3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comprendre pourquoi l’hypnose traite la racine du problème digestif.
Vous avez probablement déjà vécu cette scène : vous êtes attablé au restaurant, l’entrée arrive, et soudain votre ventre se noue. Pas une simple gêne passagère, mais une sensation de ballonnement, de brûlure, de pesanteur qui vous coupe l’appétit. Vous regardez l’assiette avec méfiance, vous vous demandez quel aliment va encore déclencher la crise. Vous sortez de table avec cette impression d’avoir un ballon de baudruche dans l’abdomen, et vous passez le reste de la soirée à essayer de trouver une position confortable.
Si ce scénario vous parle, sachez que vous n’êtes pas seul. Les troubles digestifs fonctionnels – syndrome de l’intestin irritable (SII), dyspepsie fonctionnelle, reflux gastro-œsophagien sans lésion – concernent environ une personne sur cinq en France. On vous a probablement dit : « C’est dans votre tête », ce qui est à la fois vrai et très mal formulé. Car ce n’est pas « dans votre tête » comme une invention, mais dans votre système nerveux, qui dialogue en permanence avec votre intestin. Et c’est précisément là que l’hypnose ericksonienne peut intervenir, non pas pour masquer les symptômes, mais pour agir à la source du problème.
Je reçois régulièrement des personnes qui arrivent avec un dossier médical épais comme un annuaire. Échographies, fibroscopies, coloscopies, bilans sanguins, tests d’allergies alimentaires… Tout est normal. « On ne trouve rien », vous a-t-on dit. Et pourtant, vous ressentez des douleurs, des ballonnements, des alternances de diarrhée et de constipation, une fatigue chronique liée à ces inconforts.
Cette situation est typique des troubles fonctionnels. Le mot « fonctionnel » signifie que l’organe – votre intestin, votre estomac – ne présente aucune lésion, aucune inflammation visible au microscope, aucune tumeur. Il fonctionne, mais mal. Comme un moteur de voiture qui tousse alors que toutes les pièces sont en bon état : le problème vient de la coordination, de la communication entre les pièces.
Votre système digestif est gouverné par un réseau complexe de nerfs, souvent appelé le « deuxième cerveau » ou système nerveux entérique. Ce réseau communique en permanence avec votre cerveau central via le nerf vague, une autoroute d’informations. Dans les troubles fonctionnels, cette communication est perturbée. Votre intestin devient hypervigilant : il interprète des signaux normaux – une petite contraction, un peu de gaz – comme des menaces. Il réagit alors en se contractant trop fort, en sécrétant trop d’acide, en accélérant ou en ralentissant le transit.
Les médicaments classiques agissent sur les conséquences : antispasmodiques pour détendre les muscles, antiacides pour neutraliser l’acidité, laxatifs ou ralentisseurs de transit. Mais ils ne corrigent pas la cause profonde : cette mauvaise interprétation des signaux par votre système nerveux. C’est pourquoi les effets sont souvent temporaires et que vous devez les prendre en continu.
L’hypnose, elle, ne cherche pas à bloquer un symptôme. Elle agit sur le logiciel de pilotage, c’est-à-dire sur la façon dont votre cerveau traite les informations venues de votre ventre.
Prenons un exemple concret. Imaginez que vous ayez été mordu par un chien étant enfant. Aujourd’hui, même un petit chien tenu en laisse peut déclencher chez vous une accélération du rythme cardiaque, des mains moites, une respiration courte. Votre corps a appris une association : chien = danger. Il réagit avant même que votre esprit conscient ait eu le temps de se dire « ce chien est inoffensif ».
Avec votre intestin, c’est exactement le même mécanisme. À force d’avoir ressenti des douleurs après certains repas, ou dans certaines situations stressantes, votre système nerveux a créé des associations du type : repas = inconfort, stress = crise digestive, aliments gras = douleur. Votre intestin « anticipe » le problème et se met en état d’alerte avant même que vous ayez avalé la première bouchée.
Cette anticipation se traduit par une hypersensibilité viscérale. Les scientifiques mesurent cela avec des ballonnets gonflés dans l’intestin : une personne sans trouble digestif ne ressentira une gêne qu’à partir d’une certaine pression. Une personne souffrant de SII ressentira la même gêne pour une pression deux à trois fois plus faible. Son intestin est devenu un détecteur de fumée trop sensible, qui déclenche l’alarme pour une simple vapeur de cuisson.
Ce phénomène s’appelle la sensibilisation centrale. Votre cerveau a appris à amplifier les signaux venus de votre ventre. Il les interprète comme dangereux et active en réponse des circuits de stress, de contraction musculaire, de sécrétion excessive. La boucle devient vicieuse : plus vous avez mal, plus votre cerveau s’attend à avoir mal, plus il amplifie les signaux, plus vous avez mal.
