3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Si vous avez peur de perdre le contrôle, lisez ceci avant votre séance.
Vous êtes allongé dans un fauteuil, les yeux fermés. Vous entendez ma voix, mais vous sentez aussi cette petite voix intérieure qui demande : « Et si je ne me réveille pas ? » Ou pire : « Et s’il me fait faire n’importe quoi ? »
Cette peur, je la reconnais immédiatement quand un nouveau patient s’installe pour la première fois. Elle est légitime. Elle est même saine. Car l’hypnose, surtout quand on en a entendu parler via des shows télévisés ou des vidéos sensationnalistes, peut sembler être un outil de manipulation, une perte de contrôle, un état mystérieux où l’on devient passif et vulnérable.
Pourtant, la réalité est tout autre. L’hypnose que je pratique – l’hypnose ericksonienne – n’a rien à voir avec un rapport de force ou une domination. Mais je comprends vos craintes. Et je sais aussi que ces craintes, si on ne les adresse pas, peuvent saboter une séance avant même qu’elle ne commence.
Aujourd’hui, je veux vous parler des trois erreurs les plus fréquentes que les gens commettent avec l’hypnose classique. Pas pour vous faire peur, mais pour vous libérer. Pour que vous puissiez aborder votre séance non pas avec anxiété, mais avec curiosité et confiance. Car l’hypnose, bien utilisée, est l’un des outils les plus puissants pour reprendre le pouvoir sur votre vie – à condition de ne pas tomber dans ces pièges.
Commençons par le mythe le plus tenace. Vous avez probablement déjà vu à la télévision un hypnotiseur de spectacle dire à un volontaire : « Dormez ! » et la personne s’effondre, inerte, comme si on avait coupé le courant. On appelle ça un « état de transe ». Mais ce mot est trompeur. Il évoque l’endormissement, la passivité, l’absence.
Or, dans mon cabinet, la première chose que je dis à mes patients, c’est : « Vous ne dormirez pas. Vous serez même plus éveillé que d’habitude. »
L’hypnose ericksonienne, celle que j’utilise, est un état de conscience modifiée. Votre esprit critique – cette partie qui analyse, juge, filtre – se met en retrait. Mais votre conscience, elle, reste pleinement active. Vous entendez ma voix, vous sentez votre respiration, vous pouvez bouger si vous le souhaitez (même si vous n’en aurez pas forcément envie). Vous êtes simplement dans un état de focalisation intérieure, comme quand vous êtes plongé dans un bon film, une conversation passionnante, ou une longue route sur autoroute.
L’erreur classique, c’est de croire que vous allez « perdre connaissance ». Beaucoup de patients arrivent en me disant : « J’ai peur de ne pas me souvenir de ce qui s’est passé. » Ou pire : « J’ai peur de ne pas pouvoir sortir de cet état. »
Je vais être très clair : il est impossible de rester bloqué en hypnose. Si je ne dis plus rien, si un téléphone sonne, si vous avez une envie pressante, votre esprit revient naturellement à son état ordinaire en quelques secondes. L’hypnose n’est pas un coma. C’est un état de relaxation profonde où votre inconscient reste aux commandes, mais votre conscient peut reprendre la main à tout moment.
Exemple concret : Un patient, appelons-le Marc, est venu me voir pour une phobie des piqûres. Avant la séance, il m’a dit : « J’ai peur que vous me fassiez revivre un souvenir traumatique sans que je puisse réagir. » Je lui ai proposé un test simple : pendant la transe, je lui ai demandé de lever le pouce s’il se sentait mal à l’aise. Il a levé le pouce. On a ajusté. Il a compris qu’il avait le contrôle. La peur a disparu en une séance.
Point clé : L’hypnose n’est pas un sommeil. C’est un état de conscience hyper-éveillé, centré sur l’intérieur. Vous gardez le contrôle de votre corps et de votre esprit. Si vous voulez sortir, vous sortez.
Voici une erreur que je vois tous les jours. Un patient arrive, déterminé. Il a lu des articles, regardé des vidéos. Il veut « bien faire ». Pendant la séance, il se force à se détendre, il analyse chaque sensation, il se demande : « Suis-je en transe ? Est-ce que ça marche ? Est-ce que je ressens ce qu’il faut ? »
Résultat ? Il est tellement dans sa tête, tellement dans le contrôle, qu’il ne peut pas lâcher prise. L’hypnose, c’est comme essayer de s’endormir : plus vous voulez dormir, moins vous y arrivez. Plus vous voulez « réussir » votre transe, plus vous créez une tension qui bloque le processus.
L’hypnose n’est pas une performance. Ce n’est pas un examen. Il n’y a pas de « bonne » ou de « mauvaise » façon de vivre une transe. Certaines personnes ressentent des picotements, d’autres une lourdeur, d’autres encore ne ressentent rien de particulier. Certains ont des images mentales vives, d’autres non. Tout est correct.
L’erreur classique, c’est de croire que l’hypnose doit être spectaculaire. On imagine des sensations intenses, des visions, des révélations. Mais la plupart du temps, une transe thérapeutique est douce, calme, presque banale. Vous pouvez simplement vous sentir paisible, un peu flottant, comme dans un demi-sommeil. Et c’est parfait.
Exemple concret : Une patiente, Sophie, est venue pour arrêter de fumer. À la fin de la première séance, elle m’a dit : « Je ne crois pas que ça a marché. Je n’ai rien ressenti de spécial. » Je lui ai demandé : « Avez-vous pensé à une cigarette pendant la séance ? » Elle a réfléchi : « Non, pas une seule fois. » Pourtant, elle était venue en me disant qu’elle avait des cravings toutes les 20 minutes. Le fait de ne pas avoir eu d’envie était le résultat. Mais comme elle ne correspondait pas à l’idée qu’elle se faisait d’une « transe réussie », elle a cru que ça n’avait pas fonctionné. Elle n’a plus fumé depuis.
