3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un comparatif clair pour choisir la méthode qui vous correspond.
Vous êtes assis dans la salle d’attente, vous vous demandez ce qui va se passer. Vous avez entendu parler d’hypnose, mais les avis divergent. Certains vous parlent d’un praticien autoritaire qui donne des ordres, d’autres d’une approche plus douce, presque imperceptible. Vous vous interrogez : quelle est la différence ? Et surtout, quelle méthode pourrait vous aider à vous libérer de cette anxiété, de cette dépendance au tabac ou de ce blocage qui vous empêche d’avancer ?
Je reçois régulièrement des personnes qui arrivent avec une idée précise de ce qu’est l’hypnose, souvent influencée par des spectacles ou des clichés. Pourtant, derrière le mot « hypnose » se cachent deux approches très différentes : l’hypnose classique, parfois dite « directive », et l’hypnose ericksonienne, celle que je pratique au quotidien. Comprendre ces différences n’est pas un exercice théorique. C’est la clé pour choisir le praticien et la méthode qui résonneront avec votre personnalité, vos besoins et votre manière de fonctionner.
Dans cet article, je vais vous guider pas à pas, sans jargon inutile, pour que vous puissiez faire un choix éclairé. Nous verrons comment chacune de ces approches se positionne, ce qu’elle fait pour vous, et ce qu’elle ne fait pas. Et je terminerai par un conseil concret que vous pouvez appliquer dès maintenant, même sans rendez-vous.
L’hypnose classique, souvent appelée « hypnose traditionnelle » ou « hypnotisme », est celle que l’on imagine spontanément. Vous avez probablement en tête l’image d’un hypnotiseur de spectacle qui dit « Vous allez dormir, profondément, maintenant ! » avec une voix ferme. Cette image n’est pas totalement infondée, même si la réalité clinique est plus nuancée.
Dans cette approche, le praticien adopte un rôle directif. Il donne des instructions précises, souvent sous forme de suggestions directes : « Vous allez ressentir une lourdeur dans vos jambes », « Vous allez oublier cette peur », « Quand vous rouvrirez les yeux, vous ne ressentirez plus d’envie de fumer ». Le patient est invité à suivre ces ordres, comme un élève suivrait un professeur. L’état d’hypnose est induit de manière rapide et standardisée, parfois via une fixation visuelle (regarder un point lumineux) ou une comptée à rebours.
Ce qui caractérise l’hypnose classique, c’est la notion de rapport d’autorité. Le praticien sait ce qui est bon pour vous, et il vous le dit. Il utilise des suggestions directes, sans métaphore ni détour. Par exemple, pour arrêter de fumer, il pourrait dire : « La cigarette a un goût désagréable maintenant », ou « Votre corps rejette la nicotine ». Le patient est passif, il « reçoit » le changement.
Cette méthode a des avantages. Elle est rapide, parfois efficace pour des problèmes simples comme une phobie ponctuelle ou une dépendance légère. Certaines personnes, surtout celles qui aiment qu’on leur dise quoi faire ou qui ont une forte capacité de concentration, y répondent très bien. Mais elle a aussi des limites. Elle suppose que le patient est en mesure de suivre un ordre, ce qui n’est pas toujours le cas quand on est submergé par l’émotion ou quand le problème est lié à des schémas profonds (traumatismes, croyances limitantes, anxiété chronique). De plus, elle peut créer une résistance chez les personnes qui n’aiment pas qu’on leur impose quoi que ce soit.
Un point clé à retenir : L’hypnose classique est comme un chef d’orchestre qui donne des notes précises à chaque musicien. Si vous aimez la clarté, la direction ferme, et que vous êtes prêt à suivre, elle peut fonctionner. Mais si vous avez besoin d’explorer, de comprendre, ou si vous vous rebellez contre l’autorité, elle risque de vous laisser sur votre faim.
Je me souviens d’un patient, appelons-le Marc, qui est venu pour une phobie des piqûres. Il avait déjà essayé l’hypnose classique avec un autre praticien. On lui avait dit : « Vous allez vous détendre et visualiser une piqûre sans peur. » Marc avait essayé, mais à chaque fois, son esprit s’y refusait. Il se sentait coupable de ne pas « bien faire ». Ce n’était pas de sa faute : son inconscient refusait de se soumettre à une injonction qui ne tenait pas compte de son vécu. C’est là que l’hypnose ericksonienne entre en jeu.
Milton Erickson, psychiatre américain du XXe siècle, a révolutionné l’hypnose en partant d’un constat simple : chaque personne est unique, et son inconscient est un allié, pas un esclave à qui on donnerait des ordres. L’hypnose ericksonienne, que j’utilise quotidiennement, repose sur une philosophie radicalement différente.
