3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Témoignage d'une personne qui a retrouvé le sommeil et la paix.
Il y a quelques mois, un homme est venu me voir. La cinquantaine, cadre commercial, le regard éteint. Il s’est assis dans le fauteuil, a soufflé longuement, et m’a dit : « Thierry, je n’en peux plus. Je lutte tout le temps. Contre mes insomnies, contre mes pensées, contre cette impression de devoir être en contrôle en permanence. Je suis épuisé. »
Il m’a raconté ses nuits. Il se couchait à 22h, l’esprit déjà en alerte. Puis venaient les ruminations : une phrase maladroite en réunion, un client mécontent, une inquiétude pour ses enfants. Il se retournait, regardait l’heure, calculait le nombre d’heures de sommeil qu’il lui restait. À 3h du matin, il finissait souvent par se lever, ouvrir son ordinateur, relire des emails. Il luttait pour dormir. Il luttait pour ne pas penser. Il luttait contre la fatigue du lendemain. Et plus il luttait, plus ça empire.
Vous reconnaissez-vous là-dedans ? Cette sensation d’être en guerre contre vous-même, 24h/24 ? De vouloir tellement bien faire, tellement contrôler, que vous finissez par vous épuiser ? Si oui, vous n’êtes pas seul. Et surtout, il existe un chemin pour sortir de cette lutte. Un chemin que j’ai vu emprunter des centaines de fois dans mon cabinet, grâce à l’hypnose ericksonienne.
Dans cet article, je vais vous raconter comment cet homme — appelons-le Marc — a retrouvé le sommeil et la paix. Pas en apprenant à mieux lutter, mais en apprenant à arrêter. Je vais vous expliquer les mécanismes qui se cachent derrière cette lutte intérieure, et comment l’hypnose ericksonienne propose une tout autre voie.
La lutte, c’est ce réflexe que nous avons tous quand quelque chose nous déplaît. Vous avez une pensée anxiogène ? Vous voulez la chasser. Vous n’arrivez pas à dormir ? Vous voulez forcer le sommeil. Vous êtes triste ? Vous vous dites qu’il faut arrêter. Ce réflexe est tellement ancré qu’il semble naturel. Pourtant, il est à l’origine de votre épuisement.
Prenons l’exemple de l’insomnie. Marc me disait : « Je suis allé voir mon médecin, j’ai pris des somnifères, j’ai essayé la méditation, j’ai tout tenté. Rien n’y fait. » En réalité, il avait tout tenté sauf une chose : arrêter de lutter. Car plus il essayait de s’endormir, plus son cerveau associait le lit à un champ de bataille. À force, le simple fait de poser la tête sur l’oreiller déclenchait une alerte. Le sommeil, qui est un processus involontaire, ne peut pas être commandé. Vous ne pouvez pas vous ordonner de dormir, pas plus que vous ne pouvez vous ordonner de digérer ou de transpirer. Plus vous voulez dormir, moins vous y arrivez.
Ce mécanisme s’appelle le paradoxe de l’insomnie : l’effort conscient sabote le processus naturel.
Mais la lutte ne concerne pas que le sommeil. Elle concerne tout ce qui est involontaire : les émotions, les pensées, les sensations physiques. Vous êtes en réunion et vous sentez la panique monter ? Vous luttez contre. Vous êtes en couple et une boule se forme dans votre ventre ? Vous luttez contre. Vous avez une pensée intrusive sur un échec passé ? Vous luttez contre. Résultat : vous transformez chaque expérience désagréable en un combat. Et comme vous ne pouvez pas gagner contre un processus involontaire, vous perdez à chaque fois. La fatigue s’accumule. La frustration grandit. La paix devient inaccessible.
Marc avait passé des années à lutter. Il était venu me voir parce qu’il touchait le fond. Il avait tout essayé : la relaxation, la cohérence cardiaque, les applications de sommeil. Rien n’avait fonctionné. Parce que toutes ces méthodes partaient du même présupposé : il fallait qu’il fasse quelque chose. Qu’il contrôle. Qu’il maîtrise. Et c’est exactement ce qui le maintenait coincé.
Vous avez peut-être une image de l’hypnose : un pendule, un hypnotiseur autoritaire, un sujet qui obéit. Laissez-moi tout de suite déconstruire ça. L’hypnose ericksonienne, du nom du psychiatre américain Milton H. Erickson, est tout le contraire. Ce n’est pas une technique de pouvoir, mais une technique de permission. Erickson disait souvent qu’il ne guérissait pas ses patients ; il créait les conditions pour qu’ils se guérissent eux-mêmes.
