3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Explorez comment votre esprit profond trouve ses propres réponses.
Vous êtes allongé dans mon fauteuil, ou peut-être assis bien droit sur une chaise, les pieds à plat. Vous venez de me raconter ce qui vous amène : cette anxiété qui vous réveille chaque nuit à trois heures du matin, cette habitude de vous ronger les ongles jusqu'au sang, ce sentiment de ne pas être à la hauteur au travail malgré des années de compétences reconnues. Je vous écoute, je vous observe. Puis je vous dis quelque chose comme : « Et maintenant, vous pouvez laisser votre respiration trouver son propre rythme, celui qui est juste pour vous en ce moment. Et pendant que vous écoutez ma voix, votre esprit, la partie la plus créative de vous, peut déjà commencer à chercher ce dont vous avez besoin. »
À ce moment-là, beaucoup de mes patients se demandent ce qui va se passer. « Mon inconscient ? Quel inconscient ? Et qu'est-ce qu'il pourrait bien faire pour moi ? » C'est une question légitime. On nous a appris à tout contrôler, à tout analyser, à tout comprendre avec notre cerveau conscient. L'idée qu'une autre partie de nous, plus vaste, plus ancienne, puisse avoir des solutions que notre logique ne voit pas, cela peut sembler étrange, voire un peu magique. Mais ce n'est pas de la magie. C'est une réalité que l'hypnose ericksonienne, du nom du psychiatre américain Milton Erickson, explore et utilise depuis près d'un siècle.
Dans cet article, je vais vous montrer ce que votre inconscient peut concrètement faire pour vous, pas dans un langage de laboratoire, mais à travers des situations que je vois chaque semaine dans mon cabinet à Saintes. Vous allez comprendre pourquoi cet allié méconnu est peut-être votre meilleure ressource pour traverser ce qui vous bloque aujourd'hui.
Commençons par une évidence qui dérange : votre cerveau conscient est limité. Vraiment limité. En moyenne, il peut traiter environ 60 bits d'information par seconde. C'est à peu près ce qu'il vous faut pour suivre une conversation animée ou lire ce paragraphe. Pendant ce temps, votre inconscient — cet ensemble de processus automatiques, de mémoires, d'apprentissages et d'intuitions — gère environ 11 millions de bits d'information par seconde. Oui, vous avez bien lu : 11 millions.
Je reçois souvent des cadres ou des entrepreneurs qui me disent : « Je sais ce que je devrais faire. J'ai tout analysé. Mais je n'y arrive pas. » Par exemple, Paul, un responsable commercial de 42 ans, savait parfaitement qu'il devait déléguer pour ne pas s'épuiser. Il avait des listes, des tableaux, des objectifs. Mais chaque fois qu'il devait confier une tâche, son estomac se nouait, sa gorge se serrait, et il finissait par tout faire lui-même. Son conscient savait. Son corps, lui, réagissait à un apprentissage plus ancien : « Si je ne contrôle pas tout, ça va mal se passer. »
Ce que l'hypnose ericksonienne vient faire, ce n'est pas ajouter de l'information à votre conscient — vous en avez déjà trop. C'est créer un espace où votre inconscient peut remonter à la surface ce qui est déjà là, mais inaccessible. Erickson disait que chaque personne possède déjà les ressources nécessaires pour résoudre ses problèmes. Mon rôle n'est pas de vous dire quoi faire, mais de vous aider à accéder à ce que vous savez déjà, profondément.
Votre conscient est un bon planificateur, mais un piètre exécutant quand il s'agit de changements émotionnels ou comportementaux. Il ressemble à un chef de projet qui voudrait réparer un moteur en lisant le manuel technique sans jamais ouvrir le capot. L'inconscient, lui, connaît le moteur de l'intérieur. Il l'a construit, pièce par pièce, depuis votre naissance.
« L'inconscient n'est pas un ennemi à combattre, ni un enfant à éduquer. C'est un allié qui parle la langue des sensations, des images et des émotions. Encore faut-il accepter de l'écouter. »
Je vais vous raconter l'histoire de Claire. Elle est venue me voir pour des insomnies chroniques. Depuis trois ans, elle se réveillait entre 2h et 4h du matin, l'esprit en ébullition. Elle avait tout essayé : tisanes, méditation, somnifères légers, arrêt des écrans le soir. Rien n'y faisait. Son conscient avait épuisé toutes les stratégies visibles.
En séance, je ne lui ai pas donné une nouvelle technique. Je lui ai proposé une exploration hypnotique légère, sans objectif précis — juste la curiosité de voir ce que son inconscient voulait lui montrer. Pendant cet état, une image est venue à elle : celle d'une petite fille assise sur un banc dans une cour d'école, seule, qui attend que quelqu'un vienne la chercher. Cette image n'avait pas de lien direct avec son sommeil, du moins en apparence.
En discutant après, elle a fait le lien : cette petite fille, c'était elle à 7 ans, quand ses parents traversaient une séparation difficile. Personne ne lui avait expliqué ce qui se passait. Elle avait appris à rester éveillée, à guetter les bruits, à contrôler son environnement pour ne pas être surprise. À 35 ans, son inconscient avait gardé ce programme de vigilance : il la réveillait encore pour « surveiller », même s'il n'y avait plus rien à surveiller.
