3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Une technique simple inspirée d'Erickson à essayer chez vous.
Tu passes une soirée tranquille, et soudain, ton cœur s’emballe. Ta poitrine se serre, ta respiration devient courte, et une vague de peur intense t’envahit sans raison apparente. Tu as l’impression que tout te glisse entre les doigts, que tu perds le contrôle. C’est une crise d’angoisse, et elle te tombe dessus comme un orage imprévisible.
Je vois régulièrement des personnes arriver dans mon cabinet à Saintes après avoir vécu ces moments. Elles me disent : « Je ne comprends pas ce qui m’arrive », « J’ai cru que j’allais mourir », ou encore « Je ne peux plus sortir de chez moi par peur que ça recommence ». La crise d’angoisse, ou attaque de panique, est une expérience déroutante et épuisante. Mais voici la bonne nouvelle : il existe des moyens concrets pour l’apaiser, et l’hypnose ericksonienne offre un protocole simple, en quatre étapes, que tu peux essayer chez toi.
Ce n’est pas une baguette magique. Je ne te promets pas que tu ne ressentiras plus jamais d’angoisse – ce serait malhonnête. Mais je t’assure qu’en comprenant ce qui se passe dans ton corps et en utilisant des techniques inspirées de Milton Erickson, tu peux reprendre les rênes. Cet article est un guide pratique, basé sur ce que j’utilise avec les adultes que j’accompagne. Prends le temps de le lire, et surtout, de l’expérimenter.
Avant de plonger dans le protocole, il est essentiel de comprendre ce qui se joue. Une crise d’angoisse, ce n’est pas un signe de faiblesse ou un caprice. C’est une réaction de survie de ton système nerveux qui s’emballe. Imagine un détecteur de fumée ultra-sensible : il se déclenche pour une simple vapeur de cuisson, alors qu’il n’y a pas de feu. Ton cerveau, plus précisément ton amygdale (une petite structure en forme d’amande), fait la même chose. Elle perçoit un danger – réel ou imaginé – et active le mode « combat ou fuite ».
Concrètement, ton corps libère de l’adrénaline et du cortisol. Résultat : ton cœur accélère pour pomper plus de sang vers tes muscles, ta respiration devient rapide pour oxygéner ton sang, tu transpires, et tes sens s’aiguisent. Tout est prêt pour courir ou te battre. Mais dans une crise d’angoisse, il n’y a ni prédateur ni menace immédiate. Alors, tu te retrouves avec une énergie physique intense sans exutoire, ce qui amplifie la peur.
Ce qui est fascinant, c’est que ton esprit rationnel, lui, sait qu’il n’y a pas de danger. Mais ton système nerveux ne l’écoute pas. C’est là que l’hypnose ericksonienne entre en jeu. Plutôt que de lutter contre ce mécanisme, on va l’utiliser. Milton Erickson, le père de cette approche, disait que chaque état a sa propre logique. La panique a une logique : te protéger. On va donc parler à cette partie de toi, calmement, pour l’inviter à baisser la garde.
« La peur n’est pas une ennemie à vaincre, mais une messagère à écouter. Quand tu arrêtes de la combattre, elle peut enfin se poser. »
Ce premier pas de compréhension est crucial. Quand tu sais pourquoi ton corps réagit, tu cesses de te juger. Tu te dis : « Ah, c’est juste mon système de survie qui fait son boulot. » Et ce simple changement de perspective est déjà un début d’apaisement.
Le protocole que je vais te présenter n’est pas une recette rigide. L’hypnose ericksonienne est fluide, adaptée à chaque personne. Mais ces quatre étapes forment une structure solide pour revenir au calme. Je les ai baptisées : Ancrer, Ralentir, Distancer, Intégrer. Tu peux les utiliser dès que tu sens les premiers signes d’angoisse – cette boule dans le ventre, cette oppression thoracique – ou même en plein cœur de la crise.
L’idée est de ne pas nier ce que tu ressens. Au contraire, tu accueilles la sensation, tu la nommes, puis tu la transformes doucement. C’est un peu comme si tu prenais la main de cette émotion pour la guider vers un endroit plus tranquille. Tu vas voir, c’est simple, mais terriblement efficace quand tu l’as pratiqué plusieurs fois.
Quand la crise arrive, ton esprit part à cent à l’heure. Il imagine le pire : « Et si je m’évanouis ? », « Et si tout le monde me regarde ? », « Et si ça ne s’arrête jamais ? ». Ces pensées alimentent le feu. La première étape consiste donc à ramener ton attention sur quelque chose de concret, ici et maintenant.
