3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Une thérapie qui s'adapte à vous, pas l'inverse.
Vous n’êtes pas en train de lire un mode d’emploi, mais vous cherchez peut-être un chemin qui vous ressemble.
Quand on pousse la porte d’un cabinet pour la première fois, on a souvent l’impression qu’il va falloir « se plier » à une méthode. Remplir des questionnaires standardisés, suivre un protocole écrit par quelqu’un d’autre, répondre à des questions qui ne nous concernent pas vraiment. On craint de devoir devenir quelqu’un d’autre pour aller mieux.
Je reçois régulièrement des hommes et des femmes qui me disent : « Je ne veux pas qu’on me dise comment vivre. Je veux juste qu’on m’aide à vivre mieux, à ma manière. »
Cette phrase, je l’entends comme une boussole. Car l’hypnose ericksonienne, celle que je pratique depuis mon installation à Saintes en 2014, repose sur un principe fondamental : elle ne cherche pas à vous conformer à un modèle. Elle part de ce qui est déjà vivant en vous, de ce qui fait que vous êtes vous, avec votre histoire, vos croyances, vos résistances et vos ressources.
Milton Erickson, le psychiatre qui a donné son nom à cette approche, disait que chaque personne est unique et que la thérapie doit s’adapter à cette unicité, pas l’inverse. Ce n’est pas une formule marketing. C’est une exigence technique et éthique qui transforme profondément la relation thérapeutique.
Je vais vous montrer comment cette hypnose respecte ce que vous avez de plus précieux : vos valeurs, votre rythme, votre liberté.
Posez-vous une seconde. Avez-vous déjà eu l’impression, en consultation chez un professionnel de santé, d’être un numéro de dossier ? Un ensemble de symptômes à cocher sur une grille ? « Vous avez ça, donc je vous prescris ça. »
Ce sentiment est désagréable, mais il cache quelque chose de plus profond : quand une méthode ne tient pas compte de qui vous êtes, elle risque de heurter vos valeurs. Et heurter vos valeurs, c’est heurter votre intégrité.
Prenons un exemple concret. Je reçois un jour un homme d’une cinquantaine d’années, cadre dans une entreprise régionale. Il vient pour une anxiété chronique qui s’aggrave depuis plusieurs mois. Il a déjà consulté ailleurs. On lui a proposé des techniques de relaxation standardisées, des exercices de respiration à faire matin et soir, un carnet de bord à remplir. Résultat ? Il se sent encore plus en échec. « Je n’y arrive pas, je ne suis pas discipliné, je dois être un mauvais patient. »
Cet homme a une valeur forte : l’autonomie. Il a construit sa vie sur sa capacité à décider par lui-même. On lui a proposé un cadre rigide qui, sans le vouloir, l’a renvoyé à une image d’enfant qu’il n’est pas. Son anxiété n’a pas diminué, elle s’est doublée d’une honte silencieuse.
Avec l’hypnose ericksonienne, je n’ai pas commencé par un protocole. J’ai commencé par une question : « Qu’est-ce qui est important pour vous dans la manière dont vous voulez être accompagné ? » Il m’a répondu : « Je veux garder le contrôle, mais sans m’épuiser à tout contrôler. »
Cette simple phrase a orienté tout le travail. Nous n’avons pas imposé un exercice quotidien. Nous avons construit ensemble des petites expériences hypnotiques qui respectaient son besoin d’autonomie. Par exemple, je lui ai proposé de choisir lui-même le moment et la durée de ses séances d’auto-hypnose, et même de modifier les suggestions à sa guise. Résultat : il s’est senti respecté, et l’anxiété a commencé à diminuer sans qu’il ait à lutter contre lui-même.
L’hypnose ericksonienne ne vous demande pas de vous plier à une méthode. Elle vous invite à devenir le co-auteur de votre propre changement.
Quand une thérapie s’adapte à vous, elle cesse d’être une contrainte extérieure. Elle devient un outil que vous pouvez utiliser à votre manière, à votre rythme, en fonction de ce qui a du sens pour vous. C’est cela qui fait la différence entre un protocole qui marche sur le papier et un changement qui tient dans la durée.
Vous êtes peut-être déjà tombé sur une vidéo d’hypnose de spectacle. Un hypnotiseur claque des doigts, lance des ordres, et les gens obéissent comme des robots. Cela peut être amusant à regarder, mais cela n’a rien à voir avec l’hypnose thérapeutique, et encore moins avec l’approche ericksonienne.
En hypnose ericksonienne, le langage est permissif. On n’utilise pas d’ordres directs comme « vous allez vous détendre maintenant » ou « vous allez oublier cette peur ». On préfère des formulations ouvertes, qui laissent à votre esprit la liberté de répondre à sa manière.
Par exemple, je peux dire : « Vous pouvez prendre le temps de remarquer comment votre respiration s’ajuste d’elle-même… peut-être que vous sentez une sensation de confort qui s’installe là où c’est agréable pour vous… et vous pouvez laisser cette sensation faire ce qui est juste pour vous en ce moment. »
À première vue, ces phrases peuvent sembler floues ou vagues. En réalité, elles sont d’une précision redoutable. Elles respectent un principe fondamental : votre inconscient (ou votre système d’auto-organisation, selon le vocabulaire qu’on préfère) sait mieux que quiconque ce dont il a besoin pour trouver son équilibre.
