HypnoseFondamentaux

Les 5 étapes clés d'une séance d'hypnose ericksonienne expliquées

Un protocole pas à pas pour comprendre ce qui se passe en cabinet.

TSThierry Sudan
23 avril 202612 min de lecture

Tu viens de pousser la porte de mon cabinet. Tu es assis dans un fauteuil confortable, une tasse d’eau à portée de main. Peut-être que ton cœur bat un peu plus vite. Peut-être que tu te demandes ce qui va se passer, si tu vas « être hypnotisé », ou si tu vas perdre le contrôle.

Respire. Je vais tout te détailler.

Derrière le mot « hypnose » se cache un processus structuré, prévisible, et surtout collaboratif. L’hypnose ericksonienne – celle que je pratique – n’a rien à voir avec un spectacle de foire ou un état de sommeil mystérieux. C’est un outil de travail. Un dialogue entre ton inconscient et toi, guidé par des étapes précises.

Voici les cinq étapes clés que tu vivras lors d’une séance. Pas de jargon incompréhensible, pas de promesses magiques. Juste la réalité de ce qui se passe entre ces murs.

1. L’accueil et le recueil : poser le cadre et clarifier le problème

Avant même de parler d’hypnose, il y a une phase essentielle : la conversation. Celle-ci dure souvent une bonne partie de la séance – parfois vingt à trente minutes. Si tu arrives avec une idée vague du genre « je suis stressé », on va creuser ensemble.

Que se passe-t-il concrètement ?

Je te pose des questions précises, non pas pour te cuisiner, mais pour comprendre les contours de ce qui t’amène. Par exemple :

  • « Quand ce stress apparaît-il exactement ? »
  • « Que se passe-t-il dans ton corps à ce moment-là ? »
  • « Qu’as-tu déjà essayé pour y remédier ? »

Je ne cherche pas à te diagnostiquer – je ne suis pas médecin – mais à cartographier ton expérience. Chaque personne vit un « même problème » différemment. L’insomnie d’un commercial n’est pas celle d’une mère de famille débordée.

Pourquoi cette étape est cruciale ?

Parce que l’hypnose ericksonienne part de ta réalité. On ne va pas plaquer une solution toute faite sur un problème que je ne comprends pas. En recueillant ces informations, je construis une carte mentale de ton fonctionnement. Je repère aussi tes ressources – ces moments où tu as déjà réussi à gérer quelque chose de similaire, même sans t’en rendre compte.

Un petit exemple anonymisé :

Un coureur amateur est venu me voir pour une « baisse de performance ». En discutant, on a découvert que ce n’était pas un problème physique, mais une peur panique de décevoir son coach. Le vrai travail n’était pas sur la foulée, mais sur une voix intérieure critique qui le paralysait. Sans cette conversation initiale, on serait partis sur une piste inefficace.

Ce que tu peux faire maintenant :

Avant ta séance, prends cinq minutes pour noter sur un téléphone ou un carnet : « Quelle est la première chose qui me vient à l’esprit quand je pense à mon problème ? » et « Qu’est-ce que j’ai déjà essayé qui a un peu fonctionné ? » Cela te donnera une base solide pour échanger.

Ce n’est pas un interrogatoire. C’est une exploration à deux. Ton inconscient sait déjà beaucoup de choses ; mon rôle est de l’aider à les exprimer.

2. L’induction : guider ton attention vers l’intérieur

Une fois que le cap est clair, vient le moment de l’induction. C’est le moment où tu passes d’une attention tournée vers l’extérieur (mon bureau, les bruits de la rue, les questions) à une attention tournée vers l’intérieur (tes sensations, ton souffle, tes images mentales).

Je n’utilise pas de pendule. Je n’agite pas de montre. L’induction, c’est simplement une conversation qui devient progressivement plus lente, plus descriptive, plus sensorielle.

Comment ça se passe concrètement ?

Je pourrais te dire, par exemple :

  • « Prends une inspiration, et en expirant, laisse tes épaules se relâcher un peu… Peut-être que tu remarques le contact de tes mains sur tes cuisses… Peut-être que tu entends le bruit de ma voix qui devient un fond sonore… »

Je vais souvent m’appuyer sur quelque chose que tu as déjà vécu. Un coureur qui connaît la sensation de « lâcher prise » en descente. Une personne stressée qui a déjà ressenti une vague de relaxation après un bain chaud. Je branche l’induction sur ton vécu, pas sur un script générique.

Est-ce que tu vas « décrocher » ?

