HypnoseFondamentaux

Ce que Mesmer ignorait sur le pouvoir de l'esprit (et que vous saurez)

Une révélation historique pour comprendre vos blocages émotionnels.

TSThierry Sudan
23 avril 202613 min de lecture

Imaginez-vous en 1778, à Paris. Dans un salon feutré, un homme en habit de soie violet, Franz Anton Mesmer, promène des baguettes de fer au-dessus du corps d’une jeune femme qui semble en apnée. La salle retient son souffle. Soudain, la patiente convulse, pousse un cri, puis se détend. Elle dit se sentir libérée d’un poids qui l’écrasait depuis des années. Le public applaudit. Mesmer, lui, sourit : il vient de prouver que son « magnétisme animal » fonctionne.

Ce soir-là, il ne le sait pas encore, mais il a ouvert une porte sur laquelle il ne frappera jamais vraiment. Il croyait manœuvrer des fluides invisibles, une sorte d’électricité corporelle. Il avait tort sur le mécanisme. Mais il avait raison sur l’essentiel : l’esprit peut guérir l’esprit.

Aujourd’hui, quand vous venez me voir à Saintes, que vous soyez cadre stressé, sportif bloqué ou parent épuisé, vous cherchez peut-être la même chose que cette patiente de 1778 : une clé pour sortir d’un schéma qui se répète. Vous avez essayé la raison, les listes de bonnes résolutions, les lectures de développement personnel. Et pourtant, au moment crucial, votre corps ou vos émotions reprennent le contrôle.

Cet article n’est pas un cours d’histoire. C’est une révélation : ce que Mesmer a manqué, ce qui fait que vous restez bloqué malgré tous vos efforts, et comment l’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’intelligence relationnelle peuvent faire ce que le magnétisme animal promettait sans jamais le tenir.

Le vrai secret que Mesmer a emporté dans sa tombe

Mesmer était un homme de son siècle. Il croyait aux fluides, aux forces invisibles, à une physique occulte. Il soignait en imposant les mains ou en faisant passer des aimants sur le corps. Quand ses patients guérissaient, il criait victoire. Quand ils rechutaient, il parlait de « mauvais équilibre magnétique ». Il ne s’est jamais demandé pourquoi certains guérissaient alors que d’autres, soumis au même rituel, restaient malades.

Le secret que Mesmer a ignoré, c’est que le pouvoir n’est pas dans le magnétiseur, ni dans ses baguettes. Il est dans la relation entre ce que le patient croit, ce qu’il ressent, et ce que son inconscient fait de cette croyance.

Prenons un exemple concret. L’an dernier, j’ai reçu un coureur amateur, appelons-le Thomas. Il venait pour une blessure récurrente à l’ischio-jambier, diagnostiquée comme « tendinite chronique ». Il avait tout fait : kiné, ostéopathe, repos, renforcement musculaire. Rien n’y faisait. La douleur revenait au 15e kilomètre, comme un couperet.

En séance, je ne lui ai pas parlé de fluides. Je lui ai simplement demandé, sous hypnose légère, de revivre la première fois où sa jambe avait « lâché ». Il a souri, puis son visage s’est fermé. Il a murmuré : « C’était la course où mon père était venu me voir. Il ne m’avait jamais vu courir avant. » La douleur était apparue juste après qu’il ait entendu son père dire à sa mère, à voix basse : « Il va finir dernier, comme d’habitude. »

Son ischio n’était pas enflammé. Il était en grève. Il disait non à l’héritage familial de l’échec.

Le corps ne ment jamais. Il ne fait que répéter ce que l’esprit n’a pas encore digéré.

Mesmer soignait les symptômes. Il ne voyait pas que les vrais blocages sont des histoires que nous portons, des loyautés invisibles, des décisions prises à 7 ans et jamais révisées. Vous n’êtes pas bloqué parce que vous manquez de volonté. Vous êtes bloqué parce qu’une partie de vous, intelligente et protectrice, s’est mis en tête que ce blocage vous sauve.