Je reçois une jeune femme qui souffre de crises d’angoisse. Elle a déjà essayé des techniques de respiration imposées : « Inspirez 4 secondes, bloquez 4 secondes, expirez 6 secondes. » Elle me dit : « Quand je suis en crise, je n’arrive même pas à penser à compter. Et en plus, ça m’énerve. »
Avec l’hypnose ericksonienne, nous n’avons pas imposé un rythme. Je lui ai simplement dit : « Vous pouvez laisser votre souffle faire ce dont il a besoin… peut-être qu’il va ralentir tout seul, au moment où ce sera juste pour vous… ou peut-être pas tout de suite, et c’est parfaitement acceptable. »
Cette approche a libéré la pression qu’elle s’était mise. Elle n’avait plus à « réussir » une technique. Elle pouvait simplement observer ce qui se passait, sans jugement. Et progressivement, ses crises se sont espacées, puis ont disparu. Pourquoi ? Parce que son système nerveux a retrouvé une capacité d’auto-régulation, sans être forcé.
L’hypnose ericksonienne ne vous dit pas ce que vous devez ressentir. Elle vous donne la permission de ressentir ce qui est déjà là, et de le transformer à votre manière.
Ce langage permissif n’est pas une faiblesse. C’est une force thérapeutique qui évite les résistances inutiles. Quand on ne vous ordonne pas de changer, vous pouvez baisser la garde. Et c’est là que le changement véritable devient possible.
Un des principes les plus contre-intuitifs de l’hypnose ericksonienne, c’est qu’elle ne combat pas les résistances. Elle les utilise.
Imaginez que vous venez me voir parce que vous voulez arrêter de fumer, mais qu’au fond de vous, une partie refuse catégoriquement de lâcher cette cigarette. Dans une approche classique, on pourrait interpréter cette résistance comme un problème à éliminer : « Vous n’êtes pas assez motivé. » Ou on pourrait la contourner par la force : « Vous allez arrêter maintenant, c’est décidé. »
En hypnose ericksonienne, on fait le contraire. On accueille cette résistance comme une information précieuse. On se demande : « Que protège cette partie de vous qui veut continuer à fumer ? Qu’est-ce qu’elle essaie de préserver ? »
Un patient, commercial dans une grande enseigne, vient me voir pour une addiction au tabac. Il a déjà tenté plusieurs méthodes : patchs, gommes, acupuncture, arrêt brutal. Rien n’a tenu plus de trois semaines. Il est découragé, presque honteux.
Plutôt que de le pousser à l’abstinence, je l’invite à explorer ce que la cigarette représente pour lui. Il me dit : « C’est mon seul moment à moi dans la journée. Dans ma voiture, entre deux rendez-vous, j’allume une clope et je souffle. Personne ne me demande rien. »
Sa résistance à arrêter de fumer ne vient pas d’un manque de volonté. Elle vient d’un besoin profond de préserver un espace personnel, une respiration dans un quotidien saturé d’exigences. Si on lui enlève la cigarette sans rien proposer d’autre, on attaque directement cette valeur : son besoin d’autonomie et de récupération.
En hypnose ericksonienne, on peut alors utiliser cette résistance. Je lui dis : « Vous n’êtes pas obligé d’arrêter de fumer maintenant. En fait, je vous propose même de continuer à fumer… mais en pleine conscience. Prenez le temps de ressentir chaque bouffée, chaque geste, comme si c’était la première fois. »
Ce n’est pas une ruse manipulatrice. C’est une façon de respecter sa résistance, de l’intégrer dans le processus. En quelques semaines, il a réduit sa consommation de moitié, puis a arrêté complètement, sans sentiment de privation. Il avait retrouvé d’autres façons de s’accorder ce temps à lui : une pause sans cigarette, avec une tasse de thé et un regard par la fenêtre.
Vos résistances ne sont pas des ennemies. Ce sont des gardiennes fidèles de quelque chose d’important pour vous. Les respecter, c’est leur permettre de se transformer.
Cette approche est profondément respectueuse de vos valeurs. Elle ne vous demande pas de vous renier. Elle vous invite à comprendre ce que vos symptômes ou vos blocages essaient de préserver, et à trouver des alternatives qui respectent les mêmes besoins fondamentaux.
Un des plus grands cadeaux que l’hypnose ericksonienne puisse vous faire, c’est de vous libérer de l’injonction à aller vite.
Notre société valorise la performance, la rapidité, le « règlement en trois séances ». On vous vend des solutions miracles : « Guérissez votre anxiété en 21 jours », « Perdez 5 kilos en une semaine », « Devenez la meilleure version de vous-même en un mois. »
Ces promesses sont séduisantes, mais elles ont un coût : elles vous mettent la pression. Si vous n’y arrivez pas dans le temps imparti, vous vous sentez en échec. Vous ajoutez une couche de culpabilité à votre souffrance initiale.
