3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un chemin doux vers la mémoire sans revivre la souffrance.
Je reçois souvent cette question dans mon cabinet à Saintes : « Est-ce que je vais revivre mon traumatisme pendant la séance ? » La personne est assise en face de moi, les mains serrées l’une contre l’autre, le regard à la fois curieux et inquiet. Elle a entendu dire que l’hypnose pouvait « débloquer » des souvenirs, et ça lui fait peur. Peur de se retrouver submergée par une vague de douleur qu’elle a passé des années à contenir. Pourtant, ce qu’elle ignore encore, c’est que l’hypnose éricksonienne que je pratique n’est pas une plongée brutale dans le passé. C’est un chemin doux, détourné, presque poétique, vers une mémoire qui n’a pas besoin d’être revécue pour être apaisée.
Prenons un exemple. Il y a quelques mois, un coureur amateur est venu me voir. Il n’arrivait plus à courir sans ressentir une angoisse diffuse, sans que ses jambes ne se bloquent. Il ne comprenait pas pourquoi. « Je n’ai jamais eu d’accident grave, Thierry », m’a-t-il dit. Et pourtant, son corps lui envoyait un signal d’alarme à chaque foulée. En explorant ensemble, il s’est souvenu d’un épisode : enfant, il avait été poursuivi par un chien dans un champ. Il avait réussi à s’enfuir, et l’événement était « oublié » depuis longtemps. Mais son système nerveux, lui, n’avait pas oublié. Chaque fois qu’il accélérait le pas, quelque chose en lui associait la course au danger. Le traumatisme était enfoui, mais pas disparu.
C’est là que l’hypnose entre en jeu. Pas pour le forcer à revivre la scène du chien, mais pour permettre à son cerveau de réorganiser l’information, de la traiter autrement. Et c’est ce mécanisme que je vais vous expliquer ici.
Pour comprendre comment l’hypnose agit sur un traumatisme enfoui, il faut d’abord saisir ce qui se passe dans votre cerveau quand vous vivez un événement difficile. Imaginez votre esprit comme une grande bibliothèque. Quand vous vivez une expérience normale, elle est rangée proprement : date, émotion, contexte, tout est classé. Vous pouvez y penser sans être envahi. Mais un traumatisme, c’est comme un livre qui a été jeté en urgence dans un coin, sans être catalogué, parce que l’émotion était trop forte pour que le bibliothécaire (votre cerveau conscient) fasse son travail correctement.
Ce souvenir non traité ne reste pas inactif. Il continue d’envoyer des signaux à votre système nerveux. Votre corps réagit comme si le danger était toujours présent, même si votre esprit a « oublié » l’événement. C’est pour ça que vous pouvez ressentir une boule au ventre sans savoir pourquoi, avoir des flashs sensoriels (une odeur, un bruit) qui déclenchent de l’anxiété, ou développer des comportements d’évitement. Le traumatisme enfoui n’est pas un souvenir comme les autres : c’est une boucle qui tourne en boucle, en dessous du seuil de votre conscience.
En hypnose, on appelle ça un « état de dissociation ». Une partie de vous a été séparée de l’histoire complète. La mémoire émotionnelle est intacte, mais la mémoire narrative (le « il s’est passé ça, à tel moment, et c’est fini ») n’a pas été consolidée. Résultat : votre cerveau ne sait pas que l’événement est terminé. Il continue à sonner l’alarme. Et c’est précisément là que l’hypnose peut intervenir, non pas en allant chercher le souvenir à la pioche, mais en créant les conditions pour que votre cerveau puisse enfin le ranger.
C’est sans doute la chose la plus importante que je puisse vous dire : en hypnose éricksonienne, on ne cherche pas à « exhumer » le souvenir pour le revivre. On cherche à modifier votre relation à ce souvenir. C’est une nuance fondamentale. Vous n’êtes pas obligé de repasser par la case douleur pour guérir.
Prenons une image. Imaginez que vous ayez une vieille blessure au genou. La douleur est toujours là, même si la cause initiale (la chute) est oubliée. Un médecin pourrait vous rouvrir la plaie pour voir ce qui se passe à l’intérieur. C’est efficace, mais douloureux. L’hypnose, elle, agit comme une pommade qui enveloppe la zone, qui détend les muscles autour, qui modifie la circulation sanguine. La blessure n’est pas rouverte, mais elle cesse de faire mal parce que le contexte a changé.