Une fois ce lien conscientisé, quelque chose a changé. Pas besoin d'une longue thérapie. Son inconscient avait attendu qu'elle comprenne le message. Les insomnies ont diminué en deux semaines. Ce n'était pas un tour de passe-passe — c'était la résolution d'un apprentissage ancien qui n'avait plus lieu d'être.
Ce que vous devez retenir, c'est que votre inconscient ne fonctionne pas comme un ordinateur qui répondrait à des commandes logiques. Il fonctionne par associations, images, sensations. Il communique à travers vos rêves, vos intuitions, vos « tics », vos douleurs, vos blocages. Quand vous dites « j'ai un mauvais pressentiment » sans savoir pourquoi, c'est lui qui vous parle. Quand vous avez une solution qui vous vient comme une évidence après une bonne nuit de sommeil, c'est encore lui.
L'hypnose ericksonienne crée un cadre où cette communication devient possible. Je ne vous endors pas. Je ne vous fais pas perdre le contrôle. Je vous accompagne dans un état de conscience modifié, un peu comme cet entre-deux juste avant de vous endormir, où les idées défilent sans filtre. Dans cet état, votre conscient lâche un peu la bride, et votre inconscient peut enfin montrer ce qu'il a à dire.
Au fil des années, j'ai observé que l'inconscient de mes patients déploie principalement trois capacités pendant l'hypnose. Les connaître vous aide à comprendre ce qui se joue réellement.
1. La fonction de tri et de priorisation
Votre inconscient reçoit en permanence des milliers d'informations sensorielles, émotionnelles et mémorielles. Sans lui, vous seriez submergé. Pendant l'hypnose, il opère un tri. Il va choisir ce qui est pertinent pour vous à ce moment précis, comme un bibliothécaire qui irait chercher le bon livre dans une immense réserve sans que vous ayez besoin de connaître la cote.
Prenons l'exemple de Marc, un footballeur amateur que j'accompagne. Avant chaque match, il était paralysé par le trac. Son conscient lui disait : « Tu t'es entraîné, tu sais jouer, arrête de stresser. » Mais son inconscient, lui, avait associé le bruit du stade à une expérience humiliante de son adolescence. Pendant la séance, sans que je lui demande, son inconscient a remplacé cette association par une autre : le bruit du public est devenu un encouragement. Son corps a suivi. Il a retrouvé sa fluidité.
2. La fonction de désapprentissage
C'est peut-être la plus importante. Nous apprenons toute notre vie, mais nous n'apprenons pas à désapprendre. Or, certaines réactions que vous avez aujourd'hui — l'anxiété, la procrastination, l'auto-sabotage — ont été utiles à un moment de votre vie. Elles ont été des solutions de survie. Le problème, c'est qu'elles sont devenues des habitudes automatiques.
Votre inconscient peut désapprendre ces réponses devenues inadaptées. C'est ce qu'on appelle la plasticité neuronale. En hypnose, vous pouvez revoir une situation stressante sans la revivre en pleine intensité, et votre inconscient enregistre une nouvelle réponse possible. C'est comme si vous remplaciez un vieux logiciel par une version plus récente, sans avoir à réinstaller tout le système.
3. La fonction de créativité
Quand vous êtes bloqué, c'est souvent parce que votre conscient tourne en rond dans les mêmes schémas de pensée. Votre inconscient, lui, n'a pas cette limite. Il peut faire des liens entre des éléments que vous n'auriez jamais rapprochés.
Je me souviens d'une patiente, Sophie, qui n'arrivait pas à prendre la parole en réunion. Elle avait tout préparé, mais sa voix se bloquait. Pendant une séance, elle a eu l'image d'un arbre avec des racines profondes. Cette image l'a apaisée. Plus tard, elle m'a dit : « Je me suis rendu compte que j'avais peur de m'envoler, de perdre pied. L'image de l'arbre m'a rappelé que je suis ancrée, même quand je parle. » Son inconscient avait trouvé une métaphore puissante que son conscient n'aurait jamais imaginée.
Je veux être honnête avec vous, parce que la confiance est essentielle dans ce travail. L'hypnose ericksonienne n'est pas une baguette magique. Elle ne va pas :
Ce qu'elle peut faire, en revanche, c'est créer les conditions pour que vous changiez par vous-même. Erickson aimait dire : « Le patient est le véritable thérapeute. Mon rôle est simplement de créer un environnement où il peut se guérir. »
Un exemple concret : J'ai reçu un jour un homme d'une cinquantaine d'années, complètement bloqué dans son deuil après la perte de son épouse. Il était venu sur les conseils de son médecin, mais sans y croire. Il m'a dit : « Je ne vois pas comment parler va changer quoi que ce soit. Je sais que je dois avancer, mais je n'y arrive pas. »
Je ne lui ai pas fait « parler » de sa femme. Je l'ai invité à fermer les yeux, à se souvenir d'un moment où il s'était senti complètement en paix. Il a retrouvé une sensation de chaleur dans la poitrine, une image de lui assis au bord d'un lac. Puis, je lui ai simplement suggéré que cette sensation de paix pouvait coexister avec sa tristesse, qu'elle n'était pas une trahison. Il est reparti avec une lueur différente dans les yeux. Il n'avait pas « oublié » sa femme. Il avait trouvé un espace en lui où la paix était possible malgré la douleur.