En hypnose ericksonienne, on ne chronomètre pas le changement. On l’accompagne, à votre rythme.
Je travaille régulièrement avec des sportifs, des coureurs de fond et des footballeurs. Dans le sport, le chronomètre est roi. Pourtant, même là, je leur rappelle un principe : le changement physiologique et psychologique a son propre tempo. On ne peut pas forcer une adaptation musculaire ou nerveuse. On peut créer les conditions favorables, mais on ne commande pas à son système nerveux.
Un coureur amateur me consulte pour un blocage mental en compétition. Il s’entraîne dur, il a le niveau, mais dès qu’il est sur la ligne de départ, il est paralysé par l’angoisse. Il a déjà essayé des techniques de visualisation imposées : « Imaginez-vous gagner, voyez la foule, sentez la médaille. » Résultat : plus il essayait de visualiser, plus il se sentait sous pression.
Avec l’hypnose ericksonienne, nous n’avons pas fixé d’objectif de performance. Je lui ai simplement proposé : « Vous pouvez laisser votre esprit explorer ce qui se passe dans votre corps quand vous êtes sur la ligne de départ… sans chercher à changer quoi que ce soit… juste observer. »
Cette observation sans injonction a permis à son système nerveux de se réguler progressivement. Au bout de plusieurs semaines, sans qu’il ait cherché à « forcer » un résultat, son angoisse a diminué. Il a couru sa course suivante sans blocage, et il a même amélioré son temps, presque par surprise.
Le changement ne se commande pas. Il s’invite quand les conditions sont réunies, et ces conditions incluent le respect de votre rythme.
Ce respect du rythme individuel est une forme de politesse profonde envers vous-même. C’est reconnaître que vous n’êtes pas une machine à réparer, mais un être vivant qui a besoin de temps pour intégrer, digérer, transformer.
Au cœur de cette approche, il y a une idée simple mais radicale : vos valeurs ne sont pas un obstacle à la thérapie, elles en sont le moteur.
Chacun de nous a un système de valeurs, souvent implicite, qui guide ses choix, ses réactions, ses résistances. Pour certains, c’est la liberté. Pour d’autres, la sécurité, la loyauté, la justice, la créativité, la simplicité. Ces valeurs ne sont ni bonnes ni mauvaises. Elles sont ce qui fait que vous êtes vous.
Quand une thérapie ignore ces valeurs, elle risque de créer un conflit intérieur. Par exemple, si vous avez une valeur forte d’autonomie et qu’on vous propose un cadre très directif, vous allez inconsciemment résister. Non pas parce que vous êtes « difficile », mais parce que votre intégrité est en jeu.
En hypnose ericksonienne, on commence par explorer ce qui est important pour vous. Pas sous forme de questionnaire rigide, mais à travers des conversations ouvertes, des métaphores, des expériences hypnotiques qui révèlent vos priorités profondes.
Je reçois une enseignante à la retraite qui souffre d’insomnies chroniques depuis des années. Elle a tout essayé : médicaments, tisanes, méditation guidée, luminothérapie. Rien ne marche. Elle est épuisée et désespérée.
En discutant, je découvre qu’elle a une valeur très forte : la bienveillance envers les autres. Toute sa vie professionnelle, elle a pris soin de ses élèves. Maintenant, elle se sent « inutile » et culpabilise de ne pas arriver à dormir, comme si c’était une preuve qu’elle n’est pas « une bonne personne ».
Plutôt que de lui proposer une technique de sommeil standard, nous avons construit un travail autour de sa valeur. Je lui ai proposé une métaphore hypnotique : « Vous pouvez imaginer que votre sommeil est comme un jardin que vous avez cultivé pour les autres toute votre vie… et maintenant, ce jardin a besoin que vous preniez soin de lui, pour lui-même. Ce n’est pas égoïste, c’est une forme de bienveillance envers vous-même. »
Cette simple reformulation a changé son rapport au sommeil. Elle a cessé de le vivre comme une performance à réussir. Elle l’a vécu comme un acte de soin envers elle-même, aligné avec sa valeur profonde. En quelques semaines, son sommeil s’est amélioré, non pas parce que nous avions « traité » un symptôme, mais parce que nous avions respecté ce qui comptait vraiment pour elle.
Quand la thérapie s’aligne avec vos valeurs, elle cesse d’être un combat contre vous-même. Elle devient une collaboration avec ce que vous êtes.
C’est pour cela que l’hypnose ericksonienne est si efficace pour les personnes qui ont déjà essayé d’autres approches sans succès. Elle ne vous demande pas de changer de valeurs. Elle vous aide à utiliser vos valeurs comme des leviers de transformation.
Pour finir, je veux être honnête avec vous sur ce que cette approche ne fait pas. Parce que la clarté est une forme de respect.
L’hypnose ericksonienne ne fait pas de miracles. Elle ne vous transforme pas en une autre personne. Elle ne supprime pas magiquement vos difficultés en une séance. Elle ne vous promet pas un bonheur permanent sans effort.
Ce qu’elle fait, c’est vous donner les moyens d’utiliser vos propres ressources
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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