« Ce n’est pas que vous inventiez votre douleur. C’est que votre système nerveux est devenu un amplificateur trop puissant. L’hypnose ne vous dit pas ‘ce n’est rien’, elle vous apprend à baisser le volume. »
L’hypnose que je pratique n’a rien à voir avec un spectacle de scène ou un état de sommeil profond. C’est un état de conscience modifié, parfaitement naturel, que vous expérimentez déjà plusieurs fois par jour sans le savoir : quand vous êtes absorbé par un film, quand vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir du trajet, quand vous rêvassez sous la douche.
Dans cet état, votre cerveau devient plus réceptif aux suggestions. Non pas des ordres donnés par un hypnotiseur tout-puissant, mais des propositions que votre inconscient peut accepter ou refuser. Mon rôle est de vous guider vers un état où vous pouvez renégocier les associations automatiques que votre système nerveux a créées.
Concrètement, comment cela se passe-t-il pour un trouble digestif ? Je vais vous donner un exemple anonymisé, celui de Claire, 34 ans, que j’ai accompagnée l’année dernière. Claire souffrait de colites depuis l’adolescence. Chaque repas au restaurant était une source d’angoisse. Elle avait identifié des aliments déclencheurs – le pain blanc, les plats en sauce, le fromage – mais même en les évitant, elle avait des crises. Les examens étaient normaux. Son gastro-entérologue lui avait parlé d’hypnose, elle était venue avec un mélange d’espoir et de scepticisme.
Lors de nos premières séances, je ne lui ai pas demandé de visualiser son intestin qui se détend ou d’imaginer des couleurs apaisantes. J’ai d’abord travaillé avec elle sur la sensation de sécurité. Parce que tant que votre système nerveux est en mode « alerte maximum », aucune suggestion de relaxation ne pourra faire effet. C’est comme essayer de calmer quelqu’un qui vient de voir un ours en lui disant « respire calmement » : son cerveau est en mode survie, il n’entend pas.
Nous avons donc commencé par créer un ancrage de sécurité. En état d’hypnose, je lui ai proposé de retrouver le souvenir d’un moment où elle s’était sentie totalement en sécurité, dans son corps, sans aucune tension. Pour Claire, c’était une après-midi d’été dans le jardin de sa grand-mère, allongée dans l’herbe, la chaleur du soleil sur son ventre. Elle a associé cette sensation à un geste simple : poser sa main sur son bas-ventre.
Ensuite, nous avons travaillé sur ce que j’appelle la « renégociation des signaux ». En état d’hypnose, le cerveau peut revisiter des patterns automatiques sans que le corps ne les exécute. C’est un peu comme répéter un mouvement au ralenti, sans le faire vraiment. Nous avons imaginé une scène de repas, et à chaque fois que son système nerveux s’apprêtait à déclencher l’alarme, nous avons introduit un nouveau signal : le geste de la main sur le ventre, associé à la sensation de sécurité.
Progressivement, Claire a pu expérimenter en imagination un repas sans que son ventre ne se noue. Son cerveau a commencé à créer une nouvelle association : repas = sécurité possible. Après quelques séances, elle a testé en vrai. Pas une guérison miraculeuse du jour au lendemain, mais une première fois où elle a fini son assiette sans avoir besoin de courir aux toilettes.
Certaines personnes me disent : « D’accord, je comprends que l’hypnose agit sur le mental, mais mon problème est physique. J’ai vraiment mal au ventre, ce n’est pas dans ma tête. » Vous avez raison. La douleur est bien réelle, les ballonnements sont bien réels, les spasmes sont bien réels. Mais la frontière entre « mental » et « physique » est une illusion que la science moderne a largement dépassée.
Des études en imagerie cérébrale (IRM fonctionnelle) montrent que l’hypnose modifie l’activité de plusieurs régions du cerveau impliquées dans la perception de la douleur et la régulation du système nerveux autonome. Concrètement, après un entraînement à l’hypnose, on observe :
Cette dernière est cruciale pour les troubles digestifs. Le système parasympathique, via le nerf vague, est le chef d’orchestre de la digestion. Quand il est actif, votre intestin se détend, vos sécrétions enzymatiques sont optimales, votre transit est régulier. Le problème des personnes souffrant de troubles fonctionnels, c’est que leur système nerveux reste bloqué en mode sympathique, même quand il n’y a aucun danger. L’hypnose permet de réactiver ce frein à main qu’est le parasympathique.
Une méta-analyse publiée dans le American Journal of Gastroenterology en 2020 a regroupé les données de plusieurs études cliniques. Conclusion : l’hypnose est significativement plus efficace qu’un placebo ou qu’un suivi médical standard pour réduire les symptômes du SII. Environ 70 à 80 % des patients répondent au traitement, et les effets se maintiennent sur le long terme, parfois plusieurs années après l’arrêt des séances.
« L’hypnose n’efface pas la mémoire de votre douleur. Elle vous donne un nouveau mode d’emploi pour dialoguer avec votre ventre. »
Je vois beaucoup de personnes qui ont tout essayé : régime FODMAP, éviction du gluten, du lactose, des œufs, alimentation hypotoxique, jeûne intermittent. Certaines ont obtenu des améliorations, mais souvent au prix d’une vie sociale réduite et d’une obsession alimentaire. Et surtout, beaucoup constatent qu’une fois le régime strict relâché, les symptômes reviennent.
