3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Sophistication et intelligence n'ont rien à voir avec la suggestibilité.
Je vais essayer de me souvenir de la première fois que j’ai entendu cette phrase. C’était il y a des années, lors d’un dîner entre amis. Un convive, cadre dans une boîte d’ingénierie, disait avec un sourire en coin : « L’hypnose, c’est pour les gens qui croient au Père Noël, non ? » Il y avait de la condescendance dans sa voix, comme s’il parlait d’une méthode un peu honteuse, réservée aux faibles d’esprit ou aux naïfs. Moi, je finissais tout juste ma formation en hypnose ericksonienne, et je me souviens avoir ressenti un mélange d’agacement et de tristesse. Agacement parce que ce cliché est tenace. Tristesse parce qu’il empêche des personnes intelligentes, cultivées, parfois même brillantes, de venir chercher une aide qui pourrait transformer leur vie.
Depuis que je suis installé à Saintes, en 2014, j’ai vu défiler des centaines de personnes. Des chefs d’entreprise, des ingénieurs, des enseignants, des artistes, des sportifs de haut niveau. Des gens qui passent leur journée à analyser, à décortiquer, à prendre des décisions complexes. Et pourtant, ils viennent me voir. Pas parce qu’ils sont crédules, mais parce qu’ils ont compris une chose essentielle : la rationalité a ses limites. L’intelligence ne protège pas des souffrances émotionnelles. On peut être un expert en mathématiques et avoir une phobie des araignées. On peut diriger une équipe de trente personnes et se réveiller toutes les nuits à 3 heures du matin avec une angoisse diffuse. On peut lire Kant et avoir du mal à dire non à sa mère.
Alors, non, l’hypnose n’est pas réservée aux naïfs. Elle est réservée à ceux qui ont le courage de regarder en face ce que leur mental rationnel ne peut pas résoudre tout seul. Et c’est souvent un signe d’intelligence, pas de naïveté.
Le mot « suggestibilité » fait peur. Il évoque l’idée d’un esprit faible, malléable, prêt à avaler n’importe quelle idée qu’on lui glisse à l’oreille. Mais c’est un malentendu. En hypnose, la suggestibilité n’a rien à voir avec la crédulité. C’est simplement la capacité à entrer dans un état de conscience modifié où l’attention est focalisée et où le cerveau devient plus réceptif à certaines suggestions. C’est une compétence, pas une faiblesse.
Prenons un exemple concret. Imaginez-vous en train de regarder un film au cinéma. Vous êtes plongé dans l’histoire. Vous oubliez que vous êtes assis dans un fauteuil, que vous mangez du pop-corn, que quelqu’un tousse deux rangs derrière vous. Pendant deux heures, vous êtes dans un état de suggestibilité naturel. Vous acceptez que cet acteur soit un super-héros, que cet autre soit un méchant, que les lois de la physique soient suspendues. Vous ne croyez pas littéralement que tout ça est vrai, mais vous suspendez votre incrédulité. C’est exactement ce qui se passe en hypnose.
La suggestibilité n’est donc pas une tare. C’est une capacité humaine universelle, qui varie d’une personne à l’autre, comme la taille des pieds ou la couleur des yeux. Certaines personnes y entrent facilement, d’autres moins. Mais ça n’a rien à voir avec leur intelligence, leur niveau d’études ou leur esprit critique. J’ai reçu des universitaires hyper-rationnels qui mettaient du temps à lâcher prise, et des artisans très terre-à-terre qui plongeaient en trente secondes. Et inversement.
Le problème, c’est qu’on confond souvent suggestibilité et crédulité. La crédulité, c’est croire quelque chose sans preuve, souvent contre toute évidence. La suggestibilité en hypnose, c’est accepter temporairement une proposition pour explorer une possibilité. C’est une posture active, pas passive. Le patient n’est pas un zombie qui obéit aux ordres. Il est un explorateur qui accepte de suivre un guide pendant un moment, mais qui garde toujours le contrôle.
« L’hypnose n’est pas un pouvoir qu’on exerce sur quelqu’un, c’est une compétence qu’on développe ensemble. La personne que j’accompagne n’est jamais sous mon emprise. Elle est simplement en train de faire un voyage intérieur, et moi, je suis le copilote. »
C’est une observation que j’ai faite des centaines de fois. Les personnes très analytiques, habituées à tout comprendre avec leur tête, ont souvent du mal à entrer en hypnose. Pas parce qu’elles ne le peuvent pas, mais parce qu’elles résistent. Leur mental critique est comme un gardien de prison ultra-vigilant. Il veut tout contrôler, tout vérifier, tout valider. Et l’hypnose, c’est justement l’art de lâcher un peu ce contrôle.
Prenons l’exemple de Marc, un ingénieur informaticien venu me voir pour des insomnies chroniques. Marc était brillant. Il avait un QI dans les 140, une carrière fulgurante, et une capacité à résoudre des problèmes complexes en un clin d’œil. Mais le soir, dans son lit, il était incapable d’éteindre son cerveau. Il analysait sa journée, anticipait la suivante, se demandait s’il n’avait pas oublié de répondre à un mail. Il était prisonnier de sa propre intelligence.