Le piège du mental performant : Nous sommes conditionnés à vouloir maîtriser, comprendre, évaluer. L’hypnose vous invite à lâcher cette quête. Plus vous acceptez de ne pas savoir ce qui se passe, plus votre inconscient peut travailler. C’est contre-intuitif, mais c’est la clé.
Point clé : L’hypnose ne se contrôle pas. Elle s’accueille. Abandonnez l’idée de « bien faire ». Laissez-vous simplement guider par ma voix et par ce qui émerge. Votre seule tâche est d’être présent.
C’est l’erreur la plus dangereuse, car elle repose sur une illusion de passivité. Beaucoup de gens viennent me voir en espérant que je vais « faire le travail » à leur place. Ils imaginent que je vais planter une suggestion magique dans leur cerveau, et que leur problème – anxiété, phobie, addiction, traumatisme – disparaîtra comme par enchantement.
Je vais être honnête : l’hypnose ne fait pas de miracles. Elle ne supprime pas les problèmes. Elle vous donne des outils pour les transformer, les apprivoiser, les dépasser. Mais cela demande une participation active de votre part, avant, pendant et après la séance.
L’hypnose ericksonienne, en particulier, repose sur une idée fondamentale : vous avez déjà en vous les ressources nécessaires pour guérir. Mon rôle n’est pas de vous « réparer », mais de vous aider à accéder à ces ressources que vous avez oubliées ou que vous n’osez pas utiliser.
Concrètement, qu’est-ce que ça signifie ? Cela signifie que vous devez être prêt à :
Si vous venez en attendant que je « fasse » quelque chose sur vous, vous serez déçu. L’hypnose est une co-construction. Je suis un guide, mais c’est vous qui marchez.
Exemple concret : Un patient, Antoine, est venu pour une anxiété sociale. Il voulait « une séance pour ne plus rougir en public ». Je lui ai expliqué que l’hypnose pouvait l’aider à se détendre, à modifier sa perception du regard des autres, mais que cela demanderait aussi qu’il accepte de se mettre en situation sociale entre les séances. Il a refusé : « Je veux juste que ça parte tout seul. » Il n’est pas revenu. Ce n’est pas un échec de l’hypnose, c’est un échec de l’attente. L’hypnose n’est pas une baguette magique, c’est un levier. Encore faut-il vouloir soulever la charge.
Point clé : L’hypnose vous donne les clés, mais c’est vous qui devez tourner la serrure. Si vous n’êtes pas prêt à vous engager activement dans votre propre changement, aucune technique ne pourra le faire à votre place.
Vous vous demandez peut-être : « Pourquoi tant de gens tombent-ils dans ces pièges ? » La réponse est simple : l’hypnose est mal comprise. Les médias, les films, les spectacles en ont fait un outil mystérieux, presque surnaturel. On oublie que c’est d’abord un état naturel que nous expérimentons tous plusieurs fois par jour.
1. L’influence des représentations culturelles : Depuis Le Cabinet du Docteur Caligari jusqu’à Hypnotic de Robert Rodriguez, l’hypnose est souvent associée au contrôle mental, à la perte de volonté. Ces images restent dans votre inconscient et créent des attentes erronées.
2. Le besoin de contrôle : Nous vivons dans une société qui valorise la maîtrise, la rationalité, la performance. L’idée de « lâcher prise » est anxiogène. Vouloir contrôler la transe est une tentative de rester en sécurité, mais c’est contre-productif.
3. La culture du résultat immédiat : Nous voulons tout, tout de suite, sans effort. L’hypnose est parfois vendue comme une solution rapide et facile. C’est vrai qu’elle peut être rapide, mais elle n’est pas « sans effort ». L’effort n’est pas physique, il est émotionnel et psychologique.
Comment éviter ces erreurs ?
Pour finir, je veux être totalement transparent sur ce que vous pouvez attendre de l’hypnose ericksonienne.
Ce qu’elle fait :
Ce qu’elle ne fait pas :
Si vous avez lu cet article jusqu’ici, c’est probablement que vous vous reconnaissez dans l’une de ces erreurs. Peut-être avez-vous déjà eu une mauvaise expérience avec un hypnotiseur de spectacle ou un praticien peu scrupuleux. Peut-être avez-vous simplement peur de l’inconnu.
Je ne vais pas vous promettre que l’hypnose est une solution miracle. Mais je peux vous promettre que si vous venez avec une curiosité ouverte, un respect pour votre propre rythme, et une volonté de participer activement, vous vivrez une expérience profondément transformatrice.
Je reçois des personnes qui n’ont jamais osé consulter parce qu’elles avaient peur de « perdre le contrôle ». Après une séance, elles me disent souvent : « Je ne savais pas que c’était comme ça. Je me sens plus libre qu’avant. »
Cette liberté, elle est à votre portée. Elle commence par un simple pas : accepter que vous n’avez pas besoin de tout maîtriser pour guérir.
Si vous êtes à Saintes ou dans les environs, si vous sentez que le moment est venu d’explorer cette approche, je vous invite à me contacter. Pas pour un engagement, juste pour un échange. On peut discuter de vos peurs, de vos attentes, et voir si l’hypnose est faite pour vous.
Prenez soin de vous. Et souvenez-vous : le contrôle que vous cherchez à l’extérieur est déjà en vous. L’hypnose n’est qu’un chemin pour le retrouver.
— Thierry Sudan, praticien en hypnose ericksonienne, IFS et Intelligence Relationnelle. Saintes, 2024.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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