Pourquoi votre inconscient vous protège… contre vous-même

Voici ce que Mesmer ne pouvait pas comprendre, faute de connaître les neurosciences et la psychologie des profondeurs : votre inconscient n’est pas un ennemi. C’est un gardien un peu zélé, qui a pris des décisions de survie dans le passé et qui continue de les appliquer aujourd’hui, même si elles vous empoisonnent.

Je travaille beaucoup avec des footballeurs, jeunes et moins jeunes. Il y a deux mois, un attaquant de 17 ans, prometteur, est venu me voir. Il ratait tous ses penalties. À l’entraînement, il les mettait au fond. En match, il les envoyait dans le public. Il me disait, désespéré : « Je n’ai pas le mental. »

En séance d’IFS (Internal Family Systems), nous avons rencontré la partie de lui qui le faisait rater. C’était une voix, pas méchante, plutôt anxieuse, qui disait : « Si tu marques, on va attendre plus de toi. On va te mettre la pression. Tu risques d’échouer plus tard. Alors autant échouer maintenant, sur ce penalty, ça fait moins mal. »

Cette partie n’était pas idiote. Elle avait été formée à 12 ans, quand son père lui disait : « Ne prends pas la grosse tête quand tu marques, tu vas te casser la gueule. » Elle avait pris cette consigne au pied de la lettre. Elle le protégeait de l’orgueil et de la chute. Mais elle le protégeait aussi de la réussite.

Voilà le piège : plus vous luttez contre un blocage, plus vous renforcez la partie qui le maintient. Si vous dites « Je dois arrêter de stresser », votre inconscient entend « Danger, stress détecté, renforçons la vigilance ». C’est le paradoxe de l’effort inverse, cher à Milton Erickson. Plus vous voulez vous endormir, moins vous dormez. Plus vous voulez être spontané, plus vous êtes coincé.

Votre inconscient n’obéit pas à vos ordres conscients. Il obéit à ses propres règles, forgées dans l’histoire de votre vie.

Mesmer forçait le passage avec ses passes magnétiques. Parfois ça marchait, parce que le patient croyait. Mais souvent, ça ne durait pas. Parce qu’on ne peut pas déloger une partie protectrice à coups de baguettes. Il faut négocier avec elle, la remercier, et lui montrer que vous êtes désormais assez grand pour vivre sans son bouclier.

L’hypnose ericksonienne : l’art de parler au gardien sans l’effrayer

C’est là que l’hypnose ericksonienne fait la différence. Là où Mesmer imposait, Erickson suggère. Là où Mesmer voulait dominer le fluide, Erickson respecte la résistance. L’hypnose que je pratique à Saintes n’a rien d’un spectacle. C’est une conversation avec l’inconscient, dans sa langue à lui : les images, les métaphores, les sensations.

Je me souviens d’une patiente, appelons-la Sophie, 42 ans, commerciale. Elle venait pour une phobie de l’avion qui l’empêchait de voir sa fille partie vivre au Canada. Elle avait déjà vu deux hypnotiseurs. Le premier lui avait fait faire une régression « choc » en lui faisant revivre un atterrissage raté. Elle en était sortie en pleurs, plus phobique qu’avant. Le second lui avait donné une suggestion directe : « Vous serez calme dans l’avion. » Ça n’avait pas tenu une semaine.

Avec elle, j’ai procédé autrement. Je lui ai parlé de son jardin, de comment elle taillait ses rosiers. Puis je lui ai dit : « Vous savez, les rosiers, il ne faut pas les forcer à pousser. Il faut les tailler au bon moment, pour qu’ils repartent plus forts. » Sous hypnose, son inconscient a fait le lien tout seul. Sa phobie, c’était un rosier mal taillé par un événement ancien (un voyage en avion où ses parents s’étaient disputés violemment). Elle n’avait pas besoin de revivre la dispute. Elle avait besoin que son inconscient comprenne que le danger n’était plus là.