Quand je lui ai proposé de faire une séance d’hypnose, il a levé les yeux au ciel. « Je ne vais pas y arriver. Je suis trop rationnel. Je vais me sentir ridicule. » Je lui ai souri. « C’est justement pour ça que ça peut marcher. Vous avez tellement l’habitude de tout contrôler que vous avez oublié comment vous laisser aller. Ce n’est pas une faiblesse. C’est juste un muscle que vous n’avez pas entraîné. »
Marc a mis trois séances avant de vraiment « lâcher ». La première, il a passé vingt minutes à analyser ce que je disais, à se demander si c’était logique, à résister intérieurement. La deuxième, il a commencé à ressentir des choses, mais il les a immédiatement étiquetées, classées, rationalisées. La troisième, il a enfin accepté de ne pas comprendre. Et là, son insomnie a commencé à fondre comme neige au soleil.
Ce que Marc a découvert, c’est que son intelligence était un outil formidable pour son travail, mais un boulet pour son sommeil. Il avait besoin d’apprendre à ne pas être intelligent pendant un moment. Et ça, c’est un apprentissage en soi. Ce n’est pas régresser. C’est élargir sa palette.
On vit dans une culture qui glorifie la raison. Depuis Descartes, on nous répète « Je pense, donc je suis ». On valorise ceux qui analysent, qui planifient, qui anticipent. On associe la réussite à la capacité de tout comprendre et de tout maîtriser. Mais cette toute-puissance du mental a un revers. Elle nous coupe de notre corps, de nos émotions, de notre intuition.
Je reçois régulièrement des personnes qui me disent : « Je sais bien que je devrais arrêter de fumer, mais je n’y arrive pas. » Ou : « Je comprends que mon anxiété est irrationnelle, mais ça ne l’empêche pas d’être là. » Leur intelligence n’est pas en cause. Le problème, c’est qu’ils essaient de résoudre un problème émotionnel avec un outil purement cognitif. C’est comme vouloir enfoncer un clou avec un marteau en caoutchouc. Ça ne marche pas.
L’hypnose, elle, s’adresse à une partie de nous qui n’est pas rationnelle. C’est ce qu’on appelle l’inconscient, mais attention, pas dans le sens freudien du terme. L’inconscient, en hypnose ericksonienne, c’est cette partie de nous qui gère notre respiration, notre digestion, nos habitudes, nos croyances profondes. C’est le chef d’orchestre silencieux de notre vie. Et ce chef d’orchestre n’écoute pas les arguments rationnels. Il écoute les images, les sensations, les émotions, les métaphores.
Quand vous dites à quelqu’un : « Arrête de stresser, c’est idiot », vous utilisez la raison. Mais son inconscient, lui, n’entend pas. Il continue à produire du cortisol, à accélérer le rythme cardiaque, à envoyer des signaux d’alarme. Pourquoi ? Parce qu’il a appris, souvent depuis l’enfance, que le danger est partout. Et cet apprentissage est inscrit dans le corps, pas dans le cortex préfrontal.
L’hypnose permet de parler directement à ce chef d’orchestre. Pas en lui donnant des ordres, mais en lui proposant de nouvelles partitions. C’est un dialogue, pas une injonction. Et c’est là que la prétendue « naïveté » des personnes qui viennent me voir est en réalité une forme d’intelligence supérieure : celle de reconnaître que le mental a des limites, et qu’il faut parfois passer par d’autres canaux.
Si vous voulez un argument massue contre l’idée que l’hypnose est réservée aux naïfs, regardez du côté du sport de haut niveau. Depuis des années, les plus grands athlètes utilisent des techniques de visualisation, de relaxation, d’hypnose. Aux Jeux Olympiques, à Roland-Garros, sur les terrains de foot de Ligue 1, les préparateurs mentaux sont omniprésents. Et croyez-moi, personne n’accuse Novak Djokovic, Michael Phelps ou Kylian Mbappé d’être crédules ou naïfs.
Je travaille moi-même avec des coureurs et des footballeurs. Ce sont des athlètes qui passent leur vie à repousser leurs limites physiques. Leur corps est leur outil de travail. Et ils ont compris que le mental est le véritable moteur. Vous pouvez avoir les meilleurs muscles du monde, si votre cerveau vous dit « tu vas craquer au 30e kilomètre », vous craquerez. Si votre inconscient est rempli de croyances limitantes (« je ne mérite pas de gagner », « les autres sont plus forts que moi »), vous perdrez, même si vous êtes techniquement supérieur.
L’hypnose, pour eux, c’est un outil de performance. Ils ne viennent pas pour « se faire endormir » ou « se faire manipuler ». Ils viennent pour reprogrammer des automatismes, pour dépasser des blocages, pour entrer dans des états de flow. Et ça demande une intelligence émotionnelle et une conscience de soi que beaucoup de gens n’ont pas.
