3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comment les années et les traumatismes influencent votre réceptivité.
Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi, enfant, vous croyiez si facilement aux histoires qu’on vous racontait, alors qu’aujourd’hui vous avez besoin de preuves tangibles pour adhérer à une idée ? Ou pourquoi certaines personnes, après un événement difficile, semblent plus perméables aux suggestions d’un praticien, tandis que d’autres restent hermétiques, comme verrouillées de l’intérieur ? Ces questions touchent au cœur même de la suggestibilité, cette capacité à être influencé par une idée, une image ou une parole, et qui est au centre de l’hypnose ericksonienne.
Quand je reçois un adulte dans mon cabinet à Saintes, il arrive souvent avec une idée préconçue : « Je suis trop rationnel pour être hypnotisé », ou au contraire : « Je suis trop fragile, je vais me faire manipuler. » La réalité est bien plus nuancée. La suggestibilité n’est pas un trait fixe, immuable, comme la couleur de vos yeux. Elle évolue avec le temps, se sculpte au fil des expériences, et se réorganise après les chocs de la vie. Comprendre cette dynamique, c’est déjà faire un pas vers une meilleure connaissance de soi. Et c’est aussi la clé pour aborder l’hypnose non pas comme une technique de soumission, mais comme un dialogue respectueux avec votre propre esprit.
Dans cet article, je vais vous emmener explorer comment les années qui passent et les traumatismes que vous traversez transforment votre réceptivité. Vous découvrirez pourquoi l’enfant que vous étiez n’a pas disparu, mais s’est simplement adapté, et comment l’adulte que vous êtes aujourd’hui peut apprendre à utiliser sa suggestibilité comme une force, et non comme une faiblesse.
Souvenez-vous de ces moments d’enfance où un jeu, un film ou une histoire vous aspirait complètement. Vous ne doutiez pas. Quand on vous disait « fais semblant que ce carton est un vaisseau spatial », vous y montiez sans hésiter. Cette capacité à suspendre l’incrédulité, à entrer pleinement dans une réalité alternative, est la forme la plus pure de la suggestibilité. Chez l’enfant, elle est maximale.
Pourquoi ? Parce que le cerveau d’un enfant est en pleine construction. Le cortex préfrontal, cette zone du cerveau qui gère la planification, l’analyse critique et le jugement, n’est pas encore mature. Il se développe jusqu’à l’âge de 25 ans environ. Résultat : l’enfant fonctionne beaucoup plus avec son système limbique, le centre des émotions, et avec des états de conscience très fluides. Il passe naturellement d’un état à un autre, sans la barrière du « c’est impossible » ou « c’est illogique ». Pour un enfant, une suggestion n’est pas une idée à évaluer, c’est une invitation à vivre une expérience.
Cette suggestibilité élevée est une merveille d’adaptation. C’est ce qui lui permet d’apprendre le langage en quelques années, d’intégrer des règles sociales complexes, ou de développer son imagination. C’est un mécanisme de survie et de croissance. Mais cette même qualité le rend aussi très vulnérable. Une parole blessante, une croyance limitante instillée par un parent ou un enseignant (« tu es nul en maths », « tu es trop sensible ») peut s’imprimer profondément, sans filtre critique, et devenir une vérité intérieure qui durera des décennies.
Point clé : L’enfant ne choisit pas d’être suggestible, il l’est structurellement. Sa réceptivité est un état par défaut, essentiel à son développement, mais qui le rend perméable aux influences, bonnes comme mauvaises.
En grandissant, ce n’est pas que vous perdez cette capacité. Vous apprenez surtout à la contrôler. Vous construisez un « garde du corps » mental : votre esprit critique. Ce garde du corps est formidable pour vous protéger des arnaques, des manipulations grossières ou des idées dangereuses. Mais il a un inconvénient : il peut aussi verrouiller la porte à des ressources intérieures précieuses, à des changements profonds, et à cette fluidité naturelle que vous aviez enfant. La question n’est donc pas de « retrouver » une suggestibilité perdue, mais de réapprendre à baisser temporairement la garde, en toute sécurité, quand c’est utile pour vous.
Avec l’âge, la suggestibilité ne disparaît pas, elle se transforme. On observe souvent une courbe en U : très élevée chez l’enfant, elle diminue à l’adolescence et chez le jeune adulte, où l’affirmation de soi et l’esprit critique sont à leur apogée, puis elle remonte progressivement chez l’adulte mature et la personne âgée. Mais attention, cette remontée n’est pas un retour à l’état infantile. C’est une suggestibilité différente, plus nuancée, plus volontaire.
