3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Démêlez le vrai du faux sur l'état de conscience hypnotique.
« Vous allez vous détendre… vous sentez vos paupières devenir lourdes… vous dormez profondément… » Si cette image vous traverse l’esprit quand vous pensez à l’hypnose, vous n’êtes pas seul·e. Combien de fois, lors d’une première consultation, on me dit : « Je viens vous voir, mais j’ai peur de perdre le contrôle, de ne plus pouvoir m’arrêter, de me réveiller ailleurs ou de faire des choses contre ma volonté. » Une infirmière de 42 ans, que j’appellerai Sophie, est venue me voir avec cette même angoisse. Elle fumait un paquet par jour depuis vingt ans, mais ce qui la terrifiait, ce n’était pas la cigarette. C’était l’idée qu’en séance, elle deviendrait une sorte de zombie, incapable de dire non, prisonnière d’un état second. Elle avait vu des shows télévisés, lu des articles alarmistes, et pour elle, l’hypnose rimait avec soumission totale.
Je comprends cette peur. Elle est légitime. Dans un monde où l’on nous apprend à tout maîtriser – notre emploi du temps, nos émotions, notre image –, l’idée de lâcher prise volontairement peut sembler une menace. Pourtant, je vais vous dire une vérité qui va peut-être vous surprendre : l’hypnose ericksonienne, celle que je pratique depuis plus de dix ans à Saintes, ne vous endort pas. Elle ne vous vole pas votre contrôle. Elle vous apprend à le déployer autrement. Vous n’allez pas perdre la tête. Vous allez la retrouver.
Alors, démêlons le vrai du faux. Qu’est-ce que cet état de conscience hypnotique ? Est-ce une forme de sommeil, une faille dans votre volonté, ou un outil de précision pour reprendre le pouvoir sur votre vie ?
Commençons par une question simple : quand vous êtes en hypnose, êtes-vous endormi·e ? La réponse est non, catégoriquement. Si je devais décrire l’état hypnotique avec des mots justes, je dirais qu’il s’apparente davantage à une hyper-conscience focalisée qu’à un sommeil profond. Imaginez que vous êtes plongé·e dans un film captivant, ou que vous lisez un roman passionnant au point d’en oublier le temps qui passe. Vous êtes toujours là, assis·e sur votre chaise, mais votre attention s’est resserrée sur un point précis. Vous n’avez pas perdu connaissance. Vous avez simplement mis de côté les bruits parasites – le frigo qui ronronne, la circulation dehors, la liste de courses mentale – pour vous concentrer sur une expérience intérieure.
En hypnose ericksonienne, on appelle cela un état de « transe ». Ce terme peut faire peur, mais il désigne un phénomène tout à fait naturel, que vous vivez plusieurs fois par jour sans même vous en rendre compte. Par exemple, quand vous conduisez sur une route familière et que vous réalisez soudain que vous êtes arrivé·e sans vous souvenir du trajet. Ou quand vous êtes en train de rêvasser sous la douche. Votre cerveau n’est pas éteint – il est même plus actif dans certaines zones, notamment celles liées à l’imagination et aux émotions. Des études en neuro-imagerie, comme celles menées par le Dr. David Spiegel à Stanford, montrent que l’hypnose modifie l’activité du cortex cingulaire antérieur, une région impliquée dans la perception et la régulation de l’attention. Résultat : vous n’êtes pas en sommeil, vous êtes en « éveil modifié », avec une capacité accrue à vous connecter à vos ressources internes.
Sophie, l’infirmière dont je parlais, a vécu cela. Lors de notre première séance, elle a gardé les yeux fermés, mais elle a pu répondre à mes questions, bouger une main si elle le souhaitait, et surtout, elle se souvenait de tout à la fin. Elle m’a dit : « Je pensais que j’allais flotter dans un nuage, mais en fait, j’étais hyper présente. Je n’ai jamais été aussi lucide sur ce que je ressentais. » Cette lucidité, c’est la clé. L’hypnose ne vous endort pas. Elle vous réveille à des parties de vous-même que vous aviez négligées.
Point clé : L’état hypnotique n’est pas un sommeil. C’est un état d’attention concentrée, comparable à une rêverie éveillée. Vous restez conscient·e de ce qui se passe, même si votre focus se déplace vers l’intérieur.
La peur de perdre le contrôle est probablement l’obstacle numéro un que je rencontre en consultation. « Et si je dis ou fais quelque chose que je regrette ? » « Et si je ne peux plus revenir ? » « Et si l’hypnothérapeute prend le pouvoir sur moi ? » Ces questions sont saines. Elles montrent que vous avez un système d’auto-protection bien rodé. Mais je vais être clair : en hypnose ericksonienne, vous ne perdez jamais le contrôle. Vous le distribuez différemment.
Pour comprendre, prenons une analogie. Imaginez que votre esprit est comme un projecteur de cinéma. D’habitude, ce projecteur balaie une large salle : vos pensées, vos soucis, votre environnement. C’est la conscience ordinaire. En hypnose, vous décidez de réduire le faisceau sur un seul écran – celui de votre expérience intérieure. Vous êtes toujours celui ou celle qui tient la télécommande. Vous pouvez à tout moment éteindre le projecteur, changer de film, ou revenir à la lumière du jour. Le praticien n’est pas un metteur en scène qui vous impose un scénario. Il est un guide qui vous accompagne, mais vous restez l’acteur principal.
