3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
De l'induction au réveil : le déroulement pas à pas.
Vous êtes là, assis dans ce fauteuil que vous ne connaissez pas encore, et une question vous traverse l’esprit : « Qu’est-ce qui va se passer exactement ? » C’est une question légitime. La première séance d’hypnose, on ne sait pas à quoi s’attendre. On imagine parfois un spectacle, un pendule, un « dormez » lancé d’une voix grave. Et puis on réalise vite que ce n’est pas ça du tout.
Je reçois des adultes à Saintes depuis 2014, et presque chaque nouvelle personne me dit la même chose : « Je ne sais pas si je suis hypnotisable », ou « J’ai peur de ne rien ressentir ». Ce sont des craintes normales. Elles viennent d’une méconnaissance du processus. Alors, pour vous rassurer et vous préparer, je vais vous décrire les quatre phases d’une séance d’hypnose ericksonienne, telle que je la pratique. Pas de mystère, pas de magie : juste un cadre clair, humain, pas à pas.
Mon objectif ici est simple : que vous sachiez exactement ce qui vous attend, du moment où vous poussez la porte jusqu’à celui où vous la repoussez, quelques changements plus tard. Et si vous repérez des mécanismes qui vous parlent, tant mieux. Vous saurez que cette approche n’a rien d’étrange : elle est juste une conversation avec votre inconscient.
Avant même de parler d’hypnose, on parle de vous. C’est la phase la plus importante, celle où tout se joue. Elle dure entre 15 et 30 minutes selon les besoins, et elle n’a rien d’anecdotique. Beaucoup de personnes arrivent avec une idée précise de ce qu’elles veulent changer : arrêter de fumer, gérer une anxiété récurrente, surmonter un blocage sportif. D’autres viennent avec une sensation floue, un « je ne vais pas bien » qu’elles n’arrivent pas à nommer.
Lors de cet entretien, je ne cherche pas à vous hypnotiser. Je cherche à comprendre votre monde. Comment fonctionne votre problème ? Depuis quand est-il là ? Qu’avez-vous déjà essayé ? Et surtout, quel est votre objectif réel ? Pas celui que vous pensez devoir avoir, mais celui qui, au fond, vous ferait du bien. Par exemple, un coureur que j’accompagne en préparation mentale me dit : « Je veux gagner ma prochaine course. » En creusant, on découvre que ce qu’il veut vraiment, c’est retrouver le plaisir de courir sans cette pression qui lui serre la poitrine. L’objectif change. Et c’est lui qui guidera la suite.
Je pose aussi des questions sur votre histoire : avez-vous déjà vécu des moments où vous étiez très concentré, absorbé par quelque chose ? Un film, une lecture, une activité manuelle ? Ces moments sont des indices. Ils me montrent que votre inconscient sait déjà entrer dans cet état modifié de conscience, même sans le nommer. L’hypnose, c’est juste une version intentionnelle de cette absorption naturelle.
« L’hypnose n’est pas un état étranger qu’on vous impose. C’est une capacité que vous possédez déjà, et que nous allons simplement orienter ensemble. »
Pendant cette phase, je vérifie aussi une chose cruciale : vos attentes. Certaines personnes imaginent que l’hypnose va les « reprogrammer » comme un ordinateur. Non. Je ne vais pas effacer des souvenirs ni vous faire faire des choses contre votre volonté. L’hypnose ericksonienne est une collaboration. Vous restez conscient, vous gardez le contrôle, et vous pouvez même décider de ne pas suivre une suggestion si elle ne vous convient pas. C’est votre inconscient qui choisit ce dont il a besoin.
Concrètement, à la fin de cette phase, vous et moi avons défini un objectif précis, formulé en termes positifs. Par exemple : « Je veux me sentir calme et confiant avant une compétition » plutôt que « Je ne veux plus avoir peur. » Cette formulation est cruciale : l’inconscient ne comprend pas la négation. Si je vous dis « Ne pensez pas à un ours blanc », que faites-vous ? Vous pensez à un ours blanc. Alors on construit des images et des sensations positives à atteindre.
Vous repartez déjà avec quelque chose : la certitude que vous êtes acteur de la séance. Vous n’êtes pas un patient passif. Vous êtes un explorateur, et je suis votre guide.
Maintenant que le cadre est posé, on passe à l’induction. C’est le moment où je vous invite à fermer les yeux et à diriger votre attention vers l’intérieur. Pas de pendule, pas de claquement de doigts. Juste ma voix, votre respiration, et un espace sécurisé.
L’induction, c’est un chemin. Il n’y en a pas qu’un seul. Selon votre profil, je vais choisir une porte d’entrée différente. Certaines personnes sont très visuelles : je vais leur proposer d’imaginer un escalier qui descend, ou un paysage qui se déploie. D’autres sont kinesthésiques : je vais les inviter à ressentir les points de contact de leur corps avec le fauteuil, le poids de leurs bras, la chaleur de leurs mains. D’autres encore sont auditives : je vais utiliser le rythme de ma voix, le bruit de la ventilation, leur propre souffle.
