HypnoseFondamentaux

Hypnose ericksonienne ou classique : quelle différence pour vous ?

Deux méthodes, un même but : laquelle correspond à vos besoins profonds ?

TSThierry Sudan
23 avril 202611 min de lecture

Vous êtes là, face à votre écran, en train de vous demander si l’hypnose pourrait vous aider. Peut-être avez-vous déjà essayé une séance, sans grand résultat. Ou alors, vous hésitez entre plusieurs praticiens, sans comprendre ce qui se cache derrière les termes « hypnose ericksonienne » ou « hypnose classique ». Une amie vous a parlé de Milton Erickson, un autre vous a dit que l’hypnose directive était plus efficace. Résultat : vous ne savez plus quoi choisir, et vous repoussez encore ce rendez-vous qui pourrait pourtant changer des choses.

Je comprends cette confusion. Dans mon cabinet à Saintes, je vois régulièrement des personnes arriver avec cette question : « Mais concrètement, quelle est la différence ? » Et c’est normal. Derrière ces deux mots se cachent deux philosophies, deux manières d’accompagner, et surtout deux expériences très différentes pour vous, la personne qui consulte.

Alors posons les choses simplement. Pas de jargon inutile, pas de théorie abstraite. Je vais vous expliquer ce qui se joue vraiment, avec des exemples concrets, pour que vous puissiez faire votre choix en toute conscience.

L’hypnose classique : le mythe du praticien qui « commande »

Commençons par l’hypnose dite « classique », aussi appelée hypnose directive ou traditionnelle. C’est celle que vous imaginez spontanément quand on parle d’hypnose : un praticien qui compte à rebours, qui dit « vous allez vous endormir », et qui donne des ordres à votre inconscient. « Quand vous entendrez le mot relaxation, vous vous sentirez calme. » « Vous arrêterez de fumer à partir d’aujourd’hui. »

Cette approche repose sur l’idée que le praticien sait ce qui est bon pour vous. Il utilise des suggestions directes, souvent sous forme d’injonctions, en s’appuyant sur un état de conscience modifié qu’il induit de manière assez standardisée. Les techniques sont celles de la fascination, de la fixation du regard, ou des comptes à rebours. C’est efficace pour certaines personnes, particulièrement celles qui fonctionnent bien avec des consignes claires et qui ont une bonne capacité à se laisser guider.

Prenons un exemple. Marc, 42 ans, vient me voir pour arrêter de fumer. Il a déjà essayé les patchs, les chewing-gums, et même la cigarette électronique. Rien n’y fait. Il est pragmatique, militaire de carrière, habitué à obéir et à exécuter des ordres. Lors de notre première séance, il me dit : « Dites-moi ce que je dois faire, je le ferai. » Avec une approche classique, je pourrais lui suggérer directement : « À partir de maintenant, chaque fois que vous penserez à une cigarette, vous ressentirez un goût désagréable. » Et ça marcherait probablement, parce que son cerveau est programmé pour répondre à ce type de commandement.

Mais voilà le problème. Et si Marc n’était pas aussi obéissant ? Et s’il avait une part de lui qui résiste, qui refuse qu’on lui dicte sa conduite ? Beaucoup de personnes, sans le savoir, ont un inconscient qui n’aime pas qu’on lui donne des ordres. C’est comme si une partie d’elles se rebellait. Résultat : la suggestion directe ne prend pas, ou produit l’effet inverse. « Ne pensez pas à un ours blanc » : que faites-vous immédiatement ? Vous y pensez. C’est exactement ce qui se passe avec l’hypnose classique chez certaines personnes.

L’hypnose classique fonctionne bien pour ceux qui aiment qu’on leur dise quoi faire. Pour les autres, elle peut créer une résistance inconsciente, comme un enfant qui refuse un ordre juste parce qu’on lui a dit de le faire.

L’hypnose ericksonienne : l’art de la conversation avec l’inconscient

Milton Erickson, psychiatre américain du XXe siècle, a révolutionné l’hypnose. Il a compris que l’inconscient n’est pas un soldat qui attend des ordres, mais un allié avec lequel il faut négocier. L’hypnose ericksonienne ne cherche pas à commander, mais à créer un dialogue. Le praticien utilise le langage de manière indirecte, métaphorique, pour toucher les ressources déjà présentes chez la personne.

Concrètement, cela signifie que je ne vais pas vous dire « vous allez vous sentir calme ». Je vais plutôt vous raconter une histoire. Une histoire de jardin, de rivière, de chemin de montagne. Et dans cette histoire, votre inconscient va trouver tout seul les clés pour accéder à la détente. C’est plus subtil, plus respectueux, et souvent plus durable.