Non. Pendant cette phase, tu restes conscient de ce qui se passe. Tu peux ouvrir les yeux, parler, bouger. Mais ton attention devient plus fluide, moins crispée. C’est comme lorsque tu es plongé dans un bon film ou une balade en forêt : tu sais que tu es là, mais le monde extérieur s’estompe.

Pourquoi on ne saute pas directement au travail ?

Parce que ton inconscient a besoin d’un sas. Passer de l’état mental habituel (alerte, analytique) à un état plus réceptif (créatif, intuitif) demande une transition. L’induction est ce pont. Sans elle, les suggestions suivantes resteraient en surface.

Ce que tu peux expérimenter chez toi :

Avant de te coucher ce soir, essaie ceci : allonge-toi, ferme les yeux, et porte ton attention sur ta respiration pendant cinq cycles. Puis, déplace doucement ton attention sur la sensation de tes pieds, puis de tes mollets, puis de tes cuisses… sans chercher à changer quoi que ce soit. Tu viens de faire une mini-induction. Tu vois ? Ce n’est pas mystérieux.

3. Le travail thérapeutique : là où les choses bougent

L’induction t’a amené dans un état de conscience modifié – appelons-le « état de réceptivité ». Ce n’est ni un sommeil ni une perte de contrôle. C’est un état où ton mental critique est moins actif, et où ton inconscient est plus disponible pour entendre de nouvelles possibilités.

C’est ici que je vais utiliser des métaphores, des suggestions directes ou indirectes, et parfois des techniques spécifiques comme l’IFS (Internal Family Systems) ou l’Intelligence Relationnelle.

Que se passe-t-il vraiment ?

Imaginons que tu viennes pour une anxiété sociale. Pendant cette phase, je pourrais :

  • Raconter une histoire où un personnage rencontre une difficulté similaire et trouve une ressource insoupçonnée.
  • Suggérer que ton esprit peut « revisiter » une situation passée avec un nouveau regard.
  • Te proposer d’imaginer un « bouton de volume » pour ajuster l’intensité de l’anxiété.

Attention : je ne fais pas à ta place.

C’est un point fondamental. Je ne plante pas des suggestions comme on plante un drapeau. Je crée un terrain fertile où ton propre inconscient peut faire des connexions. C’est toi qui vas trouver la solution – mais avec un guide qui t’aide à contourner les blocages habituels.

Pourquoi des histoires et des métaphores ?

Parce que ton inconscient pense en images, en sensations, en symboles. Si je te dis « arrête de stresser », ton mental conscient va résister ou se sentir incompris. Si je te raconte l’histoire d’une rivière qui contourne un rocher, ton inconscient va capter le message : « il existe d’autres voies », sans que tu aies à le forcer.

Un exemple concret :

Un footballeur venait pour une perte de confiance devant le but. Pendant la phase de travail, je lui ai proposé d’imaginer un jardinier qui s’occupe d’une plante fragile. À la fin de la séance, il m’a dit : « J’ai compris. Je ne m’entraînais pas à marquer, je m’entraînais à avoir peur de rater. » Je n’avais pas prononcé un mot sur son problème. C’est son inconscient qui a fait le lien.

Le travail n’est pas magique. Il est subtil. Tu ne repars pas « guéri », mais tu repars avec un nouveau chemin mental que tu pourras emprunter à volonté.

4. Le retour progressif : ancrer et intégrer

La quatrième étape est souvent sous-estimée, mais elle est vitale. Après le travail thérapeutique, je ne te dis pas « bon, on a fini, à la prochaine ». Je te ramène progressivement à un état de conscience ordinaire, tout en consolidant ce qui vient de se passer.

Comment ça se passe ?

Je vais te dire quelque chose comme :

  • « Dans un instant, tu vas retrouver le contact avec cette pièce… Tu vas sentir le poids de ton corps dans le fauteuil… Et tu vas pouvoir ramener avec toi ce sentiment de calme ou cette nouvelle perspective… »

Je compte souvent de 1 à 5 ou de 3 à 1, en associant chaque chiffre à un retour de sensations : le bruit de la rue, la lumière derrière tes paupières, le mouvement de tes doigts.

Pourquoi ne pas sortir brusquement ?

Parce que ton inconscient a fait un travail. Si tu ouvres les yeux trop vite, tu risques de perdre une partie des bénéfices. Le retour progressif permet d’ancrer les ressources découvertes. C’est comme redescendre d’une montagne en prenant le temps de regarder le paysage – tu emportes quelque chose avec toi.

