3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comment les découvertes historiques soignent encore vos peurs aujourd'hui.
Vous êtes affalé sur votre canapé, le regard dans le vide, le cœur qui pompe un peu trop fort pour une simple soirée tranquille. Votre tête tourne. Pas physiquement, mais dans le sens où elle ne s’arrête jamais. « Et si mon patron avait lu ce mail d’une mauvaise façon ? Et si ce que j’ai ressenti tout à l’heure était le signe de quelque chose de grave ? Et si… » Ces questions tournent en boucle, comme un disque rayé que personne ne vient arrêter.
Ce scénario, je le vois presque chaque jour dans mon cabinet à Saintes. Des hommes et des femmes qui viennent me voir, épuisés par cette tension intérieure qu’ils ne parviennent pas à dissiper. L’anxiété, cette compagne invisible, s’est installée sans invitation. Et vous cherchez une solution qui ne soit pas une simple pilule ou un nouveau conseil de respiration que vous oublierez demain matin.
C’est là que l’hypnose entre en scène. Mais attention : je ne parle pas d’une mode New Age ou d’un tour de passe-passe. Je parle d’une pratique qui a traversé deux siècles d’histoire, qui a été testée, formalisée, et qui aujourd’hui encore, dans mon cabinet, offre un chemin pour apaiser vos peurs. Alors, comment une technique vieille de 200 ans peut-elle encore vous aider aujourd’hui ?
Pour comprendre comment l’hypnose peut calmer votre anxiété, il faut faire un saut dans le temps. Pas très loin : juste au 18ème siècle. L’histoire officielle commence souvent avec Franz Anton Mesmer, un médecin allemand. À l’époque, Mesmer croyait à une force invisible, une sorte de magnétisme animal, qui circulait entre les astres et les corps. Il traitait ses patients en les faisant s’asseoir autour d’un baquet rempli d’eau et de limaille de fer, les reliant par des cordes. Les gens entraient en transe, leurs crises d’hystérie (ce qu’on appelait alors un trouble nerveux) semblaient se dissiper.
C’était spectaculaire, mais c’était aussi un peu du charlatanisme. Mesmer avait un don pour le spectacle, mais sa théorie tenait plus de la croyance que de la science. Pourtant, un médecin écossais, James Braid, a repris le flambeau au 19ème siècle. Lui, il n’était pas intéressé par le magnétisme. Il a observé que l’état dans lequel entraient les patients n’avait rien de mystique. Il a même donné un nom à ce phénomène : l’hypnose, du grec hypnos, le sommeil. Sauf que ce n’est pas du sommeil. C’est un état de conscience modifié, une focalisation intense de l’attention.
Braid a compris que le pouvoir ne venait pas du praticien, mais du patient lui-même. C’est une révolution. L’hypnose n’est pas un pouvoir qu’on exerce sur vous. C’est une capacité que vous possédez déjà. Vous l’utilisez tous les jours, d’ailleurs. Quand vous êtes absorbé par un bon film, que vous oubliez l’heure, ou que vous conduirez sur une route familière sans vous souvenir du trajet, vous êtes dans un état hypnotique léger. L’anxiété, elle, vous plonge aussi dans un état de conscience modifié : celui de la vigilance constante, de la peur anticipée.
« L’hypnose n’est pas un pouvoir qu’on exerce sur vous. C’est une capacité que vous possédez déjà. Vous l’utilisez tous les jours, sans le savoir. »
L’histoire de l’hypnose, c’est donc l’histoire d’un passage de la magie à la mécanique. On a arrêté de croire aux fluides invisibles pour comprendre qu’il s’agissait d’un phénomène psychologique naturel. Et c’est cette mécanique que nous utilisons aujourd’hui pour désamorcer les circuits de l’anxiété.
Revenons à votre canapé. Votre anxiété n’est pas un défaut de caractère. C’est un mécanisme de survie qui a déraillé. Votre cerveau, pour vous protéger, a appris à anticiper le danger. Le problème, c’est qu’il anticipe des dangers qui n’existent pas. Un regard en travers au travail devient une menace de licenciement. Une palpitation devient une crise cardiaque. Votre cerveau limbique, cette partie ancienne et émotionnelle de votre cerveau, prend le contrôle. Il active le système nerveux sympathique : accélération du rythme cardiaque, respiration courte, muscles tendus. Vous êtes prêt à fuir ou à combattre.
Mais il n’y a rien à fuir. Alors votre cerveau cognitif, le cortex préfrontal, essaie de reprendre la main. Il se met à analyser, à rationaliser, à chercher des solutions. « Si je fais ça, alors ça ira. » « Si j’évite cette situation, je serai tranquille. » Mais cette analyse tourne en boucle, parce que votre cerveau émotionnel est trop fort. C’est comme deux conducteurs dans la même voiture : l’un appuie à fond sur l’accélérateur (l’anxiété), l’autre freine (la raison). Résultat : vous êtes bloqué, épuisé, et l’anxiété ne part pas.