Chez l’adulte de 30 à 50 ans que je reçois souvent à Saintes, la suggestibilité est souvent « conditionnelle ». Vous êtes prêt à vous laisser guider, mais à condition de comprendre le cadre, de faire confiance au praticien, et de sentir que le processus sert vos objectifs. Votre esprit critique n’est pas un obstacle, c’est un allié que nous apprenons à mettre au repos, comme on pose un outil dont on n’a plus besoin pour un moment. Je dis souvent à mes patients : « Vous n’allez pas perdre votre lucidité, vous allez juste la mettre de côté pour écouter autre chose. »
Les années apportent aussi une forme de maturation de la réceptivité. Vous avez accumulé des expériences, des savoirs, des blessures aussi. Votre cerveau est devenu plus expert pour reconnaître les schémas. Cela peut vous rendre plus réceptif à certaines suggestions qui résonnent avec votre vécu (« cette image de rivière qui coule me parle, car j’ai toujours aimé les balades en forêt »), et plus résistant à d’autres qui vous semblent artificielles ou inadaptées. Votre suggestibilité n’est plus une éponge passive, elle est devenue un tamis : vous filtrez plus vite, mais vous pouvez aussi vous ouvrir plus profondément à ce qui vous semble juste.
Cependant, les années peuvent aussi figer la suggestibilité. Si vous avez construit des défenses très solides, par peur d’être vulnérable ou par habitude de tout contrôler, votre réceptivité peut s’atrophier. Vous devenez « imperméable », non par choix, mais par protection. Dans ce cas, l’hypnose ne consiste pas à forcer la porte, mais à créer un climat de sécurité tel que vous acceptez, petit à petit, de l’entrouvrir. C’est un travail de patience, de respect de vos rythmes. Je ne cherche jamais à « briser » une résistance, mais à comprendre ce qu’elle protège, et à vous proposer une alternative plus douce.
C’est sans doute le point le plus délicat et le plus important à comprendre. Un traumatisme – qu’il s’agisse d’un accident, d’une agression, d’un deuil brutal ou d’une accumulation de micro-traumatismes relationnels – ne change pas seulement votre histoire, il change la façon dont votre cerveau traite les informations et les suggestions.
Après un choc, votre système nerveux est en état d’alerte. L’amygdale, votre détecteur de danger, est hyperactive. Votre cerveau est en mode survie. Dans cet état, la suggestibilité peut prendre deux visages opposés, parfois chez la même personne selon les contextes.
D’un côté, une hypersuggestibilité dans les domaines liés à la menace. Vous devenez extrêmement réceptif à tout ce qui ressemble, de près ou de loin, au danger initial. Une suggestion anodine du type « imaginez un bruit soudain » peut déclencher une réaction de panique disproportionnée. Votre cerveau n’a plus de filtre : il interprète toute information comme potentiellement dangereuse, et y répond avec une intensité émotionnelle brute. C’est épuisant, et cela peut rendre les séances d’hypnose classiques difficiles, car le simple fait de fermer les yeux et de se détendre peut être vécu comme une perte de contrôle insupportable.
De l’autre côté, une hyposuggestibilité défensive. Pour se protéger, votre esprit met en place des barrières massives. Vous pouvez devenir très rationnel, presque cynique. Vous analysez chaque mot du praticien, vous cherchez la faille, vous refusez de « lâcher prise ». Ce n’est pas de la mauvaise volonté. C’est votre système nerveux qui dit : « Je ne peux pas me permettre d’être vulnérable, car la dernière fois que j’ai baissé ma garde, j’ai été blessé. » Dans ce cas, la suggestibilité est verrouillée, non par manque de capacité, mais par un réflexe de survie.
Point clé : Le traumatisme ne détruit pas la suggestibilité, il la redirige ou la verrouille. Le travail du praticien est de comprendre ce nouveau mode d’emploi de votre esprit, et de vous aider à rétablir une réceptivité choisie, et non subie.
C’est là que l’hypnose ericksonienne, combinée à l’IFS (Internal Family Systems), devient particulièrement puissante. Nous ne travaillons pas contre ces mécanismes de protection. Nous les accueillons, nous les remercions d’avoir fait leur job, et nous négocions avec eux une trêve. Parfois, je passe plusieurs séances à simplement « faire connaissance » avec la partie de la personne qui a décidé de ne pas être réceptive. Je lui demande ce qu’elle craint, ce dont elle a besoin pour se sentir en sécurité. Petit à petit, cette partie accepte de laisser un peu d’espace, et la suggestibilité naturelle peut réémerger, mais cette fois-ci, sous le regard bienveillant de la conscience adulte.
Vous l’aurez compris, il n’existe pas une « bonne » façon d’être suggestible. Votre niveau de réceptivité est le reflet de votre histoire, de votre âge, de vos blessures. Milton Erickson, le père de l’hypnose que je pratique, l’avait parfaitement intégré. Il disait souvent : « Utilisez ce que le patient vous apporte. » Autrement dit, ne luttez pas contre les défenses, utilisez-les.
Si vous êtes un adulte très analytique, avec un esprit critique développé, je ne vais pas essayer de vous « endormir » avec des suggestions directes qui vous feraient lever les yeux au ciel. Je vais plutôt utiliser votre résistance. Je peux vous dire : « Je ne sais pas si vous allez être capable de vous détendre, car votre esprit est tellement habitué à tout contrôler que cela pourrait paraître impossible. Mais peut-être que vous pouvez simplement remarquer que, malgré toutes vos pensées, votre respiration continue toute seule. » Là, je ne m’oppose pas à votre suggestibilité faible, je la contourne en parlant à votre partie analytique, et je crée une brèche par où une suggestion indirecte peut passer.
