3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Quand les parties de vous-même s'ouvrent à la suggestion thérapeutique.
Tu as peut-être déjà vécu ça : tu es chez toi, tranquille, et soudain une voix intérieure te dit « tu n’y arriveras jamais ». Ou alors, tu te surprends à accepter une critique qui te blesse profondément, alors qu’objectivement, elle ne mérite pas autant d’attention. D’où vient cette voix ? Pourquoi certaines phrases, certaines idées, s’installent en toi comme des évidences, même quand tu sais qu’elles ne sont pas vraies ?
Je travaille avec des adultes qui viennent me voir pour des blocages, des angoisses, des schémas répétitifs. Et souvent, ce qu’ils découvrent, c’est qu’une partie d’eux-mêmes est très ouverte à la suggestion. Mais pas n’importe laquelle : une partie blessée, jeune, qui a appris à obéir pour survivre. Et cette ouverture, ce n’est pas une faiblesse. C’est un accès.
Dans cet article, je vais te montrer comment l’IFS (Internal Family Systems) peut révéler une suggestibilité cachée en toi. Et surtout, comment cette découverte peut devenir un levier puissant pour te libérer de vieilles croyances.
La suggestibilité, c’est cette capacité à accepter une idée, une émotion ou un comportement sous l’influence d’une suggestion externe ou interne. En hypnose, on travaille avec. En IFS, on l’observe. Mais attention : tout le monde n’est pas également suggestible. Et surtout, toutes les parties de toi ne le sont pas.
Imagine que tu es un groupe de personnes vivant dans une même maison. Chaque personne représente une partie de toi. Il y a celle qui gère les courses, celle qui s’inquiète pour les enfants, celle qui veut faire du sport, celle qui crie quand elle est fatiguée. Certaines parties sont confiantes, ouvertes. D’autres sont méfiantes, en retrait. Et puis il y a celles qui ont été blessées, souvent très jeunes, et qui ont développé une hyper-vigilance ou au contraire une hyper-soumission.
C’est là que la suggestibilité cachée apparaît. Une partie blessée, surtout si elle est isolée ou protégée par d’autres parties plus dures (comme un critique intérieur ou un perfectionniste), peut devenir extrêmement réceptive à certaines suggestions. Pourquoi ? Parce qu’elle cherche désespérément à être en sécurité, à être aimée, à ne pas revivre la douleur. Si une suggestion promet cela, elle l’accueille sans filtre.
Je pense à un patient que j’appellerai Marc. Marc venait pour une anxiété sociale paralysante. En séance, il me disait : « Je sais que je ne suis pas nul, mais chaque fois qu’on me regarde, je sens que je vais décevoir. » En travaillant avec une partie de lui qui se sentait « transparente », on a découvert qu’elle avait intégré très tôt une suggestion : « Si tu te fais remarquer, tu seras rejeté. » Cette suggestion venait d’un parent bienveillant mais anxieux. La partie de Marc avait obéi. Elle était devenue hyper-suggestible à toute idée de rejet, au point de créer une anxiété automatique.
C’est ça, la suggestibilité cachée : une ouverture involontaire, souvent inconsciente, qui maintient des schémas anciens. Mais une fois identifiée, elle devient une porte d’entrée pour le changement.
L’IFS ne considère pas la suggestibilité comme bonne ou mauvaise en soi. C’est un mécanisme. Ce qui compte, c’est qui est suggestible et dans quel but.
Quand une partie de toi est en état de Self (c’est-à-dire connectée à ta présence calme, curieuse, compatissante), la suggestibilité est saine. Tu peux accueillir une suggestion thérapeutique, une nouvelle perspective, sans perdre ton discernement. Tu es ouvert, mais pas vulnérable. C’est ce qui se passe en hypnose éricksonienne quand le patient est en transe : il est réceptif, mais il garde un filtre.
Mais quand une partie est exilée (blessée, isolée, chargée d’émotions douloureuses) ou protégée (par un manager ou un pompier), la suggestibilité devient piégée. La partie n’a pas accès au Self. Elle réagit depuis la peur, la honte ou la colère. Toute suggestion qui entre dans ce système est traitée comme une menace ou une promesse de salut. Et elle s’installe sans être questionnée.
Prenons un exemple concret. Sophie, une femme de 42 ans, consultait pour des crises de boulimie. Elle avait une partie « pompier » qui la poussait à manger dès qu’elle ressentait une émotion désagréable. En explorant, on a trouvé une partie exilée, une petite fille de 6 ans, qui avait été humiliée par une institutrice. La suggestion reçue à l’époque : « Tu es trop grosse, personne ne t’aimera. » Cette partie avait cru cette suggestion, et elle s’était enfermée dans une honte silencieuse.
Aujourd’hui, quand Sophie entend une critique sur son poids, ce n’est pas son Self qui répond. C’est cette petite partie blessée, hyper-suggestible, qui active la honte et déclenche la crise. La suggestion extérieure (un commentaire, un regard) rencontre une suggestibilité interne déjà prête à l’accueillir.
