3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Le protocole pas à pas pour désactiver une peur irrationnelle.
Tu ouvres la porte du cabinet et tu me dis : « Je ne peux plus prendre l’avion. Pourtant, je voyageais tout le temps avant. Maintenant, rien que de voir un avion dans le ciel, mon cœur s’emballe. » Ou bien : « Les araignées, c’est ridicule, je sais bien qu’elles ne me feront rien, mais je fais un détour de trois kilomètres pour ne pas passer près d’un buisson. »
Tu n’es pas seul ou seule. Les phobies font partie des troubles anxieux les plus fréquents. Et ce qui te rend fou, c’est que tu sais que ta peur est irrationnelle. Ton cerveau le sait. Mais ton corps, lui, ne le sait pas. Et c’est là que l’hypnose intervient : non pas pour te convaincre que tu n’as pas peur, mais pour désactiver le mécanisme automatique qui déclenche la panique.
Je vais te montrer comment ça marche vraiment. Pas de magie, pas de mystère. Un protocole précis, que j’utilise depuis des années avec des adultes comme toi, et qui repose sur ce que la recherche en neurosciences nous apprend aujourd’hui.
Tu as probablement déjà essayé de raisonner ta peur. Tu t’es dit : « Allez, c’est juste un chien, il est tenu en laisse, je peux passer. » Et pourtant, au moment de faire un pas, tes jambes se bloquent, ta respiration s’accélère, tu transpires, tu cherches une issue. Tu es en pleine crise de panique, alors que ton cortex préfrontal – la partie logique de ton cerveau – te répète que tout va bien.
Ce décalage n’est pas un signe de faiblesse. C’est le symptôme d’un apprentissage émotionnel qui s’est encodé dans une zone ancienne de ton cerveau : l’amygdale. Imagine un détecteur de fumée ultra-sensible. Dès qu’il capte une odeur de toast brûlé, il déclenche l’alarme générale, même si ce n’est qu’une tartine un peu trop cuite. Ton amygdale fait pareil : elle associe un stimulus (l’avion, l’araignée, l’ascenseur, le sang) à une réaction de survie, et elle active le système nerveux sympathique avant même que tu aies eu le temps de penser.
Le problème, c’est que le cortex préfrontal, qui pourrait dire « calme-toi, c’est juste un toast », est trop lent. L’amygdale réagit en quelques millisecondes. Quand tu veux contrôler la peur par la raison, tu arrives toujours en retard. La panique est déjà installée.
L’hypnose ne va pas essayer de museler cette alarme. Elle va modifier le logiciel qui relie le stimulus à la réaction. Et pour ça, elle utilise un état de conscience modifié où ton cerveau devient plus perméable à de nouveaux apprentissages.
Tu as peut-être une image de l’hypnose issue des spectacles ou des films. Un hypnotiseur qui te fait perdre le contrôle, qui te fait chanter comme une poule ou oublier ton prénom. Laisse-moi te rassurer : en cabinet, c’est tout le contraire.
L’état hypnotique, c’est un état d’attention focalisée et de relaxation profonde. Tu restes conscient, tu entends tout, tu peux parler si je te le demande. Mais ton cerveau bascule dans un mode de fonctionnement particulier. Les ondes cérébrales ralentissent, surtout dans les zones liées à l’analyse et au jugement. En parallèle, les connexions entre l’amygdale et le cortex préfrontal deviennent plus fluides.
C’est ce qu’on appelle la neuroplasticité : la capacité du cerveau à se reconfigurer. En hypnose, cette plasticité est augmentée. Tu n’es plus en mode défense, en mode « je dois analyser ce qui se passe ». Tu es en mode réceptif. Et c’est exactement ce qu’il faut pour désactiver une phobie.
Pourquoi ? Parce que la phobie a été apprise dans un contexte émotionnel fort. Un jour, peut-être, tu as eu une mauvaise expérience avec un chien, ou tu as vécu un vol d’avion très turbulent, ou quelqu’un t’a raconté une histoire terrifiante. Ton cerveau a fait une association rapide : « chien = danger », et il l’a stockée dans la mémoire implicite, celle qui ne passe pas par la conscience.
Pour défaire cette association, il ne suffit pas de la comprendre. Il faut revivre l’expérience dans un état où le cerveau peut la réévaluer. Et l’hypnose offre ce cadre.
« Une phobie, c’est une peur qui a oublié de se mettre à jour. L’hypnose lui donne la mise à jour nécessaire. »
Avant de toucher à la phobie, je ne commence jamais par là. La première séance est consacrée à une chose essentielle : installer une ressource de sécurité. C’est le socle de tout le travail.
