3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Des techniques concrètes pour préparer votre esprit à l'hypnose.
Vous êtes là, dans la salle d’attente, à regarder l’horloge. Dans quelques minutes, vous allez vous installer dans ce fauteuil, fermer les yeux, et tenter de « lâcher prise ». Sauf que votre cerveau, lui, n’a pas lu le manuel. Il continue de tourner : la liste de courses, le mail non envoyé, cette conversation qui vous trotte dans la tête depuis ce matin. Vous savez que l’hypnose peut vous aider, mais une petite voix intérieure vous chuchote : « Et si je n’y arrive pas ? Et si mon esprit est trop récalcitrant ? »
C’est une préoccupation légitime, et je l’entends presque chaque jour dans mon cabinet à Saintes. La bonne nouvelle, c’est que la suggestibilité – cette capacité à accueillir les suggestions hypnotiques – n’est pas un don inné. C’est une compétence qui se cultive, un peu comme on prépare un terrain avant d’y semer des graines. Dans cet article, je vais vous partager trois protocoles concrets, testés et validés par des années de pratique, pour augmenter votre suggestibilité avant même que la séance ne commence. Pas de magie, pas de promesses irréalistes : juste des outils que vous pouvez intégrer à votre quotidien, en 5 à 10 minutes, pour que votre prochaine séance d’hypnose soit plus fluide, plus profonde, et surtout, plus efficace.
Point clé : La suggestibilité n’est pas une question de volonté ou de capacité mentale. C’est une question de préparation. Votre esprit est comme une eau calme : si vous agitez la surface avant d’y jeter une pierre, les ronds seront perturbés. Si vous l’apaisez d’abord, chaque ondulation sera claire et précise.
Le premier obstacle à la suggestibilité, c’est le vagabondage mental. Vous avez peut-être déjà vécu cela : le praticien parle, vous entendez sa voix, mais soudain, vous vous retrouvez en train de planifier votre dîner. Ce n’est pas un échec, c’est le fonctionnement normal d’un cerveau humain. La question est : comment ramener votre attention dans l’instant présent sans forcer ?
La respiration en triangle est un protocole que j’enseigne systématiquement à mes patients, qu’ils viennent pour un stress chronique, une phobie ou une préparation sportive. Pourquoi ? Parce qu’elle agit directement sur le système nerveux autonome, en particulier le nerf vague, qui est le chef d’orchestre de votre état de relaxation. En régulant votre respiration, vous envoyez un signal clair à votre cerveau : « Tout va bien, tu peux baisser la garde. »
Comment faire ?
Installez-vous confortablement, assis ou debout, le dos droit mais sans rigidité. Fermez les yeux si cela vous aide. Visualisez un triangle équilatéral dans votre esprit, ou imaginez que vous suivez les trois côtés d’un triangle avec votre regard intérieur.
Répétez ce cycle 5 à 10 fois, soit environ 2 à 3 minutes. L’expiration plus longue que l’inspiration est cruciale : elle active le système parasympathique, celui qui vous calme. Vous remarquerez peut-être que votre rythme cardiaque ralentit, que vos épaules se détendent, que votre mâchoire se déverrouille.
Pourquoi ça marche pour la suggestibilité ?
La suggestibilité repose sur la capacité à focaliser votre attention sur un point unique – la voix du praticien, une sensation corporelle, une image mentale – tout en restant ouvert aux suggestions. La respiration en triangle entraîne précisément cette compétence : vous apprenez à fixer votre esprit sur un processus simple (le triangle) tout en laissant de côté les pensées parasites. C’est un peu comme un échauffement pour l’attention.
Prenons un exemple concret. J’ai reçu il y a quelques mois un patient que j’appellerai Marc, un commercial de 45 ans, venu pour une addiction au tabac. Lors de notre premier entretien, il m’a dit : « Thierry, je suis hyperactif, je n’arrive jamais à me poser. L’hypnose, c’est pas pour moi. » Je lui ai proposé de tester la respiration en triangle avant même de commencer la séance. Après trois minutes, il a ouvert les yeux, surpris : « C’est étrange, j’ai senti mes jambes devenir lourdes. » Cette simple prise de conscience a changé son rapport à la séance. Il a compris que son esprit pouvait suivre, et que la relaxation n’était pas une performance.
Quand l’utiliser ?
Idéalement, pratiquez-la 5 à 10 minutes avant votre rendez-vous. Si vous êtes dans la salle d’attente, vous pouvez même le faire les yeux ouverts, en fixant un point sur le mur. Le secret, c’est la régularité : plus vous l’intégrerez à votre routine, plus votre cerveau associera ce schéma respiratoire à un état de réceptivité. Au bout de quelques jours, vous n’aurez même plus besoin de compter les secondes ; votre corps saura.
