3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Alliance de deux méthodes pour dialoguer avec vos parties anxieuses.
Je reçois souvent des personnes qui me disent : « Thierry, j’ai tout essayé. J’ai fait des années de thérapie, j’ai lu des livres, j’ai médité, mais il y a quelque chose en moi qui ne veut pas lâcher. » Elles parlent de cette angoisse qui revient la nuit, de cette voix intérieure qui les critique sans cesse, ou de cette colère qui explose au mauvais moment. Elles ont l’impression d’être en guerre contre elles-mêmes. Et c’est épuisant.
Quand on vit ça, on cherche une solution simple. On voudrait que la partie anxieuse se taise, que la partie colérique disparaisse. Mais ce qu’on découvre souvent, c’est que ces parties ne sont pas des ennemies. Ce sont des protectrices qui tentent de nous éviter une souffrance plus grande. Le problème, c’est qu’elles le font avec des moyens qui nous font souffrir aujourd’hui.
C’est là que j’ai trouvé une alliance particulièrement puissante : l’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems). L’hypnose permet d’accéder à des états modifiés de conscience où le dialogue avec ces parties devient possible. L’IFS, lui, donne un cadre pour comprendre qui parle en nous et comment apaiser ces voix. Ensemble, ils forment un chemin doux pour rencontrer nos parties anxieuses, les remercier pour leur protection, et leur trouver un nouveau travail moins douloureux.
Dans cet article, je vais vous montrer concrètement comment cette double approche fonctionne, à travers des situations que je vois tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Et je vous donnerai des pistes que vous pouvez essayer dès maintenant, même sans être accompagné.
J’ai un patient, appelons-le Marc, qui vient me voir pour des crises d’angoisse qui le réveillent vers trois heures du matin. Il a déjà essayé la cohérence cardiaque, la méditation, les applications de relaxation. Ça marche sur le moment, mais la nuit suivante, l’angoisse revient. Marc est frustré. Il me dit : « Je comprends le principe de la relaxation, mais c’est comme si une partie de moi ne voulait pas se calmer. »
Ce que Marc décrit, c’est exactement la limite des approches uniquement « descendantes » — celles qui cherchent à calmer le système nerveux par le haut, par la volonté ou la respiration. Quand on est en état de stress chronique, notre système nerveux s’est adapté pour survivre. Il a créé des sentiers neuronaux qui disent : « Danger ! » même quand il n’y a pas de danger. La relaxation, c’est comme essayer de calmer un chien qui aboie en lui disant « chut » sans regarder ce qui le fait aboyer.
L’hypnose ericksonienne, elle, ne cherche pas à faire taire le chien. Elle cherche à entrer dans la niche, à comprendre ce qui se passe. Milton Erickson disait : « Le patient a toutes les ressources dont il a besoin. » Mon travail n’est pas de vous imposer un calme, mais de vous aider à accéder à vos propres ressources pour apaiser votre système de l’intérieur.
Quand je travaille avec Marc, je ne commence pas par lui demander de se relaxer. Je l’invite à observer ce qui se passe dans son corps quand l’angoisse monte. « Où est-ce que tu sens cette angoisse ? Est-ce qu’elle a une forme ? Une couleur ? » Et là, Marc me dit : « C’est comme une boule rouge dans ma poitrine. » Cette boule rouge, c’est une partie de lui. Une partie qui a un rôle, une histoire, une intention.
L’IFS nous apprend que chaque partie a une fonction positive. Même l’angoisse. La boule rouge de Marc, c’est une partie qui s’est activée pour le protéger d’une menace — dans son cas, une peur d’échec professionnel qui remonte à son enfance. Cette partie a fait son travail pendant des années. Mais aujourd’hui, elle est devenue trop zélée. Elle sonne l’alarme pour tout.
L’hypnose permet d’entrer en contact avec cette partie sans la juger, sans vouloir la faire taire. Et l’IFS donne un langage pour dialoguer avec elle. Ensemble, ils créent un espace où la partie peut se sentir entendue, et où elle peut accepter de changer de rôle.
« L’hypnose, ce n’est pas un sommeil. C’est un éveil à ce qui se passe à l’intérieur de nous. Et l’IFS, c’est la carte qui nous permet de ne pas nous perdre dans ce voyage intérieur. »
L’IFS, ou Système Familial Intérieur, a été développé par Richard Schwartz dans les années 1980. L’idée de base est simple : notre psyché n’est pas monolithique. Elle est composée de nombreuses « parties » qui interagissent entre elles, un peu comme une famille intérieure. On a des parties protectrices, des parties vulnérables, des parties critiques, des parties qui veulent tout contrôler.