L’IFS permet de repérer ces moments. On ne juge pas la suggestibilité. On demande : « Qui, en toi, est en train d’écouter cette suggestion ? » Et souvent, la réponse est une partie qui a besoin d’être déchargée, consolée, libérée.
Comment savoir si une partie de toi est devenue hyper-suggestible ? Voici quelques signes que je vois régulièrement en consultation :
1. Tu réagis de manière disproportionnée à une remarque anodine. Quelqu’un dit « Tu as changé de coupe ? » et toi, tu passes la journée à te demander si c’était une critique. C’est une partie qui interprète la suggestion comme un jugement.
2. Tu adoptes des croyances sans les vérifier. Par exemple, tu entends « Les gens sont égoïstes » et tu te surprends à voir le monde à travers ce filtre, sans jamais te demander si c’est vrai. Une partie a intégré la suggestion comme une vérité absolue.
3. Tu te sens obligé d’obéir à des ordres intérieurs. « Il faut que je sois parfait. » « Je dois toujours aider. » « Je n’ai pas le droit de dire non. » Ces phrases ne sont pas les tiennes. Ce sont des suggestions anciennes, répétées, qui ont trouvé une partie réceptive.
4. Tu as des déclencheurs émotionnels forts et soudains. Une musique, une odeur, un mot, et te voilà en colère ou en larmes. C’est le signe qu’une partie a été activée par une suggestion extérieure ou intérieure, et qu’elle réagit sans filtre.
5. Tu te sens vide ou « programmable ». Certaines personnes me disent : « Je fais tout ce qu’on me dit, je n’ai pas de volonté. » Ce n’est pas un manque de caractère. C’est une partie qui a appris à se soumettre pour éviter les conflits ou les punitions.
Pour identifier ces parties, je propose un exercice simple. La prochaine fois que tu te surprends à réagir fortement à quelque chose, arrête-toi une seconde. Respire. Pose-toi ces questions :
Souvent, la réponse te mènera vers une partie blessée, jeune, qui a intégré une suggestion à un moment où elle n’avait pas les ressources pour la remettre en question. Et c’est là que le travail commence.
Tu me connais : je pratique l’hypnose ericksonienne et l’IFS. Pourquoi ces deux approches ? Parce qu’elles se répondent parfaitement quand il s’agit de suggestibilité cachée.
L’hypnose, surtout dans sa forme ericksonienne, utilise la suggestibilité comme un outil. Le thérapeute propose des suggestions indirectes, des métaphores, des images, qui contournent les résistances conscientes et atteignent les parties plus profondes. C’est très efficace pour des symptômes précis : arrêter de fumer, gérer une phobie, réduire l’anxiété. Mais l’hypnose seule peut parfois passer à côté de la structure interne. Elle travaille sur le symptôme, pas toujours sur le système qui le maintient.
L’IFS, lui, explore le système. Il ne cherche pas à suggérer un changement de l’extérieur. Il aide les parties à se faire confiance, à se décharger de leurs fardeaux, à retrouver leur place. Une fois qu’une partie blessée est libérée, sa suggestibilité n’est plus piégée. Elle redevient une ouverture saine, capable d’accueillir de nouvelles expériences sans se perdre.
Quand je combine les deux, je peux par exemple utiliser l’hypnose pour créer un état de sécurité et de calme (le Self), puis inviter les parties à se présenter. Une fois que la partie hyper-suggestible est identifiée, l’IFS permet de dialoguer avec elle, de comprendre son histoire, de lui offrir ce dont elle a vraiment besoin. Parfois, une simple suggestion hypnotique peut suffire à apaiser une partie. Mais souvent, il faut un travail plus profond pour qu’elle lâche ses vieilles croyances.
J’ai accompagné un footballeur, Lucas, qui avait une partie hyper-suggestible à la critique. Dès que l’entraîneur haussait le ton, il se bloquait. En hypnose, on a installé un ancrage de calme. Mais ce n’était pas suffisant. En IFS, on a découvert une partie adolescente qui avait été humiliée par un coach. Cette partie croyait que « si on me critique, c’est que je ne vaux rien ». On a dialogué avec elle, on l’a déchargée. Aujourd’hui, Lucas entend une critique et il peut l’évaluer sans s’effondrer. Sa suggestibilité est devenue une force : il est ouvert aux conseils, mais il ne les prend plus comme des verdicts.
C’est un point crucial. Si tu forces une partie à lâcher une suggestion, elle va résister. Elle va se sentir attaquée. Et elle va se renforcer. L’IFS nous apprend à ne jamais forcer.
Voici comment je procède, étape par étape, avec mes patients :
1. Accueillir la partie sans jugement. Je ne dis pas « Cette croyance est fausse ». Je dis « Bonjour, partie qui croit que tu dois être parfait. Je te vois. Merci d’être là. » La reconnaissance est la première clé.
