », ou « je veux qu’on me parle ». Ce signal vous redonne un pouvoir d’action, même minime, et réduit le sentiment d’impuissance.
4. Répétez mentalement le scénario. Comme un sportif qui visualise sa course ou son match, visualisez le déroulement de l’acte médical, étape par étape, en intégrant votre lieu ressource et votre signal de contrôle. Faites-le plusieurs fois, jusqu’à ce que le scénario devienne familier, presque banal.
5. Apprenez une respiration apaisante. La respiration en trois temps que j’ai décrite plus haut est simple et efficace. Vous pouvez aussi utiliser une respiration carrée : inspirez 4 secondes, bloquez 4 secondes, expirez 4 secondes, pause 4 secondes. À répéter 3 à 5 fois avant le geste.
Ces étapes ne demandent pas de don particulier. Juste un peu de temps et de régularité. Et si vous sentez que vous n’y arrivez pas seul, un praticien en hypnose peut vous guider en une ou deux séances.
Un point que Marc a souligné après sa ponction, c’est que l’hypnose ne l’a pas seulement aidé pendant le geste. Elle a transformé son rapport à son corps dans les jours qui ont suivi. Avant, il se méfiait de son dos, il le percevait comme une zone fragile, source de douleur potentielle. Après la ponction, il a ressenti une forme de fierté. Il s’est dit : « Mon corps a traversé ça, et je l’ai accompagné, je ne l’ai pas abandonné. »
Cette reconnexion est cruciale. Beaucoup de personnes qui subissent des actes médicaux invasifs développent une forme d’évitement ou de méfiance envers leur propre corps. L’hypnose, en vous replaçant au centre de l’expérience, vous permet de renouer avec votre corps comme un allié, non comme un ennemi. Vous apprenez à l’écouter, à le rassurer, à le guider.
Dans le cas de Marc, il a même utilisé l’auto-hypnose pour gérer les petites douleurs post-ponction. Au lieu de prendre systématiquement un antalgique, il a passé un « contrat » avec son corps : il respirait en visualisant une lumière bleue qui descendait dans son dos, et il attendait cinq minutes. Dans 80 % des cas, la douleur s’atténuait suffisamment pour qu’il n’ait pas besoin de médicament. Ce n’est pas un rejet de la médecine, c’est une autonomie retrouvée.
Si vous êtes convaincu que l’hypnose peut vous aider, voici comment procéder concrètement. D’abord, parlez-en à votre médecin. La plupart des professionnels de santé sont ouverts à cette complémentarité, surtout si vous leur expliquez que vous souhaitez réduire votre anxiété et améliorer votre confort. Certains hôpitaux proposent même des consultations d’hypnose préopératoire ou pré-examen.
Ensuite, trouvez un praticien formé à l’hypnose médicale ou thérapeutique. Vérifiez qu’il a de l’expérience dans l’accompagnement d’actes médicaux. Un bon praticien ne vous fera pas de promesses irréalistes, mais vous proposera un cadre clair : nombre de séances, techniques utilisées, suivi après l’acte.
Prévoyez au moins une à trois séances avant le geste médical. La première séance sert à faire connaissance, à explorer votre peur, à tester votre réceptivité. La deuxième permet de construire vos outils (lieu ressource, signal, respiration). La troisième, si possible, est une répétition mentale du geste. Le jour J, vous pouvez aussi demander au praticien d’être présent, ou vous pouvez utiliser seul les techniques apprises.
Enfin, soyez patient avec vous-même. L’hypnose n’est pas une compétence que l’on maîtrise en un jour. Plus vous pratiquez, plus vous gagnez en efficacité. Et même si la première expérience n’est pas parfaite, chaque pas compte.
Marc est reparti de l’hôpital avec un échantillon prélevé et un sourire discret. Il m’a appelé le soir même : « Je ne vais pas dire que c’était agréable, mais c’était supportable. Et surtout, je ne me suis pas senti victime. » Voilà le mot clé
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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