3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comparer les approches pour choisir la meilleure aide.
Vous venez de perdre quelqu’un d’important. Un parent, un conjoint, un ami proche, peut-être même un enfant. Depuis, vous avez l’impression que le monde s’est arrêté, ou au contraire qu’il continue de tourner sans vous, à une vitesse qui vous donne le vertige. Vous avez probablement entendu des phrases comme « il faut du temps », « le travail de deuil est nécessaire », ou encore « tu devrais consulter un psy ». Mais quand on vous parle de thérapie classique ou d’hypnose, une question vous taraude : quelle est la meilleure approche pour moi ? Est-ce que l’une est plus rapide ? Plus douce ? Plus efficace ?
Je reçois régulièrement des personnes qui hésitent entre ces deux chemins. Certaines ont déjà essayé une thérapie par la parole et en sont sorties avec le sentiment d’avoir compris leur peine sans pour autant la sentir diminuer. D’autres ont peur que l’hypnose les « force » à oublier leur proche, comme si on allait effacer une partie de leur histoire. Je veux être très clair : ni l’une ni l’autre ne va effacer qui que ce soit. La question n’est pas de choisir le « meilleur » outil dans l’absolu, mais de trouver celui qui correspond à votre manière de fonctionner, à votre histoire et à ce que vous êtes prêt à vivre dans les prochaines semaines.
Dans cet article, je vais vous aider à y voir plus clair. Pas avec des promesses miracles, mais avec des mécanismes concrets, des exemples de ce que je vois dans mon cabinet à Saintes, et une invitation à écouter ce dont vous avez vraiment besoin.
Un point clé d’entrée : La perte d’un proche n’est pas une maladie. Ce n’est pas un trouble à guérir. C’est une expérience humaine profonde qui peut devenir une souffrance envahissante. L’hypnose et la thérapie classique ne sont pas des concurrentes, mais des alliées possibles selon où vous en êtes.
Quand on parle de « thérapie classique », on pense souvent à la psychothérapie d’inspiration analytique ou cognitivo-comportementale (TCC). Concrètement, cela signifie s’asseoir face à un professionnel, parler de ce qui s’est passé, de vos émotions, de vos souvenirs, et parfois explorer comment votre histoire plus ancienne résonne avec cette perte.
Prenons l’exemple de Claire, une femme de 52 ans que j’ai accompagnée il y a quelques mois. Elle avait perdu sa mère six ans plus tôt, mais elle se sentait toujours « bloquée ». Elle pleurait chaque soir, ne supportait plus d’entendre certains morceaux de musique, et évitait de passer devant la maison de son enfance. En thérapie classique, elle a pu raconter en détail les derniers jours de sa mère, mais aussi explorer une relation complexe : sa mère avait été aimante mais aussi très exigeante, et Claire portait une culpabilité diffuse de ne pas avoir été « assez présente » à la fin.
Ce que la thérapie classique a permis à Claire, c’est de donner un sens à sa douleur. Pas un sens philosophique, mais un sens émotionnel : comprendre pourquoi cette perte la touchait autant, quels schémas anciens (son besoin d’approbation, sa peur de l’abandon) étaient réactivés. Elle a pu, au fil des séances, revisiter ses souvenirs sans être submergée, et peu à peu, la charge émotionnelle a diminué.
Les forces de la thérapie classique dans le deuil :
Mais elle a aussi des limites :
La thérapie classique est donc un excellent choix si vous avez besoin de comprendre, de mettre en récit, et si vous êtes prêt à un travail qui peut prendre du temps. Mais si vous sentez que votre corps aussi a besoin d’être entendu, ou que vous avez l’impression de tourner en rond dans vos pensées sans parvenir à avancer, l’hypnose peut apporter quelque chose de différent.
L’hypnose que je pratique, l’hypnose ericksonienne, n’a rien à voir avec le spectacle ou la perte de contrôle. C’est un état naturel que nous expérimentons tous plusieurs fois par jour : quand vous êtes absorbé par un film, quand vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir du trajet, ou quand vous rêvassez les yeux ouverts. Dans cet état, votre esprit critique s’apaise, et votre inconscient devient plus réceptif aux suggestions et aux changements.
Concrètement, quand une personne endeuillée vient me voir, je ne cherche pas à lui faire « oublier » son proche. Je cherche plutôt à modifier la relation qu’elle entretient avec sa douleur. La perte est un fait. La souffrance, elle, peut être apaisée.
Je me souviens de Marc, un coureur amateur que j’accompagnais en préparation mentale. Quelques mois après avoir perdu son père, il avait complètement perdu sa motivation. Il n’arrivait plus à courir, se sentait vide, et chaque tentative de reprendre le sport se soldait par une crise d’angoisse. En hypnose, nous n’avons pas parlé des détails de la mort de son père. Nous avons plutôt travaillé sur la sensation de vide dans sa poitrine, sur l’image d’un chemin qu’il parcourait avec son père à ses côtés, et sur la possibilité de transformer cette présence en une énergie douce plutôt qu’un poids.
