Thierry Sudan
— Hypnose

Hypnose et IFS : une double approche pour apaiser l’anxiété et la panique

Quand la relaxation ne suffit pas : comment l’hypnose ericksonienne et l’IFS s’allient pour dialoguer avec la partie anxieuse ou paniquée en vous, avec 4 pratiques pour le quotidien.

Hypnose et IFS : une double approche pour apaiser l’anxiété et la panique
Photo par M. Omar sur Pexels

Vous avez essayé la respiration, la méditation, les applications de relaxation. Sur le moment, cela aide un peu. Puis l’anxiété revient, comme si elle n’avait rien entendu. Parfois même, au moment de vous détendre, une voix intérieure s’inquiète davantage : « Et si je baisse la garde ? »

Ce n’est pas que vous vous y prenez mal. C’est que l’anxiété n’est pas seulement un état de tension à faire descendre : c’est souvent l’expression d’une partie de vous qui a une raison d’avoir peur. Deux approches que j’associe en cabinet permettent de s’adresser à elle : l’hypnose ericksonienne, qui parle directement au corps et à l’inconscient, et l’IFS (Internal Family Systems), qui aide à comprendre et à apaiser les différentes parties de votre système intérieur.

Pourquoi la relaxation seule ne suffit pas

La relaxation agit sur le symptôme : elle fait baisser la tension pendant un moment. Mais si une partie de vous est convaincue qu’un danger existe, elle relancera l’alarme dès que possible. C’est comme couper le son d’un détecteur de fumée sans vérifier s’il y a un feu : le détecteur continuera de sonner.

Chez les personnes très anxieuses, la détente peut même devenir inquiétante. Lâcher prise ressemble à baisser sa vigilance, et une partie protectrice s’y oppose. C’est l’une des raisons pour lesquelles certaines personnes se sentent plus agitées en méditation qu’avant.

Ce que l’IFS révèle de votre système intérieur

L’IFS, développé par le psychologue Richard Schwartz, part d’une idée simple : notre psychisme est composé de plusieurs parties, chacune avec son rôle, ses peurs et ses intentions. Nous le disons naturellement : « une partie de moi a envie d’y aller, une autre a peur ».

Dans l’anxiété, on retrouve souvent trois types de parties :

  • les parties exilées : jeunes, blessées, qui portent une peur ou une détresse ancienne (s’être senti seul, abandonné, en danger) ;
  • les protecteurs vigilants : ils anticipent, contrôlent, planifient, ruminent, pour que la détresse de l’exilé ne remonte jamais ;
  • les protecteurs d’urgence : quand la détresse remonte malgré tout, ils agissent vite et fort, par la panique, la fuite, l’évitement ou la distraction.

Selon l’IFS, chacune de ces parties a une intention positive. Votre anxiété n’est pas un ennemi : c’est un protecteur maladroit, qui fait au mieux avec ce qu’il sait.

Au cœur de ce système, l’IFS décrit aussi le Self : un état de calme, de curiosité et de bienveillance présent chez chacun, même sous les couches de peur. Le travail consiste à laisser ce Self entrer en relation avec les parties, plutôt que de les combattre.

La panique, un protecteur d’urgence

Une attaque de panique prend souvent cette forme : un exilé chargé de peur se sent menacé, et un protecteur d’urgence prend toute la place, avec une violence qui fait peur à son tour. Vouloir « dompter » sa panique, la forcer à se taire, l’enfermer, revient souvent à renforcer l’alarme.

Quelques pièges fréquents :

  • se juger (« je suis ridicule de paniquer pour ça »), ce qui ajoute une partie critique au système ;
  • éviter toutes les situations qui déclenchent la panique, ce qui rétrécit la vie et confirme au protecteur qu’il avait raison ;
  • chercher à tout contrôler, ce qui épuise et entretient l’hypervigilance.

Pour une approche centrée sur les crises elles-mêmes, voyez le protocole d’auto-hypnose face à une crise de panique.

Ce que l’hypnose ericksonienne apporte

L’hypnose ericksonienne utilise un langage indirect, fait d’images, de métaphores et de sensations. C’est le langage de l’inconscient, celui dans lequel les peurs anciennes sont inscrites. Là où un raisonnement glisse sur une partie effrayée, une image peut la toucher.

