3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Vos métaphores deviennent la clé de votre transformation intérieure.
Vous êtes assis dans mon cabinet, et vous me dites : « C’est comme si j’avais un mur devant moi. Je sais ce que je devrais faire, mais je n’arrive pas à le traverser. » Ce mur, vous le voyez, vous le sentez. Il est là, dans votre ventre, dans votre poitrine. Vous avez tout essayé pour le contourner, le pousser, l’ignorer. Rien n’y fait.
Puis, je vous demande : « Si ce mur pouvait vous parler, que vous dirait-il ? » Vous marquez un temps d’arrêt. Personne ne vous a jamais posé cette question. Et là, quelque chose se passe. Votre regard change. Vous répondez : « Il me dit que je suis fatigué. Que j’ai besoin de me protéger. » Ce mur, qui était un problème, devient une voix. Votre voix.
Ce moment-là, c’est le cœur de l’hypnose ericksonienne. Je ne vous impose pas un langage technique ou des métaphores toutes faites. Je prends le vôtre, vos images, vos sensations, vos mots du quotidien, et je les utilise comme la matière première de votre transformation. Parce que ce mur, vous l’avez construit. Vous seul pouvez savoir comment le déconstruire.
Votre langage est votre carte du monde
Quand vous venez me voir pour une phobie, une addiction, une anxiété chronique ou un blocage professionnel, vous arrivez avec un vocabulaire bien à vous. Vous ne dites pas : « J’ai un trouble anxieux généralisé. » Vous dites : « J’ai l’impression d’avoir une boule dans la gorge dès que je dois parler en réunion. » Vous ne dites pas : « Je souffre d’un complexe d’infériorité. » Vous dites : « Je me sens tout petit, comme si les autres étaient des géants. »
Ces mots ne sont pas anodins. Ils sont les fenêtres de votre inconscient. L’hypnose ericksonienne, développée par Milton Erickson, repose sur une idée simple mais puissante : votre inconscient parle votre langue. Il n’a pas besoin de concepts savants. Il comprend les images, les sensations, les métaphores que vous utilisez tous les jours sans y penser.
Milton Erickson, psychiatre américain du XXe siècle, était un observateur hors pair. Il remarquait que ses patients guérissaient souvent mieux quand il utilisait leurs propres expressions plutôt que des interprétations psychanalytiques. Un patient disait : « Je suis coincé dans un tunnel. » Erickson ne répondait pas : « Vous avez un conflit œdipien non résolu. » Il répondait : « Oui, ce tunnel a peut-être une sortie que vous n’avez pas encore vue. Et si vous pouviez sentir la lumière au bout ? » Le patient, sans même s’en rendre compte, commençait à explorer cette sortie.
Votre langage n’est pas un simple outil de communication. C’est la structure même de votre réalité psychique. Chaque mot que vous utilisez est lié à des souvenirs, des émotions, des croyances. Quand vous dites « je suis lourd », ce n’est pas une métaphore poétique. C’est une sensation corporelle réelle, un poids que vous portez depuis des années. L’hypnose ericksonienne va travailler avec cette lourdeur, la transformer, l’alléger, en utilisant le même vocabulaire qui l’a créée.
Vos métaphores : des clés qui ouvrent des portes
Imaginez un coureur que j’accompagne en préparation mentale. Il me dit : « Avant une compétition, j’ai une espèce de brouillard dans la tête. Je ne vois plus clair. Mes jambes sont en coton. » Un entraîneur classique lui dirait : « Concentre-toi, respire. » Mais moi, je prends ses mots au sérieux. Je lui demande : « Si ce brouillard avait une couleur, laquelle serait-ce ? » Il réfléchit : « Gris. Un gris épais. » Je continue : « Et si ce brouillard se dissipait petit à petit, comme quand le matin le soleil chauffe la terre, comment sentiriez-vous vos jambes ? » Il répond : « Plus légères. Plus vives. » En quelques questions, j’ai transformé son expérience. Le brouillard n’est plus un ennemi. C’est un phénomène naturel qui peut se lever. Le coton dans les jambes devient une sensation de légèreté.
Pourquoi ça marche ? Parce que votre cerveau ne fait pas la différence entre une expérience réelle et une expérience imaginée intensément. Quand vous évoquez un citron, votre bouche salive. Quand vous vous rappelez une peur, votre cœur s’accélère. Les métaphores agissent directement sur votre système nerveux. Elles court-circuitent la pensée rationnelle qui analyse, juge, résiste. Elles parlent directement à la partie de vous qui sait déjà comment guérir.
En séance, je peux vous dire : « Vous avez utilisé le mot “mur” tout à l’heure. Ce mur, je vais vous proposer de le regarder de plus près. Pas pour le détruire, mais pour comprendre de quoi il est fait. Est-ce qu’il est en brique, en béton, en verre ? » Vous me répondez : « En verre épais. » Je continue : « Et si ce verre devenait un peu plus transparent, comme si vous pouviez voir à travers, qu’est-ce que vous apercevriez ? » Vous commencez à décrire l’autre côté. Peu à peu, le mur perd de sa solidité. Il n’est plus un obstacle infranchissable. Il devient une porte.