Je te demande de te souvenir d’un moment où tu t’es senti(e) parfaitement calme, en confiance, en sécurité. Cela peut être un lieu, une personne, un souvenir d’enfance, un moment dans la nature. Tu fermes les yeux, tu revis ces sensations : la température, les odeurs, les couleurs, la sensation dans ton corps. Et pendant que tu es dans cet état, je pose une ancre. Par exemple, je te demande de joindre le pouce et l’index, ou de poser ta main sur ton cœur.
Cette ancre, tu pourras la réactiver seule(e) plus tard. Elle devient un interrupteur de calme que tu actionnes en quelques secondes. Je te la fais tester plusieurs fois pendant la séance. Je vérifie que ça fonctionne vraiment, que tu ressens bien le changement.
Pourquoi cette étape est cruciale ? Parce que quand on va travailler sur la phobie, des émotions fortes peuvent remonter. Je ne vais pas te laisser plonger sans filet. L’ancre de sécurité, c’est ton parachute. Tu sais que tu peux y revenir à tout moment. Cette simple certitude réduit déjà l’anxiété anticipatoire.
Une fois que tu es en état d’hypnose, avec ton ancre de sécurité installée, on peut commencer à approcher la phobie. Mais attention : on n’y va pas frontalement. On utilise ce qu’on appelle la dissociation hypnotique.
Je te propose d’imaginer que tu regardes un film sur un écran. Ce film raconte une scène liée à ta phobie, mais toi tu es dans la cabine de projection, confortablement installé(e). Tu vois la scène, tu l’entends, mais tu n’es pas dedans. Il y a une distance de sécurité.
Pendant que tu observes, je te guide pour modifier certains éléments. La scène devient un peu floue, les couleurs s’estompent ou deviennent sépia. Le son devient plus lointain, comme une radio qu’on éloigne. La taille de l’écran rétrécit. Progressivement, la charge émotionnelle diminue. Ce qui provoquait de la panique devient neutre, presque banal.
Ce n’est pas de l’évitement. C’est une reconsolidation de la mémoire. Des études en neurosciences montrent qu’à chaque fois qu’on rappelle un souvenir, il devient temporairement malléable. On peut alors y ajouter de nouvelles informations – en l’occurrence, un sentiment de calme et de sécurité – avant qu’il ne se re-stocke. Le souvenir n’est pas effacé, mais son impact émotionnel est modifié.
Tu te souviendras encore de l’araignée ou de l’avion, mais tu ne ressentiras plus la panique automatique. Le détecteur de fumée est recalibré.
Les phobies ne sont pas seulement une réaction à un stimulus. Elles sont souvent liées à une partie de toi qui a pris le contrôle pour te protéger. C’est là que l’IFS – le Système Familial Intérieur – rejoint l’hypnose.
En IFS, on considère que nous avons tous des « parties » en nous, avec des rôles et des croyances. La partie phobique, c’est souvent un protecteur qui a décidé, un jour, que la meilleure façon d’assurer ta sécurité était d’éviter absolument telle ou telle situation. Ce protecteur a peut-être un bon fond : il a voulu t’empêcher de souffrir. Mais aujourd’hui, il est devenu trop rigide, trop bruyant.
Sous hypnose, je peux dialoguer avec cette partie. Pas pour la combattre, mais pour la remercier et la rassurer. « Je comprends que tu as fait ton job. Tu m’as protégé(e). Mais aujourd’hui, je suis adulte, je peux gérer. Tu peux prendre un peu de recul. »
Quand cette partie accepte de lâcher prise, on peut alors installer une nouvelle réponse. On crée une ressource : une image de toi en train de vivre la situation calmement, avec aisance. On ajoute des sensations corporelles et des émotions positives. On ancre cette nouvelle réponse dans ton corps.
Ensuite, on fait un pont vers le futur. On imagine une situation réelle qui pourrait se présenter dans les jours ou semaines à venir. Par exemple, marcher dans une rue où il y a des chiens, ou réserver un vol. Et on vérifie que la nouvelle réponse s’active, que le calme reste présent. Si ce n’est pas le cas, on ajuste.
Je veux être honnête avec toi. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne fait pas disparaître la phobie en une séance pour tout le monde. Certaines phobies très anciennes, ou liées à un traumatisme complexe, peuvent nécessiter plusieurs séances. D’autres facteurs peuvent influencer le résultat : ton niveau de stress général, la présence d’autres troubles anxieux, ou le fait que la phobie soit liée à un événement traumatique précis.