Le deuxième protocole est directement issu des travaux de Milton Erickson, le père de l’hypnose moderne. Erickson avait compris que l’esprit humain a besoin d’un point d’ancrage pour entrer dans un état modifié de conscience. C’est ce qu’on appelle la fixation de l’attention. Vous avez peut-être déjà vu des films où un hypnotiseur balance une montre à pendule : c’est une version caricaturale, mais le principe est le même. Le « point fixe » est un outil que vous pouvez utiliser seul, sans aucun accessoire, pour préparer votre esprit à recevoir les suggestions.
Comment faire ?
Choisissez un objet simple dans votre environnement : une tache sur le mur, la pointe d’un stylo, une flamme de bougie, ou même votre propre pouce. L’essentiel est que ce soit un point immobile. Asseyez-vous confortablement, le dos droit, les pieds à plat sur le sol. Fixez ce point du regard, sans cligner des yeux plus que nécessaire. Ne forcez pas : si vos yeux piquent, clignez naturellement, puis revenez au point.
Pendant que vous fixez, portez votre attention sur trois choses simultanément :
Maintenez cette fixation pendant 2 à 3 minutes. Vous allez probablement ressentir une lourdeur dans les paupières, une sensation de chaleur, ou une légère distorsion visuelle (le point peut sembler bouger, changer de taille). C’est normal. C’est le signe que votre cerveau commence à entrer dans un état de focalisation intense, proche de l’hypnose légère.
Pourquoi ça marche pour la suggestibilité ?
Le point fixe crée ce qu’on appelle une « monotonie sensorielle ». En fixant un objet immobile, vous réduisez le flux d’informations visuelles que votre cerveau doit traiter. Simultanément, en portant attention à votre respiration et à vos sensations corporelles, vous sollicitez les zones du cerveau liées à l’introception (la perception de l’intérieur du corps). Ce double mouvement – saturation d’un canal sensoriel (la vue) et ouverture d’un autre (le corps) – induit un état de conscience modifié naturel. Votre esprit devient plus perméable aux suggestions, parce qu’il n’est plus en mode « analyse et alerte ».
Je pense à Claire, une coureuse à pied que j’accompagne pour la préparation mentale. Elle venait de vivre une contre-performance lors d’un semi-marathon, et elle était envahie par des pensées négatives : « Je n’ai pas le niveau », « Mon corps me lâche ». Avant nos séances d’hypnose, je lui ai proposé de fixer la pointe de sa chaussure de running. Au début, elle riait : « C’est ridicule, Thierry. » Puis elle a essayé. Après trois minutes, elle m’a dit : « J’ai eu l’impression que mes jambes étaient en coton. » Cette sensation de lourdeur, c’est exactement ce qu’on cherche : un corps qui se relâche, un mental qui suit. Lors de la séance suivante, elle a pu accueillir les suggestions de confiance et de fluidité avec une facilité déconcertante.
Variante pour les plus réticents
Si fixer un point vous semble trop statique, vous pouvez utiliser un mouvement léger : par exemple, suivre du regard le balancement d’une feuille d’arbre ou le va-et-vient d’un pendule. L’important est la répétition d’un même stimulus. Le cerveau humain adore les patterns ; il s’y accroche et se laisse porter.
Les deux premiers protocoles préparent le terrain. Le troisième, lui, plante les graines. Il s’agit d’utiliser le pouvoir de l’auto-suggestion pour orienter votre inconscient vers l’état de suggestibilité. Cela peut sembler paradoxal : vous utilisez la suggestibilité pour augmenter la suggestibilité. Mais en réalité, c’est un cercle vertueux. Votre inconscient est comme un jardinier : si vous lui dites clairement ce que vous attendez de lui, il va organiser les ressources nécessaires pour y parvenir.
Comment faire ?
Ce protocole se pratique idéalement le soir, avant de dormir, ou le matin, juste après le réveil. Ces moments sont appelés « états hypnagogiques » : votre cerveau est naturellement plus réceptif, entre veille et sommeil. Installez-vous confortablement, allongé ou assis, fermez les yeux. Prenez trois respirations profondes pour vous centrer.