L’hypnose ericksonienne, c’est ça : créer un espace où l’inconscient peut réorganiser ses propres solutions. Je ne vous dis pas quoi faire. Je vous accompagne pour que vous trouviez votre propre chemin vers la guérison. C’est plus lent que le magnétisme de Mesmer, mais infiniment plus durable.

IFS : rencontrer les parties de vous qui tirent dans l’autre sens

L’IFS, ou Internal Family Systems, est une approche que j’utilise de plus en plus, notamment pour les blocages tenaces. Son idée de base est simple : votre esprit n’est pas un bloc monolithique. Il est composé de « parties », des sous-personnalités qui ont chacune leur rôle, leur histoire, leur stratégie.

Mesmer voyait l’esprit comme un fluide à rééquilibrer. L’IFS le voit comme une famille intérieure, parfois dysfonctionnelle, que l’on peut aider à mieux communiquer.

Repensez à Thomas, le coureur. En IFS, nous avons identifié trois parties actives autour de sa blessure :

  • Une partie « pousseur » : celle qui lui faisait s’entraîner coûte que coûte, quitte à se blesser. Elle disait : « Si tu t’arrêtes, tu es un loser. »
  • Une partie « saboteur » : celle qui faisait lâcher la jambe au 15e kilomètre. Elle disait : « Tu vas souffrir encore plus si tu continues. »
  • Une partie « enfant » : celle qui, à 12 ans, avait entendu son père douter de lui. Elle disait : « Tu n’es pas à la hauteur. »

Ces trois parties étaient en conflit permanent. Le pousseur poussait, le saboteur freinait, l’enfant pleurait. Aucune n’était mauvaise. Chacune essayait de protéger Thomas à sa manière. Mais elles ne se parlaient pas.

En IFS, nous avons invité ces parties à se rencontrer, à dire leur peur, à recevoir de la reconnaissance. Puis nous avons demandé au « Self » de Thomas – sa partie centrale, calme, confiante, curieuse – de prendre les rênes. Ce n’est pas moi qui ai décidé. C’est son propre Self qui a dit : « Je peux gérer la pression maintenant. Je n’ai plus besoin que tu me protèges en me faisant mal. »

Le Self n’est jamais blessé. Il est juste recouvert par les parties qui crient le plus fort.

Résultat : Thomas a recommencé à courir sans douleur en trois semaines. Pas parce que j’avais un pouvoir. Parce que ses parties ont accepté de lâcher prise une fois entendues.

Intelligence relationnelle : le pouvoir de dire les choses qui n’ont jamais été dites

Mesmer travaillait en solitaire. Il magnétisait, et le patient recevait. Il manquait une dimension essentielle : la relation avec les autres. Beaucoup de nos blocages ne sont pas seulement intérieurs. Ils sont tissés dans nos liens avec nos parents, nos conjoints, nos collègues.

L’intelligence relationnelle, c’est l’art de repérer ces boucles invisibles et de les dénouer. C’est savoir dire non sans se sentir coupable, demander sans supplier, recevoir sans devoir.

Je pense à un patient, Marc, 55 ans, dirigeant d’une PME. Il venait pour des crises d’angoisse qui le prenaient chaque dimanche soir. Sous hypnose, nous avons trouvé une scène : son père, mort depuis 20 ans, qui lui disait : « Tu n’arriveras jamais à rien si tu ne travailles pas 70 heures par semaine. » Marc avait internalisé cette voix. Le dimanche soir, elle se réveillait : « Tu n’as pas assez bossé cette semaine. Tu vas échouer. »

La solution n’était pas seulement dans son inconscient. Elle était dans la relation qu’il entretenait encore intérieurement avec son père. En séance, je lui ai proposé un exercice d’intelligence relationnelle : écrire une lettre à son père, non pas pour lui pardonner, mais pour lui dire ce qu’il n’avait jamais pu dire : « Tu t’es trompé. Je suis quelqu’un de bien, même en travaillant moins. »

Il a pleuré. Puis il a brûlé la lettre. Ses crises d’angoisse ont disparu en deux semaines. Non pas parce qu’il avait « réglé » son père, mais parce qu’il avait réglé la relation intérieure qu’il entretenait avec lui.

