3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comprenez pourquoi un esprit analytique peut aussi être hypnotisé.
Vous avez l’esprit critique bien aiguisé. Peut-être même êtes-vous de ceux qui analysent tout, qui décortiquent les arguments, qui cherchent la faille dans un raisonnement avant d’adhérer. Vous lisez des études, vous vérifiez les sources, et l’idée de vous laisser guider par un praticien en hypnose vous paraît, disons, inconfortable. Je comprends. Chaque semaine, je reçois des messages de personnes comme vous : « Je suis trop cartésien pour que ça marche », « Mon cerveau analyse tout, je ne vais pas pouvoir lâcher prise », ou encore « L’hypnose, c’est bien pour les gens crédules, non ? »
Pourtant, ces mêmes personnes viennent me voir quelques semaines plus tard, surprises d’avoir vécu une expérience bien différente de ce qu’elles imaginaient. Pas parce qu’elles ont soudainement « cru » en quelque chose, mais parce qu’elles ont compris un point fondamental : l’hypnose ne désactive pas l’esprit critique. Elle lui offre un autre terrain de jeu.
Alors, non, hypnose et esprit critique ne sont pas incompatibles. Et si je vous montrais pourquoi, en partant de situations que vous connaissez peut-être ?
Commençons par une scène que je vois souvent. Un homme d’une quarantaine d’années, cadre dans une entreprise technique, s’assoit dans mon cabinet. Il croise les bras, me regarde droit dans les yeux et dit : « Je suis venu parce que ma femme m’a poussé, mais honnêtement, je ne vois pas comment ça pourrait fonctionner. Je suis ingénieur, je raisonne en logique. »
Je lui souris et je lui réponds : « Tant mieux. Votre esprit critique est une force, pas un obstacle. »
Ce que beaucoup ignorent, c’est que l’hypnose ericksonienne — celle que je pratique — ne cherche pas à contourner votre rationalité. Elle l’utilise. Milton Erickson, le père de cette approche, avait lui-même un esprit très analytique. Il observait, testait, ajustait. Il ne demandait pas à ses patients de « croire » en quoi que ce soit. Il leur proposait des expériences concrètes.
Prenons un exemple simple. Vous êtes-vous déjà retrouvé tellement absorbé par un livre, un film ou un jeu vidéo que vous en avez oublié l’heure et votre environnement ? Pendant ce temps, votre esprit critique n’était pas éteint. Vous pouviez toujours analyser l’intrigue, critiquer un personnage, noter une incohérence. Mais vous étiez dans un état de concentration profonde, où votre attention était dirigée vers un objet précis. C’est exactement cela, un état hypnotique léger.
L’hypnose n’est pas un sommeil. Ce n’est pas une perte de contrôle. C’est un état de conscience modifié, naturel, que vous vivez plusieurs fois par jour sans le savoir. La différence ? En cabinet, on apprend à l’utiliser volontairement pour accéder à des ressources que votre mental analytique a du mal à mobiliser seul.
Votre esprit critique est un outil formidable. Il vous protège des manipulations, vous aide à prendre des décisions éclairées, à éviter les pièges. Mais il a aussi une limite : il fonctionne principalement avec ce qu’il connaît déjà. Il catégorise, compare, juge. C’est son rôle.
Le problème, c’est que certains problèmes ne se résolvent pas uniquement par l’analyse. Prenons le cas d’une femme que j’ai accompagnée, appelons-la Claire. Claire était directrice marketing, habituée à gérer des équipes et des budgets. Elle venait pour une phobie des transports en commun. Elle avait tout essayé : comprendre l’origine de sa peur (un incident mineur dans le métro dix ans plus tôt), se raisonner (« c’est irrationnel, le métro est sûr »), se forcer à prendre le train en serrant les dents. Rien n’y faisait. Son esprit critique lui disait : « Tu sais que c’est stupide, alors arrête. » Mais son corps, lui, réagissait encore : sueurs, cœur qui s’emballe, envie de fuir.
Ce que Claire vivait, c’est le fossé entre ce que vous savez (cognitif) et ce que vous ressentez (émotionnel et corporel). Votre esprit critique est excellent pour traiter les informations factuelles. Il est moins doué pour dialoguer avec les parties plus anciennes de votre cerveau, celles qui gèrent les émotions, les habitudes automatiques, les réflexes de survie.