Ensuite, répétez mentalement (ou à voix basse, si vous êtes seul) une phrase courte, positive, formulée au présent. Voici quelques exemples que j’adapte souvent à mes patients :
Répétez cette phrase 5 à 10 fois, en laissant chaque mot s’imprégner dans votre corps. Vous pouvez visualiser les mots écrits dans votre esprit, ou les sentir résonner dans votre poitrine. L’important n’est pas de « croire » à la phrase, mais de la répéter avec une intention douce, sans forcer. Votre inconscient n’a pas besoin de votre approbation consciente pour intégrer une suggestion ; il l’enregistre simplement.
Pourquoi ça marche pour la suggestibilité ?
L’auto-suggestion préparatoire agit sur deux niveaux. D’abord, elle réduit l’anxiété de performance. Beaucoup de patients arrivent en séance avec la peur de « ne pas être assez hypnotisable ». Cette peur active le cortex préfrontal, la partie du cerveau qui analyse, juge et contrôle – exactement ce qui bloque l’hypnose. En répétant une phrase comme « Mon esprit s’ouvre facilement », vous désamorcez cette peur. Ensuite, elle crée une attente positive. Votre inconscient, en entendant régulièrement cette suggestion, commence à organiser des expériences qui la confirment. C’est le principe de la prophétie auto-réalisatrice, mais version bienveillante.
Un exemple qui m’a marqué : un patient que j’appellerai Paul, un footballeur amateur de 30 ans, venu pour travailler sa confiance en jeu. Il était très rationnel, presque cynique sur l’hypnose. Il m’a dit : « Je veux bien essayer, mais je ne crois pas que ça marchera sur moi. » Je lui ai demandé de tester l’auto-suggestion chaque soir pendant une semaine, avant la séance. La phrase qu’il a choisie : « Mon inconscient sait trouver les ressources dont j’ai besoin. » Une semaine plus tard, il est revenu en me disant : « J’ai fait un rêve étrange cette nuit. Je marquais un penalty en finale. » Ce rêve n’était pas magique ; c’était son inconscient qui commençait à intégrer la suggestion. La séance d’hypnose qui a suivi a été remarquablement fluide.
Attention : une limite importante
L’auto-suggestion n’est pas un ordre. Si vous vous dites « Je dois être suggestible », vous risquez de créer une tension. La formulation doit être douce, presque ludique. Utilisez des mots comme « facilement », « naturellement », « en toute confiance ». Et surtout, ne vous jugez pas si la première fois, vous ne ressentez rien. L’auto-suggestion est un entraînement, pas une pilule magique.
Vous l’aurez compris, ces trois protocoles ne s’excluent pas. Au contraire, ils se renforcent mutuellement. Voici comment je recommande de les intégrer dans votre routine, que vous ayez une séance prévue ou non.
En amont d’une séance (le jour J) :
En routine quotidienne (pour renforcer votre suggestibilité générale) :
Après une semaine de pratique régulière, vous constaterez probablement des changements subtils : vos séances d’hypnose seront plus profondes, vous entrerez plus rapidement dans la relaxation, et les suggestions auront un impact plus durable. Mais ne vous attendez pas à des transformations radicales du jour au lendemain. La suggestibilité est comme un muscle : elle se développe avec une pratique douce et régulière.
Je veux être clair : ces protocoles ne vous transformeront pas en « super-hypnotisable » en trois jours. Ils ne remplacent pas une séance avec un praticien compétent, ni ne garantissent que chaque suggestion fonctionnera à 100 %. L’hypnose est une danse entre vous et le thérapeute, et la suggestibilité n’en est qu’un aspect. D’autres facteurs entrent en jeu : la qualité de la relation thérapeutique, la précision des suggestions, votre état émotionnel du moment.
Par ailleurs, si vous souffrez de troubles anxieux sévères, de stress post-traumatique non traité, ou si vous prenez des médicaments qui affectent votre vigilance (comme des somnifères ou des antidépresseurs), ces protocoles peuvent être moins efficaces, voire contre-productifs. Dans ce cas, parlez-en à votre praticien avant de les pratiquer seuls. L’hypnose est un outil puissant, mais elle doit être maniée avec discernement.
Vous avez maintenant trois outils concrets pour préparer votre esprit avant une séance d’hypnose. La respiration en triangle pour apaiser le système nerveux, le point fixe pour stabiliser l’attention, l’auto-suggestion pour programmer l’inconscient. Ce ne sont pas des recettes miracles, mais des clés que vous pouvez utiliser à votre rythme, sans pression.
Le plus beau dans tout cela, c’est que ces protocoles ne servent pas uniquement à l’hypnose. Ils vous apprennent à mieux connaître votre propre fonctionnement mental, à repérer les moments où votre esprit se disperse, à cultiver une présence à
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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