Prenons un exemple concret. Une personne que j’accompagne pour une anxiété sociale me dit : « Je n’arrive pas à lâcher prise. » Je commence par une induction dite « naturelle » : je lui demande de porter attention à sa respiration, sans la modifier. Juste observer. Puis je l’invite à imaginer que chaque expiration est une vague qui descend doucement le long de son corps, des épaules jusqu’aux pieds. Progressivement, sa voix se ralentit, sa respiration s’approfondit. Elle entre dans cet état que certains appellent « transe légère », mais que je préfère nommer « concentration intérieure ».
Ce qui est important à comprendre, c’est que vous n’êtes pas endormi. Vous entendez ma voix, vous pouvez bouger si vous avez une démangeaison, et vous pourriez même ouvrir les yeux si vous le souhaitiez. Mais vous choisissez de ne pas le faire, parce que c’est agréable, parce que vous êtes dans un état de réceptivité accru. Votre conscient se met en veille relative, et votre inconscient prend le devant de la scène.
Il m’arrive parfois que l’induction ne « prenne » pas immédiatement. Une personne reste en hypervigilance, son esprit analyse tout ce que je dis. C’est normal. Je ne force pas. Je valide : « C’est très bien, votre esprit critique est actif, il protège quelque chose. On va simplement lui donner un autre endroit où se poser. » Et je change de technique, je propose une distraction, une confusion douce, ou je reviens à l’entretien. L’hypnose n’est pas un combat. C’est une invitation.
La durée de l’induction varie : de 5 à 15 minutes. Elle s’arrête quand je perçois des signes : ralentissement du rythme respiratoire, relâchement des muscles du visage, micro-mouvements des paupières (on appelle ça la « réponse idéomotrice »). Ce sont des indicateurs que la porte est ouverte. Alors je passe à la phase suivante.
C’est le cœur de la séance. Là où les choses se transforment. Mais attention : ce n’est pas moi qui change quoi que ce soit. C’est vous. Mon rôle est de créer un contexte favorable pour que votre inconscient trouve ses propres solutions.
Dans l’hypnose ericksonienne, on part du principe que votre inconscient est une ressource immense. Il gère votre respiration, votre digestion, vos battements de cœur, sans que vous ayez à y penser. Il stocke tous vos souvenirs, même ceux que vous avez oubliés. Il connaît vos schémas, vos peurs, mais aussi vos forces insoupçonnées. Le problème, c’est que souvent, votre conscient (cette petite voix qui analyse, juge, planifie) bloque l’accès à ces ressources. En état d’hypnose, on abaisse ce barrage.
Concrètement, comment je procède ? Je vais utiliser des métaphores, des suggestions indirectes, des visualisations. Par exemple, pour une personne qui souffre de stress chronique, je peux raconter l’histoire d’un jardinier qui découvre que ses plantes ne poussent pas parce qu’il les arrose trop. Il apprend à doser l’eau, à observer, à faire confiance à la terre. La personne entend l’histoire, son inconscient capte le message sans que le conscient le filtre. Et parfois, des semaines plus tard, elle me dit : « Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai arrêté de vouloir tout contrôler. »
Je travaille aussi avec l’IFS (Internal Family Systems), ce modèle qui considère que notre psyché est composée de plusieurs « parties ». En hypnose, je peux dialoguer avec ces parties. Un exemple marquant : un footballeur que j’accompagnais avait une partie de lui qui le paralysait avant les penalties. En séance, on a rencontré cette partie, et on a découvert qu’elle le protégeait d’une humiliation vécue à 12 ans. On n’a pas effacé le souvenir. On a remercié cette partie, on lui a donné un nouveau rôle. Le joueur a retrouvé sa fluidité.
Parfois, le travail est plus direct. Je peux utiliser des suggestions post-hypnotiques : « Quand vous serez sur la ligne de départ, vous ressentirez une vague de calme monter de vos pieds à votre tête, et vous saurez que vous êtes prêt. » Ces suggestions sont ancrées dans l’inconscient, et elles se déclenchent automatiquement dans le contexte approprié. Mais attention : elles ne fonctionnent que si elles sont en accord avec vos valeurs profondes. Je ne peux pas vous suggérer de faire quelque chose que vous ne voulez pas vraiment. L’éthique est absolue.
Cette phase dure entre 20 et 40 minutes. Pendant ce temps, vous pouvez vivre des expériences variées : des images, des sensations corporelles, des émotions qui remontent, ou au contraire un grand vide paisible. Il n’y a pas de « bonne » expérience. Certaines personnes ne se souviennent de rien, d’autres ont des souvenirs très vifs. Les deux sont efficaces. L’inconscient travaille, même si le conscient ne suit pas.
Un point important : je ne vous laisse jamais seul face à une émotion trop forte. Si des larmes viennent, c’est bien, c’est une libération. Si de la colère surgit, on l’accueille, on lui donne de l’espace, puis on la transforme. Mon job est de maintenir un contenant sécurisé, quoi qu’il arrive.