Je me souviens d’un marathonien que j’ai accompagné. Il était ingénieur de formation, rationnel, méthodique. Il avait un plan d’entraînement millimétré, une diététique parfaite, un chronomètre à la seconde près. Mais il plafonnait. Il n’arrivait pas à passer sous les 3 heures. Quand on a commencé à travailler, on s’est rendu compte qu’il avait une voix intérieure qui lui disait, vers le 30e kilomètre : « Tu vas trop vite, tu vas t’écrouler. » Cette voix était rationnelle, en apparence. Mais elle était aussi basée sur une peur ancienne, une mémoire corporelle d’une course où il avait craqué adolescent.
En hypnose, on a pu aller chercher cette mémoire, la revisiter, et la transformer. Pas en niant la réalité, mais en donnant à son inconscient une nouvelle option. Aujourd’hui, il court en 2h50. Et il ne se sent ni naïf ni crédule. Il se sent libéré.
Il faut que je sois honnête avec vous. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne vous fera pas arrêter de fumer en une séance si vous n’êtes pas prêt. Elle ne vous fera pas perdre 10 kilos sans effort. Elle ne vous transformera pas en super-héros. Et surtout, elle ne vous fera pas faire des choses contre votre volonté. C’est un fantasme qui vient des spectacles de foire, des émissions de télé-réalité, des films d’horreur.
En réalité, l’hypnose est un outil thérapeutique, comme une pioche ou un pinceau. Elle permet d’accéder à des ressources que vous avez déjà, mais que vous n’utilisez pas. Elle ne crée rien de nouveau, elle révèle ce qui est déjà là. Et pour ça, il faut une certaine forme d’intelligence : celle de savoir ce dont on a besoin, celle d’accepter de ne pas tout contrôler, celle de faire confiance à un processus.
Les personnes que j’accompagne ne sont pas des moutons. Ce sont des adultes responsables, souvent très lucides sur leurs difficultés. Ils savent que fumer est mauvais pour leur santé. Ils savent que leur anxiété est disproportionnée. Ils savent que leur relation toxique les détruit. Mais le savoir ne suffit pas. Il faut un autre levier. Et l’hypnose est ce levier.
Alors, oui, il y a des gens qui viennent avec des attentes irréalistes. « Faites-moi arrêter de fumer en une séance, docteur. » « Je veux perdre 15 kilos sans rien changer à mon alimentation. » C’est là que mon rôle est de recadrer. Je ne suis pas un magicien. Je suis un accompagnant. Et si vous n’êtes pas prêt à faire votre part du travail, l’hypnose ne servira à rien. Mais ça, c’est une question de maturité, pas d’intelligence.
Si vous lisez cet article, il y a des chances que vous vous posiez la question. Peut-être que vous êtes comme Marc, l’ingénieur insomniaque. Peut-être que vous avez un esprit critique très développé, et que l’idée de vous laisser aller vous fait peur. Peut-être que vous avez essayé la thérapie classique, la méditation, les livres de développement personnel, et que vous butez sur un mur.
Voici ce que je vous propose. Ne vous demandez pas si vous êtes « assez naïf » ou « assez intelligent » pour l’hypnose. Demandez-vous plutôt : « Est-ce que je suis prêt à essayer quelque chose de différent ? » Parce que l’hypnose, c’est ça : une autre voie. Une voie qui ne passe pas par la raison, mais par l’expérience. Une voie qui ne cherche pas à vous convaincre, mais à vous libérer.
Vous n’avez pas besoin de croire en l’hypnose pour qu’elle marche. Vous avez juste besoin d’être curieux. Et ça, c’est à la portée de tout le monde, quel que soit votre QI. La curiosité est une forme d’intelligence bien plus puissante que la crédulité. Elle vous ouvre des portes que la raison, seule, laisse fermées.
« L’hypnose ne vous demande pas d’abandonner votre esprit critique. Elle vous demande juste de le mettre en veille pendant une heure, le temps d’explorer un territoire que vous ne connaissez pas. Vous pourrez toujours le réactiver après. »
Je ne vais pas vous dire que l’hypnose est la solution à tous vos problèmes. Ce serait malhonnête. Mais je peux vous dire qu’elle a aidé des centaines de personnes, des plus rationnelles aux plus intuitives, des plus sceptiques aux plus ouvertes. Et que le point commun entre elles, ce n’est pas la naïveté. C’est le courage de sortir de leur zone de confort mental.
Si vous êtes à Saintes ou dans les environs, si vous sentez que vous tournez en rond avec vos solutions habituelles, si vous avez envie de tenter une expérience différente, je vous propose qu’on se rencontre. Pas pour vous convaincre. Juste pour qu’on discute, qu’on voie si ce que je propose peut vous correspondre. Il n’y a aucun engagement. Juste une conversation entre deux adultes qui cherchent à comprendre comment alléger un peu le poids de la vie.
Vous n’avez rien à perdre, si ce n’est un préjugé. Et peut-être que, comme Marc, vous découvrirez que votre intelligence n’est pas un obstacle, mais un tremplin. Il suffit parfois d’un petit pas de côté pour voir les choses autrement.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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