L’hypnose, dans ce contexte, ne vient pas contredire votre rationalité. Elle vient créer un pont. Elle permet à votre mental analytique de lâcher un peu la rampe, non pas pour s’éteindre, mais pour laisser la parole à d’autres parties de vous-même. C’est un peu comme si vous arrêtiez de micro-gérer chaque détail d’un projet pour laisser votre équipe travailler. Vous restez le chef, vous fixez le cap, mais vous leur faites confiance pour exécuter.
Voici une autre idée reçue : « Si je ne me souviens pas de tout ce qui s’est passé pendant la séance, c’est que j’ai perdu le contrôle. » En réalité, c’est souvent l’inverse.
Votre esprit conscient — celui qui analyse, critique, planifie — a une capacité limitée. On estime qu’il ne peut traiter qu’environ 60 bits d’information par seconde. Votre inconscient, lui, en gère des milliards. C’est lui qui régule votre respiration, votre digestion, qui stocke vos souvenirs, vos apprentissages, vos schémas émotionnels.
Quand vous êtes en état d’hypnose, votre attention se focalise sur certains éléments (une sensation, une image, une métaphore), et votre esprit critique peut momentanément se mettre en retrait. Pas parce qu’il est désactivé, mais parce qu’il n’a rien à analyser d’urgent. Vous êtes en sécurité. Vous pouvez alors accéder à des ressources que votre conscient ne peut pas atteindre volontairement.
Je pense à un patient, Thomas, un marathonien venu me voir pour un blocage en compétition. Il s’entraînait dur, ses chronos à l’entraînement étaient excellents, mais dès qu’il était sur une ligne de départ officielle, il perdait tous ses moyens. Son esprit critique lui disait : « Tu as tout préparé, tu es en forme, pourquoi tu flippes ? » Mais son corps répondait par des crampes, une respiration saccadée, une fatigue précoce.
En séance, nous n’avons pas cherché à « raisonner » sa peur. Nous avons utilisé une métaphore : celle d’un vieux gardien, à l’entrée du stade, qui vérifiait les billets avec une sévérité excessive. Thomas a pu dialoguer avec cette partie de lui, comprendre qu’elle cherchait à le protéger d’un échec qu’il avait vécu adolescent. L’esprit critique de Thomas n’a pas été mis de côté. Il a observé, constaté, et finalement accepté que cette peur avait une logique ancienne, même si elle n’était plus adaptée.
L’hypnose ne vous fait pas perdre votre lucidité. Elle élargit votre champ de vision pour inclure ce que votre conscience avait appris à ignorer.
Soyons honnêtes. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne vous fera pas arrêter de fumer si vous ne voulez pas vraiment arrêter. Elle ne vous fera pas oublier un traumatisme. Elle ne transforme pas une personnalité en une heure. Si quelqu’un vous promet cela, fuyez.
Ce qu’elle fait, c’est créer les conditions d’un changement. Elle agit sur les mécanismes automatiques, sur les boucles émotionnelles, sur les croyances limitantes qui résistent à la volonté. Mais le travail, c’est vous qui le faites. Vous restez acteur. Vous gardez votre libre arbitre.
Un exemple concret : une patiente, Sophie, consultait pour des crises d’angoisse. Elle était très rationnelle, avait lu des dizaines d’articles sur l’anxiété, connaissait toutes les techniques de respiration. Mais dans l’instant de la crise, rien ne marchait. « Je sais ce qu’il faudrait faire, mais je n’y arrive pas », disait-elle.
En hypnose, nous n’avons pas cherché à lui apprendre quelque chose de nouveau. Nous avons plutôt exploré la partie d’elle qui choisissait la crise. Oui, vous avez bien lu. Il y avait une partie de Sophie qui, face à une situation de stress, activait l’angoisse parce que, dans son histoire, cela avait été une façon de se protéger (en attirant l’attention, en évitant une confrontation, en créant un prétexte pour fuir). Cette partie n’était pas « mauvaise ». Elle était juste devenue inadaptée.