2. Comprendre son rôle. Je demande : « Qu’essaies-tu de protéger ? » Souvent, la partie hyper-suggestible est en fait un protecteur. Elle a intégré une suggestion pour éviter une douleur plus grande. Par exemple, croire « Je suis nul » peut protéger de l’espoir déçu. C’est tordu, mais c’est logique pour la partie.
3. Demander la permission. Avant de faire quoi que ce soit, je demande à la partie si elle est d’accord pour qu’on explore ensemble. Si elle dit non, on respecte. On reviendra.
4. Décharger l’émotion. Une fois que la partie se sent en sécurité, elle peut laisser sortir la charge émotionnelle liée à la suggestion. Cela peut être des larmes, de la colère, de la peur. On ne l’interrompt pas. On l’accompagne.
5. Offrir une nouvelle expérience. Une fois la charge libérée, la partie est prête à accueillir une suggestion différente. Mais attention : on ne lui impose pas. On lui propose. Par exemple : « Et si tu pouvais être aimé sans être parfait ? » La partie peut choisir. Parfois, elle a besoin de plusieurs séances.
6. Installer la nouvelle suggestion en douceur. L’hypnose peut aider ici. On crée une métaphore, une image, un ancrage. La partie l’intègre à son rythme.
Je pense à Claire, une patiente qui avait une partie hyper-suggestible à la honte. Elle avait intégré très jeune que « montrer ses émotions, c’est faible ». Cette partie était devenue un manager sévère. On a travaillé plusieurs séances. Un jour, la partie a dit : « Je suis fatiguée de porter ça. » On a déchargé la honte. Puis, je lui ai proposé une suggestion hypnotique : une image d’un champ ouvert, avec un vent doux. La partie a accepté de laisser la honte s’envoler. Aujourd’hui, Claire peut pleurer devant quelqu’un sans se détester.
« Libérer une partie, ce n’est pas lui dire qu’elle a tort. C’est lui montrer qu’elle a le choix. Et ça, c’est la liberté. »
L’IFS est un modèle puissant, mais je veux être honnête avec toi. Il ne fait pas tout.
Ce qu’il fait : il révèle la structure de ton monde intérieur. Il te montre que tes parties hyper-suggestibles ne sont pas des défauts. Ce sont des stratégies de survie. Une fois que tu les comprends, tu peux les libérer. La suggestibilité cachée devient alors une ressource. Tu n’es plus victime des suggestions extérieures. Tu deviens capable de choisir ce que tu accueilles.
Ce qu’il ne fait pas : il ne supprime pas les parties. Il ne les écrase pas. Il ne te rend pas « immunisé » à la suggestibilité. En fait, tu restes suggestible. Mais tu le deviens depuis ton Self, depuis une présence calme et consciente. C’est une différence énorme.
Certains patients s’attendent à ne plus jamais être influencés. Ce n’est pas réaliste. Nous sommes des êtres relationnels. Nous sommes faits pour être influencés. Le problème, ce n’est pas l’influence. C’est l’influence non consciente, subie, qui vient de parties blessées.
L’IFS t’apprend à danser avec cette influence. À dire oui quand c’est juste. À dire non quand c’est nécessaire. À accueillir une suggestion sans te perdre.
Et ça, c’est une compétence qui s’entraîne. Ce n’est pas un état définitif. C’est un chemin.
Voilà où je veux en venir. Tu es peut-être en train de lire cet article et de reconnaître des choses. Peut-être qu’une partie de toi se dit : « Oui, ça me parle. » Peut-être qu’une autre partie se méfie : « C’est encore une méthode miracle. » C’est normal. Les deux parties sont légitimes.
Ce que je te propose, c’est de prendre un moment, maintenant, pour toi. Juste cinq minutes.
Assieds-toi confortablement. Ferme les yeux si tu veux. Porte ton attention à l’intérieur. Demande-toi : Y a-t-il une partie de moi qui se sent hyper-suggestible en ce moment ? Écoute la réponse. Elle peut être une sensation, une image, une émotion, un mot. Ne force rien. Accueille.
Si une partie se présente, dis-lui bonjour. Demande-lui ce qu’elle croit. Écoute sans juger. Tu n’as pas besoin de la changer maintenant. Juste de la reconnaître.
C’est le premier pas. Et c’est un pas immense.
Si tu sens que ce travail résonne avec ce que tu vis, et que tu aimerais un accompagnement pour explorer ces parties plus en profondeur, je suis là. Je reçois à Saintes, et je propose aussi des séances en visio. On peut commencer par une séance de découverte, sans pression, juste pour voir si le chemin te parle.
Tu n’es pas seul. Ces parties ne sont pas des ennemies. Elles sont des messagères. Et quand tu apprends à les écouter, elles
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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