Comment faire ? Choisis un ancrage sensoriel. Je propose souvent à mes patients de poser les deux pieds à plat sur le sol. Sens le contact de tes semelles avec le carrelage, le parquet ou le tapis. Est-ce dur ? Mou ? Froid ? Tiède ? Puis, pose une main sur ton ventre, juste sous le nombril. Ressens la chaleur de ta paume à travers le tissu. Ensuite, prends une inspiration lente, et en expirant, laisse tes épaules descendre.
L’ancrage, c’est comme jeter une ancre dans une mer agitée. Ton corps est un point fixe. Tu peux aussi utiliser un objet : un stylo dans ta poche, une pierre lisse, ou même la texture de ton bracelet. L’important, c’est de mobiliser tes sens. Dis-toi : « Je sens mes pieds sur le sol. Je sens ma main sur mon ventre. J’entends le bruit de ma respiration. » Ce n’est pas pour chasser l’angoisse, c’est pour lui offrir un contrepoids.
Si tu es chez toi, tu peux même décrire à voix basse ce que tu vois autour de toi : « Je vois la lampe, le mur blanc, la tasse bleue. » Cette technique, appelée « grounding » en psychologie, est puissante. Elle active le cortex préfrontal, la partie rationnelle de ton cerveau, et désamorce l’amygdale. En quelques secondes, tu réduis l’intensité de la crise. Ce n’est pas miraculeux, mais c’est un premier pas solide.
Maintenant que tu es ancré, tu vas t’occuper de ta respiration. Pendant une crise, elle devient rapide et saccadée, ce qui augmente l’oxygène dans le sang et provoque des sensations de vertige ou d’étouffement. C’est un cercle vicieux. L’idée n’est pas de forcer une respiration « parfaite », mais de l’accompagner vers un rythme plus lent.
Je te propose un exercice simple, que j’appelle la « respiration en boîte ». Inspire doucement en comptant jusqu’à 4. Puis, bloque ton souffle (sans forcer) pendant 4 secondes. Expire lentement sur 4 secondes. Enfin, marque une pause à vide pendant 4 secondes. Répète ce cycle 3 à 5 fois.
Ce qui est intéressant, c’est que tu peux personnaliser ce rythme. Si 4 secondes te semblent trop longues, commence par 2 ou 3. L’important, c’est la régularité. Tu peux aussi visualiser l’air qui entre et sort, comme une vague. L’hypnose ericksonienne utilise souvent des métaphores. Imagine que ton souffle est un ruisseau qui coule doucement. À chaque expiration, tu laisses partir un peu de tension.
J’ai accompagné un patient, Thomas, un coureur amateur qui vivait des crises avant chaque compétition. Il me disait : « Je n’arrive même plus à respirer, je bloque. » On a travaillé sur cette respiration orientée. Il a commencé à l’utiliser le matin, au calme, puis en situation réelle. Progressivement, son système nerveux a appris à ralentir. Ce n’était pas immédiat, mais après quelques semaines, il pouvait descendre son rythme cardiaque en moins d’une minute.
Tu peux essayer maintenant, même sans crise. Assieds-toi, ferme les yeux si tu veux, et fais trois cycles de respiration en boîte. Observe ce qui se passe dans ton corps. Peut-être sens-tu une légère détente, ou rien de particulier. Ce n’est pas grave. L’important, c’est d’installer ce réflexe avant la prochaine tempête.
C’est l’étape la plus subtile, et celle qui puise directement dans l’hypnose ericksonienne. Quand tu es en pleine crise, tu es complètement identifié à elle. Tu dis : « Je suis angoissé. » Or, Erickson nous apprenait à créer une séparation. Tu n’es pas ton angoisse ; tu es la personne qui observe l’angoisse.
Pour t’aider, je te propose une visualisation. Imagine que tu es assis dans un cinéma, confortablement installé dans un fauteuil. Devant toi, sur l’écran, tu vois une scène représentant ta crise : peut-être une tempête, un feu, ou une marée montante. Observe-la. Tu vois les couleurs, les mouvements, les sons. Mais toi, tu es dans le fauteuil, en sécurité. Tu peux même tenir la télécommande et ralentir l’image, la rendre floue, ou la passer en noir et blanc.
Cette distance n’est pas un déni. Tu ne nies pas que la crise est là. Tu changes juste ta relation avec elle. Tu passes d’acteur à spectateur. C’est ce qu’on appelle la « dissociation thérapeutique » en hypnose. Elle permet à ton esprit de réaliser que l’angoisse est une expérience passagère, pas une identité.