Comment l’hypnose agit dans le deuil :
Un moment fort : Une patiente m’a dit un jour : « Je ne veux pas arrêter de pleurer, parce que pleurer, c’est aimer. » Je lui ai répondu : « L’hypnose ne va pas vous empêcher d’aimer. Elle va juste vous permettre de pleurer quand vous le choisissez, et de sourire quand vous en avez envie, sans trahir personne. »
Les limites de l’hypnose dans le deuil :
Il n’y a pas de réponse universelle, mais il y a des indices qui peuvent vous orienter. Voici quelques questions que je pose aux personnes qui viennent me voir, et que vous pouvez vous poser :
Question 1 : Où en êtes-vous dans votre processus de deuil ?
Question 2 : Quel est votre rapport à la parole et à l’émotion ?
Question 3 : Quelle est votre disponibilité émotionnelle et temporelle ?
Question 4 : Y a-t-il des « non-dits » ou des conflits avec le proche disparu ?
Je vais être honnête : dans ma pratique, je ne considère pas l’hypnose et la thérapie classique comme des options concurrentes. Je les vois comme des outils différents dans une même boîte à outils. Et parfois, les utiliser ensemble donne des résultats remarquables.
Prenons le cas de Julie, une femme de 38 ans qui avait perdu son frère deux ans plus tôt dans un accident de voiture. Elle était suivie par une psychologue depuis un an, ce qui l’avait beaucoup aidée à comprendre sa culpabilité (elle était au téléphone avec lui juste avant l’accident) et à mieux gérer ses crises d’angoisse. Mais elle se sentait « bloquée » : elle savait tout ça, mais le poids dans sa poitrine restait. Elle est venue me voir pour 4 séances d’hypnose.
Nous avons travaillé sur la sensation de « poids sur le cœur » en la transformant en une image : une pierre qu’elle portait dans son ventre. En transe, elle a pu imaginer poser cette pierre au bord d’une rivière, et sentir que son frère n’était plus dans cette pierre, mais dans la lumière du soleil. C’est une métaphore, oui, mais son corps a répondu. Après la 3e séance, elle m’a dit : « Je peux penser à lui sans avoir mal. Je peux sourire en me rappelant sa voix. »
Ce qui est intéressant, c’est que Julie avait déjà fait le travail de compréhension en thérapie classique. L’hypnose a permis de traduire cette compréhension en une expérience corporelle apaisante. Elle n’a pas arrêté sa psychothérapie pour autant. Les deux se sont nourries.
Comment combiner les deux ?
Un point clé : Il n’y a pas de hiérarchie. L’hypnose n’est pas « mieux » ou « moins bien ». Elle est différente. Et parfois, ce qui fait la différence, ce n’est pas la méthode, mais la relation que vous établissez avec le thérapeute. Faites confiance à votre ressenti.
C’est tout à fait légitime. Beaucoup de personnes traversent un deuil sans aucune aide professionnelle, et elles s’en sortent très bien, avec le temps, le soutien de leurs proches, et leurs propres ressources. La question n’est pas de savoir si vous devez absolument consulter, mais si vous souffrez suffisamment pour que cela vaille le coup de tenter quelque chose.
Voici quelques signes qui peuvent indiquer qu’un accompagnement serait bénéfique :
Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces points, je vous encourage à consulter, que ce soit un psychologue, un hypnopraticien, ou même votre médecin traitant pour faire le point. Il n’y a aucune honte à demander de l’aide. La perte d’un proche est l’une des expériences les plus difficiles qu’un être humain puisse traverser. Vous n’êtes pas faible de souffrir. Vous êtes humain.
Et si vous ne voulez pas d’aide professionnelle tout de suite, vous pouvez commencer par des choses simples : marcher 20 minutes par jour, écrire une lettre à votre proche (même si vous ne l’envoyez pas), ou simplement vous autoriser à pleurer sans vous juger. Le deuil n’est pas une performance. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière de le vivre.
Avant de refermer cette page, je vous propose un petit exercice, simple, qui ne demande que quelques minutes. Asseyez-vous confortablement, fermez les yeux si vous le souhaitez, et portez votre attention sur votre respiration. Ne la modifiez pas, observez-la simplement. Maintenant, posez une main sur votre cœur ou sur votre ventre, là où vous sentez la présence de votre chagrin.
Dites-vous intérieurement : « Je reconnais que je souffre. Je reconnais que cette perte est réelle. Et je reconnais que je cherche une manière de traverser cela. »
Restez ainsi quelques instants. Vous n’avez pas besoin de changer quoi que ce soit. Juste accueillir ce qui est là.
Ensuite, ouvrez les yeux et prenez un carnet. Notez une seule chose : quel est le premier pas que vous êtes prêt à faire pour vous aider ? Ce n’est pas une décision définitive. C’est juste un
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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