L’intelligence relationnelle, c’est aussi apprendre à lire les systèmes familiaux. Parfois, un blocage émotionnel n’est pas le vôtre. Il est hérité. Votre mère avait peur de l’échec. Votre grand-père était un perfectionniste qui ne souriait jamais. Et vous portez leur histoire sans le savoir. L’hypnose ericksonienne et l’IFS permettent de repérer ces loyautés invisibles, de les reconnaître, et de les déposer.

Ce que vous pouvez faire dès maintenant (sans baguettes magnétiques)

Je ne vais pas vous laisser avec de belles histoires. Voici trois choses que vous pouvez tester, seul, chez vous, pour commencer à dénouer un blocage.

  1. Identifiez votre « partie protectrice » : Prenez un papier. Notez un blocage récurrent (procrastination, anxiété, colère). Puis demandez-vous : « Quelle partie de moi fait ça ? Que croit-elle qu’il va se passer si elle arrête ? » Par exemple : « La partie qui me fait remettre ce dossier a peur que si je le finis, on m’en donne un autre encore plus dur. » Ne jugez pas cette partie. Remerciez-la d’avoir essayé de vous protéger.

  2. Faites l’expérience du « peut-être » : Erickson aimait les suggestions indirectes. Ce soir, avant de dormir, dites-vous : « Peut-être que demain, je verrai ce blocage différemment. Peut-être que non. » Le « peut-être » ouvre une brèche. Il n’active pas la résistance de votre inconscient. Il laisse une porte entre-ouverte.

  3. Parlez à votre symptôme : Si vous avez une douleur, une angoisse, une habitude qui vous déplaît, asseyez-vous cinq minutes, les yeux fermés. Respirez. Puis demandez à ce symptôme : « Qu’est-ce que tu veux pour moi ? » Écoutez la première réponse qui vient, sans la censurer. Souvent, le symptôme a un message que votre conscient refuse d’entendre.

Ces exercices ne remplacent pas un accompagnement, mais ils vous remettent dans une posture active. Vous n’êtes plus la victime de votre inconscient. Vous devenez son interlocuteur.

Pourquoi je ne vous promets pas de miracle (et pourquoi c’est une bonne nouvelle)

Mesmer promettait des guérisons spectaculaires. Il avait des files de patients devant son cabinet. Mais quand la mode du magnétisme animal est passée, ses guérisons sont souvent revenues. Parce qu’il n’avait pas outillé ses patients pour comprendre leur propre fonctionnement.

Je ne vous promets pas que vous repartirez guéri après une séance. Je vous promets que vous repartirez avec une compréhension nouvelle de ce qui vous bloque, et des clés pour le dénouer par vous-même.

L’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’intelligence relationnelle ne sont pas des baguettes magiques. Ce sont des outils de précision. Ils demandent votre participation. Ils demandent que vous acceptiez de rencontrer les parties de vous que vous avez peut-être passées votre vie à fuir.

Mais c’est précisément là que se trouve la liberté. Pas dans le fait qu’un thérapeute vous « répare ». Mais dans le fait que vous appreniez à vous connaître, à négocier avec vos peurs, à faire la paix avec vos histoires.

Guérir, ce n’est pas devenir parfait. C’est cesser de se battre contre ce qu’on est.

Alors, si vous lisez ces lignes et que vous sentez une résonance – une petite voix qui dit « C’est peut-être mon tour » – écoutez-la. Elle n’est pas votre ennemi. Elle est simplement la partie de vous qui sait que le changement est possible, mais qu’il a besoin d’un cadre sécurisé pour advenir.

Je vous reçois à Saintes, dans mon cabinet proche de la place du Palais, pour des séances individuelles. On commence

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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