Concrètement, en séance, je ne vais pas vous dire : « Revenez à ce moment où vous avez eu peur. » Je vais plutôt vous inviter à observer la scène depuis un endroit sûr, comme si vous regardiez un film en noir et blanc, avec le son coupé. Ou je vais vous demander de laisser votre main inconsciente se souvenir de la sensation, pendant que votre esprit conscient reste dans le calme de la pièce. Le traumatisme est présent, mais il est tenu à distance, enveloppé dans une sécurité que votre cerveau n’avait pas au moment des faits.
« Le traumatisme n’est pas une histoire qu’il faut revivre, mais une expérience qu’il faut réorganiser. L’hypnose offre au cerveau un nouvel environnement pour le faire, sans le submerger. »
C’est ce que j’appelle un « chemin doux ». Vous n’êtes pas obligé de souffrir pour guérir. Votre inconscient sait déjà ce dont il a besoin. Mon rôle est simplement de créer un espace où il peut le faire, à son rythme, sans forcer.
Pour que vous compreniez mieux le mécanisme, il faut que je vous parle un peu du fonctionnement du cerveau. Rassurez-vous, je vais rester simple. Vous avez deux grandes parties qui travaillent ensemble : le cortex préfrontal (votre « chef d’orchestre » rationnel) et le système limbique (votre « alarme » émotionnelle). En temps normal, le chef d’orchestre peut calmer l’alarme en disant : « C’est bon, c’est fini, on est en sécurité. » Mais quand un traumatisme est enfoui, l’alarme est déconnectée du chef d’orchestre. Elle sonne toute seule, sans raison apparente.
L’hypnose, c’est un état modifié de conscience où le chef d’orchestre fait une petite pause. Il ne part pas en vacances, mais il arrête de micro-gérer. Pendant ce temps, vous êtes dans un état de réceptivité accrue, un peu comme quand vous êtes dans la rêverie, juste avant de vous endormir. Dans cet état, votre cerveau peut accéder à des connexions qu’il ne peut pas faire en état de veille normale. C’est le moment idéal pour présenter une nouvelle information à l’alarme : « Regarde, on est en 2025, dans un cabinet calme. Le chien n’est plus là. Tu peux arrêter de sonner. »
Ce processus s’appelle la « reconsolidation de la mémoire ». En bref, chaque fois que vous vous souvenez d’un événement, votre cerveau le re-stocke. Et si, au moment du re-stockage, vous ajoutez une nouvelle information (par exemple, une sensation de sécurité, une image apaisante, une distorsion temporelle), le souvenir est modifié. Il n’est pas effacé, mais il perd sa charge émotionnelle négative. Le traumatisme devient une simple histoire, sans le pouvoir de vous faire souffrir.
C’est exactement ce qui s’est passé avec mon coureur. Pendant la séance, je ne lui ai pas demandé de se souvenir du chien. Je lui ai proposé d’imaginer qu’il courait dans un champ immense, avec un casque qui diffusait sa musique préférée, et que son souffle était régulier, paisible. Son inconscient a fait le lien tout seul : il a associé la course à la sécurité, à la liberté. La peur du chien est restée dans son histoire, mais elle n’a plus dicté sa respiration.
Si vous venez me voir pour un traumatisme enfoui, voici à quoi ressemble généralement le déroulement d’une séance. Ce n’est pas un protocole rigide, mais une trame que j’adapte à chaque personne.
1. L’accueil et la sécurisation Je ne commence jamais l’hypnose sans avoir construit une relation de confiance. On discute de ce qui vous amène, de vos peurs éventuelles. Je vous explique que vous gardez le contrôle, que vous pouvez sortir de l’état hypnotique à tout moment. Je vous donne des outils pour vous ancrer : une respiration, un point d’attention dans la pièce. Cette phase est cruciale. Un traumatisme, c’est une rupture de sécurité. Pour le retravailler, il faut d’abord recréer un contenant sécurisé.
2. L’induction et la dissociation Ensuite, je vous guide dans un état de relaxation profonde. Pas de pendule, pas de claquement de doigts. Simplement une voix qui vous invite à vous détendre, à laisser vos paupières devenir lourdes, à imaginer un lieu sûr. C’est ce qu’on appelle une « induction ». Puis je crée une dissociation : je vous propose de voir la scène traumatique comme sur un écran, ou de laisser une partie de vous (votre « observateur sage ») la regarder pendant qu’une autre partie reste profondément relaxée.