Reprenons l’exemple de Marc, mais avec une autre personne. Sophie, 35 ans, consultante en ressources humaines, vient pour une phobie des examens. Elle est hyperactive, toujours en contrôle, et déteste qu’on lui dise quoi faire. Si je lui suggère directement « vous serez calme pendant vos oraux », son inconscient va immédiatement contre-attaquer : « Non, je ne le serai pas, je suis trop stressée, ça ne marchera pas. » Avec l’hypnose ericksonienne, je vais utiliser une métaphore. Je pourrais lui parler d’un musicien qui, avant un concert, respire profondément et se souvient de toutes les fois où il a bien joué. Je vais l’amener à retrouver en elle-même la sensation de compétence, sans jamais lui imposer une injonction.

L’hypnose ericksonienne est particulièrement adaptée aux personnes :

  • Qui ont un fort besoin de contrôle
  • Qui sont analytiques, rationnelles
  • Qui ont déjà eu une mauvaise expérience avec l’hypnose classique
  • Qui présentent des résistances inconscientes (vous savez, cette petite voix qui dit « oui mais »)

Elle repose sur trois piliers : l’observation fine (je capte vos micro-expressions, votre respiration, vos tics de langage), l’utilisation de votre propre réalité (je ne vous impose pas un cadre, je pars du vôtre), et la création de métaphores sur mesure.

Comment savoir quelle approche est faite pour vous ?

Voici une question simple à vous poser : quand vous êtes face à un problème, préférez-vous qu’on vous donne une solution toute faite, ou aimez-vous la trouver par vous-même ?

Si vous êtes du genre à dire « Docteur, dites-moi ce que je dois faire, je suivrai vos consignes à la lettre », alors l’hypnose classique peut vous convenir. Elle est rapide, directe, et efficace pour des problématiques simples comme l’arrêt du tabac, les phobies spécifiques (peur des araignées, de l’avion), ou les habitudes à changer.

En revanche, si vous êtes plutôt du genre à dire « Je veux comprendre pourquoi je fais ça, je veux que ça vienne de moi », alors l’hypnose ericksonienne est très probablement votre voie. Elle est plus lente en apparence (une séance peut durer 1h30 au lieu de 45 minutes), mais elle travaille en profondeur. Elle est particulièrement indiquée pour :

  • Les troubles anxieux chroniques
  • Les traumatismes
  • Les problèmes relationnels
  • La perte de sens
  • Les blocages créatifs

Je reçois régulièrement des personnes qui me disent : « J’ai déjà fait de l’hypnose, ça n’a pas marché. » Quand je creuse, je découvre souvent qu’elles ont vécu une hypnose classique, avec un praticien autoritaire qui leur a imposé des suggestions. Leur inconscient s’est fermé comme une huître. Avec l’hypnose ericksonienne, je rouvre la porte, mais doucement, en respectant leurs défenses.

Ce que l’hypnose ericksonienne fait (et ne fait pas) concrètement

Parlons honnêtement. L’hypnose ericksonienne n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer vos problèmes en une séance. Ceux qui promettent des résultats miraculeux en une heure sont soit des charlatans, soit des praticiens qui utilisent l’hypnose classique de manière très directe (et encore, ça ne marche pas pour tout le monde).

Ce que l’hypnose ericksonienne fait :

  • Elle crée un espace de sécurité où votre inconscient peut lâcher prise à son rythme.
  • Elle utilise vos propres métaphores et expériences pour générer des changements durables.
  • Elle respecte vos résistances et les utilise comme des alliées (si une partie de vous résiste, c’est qu’elle a une bonne raison, et je vais l’écouter).
  • Elle travaille avec la dissociation (vous pouvez être conscient et inconscient en même temps, ce qui permet de maintenir un contrôle tout en explorant).

Ce qu’elle ne fait pas :

  • Elle ne vous fera pas perdre le contrôle. Vous restez toujours maître de la situation. Si vous ne voulez pas, vous ne plongez pas.
  • Elle ne vous fera pas faire des choses contre votre gré. Aucun praticien sérieux ne vous fera aboyer comme un chien ou révéler des secrets honteux.
  • Elle ne remplace pas un suivi médical ou psychiatrique. Si vous avez des idées suicidaires, des troubles psychotiques, ou des dépressions sévères, l’hypnose est un complément, pas un substitut.

L’hypnose ericksonienne ne vous enlève rien. Elle vous rend ce qui est déjà à vous : vos ressources, votre créativité, votre capacité à guérir.

Un cas concret pour comprendre la différence

Imaginez une personne qui vient pour une phobie du dentiste. Avec l’hypnose classique, le praticien pourrait dire : « Vous allez fermer les yeux, et quand le dentiste touchera votre dent, vous ne sentirez rien. » C’est direct, ça peut marcher, mais si la personne a un traumatisme profond lié à une extraction douloureuse, cette suggestion risque de ne pas tenir.