Le langage sensoriel : la porte d’entrée de l’inconscient
Ce qui rend l’hypnose ericksonienne si efficace, c’est qu’elle ne se contente pas de vos mots. Elle explore les sensations qui les accompagnent. Quand vous dites « je suis stressé », ce n’est pas assez précis pour l’inconscient. Il a besoin de savoir où, comment, avec quelle intensité. Je vais donc vous demander : « Où est-ce que vous ressentez ce stress dans votre corps ? » Vous me répondez : « Dans la poitrine, comme une pression. » « Et si cette pression avait une forme ? » « Ronde, comme une boule. » « Quelle taille ? » « Comme un poing. » « Et si cette boule pouvait changer de couleur, quelle couleur choisirait-elle ? » « Rouge. Rouge foncé. »
À ce stade, vous êtes déjà en état de conscience modifié. Vous n’êtes plus en train de raconter votre stress. Vous êtes en train de le vivre sensoriellement. Et c’est là que la transformation peut commencer. Je vais vous guider : « Maintenant, imaginez que cette boule rouge puisse devenir un peu plus chaude. Juste un peu. Comme si une douce chaleur l’entourait. Et si cette chaleur la faisait doucement se dilater, se relâcher, changer de couleur vers un orange plus clair… » Vous suivez, votre respiration change, votre visage se détend. Le stress n’a pas été combattu. Il a été accueilli, puis transformé par l’intérieur.
Ce travail sensoriel est fondamental. Il permet à votre inconscient de trouver ses propres solutions. Je ne vous dis pas : « Vous devez vous détendre. » Je vous offre un espace où votre corps et votre esprit peuvent, ensemble, réécrire l’histoire. Vous êtes l’expert de vous-même. Moi, je suis simplement le guide qui utilise votre propre langage pour vous y conduire.
L’art de la suggestion indirecte : parler sans imposer
Une des grandes forces de l’hypnose ericksonienne, c’est qu’elle utilise des suggestions indirectes. Je ne vous dis pas : « Vous allez arrêter de fumer. » Je vous dis : « Vous avez remarqué que parfois, votre corps sait déjà quand il a besoin d’air frais plutôt que de fumée. Et vous pouvez vous surprendre à choisir ce qui est bon pour vous, sans même y penser. » La différence est subtile mais capitale. La première formulation est une injonction qui réveille votre résistance. La seconde est une ouverture qui respecte votre rythme.
Le langage que vous utilisez est rempli de ces possibilités. Quand vous dites « je n’y arrive pas », ce “pas” est une porte fermée. Mais si je vous dis : « Et si vous pouviez, juste pour un instant, imaginer comment ce serait si vous y arriviez ? » Je ne contredis pas votre “pas”. Je l’enrichis d’une possibilité. Votre inconscient, qui aime l’exploration, va se saisir de cette image.
Les métaphores que vous amenez sont également des mines d’or. Un patient m’a un jour dit : « Je suis comme un arbre qui ne peut plus pousser parce que ses racines sont dans un pot trop petit. » J’ai répondu : « Un arbre, même dans un petit pot, peut développer des racines très fortes. Parfois, il suffit que quelqu’un le rempote doucement, sans brusquer les racines, pour qu’il puisse à nouveau s’épanouir. » En utilisant son image, j’ai semé une idée de croissance possible, sans jamais lui dire quoi faire.
Cette approche est particulièrement efficace avec des personnes qui ont l’impression de tourner en rond, qui ont déjà tout essayé. Votre résistance n’est pas un obstacle. C’est une information. Elle me dit que vous avez besoin de vous sentir en sécurité, que le changement doit venir de vous, pas de l’extérieur. L’hypnose ericksonienne respecte cette résistance. Elle l’utilise même. « Vous n’êtes pas obligé de changer aujourd’hui. Vous pouvez simplement observer ce qui se passe quand vous laissez cette idée reposer. » Ce genre de phrase désarme votre vigilance et ouvre un espace intérieur.
Le recadrage : donner un nouveau sens à vos mots
Votre langage n’est pas neutre. Il porte des jugements, des croyances, des histoires que vous vous racontez depuis des années. « Je suis nul en public. » « Je n’ai pas de volonté. » « Je suis trop sensible. » Ces phrases sont des prisons. L’hypnose ericksonienne ne les combat pas. Elle les recadre.
Prenons la phrase « Je suis trop sensible ». Vous la dites avec une pointe de honte, comme si c’était une faiblesse. Je vous réponds : « Et si cette sensibilité était en réalité une antenne très fine, qui capte des choses que les autres ne perçoivent pas ? Une antenne qui peut être utile, à condition de savoir la régler. » Votre regard change. Vous n’êtes plus “trop” quelque chose. Vous êtes quelqu’un qui a une qualité particulière, qui a juste besoin d’apprendre à l’utiliser.