En séance, l’hypnose permet notamment :

  • de créer un état de sécurité suffisant pour que les parties anxieuses n’aient pas besoin de s’activer pleinement ;
  • de percevoir les parties de manière concrète (une forme, une couleur, une sensation dans le corps, une image d’un enfant à un âge précis) ;
  • de proposer aux parties de nouvelles expériences : un refuge, une présence rassurante, une libération de ce qu’elles portent.

Pourquoi cette double approche est si efficace

L’IFS donne la carte : qui est là, que protège-t-il, de quoi a-t-il peur. L’hypnose ouvre l’accès : elle fait baisser le niveau d’alerte et rend le dialogue intérieur vivant plutôt qu’intellectuel.

Cette association convient particulièrement aux personnes « trop dans la tête », celles qui comprennent parfaitement leur anxiété mais n’arrivent pas à la ressentir autrement. Elles ont souvent déjà beaucoup analysé. Ce qui leur manque, c’est une expérience vécue, dans le corps, où la partie anxieuse se sent enfin entendue.

À quoi ressemble une séance

Exemple composite, inspiré de situations rencontrées en accompagnement, prénom modifié. Claire consulte pour une anxiété diffuse et des réveils nocturnes avec palpitations. En hypnose, je l’invite à porter l’attention sur la sensation d’oppression dans sa poitrine et à laisser venir une image. Elle voit un petit garde, raide, aux aguets. On lui demande ce qu’il protège. La réponse surprend Claire : une petite fille de sept ans, seule dans une maison silencieuse après le départ de son père.

Le garde n’a jamais pu se reposer, parce que personne n’a pris soin de cette enfant. Dans la séance, Claire, depuis un état plus calme, va vers la petite fille, lui offre la présence qui a manqué. Le garde observe, puis accepte de faire un pas de côté. Les semaines suivantes, les réveils nocturnes s’espacent. Rien de magique : un système intérieur qui, peu à peu, se sent moins menacé.

Le corps, premier terrain de dialogue

Les parties anxieuses se manifestent d’abord dans le corps : serrement de gorge, boule au ventre, souffle court. Plutôt que de vouloir faire disparaître ces sensations, l’approche consiste à s’en approcher avec curiosité. « Où est-ce que je te sens ? Qu’est-ce que tu veux me dire ? » Ce simple changement d’attitude, de la lutte à l’écoute, suffit souvent à faire baisser l’intensité.

Quatre pratiques pour le quotidien

1. Le journal des parties

Le soir, notez une situation où l’anxiété est apparue. Puis répondez : quelle partie s’est activée ? Que disait-elle ? Que craignait-elle ? Qu’essayait-elle de protéger ? Au fil des jours, vous découvrirez les figures récurrentes de votre système.

2. L’auto-hypnose de sécurité

Dix minutes par jour, installez-vous confortablement, ralentissez l’expiration et laissez venir un lieu où vous vous sentez en sécurité. Explorez-le avec tous vos sens. Ce lieu deviendra un point d’appui, pour vous et pour vos parties.

3. Le dialogue avec le protecteur

Quand l’anxiété monte, posez une main là où vous la sentez. Dites intérieurement : « Je te vois. Merci d’essayer de me protéger. Qu’est-ce que tu crains ? » Écoutez la réponse sans chercher à la corriger.

4. Le cercle de sécurité

Imaginez autour de vous un cercle de lumière ou de présence, peuplé de personnes, d’animaux ou de lieux qui vous rassurent. Invitez la partie anxieuse à se placer au centre. Restez-y quelques respirations.

Ce que cette approche ne fait pas

Elle ne promet pas de supprimer toute anxiété : une part de vigilance reste utile. Elle ne remplace pas un avis médical, en particulier en cas d’attaques de panique fréquentes, de symptômes physiques inexpliqués ou d’humeur très basse. Si vous suivez un traitement, ne l’arrêtez jamais sans votre médecin. Enfin, quand un traumatisme important est en jeu, le travail se fait progressivement, avec un accompagnant formé.

Votre premier pas

Ce soir, avant de dormir, posez simplement la question à la partie anxieuse : « Qu’est-ce que tu as besoin que je sache ? » N’attendez pas de réponse spectaculaire. Le fait même de poser la question change la relation.

Si vous souhaitez explorer votre système intérieur avec l’hypnose et l’IFS, je vous accompagne en cabinet à Saintes ou à distance.

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement — IFS, hypnose ericksonienne et Intelligence Relationnelle. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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