Les régimes d’éviction ont un intérêt : ils peuvent identifier des intolérances réelles ou des sensibilités alimentaires. Mais ils présentent un inconvénient majeur pour les personnes souffrant de troubles fonctionnels : ils renforcent l’idée que votre intestin est un organe fragile, dangereux, qu’il faut protéger en permanence. Or, cette croyance est précisément ce qui maintient l’hypervigilance de votre système nerveux.
Prenons l’exemple du régime FODMAP, très utilisé pour le SII. Il consiste à éliminer temporairement certains glucides fermentescibles, puis à les réintroduire un par un. C’est un outil diagnostique intéressant. Mais si vous restez dans cette logique d’éviction sans travailler sur la sensibilité de votre système nerveux, vous risquez de vous retrouver avec une liste d’aliments interdits de plus en plus longue. Votre cerveau associe chaque aliment à un risque potentiel, et votre intestin continue à réagir par anticipation.
L’hypnose ne vous dit pas : « Mangez n’importe quoi et tout ira bien ». Ce serait irresponsable. Mais elle vous permet de sortir de cette logique de peur. En modifiant la façon dont votre cerveau interprète les signaux de votre ventre, vous pouvez progressivement réintroduire des aliments sans déclencher de crise. Vous apprenez à faire la différence entre un vrai signal d’alerte (une intolérance réelle) et une fausse alarme (une réaction de stress anticipé).
Un de mes patients, Marc, 42 ans, était convaincu d’être intolérant au lactose. Il avait tout supprimé depuis des années. En travaillant avec l’hypnose, nous avons découvert que son inconfort après un yaourt n’était pas lié au lactose lui-même, mais à une association ancienne : enfant, il avait été forcé de finir son bol de lait alors qu’il était malade. Son corps avait gardé la trace de cette expérience. Aujourd’hui, Marc boit un café au lait le matin sans problème. Ce n’est pas une régression de son intolérance biologique, c’est une reprogrammation de son système nerveux.
Avant même de prendre rendez-vous, vous pouvez expérimenter quelque chose par vous-même. C’est un petit geste, mais il pose les bases de ce que nous ferions ensemble en séance.
Installez-vous confortablement, dans un endroit où vous ne serez pas dérangé pendant cinq minutes. Posez une main sur votre ventre, juste sous le nombril. Pas besoin de fermer les yeux si vous ne voulez pas. Portez votre attention sur votre respiration, sans la modifier. Sentez simplement votre ventre qui se soulève à l’inspiration, qui redescend à l’expiration.
Maintenant, imaginez que votre respiration peut descendre directement dans votre ventre, sous votre main. Comme si l’air entrait par votre nez, traversait votre poitrine, et venait gonfler doucement votre abdomen. À l’expiration, laissez aller, sans forcer.
Reste ainsi une minute ou deux. Vous ne cherchez pas à vous détendre à tout prix. Vous observez simplement. Si des pensées arrivent, laissez-les passer comme des nuages. Si votre ventre gargouille ou se tend, accueillez-le sans jugement.
Ce petit exercice active le nerf vague et envoie un signal de sécurité à votre système nerveux. Il ne va pas guérir vos troubles du jour au lendemain, mais il vous montre une chose essentielle : vous pouvez interagir avec votre ventre autrement qu’avec de la méfiance ou de la lutte.
Beaucoup de personnes que je reçois me disent : « Je n’ai jamais réussi à me détendre le ventre. » Et c’est normal. Quand votre système nerveux est en alerte depuis des années, la relaxation volontaire est presque impossible. Ce n’est pas un échec de votre part. C’est juste que votre logiciel a besoin d’être réactualisé, et cela se fait progressivement, avec un guide.
Je veux être clair : l’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne remplace pas un bilan médical sérieux. Si vous avez des symptômes digestifs, la première étape est de consulter un médecin pour écarter une cause organique (maladie inflammatoire chronique, infection, tumeur). L’hypnose peut être un complément puissant, mais elle ne soigne pas une colite ulcéreuse ou une maladie de Crohn en poussée.
Par ailleurs, l’hypnose demande un engagement de votre part. Ce n’est pas un traitement passif où vous venez, vous vous allongez, et je « fais » quelque chose sur vous. C’est un apprentissage. Vous êtes acteur du changement. Certaines personnes sont plus réceptives que d’autres, mais la plupart peuvent développer cette compétence avec un peu de pratique.
Enfin, l’hypnose ne vous promet pas une vie sans aucun inconfort digestif. Même avec un système nerveux bien réglé, vous pouvez avoir un repas trop copieux, une intoxication alimentaire, un stress ponctuel qui perturbe votre transit. La différence, c’est que ces épisodes deviennent des événements passagers,
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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