Ce recadrage n’est pas un simple optimisme de façade. Il utilise votre propre vocabulaire pour en révéler une autre facette. Les mots que vous employez sont comme des prismes. Selon l’angle sous lequel on les regarde, ils révèlent des couleurs différentes. Mon travail est de vous montrer ces autres angles, sans jamais nier votre expérience. Votre douleur, votre blocage, votre tristesse sont réels. Mais ils ne sont pas toute la réalité.
Un footballeur que j’ai suivi me disait : « Avant un match, j’ai les jambes qui tremblent. C’est la panique. » Je lui ai demandé : « Est-ce que ces tremblements pourraient être autre chose ? De l’énergie qui cherche à sortir ? Un signal que votre corps est prêt à jouer ? » Il a souri. « Je n’y avais jamais pensé. » La semaine suivante, il m’a dit : « J’ai laissé mes jambes trembler. Je me suis dit que c’était mon corps qui s’échauffait. J’ai mieux joué. » Le même mot, “tremblement”, avait changé de sens. Et avec lui, toute son expérience.
Comment vous pouvez commencer dès maintenant
Vous n’avez pas besoin d’être en séance pour expérimenter cette approche. Vous pouvez, dès aujourd’hui, commencer à écouter votre propre langage avec une attention nouvelle. Voici un exercice simple, que je donne souvent à mes patients.
Prenez un carnet ou une note sur votre téléphone. Pendant les trois prochains jours, notez les phrases que vous vous dites intérieurement quand vous êtes face à une difficulté. « Je n’y arriverai jamais. » « C’est trop dur. » « Je suis fatigué de me battre. » Ne les jugez pas. Écrivez-les simplement.
Ensuite, pour chaque phrase, demandez-vous : « Si cette phrase était une image, quelle serait-elle ? » Par exemple, « Je n’y arriverai jamais » pourrait être une montagne infranchissable. « C’est trop dur » pourrait être une porte en acier. « Je suis fatigué de me battre » pourrait être un chemin sans fin.
Maintenant, jouez avec cette image. Donnez-lui une couleur, une texture, une température. Puis, imaginez un petit changement. Un détail qui la rendrait un peu différente. La montagne pourrait avoir un sentier que vous n’aviez pas vu. La porte pourrait avoir une poignée. Le chemin pourrait avoir un banc où vous pouvez vous reposer.
Ne cherchez pas à résoudre le problème. Contentez-vous de transformer l’image. Ce simple geste modifie votre relation à la difficulté. Vous passez d’un état de blocage à un état d’exploration. Votre inconscient, qui est un grand explorateur, va s’emparer de cette nouvelle perspective.
Vous pouvez aussi, quand vous êtes dans une émotion désagréable, lui poser une question : « Si cette émotion pouvait parler, que dirait-elle ? » Écoutez la réponse. Souvent, elle révèle un besoin non satisfait : « J’ai besoin de sécurité. » « J’ai besoin de reconnaissance. » « J’ai besoin de repos. » Cette voix, c’est la vôtre. Et elle sait ce dont vous avez besoin.
Pourquoi cette approche est si respectueuse
Ce que j’aime dans l’hypnose ericksonienne, c’est son profond respect de votre individualité. Vous n’êtes pas un diagnostic. Vous n’êtes pas une liste de symptômes. Vous êtes une personne unique, avec une histoire unique, un langage unique. Mon rôle n’est pas de vous imposer ma vision de la guérison. C’est de vous aider à découvrir la vôtre.
Cette approche ne fait pas de promesses miracles. Elle ne vous dit pas que tout va disparaître en une séance. Elle vous dit : « Vous avez déjà en vous les ressources nécessaires. Vous les utilisez peut-être mal, ou vous les avez oubliées. Mais elles sont là. Et votre propre langage est la carte qui y mène. »
Les résultats que je vois dans mon cabinet à Saintes me confirment chaque jour cette puissance. Des adultes qui viennent avec une anxiété tenace repartent avec une image qui les apaise. Des sportifs qui bloquaient en compétition retrouvent leur flow. Des personnes qui se sentaient fragmentées retrouvent une cohérence intérieure. Tout ça à partir de leurs propres mots.
Un dernier mot, pour vous
Si vous lisez ces lignes et que vous reconnaissez votre propre langage dans ces exemples, sachez que vous n’êtes pas seul. Votre souffrance, votre blocage, votre fatigue ont un sens. Ils ne sont pas une fatalité. Ils sont une tentative de votre inconscient de vous protéger, de vous dire quelque chose. L’hypnose ericksonienne vous offre un espace pour entendre ce message, dans votre propre langue.
Vous pouvez commencer dès maintenant, avec l’exercice que je vous ai proposé. Ou vous pouvez, si vous le sentez, pousser la porte de mon cabinet à Saintes. Je suis là pour vous écouter, avec vos mots, vos images, votre histoire.
Je ne vous promets pas que tout sera résolu en une séance. Mais je vous promets que je respecterai votre langage. Qu’il deviendra notre outil commun. Et qu’ensemble, nous explorerons les chemins que vous seul pouvez tracer.
Prenez soin de vous. Et si vous avez envie d’aller plus loin, je suis là. Un simple message suffit.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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