L’ancrage : un outil que tu peux réutiliser

Pendant cette phase, je peux aussi créer un « ancrage ». Par exemple : je te demande de presser ton pouce et ton index l’un contre l’autre au moment où tu ressens un état de calme profond. Ensuite, chez toi, si tu refais ce geste, tu pourras retrouver une partie de cet état. Ce n’est pas une baguette magique, mais un déclencheur conditionné – comme lorsque l’odeur d’un plat te ramène à un souvenir d’enfance.

Ce que tu peux observer après une séance :

Tu ne vas pas forcément te sentir « transformé ». Parfois, tu ressens une légère fatigue, parfois une clarté inattendue. Parfois, rien de spectaculaire. L’intégration se fait souvent dans les heures ou les jours qui suivent. Ne juge pas la séance sur les cinq minutes qui suivent.

Petite astuce post-séance :

Prévois un moment calme après ta séance – même dix minutes. Bois un verre d’eau, marche un peu sans écouter de musique. Laisse ton esprit digérer ce qui s’est passé. Ne saute pas directement dans une réunion ou un appel stressant.

5. La conclusion et la prescription : ce qui se passe après le cabinet

La séance ne s’arrête pas quand tu franchis la porte. La cinquième étape se déroule en partie dans mon cabinet, mais surtout dans ta vie quotidienne.

Que se passe-t-il en fin de séance ?

On va échanger brièvement sur ce que tu as vécu. Je ne te demande pas de tout raconter – parfois le travail est inconscient et tu n’as pas de mots. Mais je peux te donner une « prescription » : une petite tâche à faire chez toi.

Une prescription, c’est quoi ?

Ce n’est pas un médicament. C’est une expérience à vivre. Par exemple :

  • « Avant de t’endormir, repense à l’histoire du jardinier pendant deux minutes. »
  • « Chaque fois que tu sens l’anxiété monter, fais trois respirations en imaginant que tu expires par le dos. »
  • « Note chaque soir une chose que tu as appréciée dans ta journée, même infime. »

Ces prescriptions sont conçues pour prolonger le travail de la séance. Elles aident ton inconscient à continuer à faire des connexions sans que tu aies à « forcer » un changement.

Pourquoi c’est important ?

Parce qu’une séance d’hypnose n’est pas un one-shot. C’est un entraînement. Tu viens de vivre un état mental différent ; la prescription t’aide à rendre ce chemin plus accessible, plus familier. Plus tu l’empruntes, plus il devient naturel.

Le suivi : un travail d’équipe

Je ne suis pas un magicien qui te « répare ». Je suis un guide. Le vrai boulot, c’est toi qui le fais, entre les séances. Si tu ne fais rien, les changements risquent de s’estomper. Si tu t’investis un peu, les résultats s’ancrent durablement.

Un exemple de ce qui peut se passer :

Une personne est venue pour des crises d’angoisse. Après trois séances, elle m’a dit : « Je n’ai pas eu de crise, mais je ne sais pas si c’est grâce à l’hypnose ou au hasard. » Je lui ai répondu : « Peu importe. L’important, c’est que ça a changé. Maintenant, on va consolider. » On a continué à travailler sur des situations déclencheuses, même sans symptôme aigu, pour que le changement tienne dans la durée.

Le travail ne s’arrête pas à la fin de la séance. Il commence vraiment quand tu repars. Les prescriptions sont les clés que tu emportes.

Conclusion : un processus vivant, pas un protocole rigide

Voilà les cinq étapes. Elles ne sont pas gravées dans le marbre. Parfois, l’induction est très courte si tu es déjà dans un état réceptif. Parfois, le travail thérapeutique prend une forme inattendue. Parfois, je vais passer plus de temps sur l’accueil si je sens que tu as besoin de poser des choses.

Ce qui est constant, c’est l’intention : te remettre au centre de ton propre changement. L’hypnose ericksonienne n’est pas une technique pour « faire » sur toi, mais un espace pour que tu retrouves ce que tu sais déjà, au fond.

Si tu te reconnais dans ces lignes, si tu sens qu’un accompagnement pourrait t’aider à dénouer ce qui te bloque, je suis là. Pas pour te promettre un miracle, mais pour cheminer avec toi.

Tu peux me contacter via mon site thierrysudan.com, ou simplement m’appeler. On prendra le temps de parler, sans engagement, pour voir si ce que je propose peut répondre à ce que tu traverses.

Prends soin de toi. Et souviens-toi : le changement commence souvent par une simple curiosité. Tu viens de faire un pas en lisant cet article. Le prochain t’appartient.

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

Prendre contact

Cet article vous a parlé ?

Parlons-en — premier échange, sans engagement.

Premier échange gratuit