La séance ne s’arrête pas brutalement. On ne dit pas « trois, deux, un, réveillez-vous ! » comme dans un film. La réorientation est une phase progressive, qui dure 5 à 10 minutes, et qui permet à votre conscient de reprendre sa place en douceur, tout en intégrant ce qui s’est passé.
Je commence par des suggestions de retour : « Maintenant, vous pouvez commencer à revenir dans cette pièce, sentir le poids de votre corps dans le fauteuil, entendre les bruits autour de vous. » Je compte parfois de 1 à 5, en associant chaque chiffre à une sensation de réveil : « 1, vous sentez vos doigts, 2, vos orteils, 3, votre respiration s’accélère légèrement… » Mais je laisse la porte entrouverte : « Vous pouvez revenir complètement quand vous êtes prêt, pas avant. »
Ce qui est fascinant, c’est que parfois, la personne ouvre les yeux et me dit : « C’est déjà fini ? » Elle a l’impression que 5 minutes se sont écoulées, alors que nous étions en séance depuis 45 minutes. C’est un signe que la transe a été profonde. D’autres personnes mettent plus de temps à revenir, elles ont besoin de quelques minutes de silence. Je respecte ce rythme.
Puis vient le temps de l’échange. Je ne demande jamais : « Qu’est-ce que tu as ressenti ? » directement, parce que ça met le conscient en mode analyse. Je demande plutôt : « Comment ça va maintenant ? » ou « Qu’est-ce qui est présent pour toi ? » La personne peut partager des images, des sensations, ou dire simplement : « Je me sens léger. » Je valide, je normalise. Parfois, elle prend conscience de quelque chose d’important : « Je me rends compte que ma peur n’est pas aussi grande que je le croyais. » Ce genre de prise de conscience est précieux.
Je donne aussi des pistes pour les jours qui suivent. L’hypnose ne s’arrête pas à la porte de mon cabinet. Les suggestions continuent de travailler, des rêves peuvent survenir, des comportements changent spontanément. Je recommande souvent de noter ce qui émerge dans les 48 heures : une envie soudaine, une réaction différente à une situation habituelle. Ce sont les signes que l’inconscient intègre.
« Le changement ne s’annonce pas toujours en fanfare. Parfois, il arrive comme une marée montante : silencieux, progressif, inévitable. »
Et si la personne ne ressent rien de particulier ? C’est ok. Certaines transformations sont souterraines. Un fumeur qui arrête après une séance raconte souvent : « Je ne sais pas expliquer pourquoi, mais les cigarettes ne me disent plus rien. » C’est le travail de l’inconscient, qui a opéré en coulisses.
Une séance d’hypnose, ce n’est jamais un point final. C’est une étape. Selon les objectifs, je peux proposer 3 à 6 séances, espacées de 2 à 4 semaines. L’intervalle est important : il laisse le temps à l’inconscient d’intégrer et de généraliser les changements.
Prenons l’exemple de la préparation mentale sportive. Un coureur que j’accompagne vient pour améliorer sa gestion de l’effort. En première séance, on travaille sur l’ancrage d’une sensation de puissance. Il repart avec un exercice simple : avant chaque entraînement, il prend 30 secondes pour se remémorer cette sensation. À la séance suivante, il me dit : « J’ai tenu 2 km de plus sans m’arrêter, et je n’ai pas eu le mental qui lâche. » On affine, on ajuste. Le changement est progressif, mais il s’ancre dans le corps et dans le geste.
Pour les personnes qui viennent pour de l’anxiété ou un trauma, le travail peut être plus long. L’hypnose n’efface pas les blessures, mais elle change la relation qu’on entretient avec elles. Vous n’oubliez pas ce qui s’est passé, mais vous n’êtes plus prisonnier de la mémoire. Vous pouvez la regarder avec distance, comme un film dont vous seriez le spectateur, pas l’acteur.
Et si vous êtes sceptique ? C’est une force. Le scepticisme est souvent le signe d’un esprit critique bien développé, et c’est un allié. En hypnose ericksonienne, on ne cherche pas à contourner la résistance, on l’utilise. Je peux dire : « Et pendant que votre esprit critique vérifie si tout ceci a du sens, votre inconscient peut déjà commencer à chercher une solution. » Le sceptique devient alors un participant actif.
Je ne suis pas là pour vous vendre du rêve. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne fonctionne pas pour tout le monde, ni pour tous les problèmes. Mais quand elle fonctionne, elle est d’une élégance rare : elle ne vous enlève rien, elle vous rend ce qui vous appartient déjà – votre capacité à changer, à guérir, à vous adapter.
Si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est peut-être que quelque chose en vous a reconnu un besoin. Peut-être que vous traversez une période où les solutions habituelles ne suffisent plus. Peut-être que vous sentez qu’il est temps d’explorer une autre voie.
Je ne peux pas vous promettre que l’hypnose résoudra tout. Mais je peux vous promettre une chose : si vous venez, vous serez accueilli avec honnêteté, respect et compétence. Vous ne serez pas jugé. Vous
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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