Quand je reçois une personne qui souffre d’anxiété sociale, je découvre souvent plusieurs parties en conflit. Il y a une partie qui veut fuir les situations sociales, une autre qui critique cette fuite (« arrête d’être nul »), et une autre encore qui veut absolument plaire à tout le monde. Ces parties sont en guerre, et le résultat, c’est une fatigue émotionnelle immense.
L’IFS nous apprend à distinguer trois types de parties :
Quand Marc vient me voir, ses managers sont épuisés. Ils passent leur temps à anticiper les échecs, à vérifier le travail, à se préparer au pire. Mais la nuit, ils faiblissent, et l’exilé — cette partie de lui qui a été humilié à l’école — se réveille. C’est lui qui déclenche l’angoisse à trois heures du matin.
L’hypnose permet d’accéder à cet exilé sans que les managers ne paniquent. En état hypnotique, le système de protection s’abaisse un peu. On peut approcher la partie vulnérable avec douceur, la remercier pour ce qu’elle a porté, et lui montrer qu’aujourd’hui, l’adulte est là pour la protéger.
Je me souviens d’une patiente, Sophie, qui avait une partie qui la poussait à travailler sans arrêt. Le week-end, elle ne pouvait pas s’arrêter. En hypnose, on a rencontré cette partie. C’était une jeune fille de 12 ans qui avait appris que pour être aimée, il fallait être performante. Cette partie avait sauvé Sophie de la dévalorisation. Mais aujourd’hui, elle l’épuisait. En dialoguant avec elle sous hypnose, Sophie a pu lui dire : « Merci d’avoir fait ça pour moi. Mais maintenant, je peux me reposer. Tu n’es plus seule. »
L’IFS ne cherche pas à éliminer les parties. Il cherche à les libérer de leurs rôles extrêmes. Et l’hypnose est le véhicule parfait pour ce voyage.
L’hypnose que je pratique n’a rien à voir avec l’hypnose de spectacle. Ce n’est pas un endormissement, ni une perte de contrôle. C’est un état de conscience modifié, naturel, que nous expérimentons tous plusieurs fois par jour : quand vous êtes absorbé par un film, quand vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir du trajet, quand vous rêvassez. Dans cet état, votre esprit critique se met en veille, et votre inconscient devient plus accessible.
Milton Erickson, le père de l’hypnose moderne, avait une approche très permissive. Il ne donnait pas d’ordres, il faisait des suggestions indirectes, des métaphores, des histoires. Il savait que l’inconscient comprend un langage symbolique, pas un langage directif.
Quand je travaille avec des sportifs — coureurs ou footballeurs — j’utilise l’hypnose pour les aider à entrer dans un état de flow, où le mental arrête de commenter chaque mouvement. Pour les personnes anxieuses, je fais la même chose, mais en sens inverse : je les aide à calmer le commentateur intérieur, cette partie qui dit « et si… », « tu vas y arriver ? », « fais attention ».
L’hypnose ericksonienne est particulièrement efficace dans le cadre de l’IFS parce qu’elle permet d’établir une communication directe avec les parties. Je ne vous demande pas de « visualiser » ou de « raisonner » avec votre angoisse. Je vous invite à laisser votre inconscient faire le travail.
Concrètement, voici comment je procède souvent :
Ce qui est fascinant, c’est que les réponses viennent souvent de façon surprenante. Un patient m’a dit un jour : « Ma partie anxieuse, c’est une petite fille qui tient une bougie dans le noir. Elle a peur que la flamme s’éteigne. » Cette image, c’est son inconscient qui l’a produite. Mon rôle, c’est de l’accompagner pour qu’il puisse souffler sur la bougie sans l’éteindre, et allumer une lampe plus grande.
« L’hypnose ne vous endort pas. Elle vous réveille à ce que vous savez déjà au fond de vous, mais que vous n’avez jamais eu la permission d’entendre. »
J’ai une patiente, Claire, qui est ingénieure. Elle passe sa vie à analyser, à comprendre, à rationaliser. Elle a fait des années de thérapie où elle comprenait tout sur le plan intellectuel, mais son angoisse ne partait pas. Elle me dit : « Je sais que mon anxiété vient de mon enfance, je sais pourquoi je suis comme ça, mais ça ne change rien. »
Claire est typique des personnes « trop dans la tête ». Elles ont une grande capacité d’analyse, mais cette capacité est devenue une protection. Leur manager intérieur est hyper-développé. Il croit que comprendre va résoudre le problème. Mais l’angoisse ne se résout pas par la compréhension intellectuelle. Elle se résout par l’expérience corporelle et émotionnelle.