L’hypnose, telle que je la pratique (l’hypnose ericksonienne, du nom de Milton Erickson, un psychiatre américain du 20ème siècle), ne cherche pas à faire taire la partie anxieuse. Elle ne vous dit pas « arrête de penser à ça ». Elle fait autre chose : elle crée un espace de distraction. Erickson avait compris que le changement ne vient pas par la force, mais par la ruse. Il utilisait des histoires, des métaphores, des suggestions indirectes pour parler à l’inconscient.
Quand vous êtes en état d’hypnose, vous êtes concentré, mais pas sur vos pensées anxieuses. Vous êtes concentré sur une sensation, une image, une idée. Votre attention est tellement focalisée que le mental critique, celui qui analyse et qui s’inquiète, se met en veille. C’est ce qu’on appelle la « dissociation ». Vous êtes à la fois présent et ailleurs. Dans cet état, votre cerveau est plus réceptif aux nouvelles informations. On peut lui proposer une autre façon de réagir. On peut lui apprendre que le danger n’est pas réel, ou que vous avez des ressources pour y faire face.
Je vois souvent dans mon cabinet des personnes qui ont tout essayé : la méditation, la cohérence cardiaque, les médicaments. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer vos souvenirs ou vous faire perdre le contrôle. Mais elle va vous donner un outil pour contourner le pilote automatique anxieux.
Vous avez peut-être déjà entendu parler de l’IFS (Internal Family Systems), que j’utilise beaucoup dans mon accompagnement. C’est un modèle qui s’accorde parfaitement avec l’hypnose ericksonienne. L’IFS part d’un principe simple : votre esprit n’est pas une seule entité. Il est composé de plusieurs « parties ». Vous avez une partie qui veut être parfaite, une partie qui veut tout contrôler, une partie qui a peur, et une partie qui est curieuse.
L’anxiété, dans ce modèle, n’est pas un monstre à abattre. C’est une partie de vous qui a pris un rôle trop grand, parce qu’elle a peur. Elle est comme un vigile zélé qui crie « au feu ! » pour une simple fumée de barbecue. Elle a été activée pour vous protéger, souvent à la suite d’un événement passé. Peut-être que quand vous étiez enfant, vous avez vécu une situation où vous n’aviez aucun contrôle. Pour survivre, une partie de vous a décidé de devenir hypervigilante. Aujourd’hui, cette partie continue son travail, même si le danger n’est plus là.
L’hypnose est un outil formidable pour entrer en contact avec ces parties. En état de conscience modifié, vous pouvez dialoguer avec votre anxiété. Je ne vous demande pas de la chasser. Je vous invite à l’écouter. « Qu’est-ce que tu veux pour moi ? De quoi as-tu peur ? » Et souvent, la réponse est surprenante. La partie anxieuse ne veut pas vous faire souffrir. Elle veut vous garder en vie, vous protéger de l’échec, du rejet, de la honte. Elle est épuisée, mais elle continue.
Avec l’IFS et l’hypnose, on ne force pas cette partie à se taire. On la remercie. On reconnaît son travail. Et ensuite, on lui montre qu’elle peut prendre du recul. Que l’adulte d’aujourd’hui a d’autres ressources. Que vous n’êtes plus cet enfant vulnérable. C’est un processus de guérison puissant, parce qu’il ne crée pas de conflit intérieur. Vous ne vous battez pas contre vous-même. Vous vous accueillez.
« L’anxiété n’est pas un monstre à abattre. C’est une partie de vous qui a pris un rôle trop grand, parce qu’elle a peur. »
Cette approche change tout. Au lieu de dire « je suis anxieux, c’est mauvais », vous pouvez dire « une partie de moi est anxieuse, et je peux l’aider à se calmer ». C’est un changement de posture qui, à lui seul, réduit la tension.
Voici un paradoxe que j’observe souvent chez les personnes anxieuses. Vous vous dites : « Je dois me détendre. Je vais faire des exercices de respiration. Je vais méditer. » Et plus vous essayez, plus vous vous tendez. Parce que vous mettez la barre haute. Vous voulez atteindre un état de sérénité parfait, et l’échec à l’atteindre renforce votre sentiment d’impuissance. « Je suis nul, je n’arrive même pas à me détendre. »
L’hypnose fonctionne sur un principe inverse. Elle ne vous demande pas de faire un effort. Elle vous demande de laisser faire. Milton Erickson disait : « Vous ne pouvez pas forcer une personne à entrer en hypnose. Vous pouvez seulement lui donner la permission de le faire. » L’état hypnotique est un état de réceptivité, pas d’action. C’est un lâcher-prise.