Ce que l'hypnose ne fait pas, c'est vous éviter le travail. Elle ne vous épargne pas les émotions. Mais elle vous donne un accès direct à vos ressources internes pour les traverser différemment.
« L'hypnose ne vous enlève rien. Elle vous rend ce que vous aviez oublié que vous possédiez : votre capacité à vous adapter, à guérir, à grandir. »
Dans ma pratique, je combine souvent l'hypnose ericksonienne avec deux autres approches : l'IFS (Internal Family Systems) et l'Intelligence Relationnelle. Vous vous demandez peut-être pourquoi. Laissez-moi vous expliquer comment ces outils travaillent main dans la main.
L'IFS, développé par Richard Schwartz, part d'une idée simple : notre psychisme est composé de multiples « parties » ou « protecteurs ». Il y a la partie perfectionniste qui vous pousse à en faire toujours plus, la partie critique qui vous juge, la partie vulnérable que vous cachez. Chacune a une fonction, même celles qui vous posent problème. L'hypnose permet d'entrer en contact avec ces parties de manière douce, sans les forcer. Je peux vous guider pour dialoguer avec cette voix intérieure qui vous dit « tu n'y arriveras pas » et comprendre ce qu'elle essaie de protéger.
L'Intelligence Relationnelle, que j'ai beaucoup pratiquée, ajoute une dimension concrète : elle vous apprend à identifier vos schémas relationnels dans la vie quotidienne. Par exemple, pourquoi vous avez tendance à vous effacer devant les autres, ou au contraire à vouloir tout contrôler. L'hypnose peut dénouer les tensions émotionnelles, mais l'Intelligence Relationnelle vous donne des outils pour repérer ces schémas en temps réel, dans votre couple, votre travail, vos amitiés.
Concrètement, voici comment cela se passe pour beaucoup de mes patients : une première séance d'hypnose permet de relâcher une pression émotionnelle ancienne, de créer un apaisement. Ensuite, avec l'IFS, on explore la carte de ce paysage intérieur. Puis, avec l'Intelligence Relationnelle, on transpose ces découvertes dans vos interactions quotidiennes. C'est un peu comme si l'hypnose défrichait le terrain, l'IFS dessinait le plan, et l'Intelligence Relationnelle vous apprenait à cultiver le jardin.
Vous n'avez pas besoin d'attendre une séance pour commencer à expérimenter ce contact avec votre inconscient. Voici un petit exercice que vous pouvez faire chez vous, en toute sécurité. Il est inspiré de ce que Milton Erickson appelait la « technique de la main levée », mais simplifié.
Installez-vous dans un endroit calme, sans distraction. Asseyez-vous confortablement, les pieds à plat sur le sol, les mains posées sur les cuisses. Fermez les yeux. Prenez trois respirations un peu plus profondes que d'habitude. Puis, laissez votre respiration revenir à son rythme naturel.
Maintenant, portez votre attention sur vos mains. Sans les bouger volontairement, imaginez qu'elles deviennent très légères, comme si elles étaient remplies d'hélium. Ne forcez rien. Contentez-vous d'imaginer. Si vos mains bougent un tout petit peu, très bien. Si elles ne bougent pas, ce n'est pas grave non plus. Restez simplement curieux.
Pendant que vous faites cela, vous pouvez vous poser une question intérieure : « Qu'est-ce que mon inconscient aimerait que je sache aujourd'hui ? » N'attendez pas une réponse en mots. Laissez venir une image, une sensation, une couleur, un mot, ou rien du tout. L'important n'est pas d'obtenir une réponse immédiate, mais d'ouvrir une porte.
Restez dans cette position une à deux minutes. Puis, doucement, ramenez votre attention sur votre respiration, sur vos pieds au sol. Ouvrez les yeux quand vous êtes prêt.
Ce que vous venez de faire, c'est un petit pas vers l'écoute de votre inconscient. Peut-être n'avez-vous rien ressenti de particulier. Peut-être, au contraire, une main a-t-elle vraiment bougé, ou une image est-elle apparue. Dans les deux cas, c'est une information. Votre inconscient a répondu à sa manière.
Si cet exercice vous a semblé agréable ou intrigant, c'est bon signe. Si au contraire il vous a mis mal à l'aise ou vous a semblé absurde, c'est aussi une information. Peut-être que votre conscient protège quelque chose, ou que le lâcher-prise n'est pas encore possible seul. C'est tout à fait normal.
Je ne vais pas vous promettre que l'hypnose va résoudre tous vos problèmes en trois séances. Ce ne serait pas honnête. Ce que je peux vous dire, c'est que depuis 2014, j'accompagne des adultes à Saintes qui arrivent avec des souffrances variées : anxiété, phobies, deuils,
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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