Le praticien n’est plus un chef d’orchestre, mais un guide qui accompagne le patient dans un voyage. Il ne dit pas « Vous allez… », mais plutôt « Peut-être que vous pouvez commencer à ressentir… », ou « Je me demande si votre inconscient n’a pas déjà une solution… ». Les suggestions sont indirectes, souvent enveloppées dans des métaphores, des histoires, ou des questions ouvertes. L’idée est de contourner les résistances conscientes et de parler directement à l’inconscient, qui est perçu comme une ressource créative et bienveillante.
Prenons un exemple concret. Si vous venez pour une anxiété sociale, un hypnothérapeute classique pourrait vous dire : « Vous allez vous sentir calme et confiant quand vous parlerez à des inconnus. » Un hypnothérapeute ericksonien, lui, pourrait raconter l’histoire d’un arbre qui plie sous le vent mais ne casse pas, ou utiliser une métaphore sur un jardinier qui laisse pousser les plantes à leur rythme. Il ne vous dit pas quoi faire ; il crée un espace où votre inconscient peut trouver sa propre solution, à son propre rythme.
Cette approche est particulièrement adaptée aux personnes qui ont des blocages profonds, des traumatismes, ou qui se sentent en résistance face au changement. Elle respecte votre liberté et votre singularité. Vous n’êtes pas un « patient passif », mais un co-créateur du changement. Le praticien observe vos réactions, votre langage corporel, vos silences, et ajuste son discours en temps réel. C’est un dialogue, pas un monologue.
L’hypnose ericksonienne utilise aussi beaucoup la dissociation thérapeutique : vous pouvez être à la fois dans l’état d’hypnose et conscient de ce qui se passe autour de vous. Vous n’êtes pas « endormi » au sens classique. Vous êtes dans un état de conscience modifié, souvent agréable, où votre attention est focalisée sur votre monde intérieur. C’est comme si vous étiez en train de rêver éveillé, avec une présence attentive du thérapeute.
Un moment fort à retenir : L’hypnose ericksonienne ne cherche pas à contrôler votre inconscient, mais à lui offrir un terrain de jeu où il peut déployer ses propres ressources. C’est une invitation, pas une injonction. Et c’est souvent plus efficace pour les problèmes complexes, car votre inconscient connaît déjà la solution, même si votre conscient l’ignore.
Revenons à Marc, le patient phobique des piqûres. Avec l’hypnose ericksonienne, je ne lui ai pas dit de se détendre. Je lui ai raconté l’histoire d’un plongeur qui, avant de sauter dans l’eau, regardait les vagues. Petit à petit, sans ordre direct, son corps a relâché les tensions. Son inconscient a fait le lien entre la peur de la piqûre et la peur de l’eau, et a trouvé une nouvelle manière de réagir. Après quelques séances, il pouvait se faire vacciner sans panique. La différence ? Il n’a pas « obéi » à une suggestion, il a « découvert » une solution.
Pour choisir entre ces deux styles, il est utile de comprendre ce qui se passe dans votre cerveau. L’hypnose classique active principalement le cortex préfrontal, la partie « exécutive » de votre cerveau, qui suit des instructions. C’est un peu comme un ordinateur qui exécute un programme. Si vous êtes une personne rationnelle, qui aime les consignes claires, ce mode peut vous convenir.
L’hypnose ericksonienne, elle, sollicite davantage le réseau du mode par défaut (default mode network), cette zone du cerveau qui s’active quand vous rêvassez, que vous êtes dans l’introspection ou que vous laissez votre esprit vagabonder. C’est le même réseau qui est actif pendant la méditation ou les moments de créativité. L’hypnose ericksonienne favorise un état de « transe » léger, où les associations libres peuvent se faire, où des souvenirs enfouis peuvent remonter, et où des solutions inattendues peuvent émerger.
Concrètement, cela signifie que l’hypnose ericksonienne est plus adaptée à des problématiques comme :
L’hypnose classique, elle, peut être très efficace pour :
Mais attention : ces catégories ne sont pas absolues. Certaines personnes répondent mieux à l’hypnose classique pour des problèmes complexes, et d’autres à l’ericksonienne pour des problèmes simples. La clé, c’est la compatibilité entre votre personnalité, l’approche du praticien et la nature du problème.
Un point clé à retenir : L’hypnose classique est un scalpel précis pour des cibles claires. L’hypnose ericksonienne est un filet de pêche qui explore les profondeurs. L’un n’est pas meilleur que l’autre, ils sont simplement différents. L’important est de choisir l’outil adapté à votre besoin.