Si vous avez vécu un traumatisme et que votre réceptivité est verrouillée par la peur, je vais travailler avec une extrême lenteur. Nous pouvons passer des séances entières à simplement parler de ce qui serait nécessaire pour que vous vous sentiez en sécurité dans la pièce. Peut-être garder les yeux ouverts. Peut-être ne pas utiliser le mot « hypnose ». Peut-être commencer par une simple respiration consciente, sans aucune suggestion de changement. Votre suggestibilité, dans ce cadre sécurisé, va se réveiller d’elle-même, comme une fleur qui a besoin de sentir la chaleur avant d’oser s’ouvrir.
L’âge et les expériences ne sont donc pas des obstacles à l’hypnose. Ce sont des informations précieuses. Ils me disent comment votre esprit a appris à fonctionner pour vous protéger et pour avancer. Mon travail n’est pas de vous rendre plus suggestible selon une norme arbitraire. Mon travail est de trouver la clé qui ouvre la porte de votre propre réceptivité, celle qui est en vous, parfois enfouie, parfois méfiante, mais toujours présente.
L’IFS, que j’intègre souvent à mes accompagnements, est un modèle qui considère que l’esprit est composé de différentes « parties ». Vous avez une partie critique, une partie vulnérable, une partie qui veut tout contrôler, une partie qui a peur du changement… et aussi une partie que nous appelons le Soi, qui est calme, curieuse, confiante et connectée.
Quand on parle de suggestibilité, on peut la voir comme la résultante des relations entre vos différentes parties. Si votre partie « garde du corps » est aux commandes, votre suggestibilité sera faible ou conditionnelle. Si votre partie « enfant intérieur » prend le dessus, vous pouvez devenir très réceptif, mais peut-être de manière non choisie, ce qui peut être déstabilisant.
L’IFS ne cherche pas à éliminer une partie ou à en favoriser une autre. Il cherche à établir un dialogue. Vous pouvez apprendre à dire à votre partie critique : « Merci de me protéger, je comprends que tu veuilles analyser chaque mot du praticien. Mais pour ce moment, peux-tu juste t’asseoir à côté de moi et observer ? Tu n’as pas besoin de lâcher prise, juste de ne pas intervenir pendant quelques instants. » Cette simple permission interne peut transformer radicalement votre réceptivité.
L’Intelligence Relationnelle, que j’enseigne aussi, vient compléter ce tableau. Elle vous apprend à lire vos propres signaux corporels et émotionnels. Vous devenez capable de dire : « Là, je sens que ma suggestibilité se verrouille, car je me sens en insécurité. » Au lieu de lutter contre cela ou de vous juger, vous pouvez simplement l’accueillir et communiquer avec votre praticien pour ajuster le cadre. Vous n’êtes plus passif face à votre réceptivité, vous en devenez le pilote.
Point clé : La suggestibilité choisie, c’est la capacité à dire « oui » quand c’est bon pour vous, et « non » quand ça ne l’est pas. C’est l’autonomie intérieure, et non la soumission.
C’est un changement de paradigme puissant. Vous n’êtes plus une personne « peu suggestible » ou « trop suggestible ». Vous êtes une personne qui, en fonction de ses parties et de son histoire, a une certaine configuration de réceptivité. Et cette configuration peut évoluer, s’assouplir, se réorganiser, avec de la conscience et de la pratique.
Avant de conclure, je vous propose un exercice simple, à faire seul, chez vous, pour prendre contact avec votre suggestibilité actuelle. Asseyez-vous confortablement, prenez trois respirations, et observez sans jugement.
Test de l’imagination sensorielle : Fermez les yeux et imaginez un citron. Sa couleur jaune vif, sa texture bosselée. Maintenant, imaginez que vous le coupez en deux. Visualisez les quartiers, le jus qui perle. Portez un quartier à votre bouche et mordez dedans. Observez votre réaction : Avez-vous salivé ? Avez-vous senti une légère grimace ? Si oui, votre suggestibilité à l’imagerie sensorielle est active. Si non, peut-être votre esprit critique est-il intervenu pour dire « ce n’est qu’une imagination ». Notez la réaction sans vous juger.
Test de la suggestion verbale : Dites-vous intérieurement, lentement, trois fois : « Ma main droite devient plus légère, elle flotte vers le haut. » Ne forcez rien. Laissez faire. Observez : Avez-vous senti une micro-impulsion, un fourmillement, ou une légère sensation de légèreté dans la main ? Avez-vous eu envie de bouger le poignet ? Ou au contraire, avez-vous pensé « c’est stupide, ma main ne bougera pas » ? Les deux réponses sont valables. Elles vous informent sur votre mode de fonctionnement.
Test de l’attention focalisée : Posez votre regard sur un point fixe devant vous. Pendant 30 secondes, essayez de ne penser à rien d’autre qu’à ce point. Observez : Au bout de combien de temps votre esprit a-t-il vagabondé ? Avez-vous ressenti une tension ? Une relaxation ? Ce test mesure votre capacité à entrer dans un état de concentration simple, préalable à l’hypnose.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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