Quand je vous accompagne, je ne vous dis pas « détendez-vous ». Je vous raconte une histoire. Je vous parle de la sensation de vos pieds sur le sol, du bruit de ma voix. Je vous invite à observer, pas à contrôler. Votre mental, qui est habitué à tout gérer, n’a soudain plus de travail. Il peut se poser. C’est un peu comme si vous arrêtiez de courir après un bus que vous avez raté. Vous vous asseyez sur un banc, vous respirez, et vous attendez le suivant. L’anxiété, c’est courir après le bus. L’hypnose, c’est s’asseoir sur le banc.
Ce n’est pas une fuite. C’est une trêve. Dans cette trêve, votre système nerveux peut enfin se réinitialiser. Le système parasympathique (le frein) peut prendre le relais. Votre rythme cardiaque ralentit, votre digestion s’active, vos muscles se relâchent. Vous n’avez rien fait pour cela. Vous avez juste permis à votre corps de faire ce qu’il sait faire : revenir à l’équilibre.
Et c’est là que la magie opère. Dans cet état de calme, votre cerveau est plus ouvert aux suggestions. On peut lui proposer d’associer un déclencheur d’anxiété (une situation, une pensée) à une réponse de calme. On peut lui apprendre à reconnaître les premiers signes de l’anxiété et à déclencher un réflexe de relaxation. C’est un apprentissage, comme le vélo. Une fois que votre cerveau l’a intégré, il le fait tout seul.
Vous vous demandez peut-être : « Comment ça se passe concrètement ? » Je vais vous décrire une séance typique dans mon cabinet à Saintes, pour que vous puissiez vous projeter.
Vous arrivez. On discute. Pas de blouse blanche, pas de diagnostic froid. On parle de vous, de ce que vous vivez, de ce que vous souhaitez. On fixe un objectif. Pas un objectif vague comme « ne plus être anxieux », mais quelque chose de concret. « Je veux pouvoir prendre la parole en réunion sans que mon cœur s’emballe. » « Je veux arrêter de me réveiller à 3 heures du matin avec des idées noires. »
Ensuite, on commence la séance d’hypnose. Vous êtes confortablement installé dans un fauteuil. Je vous guide. Ma voix devient un support. Je vous parle de la sensation de l’air sur votre peau, du rythme de votre respiration. Vous pouvez fermer les yeux. Je ne vous endors pas. Je vous accompagne vers un état de concentration intérieure. Certaines personnes ressentent une lourdeur, d’autres une légèreté, d’autres encore ne ressentent rien de particulier. Ce n’est pas grave. Chaque expérience est juste.
Pendant que vous êtes dans cet état, je propose des suggestions. Je raconte une métaphore qui parle à votre inconscient. Par exemple, je peux vous parler d’un fleuve qui coule, et de la manière dont il contourne les obstacles. Ou d’un jardinier qui taille un arbre pour qu’il pousse plus droit. Ces histoires ne sont pas des recettes toutes faites. Elles sont adaptées à votre situation, à votre langage, à vos images intérieures.
La séance dure environ une heure. Quand vous ouvrez les yeux, vous êtes étonné. Vous avez l’impression d’avoir fait une sieste, mais vous êtes plus alerte. Vous vous sentez plus léger. Pas magiquement guéri, mais différent. Comme si un nœud s’était desserré. Ce n’est pas la fin du chemin, c’est le début. L’hypnose est un processus. Il faut parfois plusieurs séances pour installer de nouveaux réflexes.
« L’hypnose ne vous enlève pas votre anxiété. Elle vous apprend à l’écouter, à la comprendre, et à lui dire : ‘Merci, mais je peux gérer maintenant.’ »
Ce que beaucoup de personnes me disent après une séance, c’est : « Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais je me sens mieux. » C’est normal. Une grande partie du travail se fait en dehors de votre conscience. Votre inconscient a intégré de nouvelles ressources. Il les utilisera quand vous en aurez besoin.
Vous n’avez pas besoin d’attendre une séance pour commencer à expérimenter. Voici une technique simple, issue de l’hypnose ericksonienne, que vous pouvez essayer chez vous. Elle s’appelle « l’ancre de calme ».
Quand vous sentez l’anxiété monter, faites ce geste. Au début, cela ne fonctionnera peut-être pas. C’est normal. C’est comme un muscle. Vous devez l’entraîner. Mais avec un peu de pratique, ce simple geste pourra déclencher un réflexe de calme en vous
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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