Concrètement, comment ça se passe ? Quand Marc est venu me voir, je ne lui ai pas dit : « Vous allez vous détendre et vous endormir. » Je ne lui ai pas imposé de suggestions directes. J’ai commencé par l’accueillir là où il était : épuisé, méfiant, en plein doute. Je lui ai posé des questions simples. « Qu’est-ce que vous ressentez dans votre corps quand vous pensez à vos nuits ? » Il a parlé de tension dans les épaules, de mâchoire serrée, de ventre noué. Je lui ai demandé : « Et si on laissait cette tension exister, sans essayer de la changer ? »
C’est là que se joue tout le paradoxe de l’hypnose ericksonienne : en acceptant ce qui est, vous ouvrez la porte au changement. En arrêtant de lutter contre la tension, vous permettez à votre système nerveux de se calmer. Pas parce que vous le forcez, mais parce que vous cessez de l’exciter.
Erickson avait une phrase que j’aime citer : « La résistance est un signal précieux. Elle indique la direction à prendre. » Si quelqu’un lutte, c’est qu’il a une bonne raison de le faire. Peut-être que cette lutte l’a protégé pendant des années. Peut-être que sans elle, il aurait peur de sombrer. L’hypnose ericksonienne ne combat pas la résistance ; elle l’utilise. Elle l’invite à danser avec le changement, plutôt qu’à s’y opposer.
« La résistance n’est pas un obstacle à contourner, c’est une porte d’entrée vers ce qui a besoin d’être entendu. »
Pour Marc, la résistance était son besoin de contrôle. Il avait peur que si il lâchait prise, tout s’écroule. Son travail, sa famille, son image. Je lui ai dit : « Vous avez raison de vouloir garder le contrôle. Ça vous a permis d’arriver là où vous êtes. Mais peut-être qu’aujourd’hui, ce même mécanisme vous empêche d’avancer. » Et c’est là que le travail a commencé.
Quand Marc est arrivé à la première séance, il était sceptique. « Je ne suis pas sûr de pouvoir être hypnotisé », m’a-t-il dit. C’est une phrase que j’entends tout le temps. Je lui ai répondu : « Vous êtes déjà en hypnose plusieurs fois par jour sans le savoir. Quand vous êtes absorbé par un film, quand vous conduisez sur une route familière et que vous ne vous souvenez plus des derniers kilomètres, quand vous rêvassez sous la douche. L’hypnose, c’est simplement un état de conscience modifié, naturel, que tout le monde expérimente. »
Nous avons commencé par une séance d’hypnose légère. Je lui ai proposé de s’installer confortablement, de fermer les yeux, et de porter son attention sur sa respiration. Pas de la contrôler. Juste la remarquer. « Vous pouvez remarquer l’air qui entre, l’air qui sort. Et si votre esprit s’égare, ce n’est pas grave. Vous pouvez simplement revenir doucement. » Ce simple geste — ne pas lutter contre les pensées, mais les laisser passer comme des nuages — était révolutionnaire pour lui.
Puis je l’ai invité à visualiser un lieu de paix. Pas un lieu parfait, juste un endroit où il se sentait bien. Il a choisi une plage, au coucher du soleil. Je lui ai demandé de sentir le sable sous ses pieds, de voir les couleurs du ciel, d’entendre les vagues. Au bout de quelques minutes, sa respiration a changé. Ses épaules se sont abaissées. Son visage s’est détendu.
Voici ce qui s’est passé ensuite, et c’est le cœur de l’hypnose ericksonienne : je ne lui ai pas dit de s’endormir. Je lui ai dit : « Peut-être que votre inconscient sait exactement ce dont vous avez besoin pour cette nuit. Peut-être qu’il va trouver son propre chemin. » Cette phrase, anodine en apparence, est un levier puissant. Elle déplace la responsabilité du conscient (qui lutte) vers l’inconscient (qui sait). Elle donne la permission.
À la fin de la séance, Marc était étonné. « Je me suis senti complètement ailleurs, mais j’entendais tout ce que vous disiez. » Je lui ai expliqué : c’est ça, l’hypnose. Être à la fois détendu et conscient. Être en contact avec une partie de soi plus profonde, plus sage.
Les jours suivants, il m’a raconté que ses nuits avaient changé. Il ne s’endormait pas plus vite, mais il luttait moins. Il se réveillait, regardait l’heure, et au lieu de paniquer, il se disait : « Je peux rester allongé, sans rien faire. » Parfois, il se rendormait. Parfois non. Mais la paix était revenue. Et avec elle, le sommeil a fini par suivre.
L’hypnose ericksonienne est un outil merveilleux, mais elle n’est pas une baguette magique. Dans mon cabinet, je l’utilise souvent en complément d’autres approches, notamment l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle. Pourquoi ? Parce que la lutte intérieure n’est pas qu’un problème de sommeil ou de stress. C’est souvent le symptôme d’une blessure plus profonde.
Avec l’IFS, j’aide les personnes à identifier les « parties » d’elles-mêmes qui luttent. Par exemple, chez Marc, nous avons découvert qu’il y avait une partie « contrôleur » : celle qui devait tout gérer, qui avait peur que si elle lâchait prise, tout s’effondre. Cette partie était née dans son enfance, quand il avait dû prendre des responsabilités trop tôt. Elle avait été utile, mais aujourd’hui, elle le maintenait coincé.