L’hypnose a permis à Sophie de reconnaître cette partie, de la remercier pour son travail passé, et de lui proposer un nouveau rôle. Son esprit critique, loin d’être un ennemi, a été un allié précieux pour valider cette nouvelle perspective.
Alors, concrètement, comment se passe une séance avec quelqu’un qui a un fort esprit critique ? Très simplement : on ne lui demande pas de « lâcher prise » dans le vide. On lui propose des expériences précises, mesurables, qu’il peut observer et évaluer lui-même.
Par exemple, je peux vous demander de vous concentrer sur la sensation de vos pieds contre le sol. Puis sur le rythme de votre respiration. Puis sur une image mentale, comme un paysage. À chaque étape, vous restez pleinement conscient. Vous pouvez à tout moment ouvrir les yeux, bouger, dire non. Vous êtes le pilote.
Ce qui change, c’est que votre attention se déplace de l’analyse externe ( « est-ce que ça marche ? » ) vers l’expérience interne ( « qu’est-ce que je ressens maintenant ? » ). Et c’est là que la magie opère, non pas parce que vous avez « cru », mais parce que vous avez expérimenté.
Un patient sportif, cycliste, me disait : « Je ne suis pas venu pour qu’on me parle de mon enfance. Je veux juste gérer mon stress sur le vélo. » Parfait. Nous avons travaillé sur des ancrages sensoriels : un geste, une respiration, une image qui lui rappelait une course réussie. Son esprit critique a validé : « OK, ça, je peux le reproduire. » Et il l’a fait.
L’hypnose ne demande pas de croire. Elle demande d’essayer, en étant pleinement conscient de ce qui se passe.
Si vous êtes de nature sceptique, sachez que l’hypnose n’est pas une pratique ésotérique. Elle est étudiée en neurosciences depuis des décennies. Des chercheurs comme le Dr David Spiegel à Stanford ont montré, via l’imagerie cérébrale, que l’état hypnotique modifie l’activité de certaines zones du cerveau, notamment celles liées à l’attention et à la perception de la douleur.
Ce n’est pas une question de « croyance ». C’est une question de neuroplasticité : votre cerveau peut apprendre de nouveaux chemins, même à l’âge adulte. L’hypnose facilite cet apprentissage en créant un état de réceptivité accru.
Des anesthésistes l’utilisent pour réduire les douleurs post-opératoires. Des dentistes pour des patients phobiques. Des sportifs de haut niveau pour optimiser leur concentration. Tous ces gens ne sont pas des « crédules ». Ce sont des professionnels qui ont testé, mesuré, et constaté des résultats.
Alors oui, vous pouvez garder votre esprit critique. C’est même une excellente nouvelle : cela signifie que vous ne vous laissez pas berner par des promesses vides. Mais cela signifie aussi que vous pouvez utiliser cet esprit pour vérifier par vous-même si l’hypnose peut vous être utile, plutôt que de la rejeter sur la base d’un a priori.
Si vous lisez ces lignes et que vous sentez une curiosité, même timide, je vous propose un petit test. Pas un test de « croyance », mais un test d’expérience.
Asseyez-vous confortablement. Prenez trois respirations profondes. Puis, sans fermer les yeux, portez votre attention sur votre main droite. Imaginez que vous tenez un citron. Vous sentez sa forme, sa texture. Vous le portez à votre nez, vous respirez son odeur acidulée. Puis vous imaginez que vous le coupez en deux et que vous portez une moitié à votre bouche. Vous en mordez un morceau.
Que se passe-t-il dans votre bouche ? Peut-être une salivation, une légère crispation ? Si oui, vous venez de vivre un phénomène hypnotique de base : votre corps a répondu à une image mentale comme s’il s’agissait d’une réalité. Votre esprit critique n’a pas été désactivé. Vous saviez que ce citron n’était pas réel. Pourtant, votre corps a réagi.
C’est exactement cela, le pouvoir de l’hypnose : utiliser votre imagination, votre attention, votre capacité à créer des réalités internes, pour influencer des réponses que votre volonté seule ne commande pas.
Vous n’avez pas besoin de « croire ». Vous avez besoin d’expérimenter. Et si vous voulez aller plus loin, je suis là pour vous accompagner, avec le même respect pour votre rationalité que pour votre sensibilité.
Prenez soin de vous,
Thierry Sudan
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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