Si la visualisation ne te parle pas, tu peux utiliser une autre approche : décris ta crise comme si tu étais un journaliste. « À 20h15, la personne ressent une oppression thoracique, son cœur bat à 110 pulsations. » Ce simple changement de langage crée un espace. Tu n’es plus noyé dedans ; tu es en train de l’observer.
« La distance n’est pas une fuite, c’est un souffle. Quand tu regardes ta peur de loin, elle rétrécit. »
J’ai vu des personnes fondre en larmes en réalisant qu’elles pouvaient se détacher de leur angoisse. C’est un moment puissant. Prends le temps de t’entraîner à cette étape, même 30 secondes par jour. Quand la crise surviendra, tu auras déjà un chemin tracé.
Les trois premières étapes t’ont aidé à calmer la tempête. Maintenant, il s’agit d’ancrer ce calme pour qu’il devienne une ressource. L’hypnose ericksonienne insiste sur l’intégration : ce que tu vis pendant la séance doit pouvoir se prolonger dans ta vie quotidienne.
Après avoir ralenti ta respiration et distancié la crise, ramène ton attention dans ton corps. Pose une main sur ton cœur ou sur ton ventre. Ressens les battements, peut-être plus apaisés. Ensuite, imagine que ce calme est une couleur – du bleu doux, du vert pâle, ou une lumière dorée. Visualise cette couleur qui se diffuse depuis ta main jusqu’à tout ton torse, puis vers tes bras, tes jambes, ton visage.
Tu peux aussi ajouter une intention : « Ce calme, je le garde avec moi. Il est là, disponible. » C’est un peu comme si tu créais un souvenir corporel de tranquillité. La prochaine fois que l’angoisse pointera le nez, tu pourras rappeler ce ressenti. C’est ce qu’on appelle un « ancrage positif » en hypnose.
Pour renforcer cette intégration, je te conseille de répéter ce protocole régulièrement, pas seulement en crise. Le matin au réveil, ou le soir avant de dormir, prends 3 minutes pour faire les quatre étapes. Tu vas créer une nouvelle habitude neuronale. Ton cerveau va associer ces gestes à un état de sécurité. Et quand la crise arrivera, le chemin sera plus fluide.
Tu te demandes peut-être : « Pourquoi l’hypnose plutôt qu’autre chose ? » C’est une bonne question. L’hypnose ericksonienne a une particularité : elle ne cherche pas à contrôler ou à supprimer les symptômes. Elle les utilise comme des portes d’entrée. Erickson disait : « Ce que tu résistes persiste. Ce que tu acceptes se transforme. »
Dans ce protocole, tu n’as pas à lutter contre l’angoisse. Tu l’accueilles, tu la regardes, tu l’accompagnes vers un autre état. C’est une approche douce, respectueuse de ton rythme. Elle ne te demande pas de « positiver » ou de « te détendre », ce qui est souvent impossible en pleine crise. Elle te propose juste une danse : un pas, puis un autre.
Beaucoup de personnes que je reçois à Saintes me disent : « J’ai essayé la respiration, la méditation, ça n’a pas marché. » Souvent, c’est parce qu’elles forçaient. L’hypnose ericksonienne, c’est l’art de la suggestion indirecte. Tu ne te dis pas « je dois me calmer », tu te dis « je peux observer ce rythme dans ma poitrine, et peut-être qu’il va changer tout seul ». Cette nuance fait toute la différence.
Bien sûr, ce protocole a ses limites. Si tes crises sont très fréquentes ou intenses, il est important de consulter un professionnel de santé. L’hypnose ne remplace pas un suivi médical. Mais comme outil d’auto-accompagnement, elle est redoutable. Elle te redonne du pouvoir là où tu te sentais impuissant.
Tu n’as pas besoin d’attendre la prochaine crise pour agir. Voici une invitation concrète : aujourd’hui, trouve un moment calme, même 5 minutes. Installe-toi confortablement. Parcours les quatre étapes une par une :
Note dans un carnet ou sur ton téléphone ce que tu as ressenti. Peut-être rien de spectaculaire, et c’est parfait. L’important, c’est d’avoir planté une graine. La prochaine fois que l’angoisse pointera, cette graine pourra germer.
Et si tu sens que tu as besoin d’un accompagnement plus profond, je suis là. Dans mon cabinet à Saintes, je reçois des adultes qui veulent comprendre leurs mécanismes et apaiser leurs souffrances, que ce soit avec l’hypnose, l’IFS ou l’Intelligence Relationnelle. On peut travailler ensemble, à ton rythme, sans jugement. Tu n’as pas à traverser ça seul.
Prends soin de toi. La tempête passe toujours.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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