Je dois être honnête avec vous : l’hypnose, qu’elle soit classique ou ericksonienne, n’est pas une baguette magique. Il y a des idées reçues qui peuvent vous décevoir ou vous faire perdre du temps. Voici les plus fréquentes.
Premier piège : l’hypnose efface les souvenirs. Non. L’hypnose ne vous fait pas oublier votre passé. Elle peut modifier la charge émotionnelle associée à un souvenir, mais pas le souvenir lui-même. Si vous venez pour un traumatisme, l’hypnose ericksonienne peut vous aider à le revisiter sans souffrir, à lui donner un nouveau sens, mais vous ne perdrez pas la mémoire de l’événement.
Deuxième piège : l’hypnose vous fait perdre le contrôle. C’est un mythe tenace. En état d’hypnose, vous êtes toujours conscient de ce qui se passe, même si votre attention est focalisée. Vous pouvez interrompre la séance à tout moment. Vous ne ferez rien contre votre volonté. L’hypnose n’est pas un lavage de cerveau, c’est un outil de collaboration.
Troisième piège : un seul type d’hypnose convient à tous. C’est ce que je vois le plus souvent. Des personnes arrivent en disant : « J’ai essayé l’hypnose, ça n’a pas marché. » Quand je creuse, je découvre qu’elles ont eu une séance d’hypnose classique avec un praticien peu expérimenté, ou qu’elles n’étaient pas prêtes à s’engager. Le « ça n’a pas marché » est souvent lié à une inadéquation entre la méthode et la personne, pas à l’hypnose en elle-même.
Quatrième piège : l’hypnose est une solution rapide. Elle peut l’être pour certains, mais pour des problèmes enracinés, il faut du temps. L’hypnose ericksonienne, en particulier, demande parfois plusieurs séances pour que l’inconscient intègre les changements. Ne vous attendez pas à une transformation en une heure si vous portez un fardeau depuis vingt ans.
Cinquième piège : l’hypnose classique est dépassée. Non plus. Elle a toujours sa place, surtout dans des contextes médicaux ou pour des personnes qui ont besoin d’une structure claire. Le problème, c’est quand on l’utilise à mauvais escient, par exemple pour un traumatisme complexe où elle pourrait être contre-productive.
Un moment fort à retenir : L’hypnose est un outil, pas une fin en soi. Ce qui fait la différence, c’est la qualité de la relation entre vous et le praticien, et la pertinence de l’approche choisie. Méfiez-vous des promesses trop belles et des praticiens qui vous garantissent un résultat en une séance.
Alors, comment savoir si vous êtes plutôt « classique » ou « ericksonien » ? Je vous propose un petit test personnel, basé sur mon expérience.
Vous êtes peut-être plus adapté à l’hypnose classique si :
Vous êtes peut-être plus adapté à l’hypnose ericksonienne si :
Bien sûr, ces catégories ne sont pas rigides. Certains praticiens, comme moi, utilisent un mélange des deux approches. Par exemple, je peux commencer par une induction ericksonienne pour installer un climat de confiance, puis utiliser une suggestion directe si je sens que cela résonne chez vous. L’important est que le praticien soit flexible et s’adapte à vous, pas l’inverse.
Je reçois aussi des personnes qui ne savent pas du tout ce qu’elles veulent. C’est normal. Mon rôle est de les guider, d’observer leurs réactions, et d’ajuster la méthode en temps réel. Si je vois que quelqu’un a besoin de structure, je vais être plus directif. Si je sens une résistance, je vais utiliser des métaphores. L’hypnose ericksonienne, dans sa forme la plus pure, est une danse, pas un pas de deux imposé.
Un point clé à retenir : Le choix n’est pas binaire. Le meilleur praticien est celui qui sait passer d’un style à l’autre en fonction de ce que vous lui renvoyez. C’est ce que j’appelle l’intelligence relationnelle en hypnose.
Avant de conclure, je veux vous donner quelque chose de concret, une action que vous pouvez poser dès aujourd’hui, même sans rendez-vous.
Prenez un carnet ou une note sur votre téléphone. Notez un problème que vous aimeriez résoudre avec l’hypnose. Puis, écrivez en une phrase ce que vous ressentez quand vous pensez à ce problème. Par exemple : « Quand je pense à parler en public, j’ai une boule dans le ventre. » ou « Quand je vois une seringue, mon cœur s’emballe. »
Maintenant, lisez cette phrase à voix haute. Imaginez que vous êtes un ami qui vous écoute. Quelle serait la première chose que vous vous diriez ? Une suggestion directe ? (« Détends
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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