L’hypnose ne te rendra pas non plus « immunisé(e) » à toute peur. Tu resteras humain(e). Si tu es phobique des araignées et que tu en vois une grosse dans ta douche, tu auras peut-être encore un sursaut. Mais ce sera un sursaut de surprise, pas une crise de panique. Tu pourras la prendre dans un verre et la sortir, là où avant tu aurais fui de la pièce en hurlant.
Ce qui change, c’est le seuil de déclenchement. La réaction automatique est désactivée. Tu retrouves du choix. Tu n’es plus esclave de la peur.
Je reçois un jour un homme d’une quarantaine d’années, commercial, qui doit prendre l’avion plusieurs fois par mois pour son travail. Il a développé une phobie de l’avion après un vol très agité. Depuis, il annule ses déplacements, il invente des excuses, il prend le train quand c’est possible, mais ça lui coûte des heures et de l’argent.
En première séance, on installe son ancre de sécurité : un souvenir de vacances au bord de la mer, les pieds dans l’eau, le bruit des vagues. Il pose sa main sur son ventre, et on vérifie que ça fonctionne.
En deuxième séance, on travaille sur le souvenir du vol agité. Sous hypnose, il regarde la scène sur un écran. Je lui propose de réduire la luminosité, de passer en noir et blanc, de ralentir l’image. La scène devient moins intense. Puis on dialogue avec la partie protectrice : une voix intérieure qui lui dit « si tu montes dans l’avion, tu vas mourir ». On la remercie, on lui explique que l’avion est sûr, qu’il est adulte et capable de gérer. La partie accepte de se détendre.
En troisième séance, on installe une nouvelle réponse. Il imagine monter dans l’avion, s’asseoir, attacher sa ceinture, et ressentir un calme profond. On ancre cette sensation. On fait un pont vers le futur : il visualise son prochain vol prévu dans deux semaines. Il le vit avec sérénité.
Il a pris ce vol. Il m’a envoyé un message à l’atterrissage : « Un peu d’appréhension au décollage, mais j’ai posé ma main sur mon ventre, et c’est passé. J’ai même dormi une heure. »
C’est ça, le résultat concret. Pas l’absence totale d’émotion, mais la capacité à la traverser.
Tu te demandes peut-être si tu es « hypnotisable ». La réponse est oui, presque à 100 %. L’hypnose n’est pas un don, c’est une capacité naturelle que nous avons tous. Tu entres déjà en état d’hypnose plusieurs fois par jour : quand tu es absorbé(e) par un film, quand tu conduis sur une route familière sans te souvenir des derniers kilomètres, quand tu rêvasses. En cabinet, je ne fais que guider cette capacité vers un objectif précis.
Quelques contre-indications existent : les troubles psychotiques actifs, certaines formes d’épilepsie non contrôlées, ou un état de dissociation pathologique sévère. Mais pour la majorité des adultes, l’hypnose est une méthode sûre et efficace.
Si ta phobie te pourrit la vie – que ce soit pour les transports, les animaux, les espaces clos, le sang, les hauteurs, ou autre chose – tu n’as rien à perdre à tenter une approche qui ne passe pas par la volonté. Tu as déjà essayé de te raisonner, ça n’a pas marché. L’hypnose travaille là où la raison n’a pas accès.
Je ne vais pas te demander de prendre rendez-vous tout de suite si tu n’es pas prêt(e). Mais il y a une chose que tu peux faire, seule(e) chez toi, en quelques minutes.
Assieds-toi confortablement. Ferme les yeux. Porte ton attention sur ta respiration, sans la modifier. Laisse l’air entrer et sortir. Après quelques cycles, pose une main sur ton ventre, à l’endroit où tu sens le mouvement de la respiration. Reste là, une minute ou deux. Tu es en train de faire ce que je fais en séance : ramener ton attention sur le corps, hors du mental qui analyse.
Si tu ressens un peu de calme, c’est un bon signe. Si tu ne ressens rien, ce n’est pas grave non plus. Ce n’est qu’un premier essai.
Quand tu seras prêt(e), tu pourras franchir la porte du cabinet. On travaillera ensemble, à ton rythme, sans pression. La phobie a pris du temps à s’installer – elle ne partira peut-être pas en un claquement de doigts. Mais elle peut se désactiver, pas à pas, et tu peux retrouver la liberté de faire ce qui te tient à cœur.
Si tu veux en parler, je suis là. Un message, un appel, une séance. Ce n’est pas un engagement, c’est une première main tendue.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les indices d'un passé qui refait surface.
Des outils concrets pour des échanges plus sereins.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.