En IFS, on ne combat pas cette partie. On l’écoute. On la remercie. On lui demande ce dont elle a besoin pour se détendre un peu. Souvent, la réponse est simple : de la reconnaissance, de la sécurité, ou juste la permission de se reposer. C’est un travail de douceur, pas de force.
L’Intelligence Relationnelle, quant à elle, aide à comprendre comment nos schémas relationnels se rejouent dans notre rapport à nous-mêmes. Marc avait appris très tôt à être fort, à ne rien montrer, à gérer seul. Il était en lutte contre sa propre vulnérabilité. L’Intelligence Relationnelle lui a permis de voir que cette vulnérabilité n’était pas une faiblesse, mais une porte vers une connexion plus authentique avec lui-même et avec les autres.
Ces trois approches — hypnose, IFS, Intelligence Relationnelle — se complètent. L’hypnose ouvre la porte à l’inconscient. L’IFS donne un langage pour dialoguer avec ses parties. L’Intelligence Relationnelle offre une boussole pour naviguer dans ses relations. Ensemble, elles forment un cadre puissant pour arrêter de lutter.
Je ne vais pas vous mentir : arrêter de lutter fait peur. C’est comme lâcher une bouée en pleine mer. Vous avez passé des années à croire que cette lutte vous protégeait. Alors, comment savoir si vous êtes prêt(e) à faire ce pas ?
Voici quelques signes que je vois souvent chez les personnes qui viennent me voir :
Si vous cochez plusieurs de ces cases, sachez que vous n’êtes pas faible. Vous êtes simplement épuisé(e) par un système qui ne fonctionne plus. Et c’est précisément là que l’hypnose ericksonienne peut vous aider.
Parlons des résultats concrets que j’observe dans mon cabinet. La plupart des personnes que j’accompagne ressentent un apaisement dès la première ou deuxième séance. Pas une guérison miraculeuse, mais un changement de qualité de vie. Le sommeil revient progressivement. Les ruminations s’espacent. La relation à soi devient plus douce. Après quelques séances (souvent entre 3 et 6), les changements s’ancrent. Les personnes retrouvent une paix qu’elles pensaient perdue à jamais.
Bien sûr, ce n’est pas linéaire. Il y a des rechutes, des nuits difficiles, des moments de doute. Mais la différence, c’est que vous savez désormais comment les traverser. Vous avez appris à arrêter de lutter.
Je ne vais pas vous laisser sur votre faim en vous disant simplement « venez me voir ». Voici trois choses que vous pouvez essayer ce soir, seuls, pour commencer à lâcher prise.
1. La permission de ne rien faire Ce soir, quand vous vous coucherez, dites-vous intérieurement : « Je n’ai pas besoin de dormir. Je peux simplement rester allongé. » Pas de pression. Pas d’objectif. Juste la permission de rester immobile, sans rien attendre. Vous verrez, l’absence de lutte amène souvent le sommeil.
2. L’accueil des pensées Quand une pensée intrusive arrive, au lieu de la chasser, dites-lui mentalement : « Bonjour, je te vois. Tu peux rester un moment si tu veux. » C’est tout. Ne dialoguez pas, ne l’analysez pas. Accueillez-la comme un invité qui passe. Vous serez surpris de voir à quel point elle s’en va vite quand vous cessez de la combattre.
3. Le scan corporel sans jugement Allongé, portez votre attention sur votre corps. Pas pour le détendre, mais pour le remarquer. « Mes épaules sont tendues ? D’accord. Mon ventre est serré ? D’accord. » Sans rien vouloir changer. Juste observer. C’est un mini état hypnotique que vous créez.
Ces trois exercices sont des portes d’entrée. Ils ne remplacent pas un accompagnement, mais ils vous montrent que vous avez déjà en vous la capacité de lâcher prise. Vous n’avez pas besoin de tout contrôler. Vous avez juste besoin de faire confiance à votre propre système.
Marc est revenu me voir il y a quelques semaines. Il allait bien. Il dormait six heures par nuit sans réveil, parfois sept. Il m’a dit : « Thierry, j’ai arrêté de lutter. Je ne force plus rien. Et c’est là que tout a changé. » Il a souri, et j’ai vu dans ses yeux une lumière qui n’y était pas lors de notre première rencontre.
Cette paix, elle n’est pas venue d’une technique miracle. Elle est venue d’un lâcher-prise progressif, d’une confiance retrouvée en son propre fonctionnement. L’hypnose ericksonienne n’a pas transformé Marc en quelqu’un d’autre ; elle lui a juste rappelé qu’il avait déjà en lui les ressources pour se guérir.
Si vous lisez ces lignes et que vous vous reconnaissez, je vous invite à une
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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