Avec l’hypnose ericksonienne, je vais d’abord explorer. « Quand vous pensez au dentiste, qu’est-ce qui se passe dans votre corps ? » La personne me parle de tension dans la mâchoire, de cœur qui s’emballe. Je vais alors utiliser ces sensations. « Et si vous pouviez transformer cette tension en une sensation de protection ? Comme si votre mâchoire devenait une armure que vous pouvez poser quand vous êtes prêt. » Je vais raconter une histoire de chevalier qui pose son bouclier après la bataille. L’inconscient va associer cette image à la détente. Le changement est plus profond, car il s’ancre dans l’expérience corporelle et symbolique de la personne.

Résultat : après trois séances, cette personne peut aller chez le dentiste sans anxiété. Pas parce que je lui ai ordonné, mais parce qu’elle a trouvé en elle la ressource pour se détendre.

Pourquoi je pratique l’hypnose ericksonienne (et pas l’autre)

Quand j’ai commencé à me former, j’ai appris les deux approches. J’ai testé l’hypnose classique sur quelques volontaires. Ça marchait… pour ceux qui étaient réceptifs. Mais je me souviens d’une patiente, Émilie, 29 ans, qui venait pour une anxiété sociale. Je lui ai fait une induction classique, avec des suggestions directes de calme. Elle est ressortie en pleurant. « Je me suis sentie violée, m’a-t-elle dit. Comme si vous aviez pris le contrôle de mon corps. » Ce jour-là, j’ai compris que mon rôle n’était pas de commander, mais d’accompagner.

L’hypnose ericksonienne m’a offert cette possibilité. Elle me permet de m’adapter à chaque personne, à son histoire, à sa personnalité. Avec les sportifs que je prépare mentalement (coureurs, footballeurs), je l’utilise pour renforcer la confiance, mais jamais en imposant. Je leur raconte des histoires de champions qui ont douté avant de gagner. Leur inconscient fait le reste.

Bien sûr, il m’arrive d’utiliser des éléments d’hypnose classique, mais toujours enrobés dans une approche ericksonienne. Par exemple, si quelqu’un a besoin d’une suggestion directe pour arrêter de fumer, je peux la glisser dans une métaphore. Mais je ne le ferai jamais sans avoir d’abord établi une relation de confiance et exploré les résistances.

Comment choisir votre praticien ?

Voici quelques questions à poser à un hypnothérapeute avant de prendre rendez-vous :

  • « Quelle est votre formation en hypnose ? » (éricksonienne, classique, les deux ?)
  • « Comment adaptez-vous votre approche à chaque personne ? »
  • « Avez-vous déjà travaillé avec des personnes qui résistent ? Comment gérez-vous cela ? »

Un bon praticien ericksonien ne vous donnera jamais de garanties absolues. Il vous dira : « Je ne peux pas vous promettre que ça marchera, mais je peux vous promettre que je ferai tout pour créer les conditions du changement. » C’est cette honnêteté qui fait la différence.

Attention aussi aux praticiens qui vous disent : « Je vais vous endormir et vous reprogrammer. » Fuyez. L’hypnose, qu’elle soit classique ou ericksonienne, ne reprogramme personne. Elle aide à déverrouiller des ressources déjà présentes.

Ce que vous pouvez faire maintenant

Si vous vous reconnaissez dans cet article, si vous sentez que l’hypnose pourrait vous aider mais que vous ne savez pas par où commencer, voici une proposition concrète.

Prenez un carnet. Notez une situation précise qui vous pose problème. Par exemple : « Chaque fois que je dois parler en réunion, mon cœur s’emballe et je perds mes moyens. » Ensuite, demandez-vous : « Qu’est-ce que je ressens dans mon corps ? Qu’est-ce que je me dis dans ma tête ? » Puis, imaginez une version de vous qui gère cette situation avec aisance. Pas besoin de savoir comment elle fait. Juste l’image. Vous venez de faire un premier pas vers l’hypnose ericksonienne : utiliser votre imagination pour contacter une ressource.

Ensuite, si vous voulez aller plus loin, contactez-moi. Je reçois à Saintes, en cabinet, ou en visio pour ceux qui sont loin. On commencera par un échange gratuit de 15 minutes pour voir si je peux vous aider. Pas d’engagement, pas de pression. Juste une conversation pour clarifier ce dont vous avez besoin.

L’hypnose, qu’elle soit classique ou ericksonienne, n’est qu’un outil. Le vrai pouvoir est en vous. Mon travail est simplement de vous aider à le retrouver.

À très bientôt, Thierry

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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