L’hypnose permet de court-circuiter ce manager. Pas pour le tromper, mais pour lui montrer qu’on peut lâcher prise en toute sécurité. Quand Claire entre en état hypnotique, son mental analyse moins. Elle peut ressentir son corps, accéder à ses émotions, rencontrer ses parties vulnérables sans que le manager ne vienne tout de suite les protéger.
L’IFS, de son côté, donne un cadre rassurant pour les personnes intellectuelles. Ce n’est pas une méthode floue. C’est une cartographie précise du psychisme. Claire peut comprendre qu’elle a un manager qui veut tout contrôler, des pompiers qui la poussent à boire un verre de trop le soir, et un exilé qui porte une honte ancienne. Cette compréhension n’est pas intellectuelle, elle est expérientielle.
Ensemble, l’hypnose et l’IFS créent un pont entre le corps, l’émotion et la pensée. Les personnes « dans la tête » peuvent enfin accéder à leur vécu sensoriel sans le juger. Et les personnes « trop dans le corps » (ceux qui ressentent tout mais ne comprennent rien) peuvent donner un sens à ce qu’elles vivent.
Je travaille aussi avec des sportifs de haut niveau. Eux aussi sont souvent dans la tête. Un coureur qui bloque sur son temps, un footballeur qui rate ses penalties parce qu’il analyse trop. L’hypnose les aide à entrer dans un état où le corps agit sans le filtre du mental. L’IFS les aide à comprendre quelle partie de leur psyché sabote leur performance. C’est la même approche, adaptée au contexte.
Vous n’avez pas besoin d’être en séance pour commencer à travailler avec vos parties. Voici quelques pratiques que je propose souvent à mes patients, et que vous pouvez essayer chez vous.
Prenez un carnet. Quand vous ressentez une émotion forte — anxiété, colère, tristesse — notez-la. Mais au lieu de dire « je suis anxieux », dites : « une partie de moi est anxieuse ». Cette simple reformulation crée une distance. Vous n’êtes pas l’anxiété. Vous êtes la personne qui observe une partie anxieuse. Posez-lui des questions : « Qu’est-ce que tu veux pour moi ? De quoi as-tu peur ? Quel âge as-tu ? »
Avant de dormir, installez-vous confortablement. Fermez les yeux. Respirez lentement. Imaginez que vous descendez un escalier de dix marches. À chaque marche, vous vous enfoncez un peu plus dans une détente profonde. Au pied de l’escalier, il y a une porte. Derrière cette porte, vous pouvez rencontrer une partie de vous qui a besoin d’attention. Ne forcez rien. Laissez venir. Si une image, une sensation, ou un mot apparaît, accueillez-le sans jugement.
Quand vous sentez une partie anxieuse monter, au lieu de la combattre, dites-lui merci. « Merci d’essayer de me protéger. Je sais que tu fais ça pour moi. J’ai besoin que tu baisses un peu la garde, juste pour que je puisse respirer. » Ça paraît simple, mais c’est très puissant. La partie se sent reconnue, et elle peut accepter de se détendre.
Imaginez un cercle lumineux autour de vous. Dans ce cercle, vous êtes en sécurité. Invitez vos parties à entrer dans ce cercle, une par une. Dites-leur : « Tu es en sécurité ici. Je suis là pour toi. » Vous pouvez le faire en hypnose, ou simplement en imagination.
Ces pratiques ne remplacent pas un accompagnement, mais elles créent une familiarité avec votre monde intérieur. Plus vous pratiquez, plus vous développez ce que l’IFS appelle le « Self » — cette partie centrale de vous qui est calme, curieuse, compatissante, confiante. C’est le leader naturel de votre système intérieur. Quand le Self est aux commandes, les parties s’apaisent.
« Vous n’avez pas à faire taire vos parties. Vous avez à les écouter avec la même tendresse que vous offririez à un enfant qui a peur dans le noir. »
Je veux être honnête avec vous. L’hypnose et l’IFS ne sont pas des baguettes magiques. Elles ne vont pas faire disparaître votre anxiété en une séance. Elles ne vont pas effacer les traumatismes du passé. Elles ne vont pas transformer votre vie en un conte de fées.
Ce qu’elles font, c’est créer un espace où vous pouvez rencontrer vos souffrances avec plus de douceur. Elles vous donnent des outils pour dialoguer avec vos parties, plutôt que de
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les indices d'un passé qui refait surface.
Des outils concrets pour des échanges plus sereins.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.