3. La transformation et l’intégration C’est le cœur du travail. Sans vous demander de revivre l’événement, je vais utiliser des métaphores, des suggestions, des distorsions temporelles ou spatiales. Par exemple : « Et si vous pouviez regarder cette scène en accéléré, comme un film qui défile vite, jusqu’à ce qu’elle devienne floue ? » Ou : « Et si vous pouviez envoyer à ce vous du passé un message de réconfort, depuis votre position de sécurité actuelle ? » L’objectif est que votre cerveau intègre l’idée que le danger est passé, sans avoir à repasser par l’émotion brute.
Enfin, je vous ramène doucement à l’état de veille, en vous laissant le temps de revenir. Beaucoup de personnes me disent après : « Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé, mais je me sens plus léger. » Et c’est parfait. Parce que le travail s’est fait à un niveau où les mots ne sont pas nécessaires.
Je veux être clair avec vous : l’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne fait pas disparaître les souvenirs, et elle ne convient pas à tout le monde ni à toutes les situations. Certains traumatismes très lourds, notamment ceux liés à des violences répétées ou à des abus prolongés, nécessitent un accompagnement pluridisciplinaire, parfois avec un psychiatre ou un psychothérapeute spécialisé. L’hypnose peut être un complément puissant, mais elle ne remplace pas un suivi médical ou psychiatrique quand celui-ci est nécessaire.
De plus, l’hypnose ne fonctionne que si vous êtes prêt à vous laisser aller. Je ne peux pas « faire » quelque chose contre votre volonté. Si vous êtes en pleine résistance, si vous ne faites pas confiance, l’état hypnotique sera superficiel et le travail moins efficace. C’est pour ça que je passe du temps à vous rassurer, à vous expliquer, à répondre à vos questions. Vous devez être acteur de votre propre processus.
Enfin, sachez que parfois, une seule séance suffit pour un traumatisme récent ou bien circonscrit. Mais pour des blessures anciennes et complexes, un travail de plusieurs séances peut être nécessaire. Chaque personne à son rythme, et ce n’est pas une compétition. L’important, c’est que vous repartiez avec un peu plus de légèreté, un peu plus de liberté.
Tout le monde ne se souvient pas d’un événement traumatique précis. Parfois, les signes sont plus diffus : une anxiété qui revient sans raison, des réactions disproportionnées à des situations banales, des douleurs physiques inexpliquées (maux de tête, tensions dans le dos), des troubles du sommeil, ou une difficulté à se sentir en sécurité dans votre propre corps. Si vous vous reconnaissez dans cette description, il est possible qu’un traumatisme enfoui soit en train de s’exprimer à travers ces symptômes.
Ce n’est pas une fatalité. L’hypnose peut vous aider à retrouver un équilibre, sans que vous ayez à replonger dans l’horreur. Vous n’avez pas besoin de tout comprendre pour guérir. Parfois, il suffit d’accepter que votre corps et votre esprit ont besoin d’un peu d’aide pour ranger cette vieille histoire.
Si vous lisez ces lignes et que vous vous sentez concerné, je vous invite à une première chose très simple : prenez un moment pour vous. Asseyez-vous tranquillement, fermez les yeux, et posez une main sur votre ventre. Respirez lentement, en gonflant le ventre à l’inspiration, en le laissant se dégonfler à l’expiration. Pendant quelques respirations, dites-vous intérieurement : « Je suis en sécurité, ici et maintenant. » Ce n’est pas une solution miracle, mais c’est un premier ancrage. C’est un message que vous envoyez à votre système nerveux : le danger n’est plus là.
Ensuite, si vous sentez que le sujet résonne en vous, vous pouvez m’appeler ou m’écrire. Je ne vais pas vous promettre que tout sera réglé en une séance, mais je peux vous promettre que je vous recevrai avec douceur, sans jugement, et que nous avancerons à votre rythme. Vous n’êtes pas obligé de revivre votre douleur pour la dépasser. Parfois, il suffit d’un chemin détourné, d’une voix calme, et de la confiance que votre propre esprit sait comment guérir, si on lui en donne l’occasion.
Je suis là pour ça. À Saintes, depuis 2014, j’accompagne des adultes qui, comme vous, cherchent une porte de sortie discrète mais solide. Si vous voulez pousser cette porte, je serai là pour vous guider, pas à pas, sans vous forcer à regarder en arrière si vous ne le voulez pas.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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