Concrètement, que se passe-t-il en séance ? Je ne vous dirai jamais : « Vous allez faire ceci ou cela contre votre gré. » Mon rôle est de créer un espace sécurisé où vous pouvez explorer vos propres ressources. Si à un moment vous vous sentez mal à l’aise, vous pouvez ouvrir les yeux, bouger, parler, ou tout simplement dire « stop ». C’est votre droit le plus absolu. D’ailleurs, l’état de transe est un état critique : vous êtes plus vigilant·e qu’en temps normal aux suggestions qui ne correspondent pas à vos valeurs. Votre inconscient, cette partie de vous qui gère votre respiration, votre digestion et vos automatismes, agit comme un filtre. Il n’accepte que ce qui est bon pour vous.
J’ai eu un patient, un commercial de 38 ans, qui venait pour gérer son anxiété sociale. Lors de la première séance, il a eu une montée de stress et a ouvert les yeux brusquement. « Je n’y arrive pas, j’ai peur de me perdre », m’a-t-il dit. Je lui ai simplement répondu : « Vous venez de prouver que vous avez le contrôle. Vous avez interrompu la séance. C’est vous qui décidez. » Cette simple phrase a changé sa perception. Il a compris que l’hypnose n’était pas un piège, mais un outil qu’il pouvait utiliser à son rythme. La séance suivante, il a pu aller plus loin, parce qu’il savait qu’il pouvait en sortir à tout moment.
Alors, non, vous ne perdrez pas le contrôle. Vous allez juste apprendre à le relâcher un peu, comme on desserre un poing trop serré, pour laisser circuler l’énergie. Et c’est précisément ce lâcher-prise qui vous permet de retrouver une maîtrise plus profonde sur vos émotions, vos habitudes, vos réactions.
Cette question revient souvent, surtout après avoir vu des hypnoses de spectacle où des volontaires semblent obéir à des ordres ridicules – aboyer comme un chien, chanter une chanson, oublier leur prénom. Ces démonstrations sont spectaculaires, mais elles n’ont rien à voir avec l’hypnose thérapeutique. D’abord, dans un show, les participants sont sélectionnés pour leur suggestibilité élevée et leur désir de jouer le jeu. Ensuite, ils restent conscients de ce qu’ils font – ils acceptent implicitement de participer à un numéro. Ce n’est pas de la manipulation, c’est du consentement social déguisé en performance.
En thérapie, la relation est tout autre. L’hypnose ericksonienne repose sur une alliance thérapeutique solide. Le praticien ne cherche pas à vous « faire faire » quelque chose. Il cherche à vous aider à découvrir vos propres solutions. Milton Erickson, le père de cette approche, disait que chaque personne possède en elle les ressources nécessaires pour guérir. L’hypnose n’est qu’un moyen de débloquer l’accès à ces ressources. Vous n’êtes pas un objet passif. Vous êtes un partenaire actif.
Prenons un exemple concret. Un footballeur que j’accompagne en préparation mentale avait du mal à gérer la pression avant les penalties. Il se sentait paralysé, comme si son corps ne lui appartenait plus. En séance, je ne lui ai pas « ordonné » de se détendre. Je l’ai guidé vers un état hypnotique où il a pu revivre mentalement un moment où il se sentait fort et confiant. Puis, il a intégré cette sensation dans son corps, à son rythme. À la fin, il m’a dit : « C’est moi qui ai trouvé la solution. Vous m’avez juste aidé à la voir. » C’est ça, l’hypnose thérapeutique : un accompagnement, pas une prise de pouvoir.
D’ailleurs, si l’hypnose était une manipulation efficace, les gouvernements l’utiliseraient massivement pour contrôler les foules. Ce n’est pas le cas. Pourquoi ? Parce que l’état hypnotique ne supprime pas votre libre arbitre. Il le réoriente. Vous pouvez toujours refuser une suggestion qui heurte vos valeurs profondes. Votre inconscient est un gardien fidèle, pas un esclave.
Moment fort : L’hypnose thérapeutique ne vous fait pas faire ce que vous ne voulez pas. Elle vous aide à faire ce que vous voulez vraiment, mais que vous n’arrivez pas à faire seul·e.
Si l’hypnose ne vous endort pas et ne vous manipule pas, à quoi sert-elle concrètement ? Elle sert à reprendre le pouvoir sur des comportements automatiques qui vous échappent. Vous savez, ces petites (ou grandes) choses que vous faites sans y penser, comme grignoter du stress, ruminer une inquiétude, ou éviter une situation sociale. Ces automatismes sont souvent pilotés par votre inconscient, cette partie de vous qui fonctionne en mode « pilote automatique ». Et le problème, c’est que ce pilote automatique a parfois été programmé dans le passé, par des expériences ou des croyances que vous n’avez pas choisies.
L’hypnose agit comme un « débogueur » mental. Elle vous permet de ralentir le flux de conscience, de plonger dans les coulisses de votre esprit, et de réécrire certains scripts. Par exemple, une personne qui fume depuis des années a associé la cigarette à la détente, à la pause, à la sociabilité. Ces associations sont ancrées dans l’inconscient. En état hypnotique, on peut accéder à ces connexions neuronales et les retravailler. Non pas en effaçant la mémoire, mais en créant de nouvelles associations plus utiles : la respiration profonde à la place de la cigarette, la marche à la place de la rumination.
Sophie, l’infirmière, a vécu cela. Après quelques séances, elle a réalisé que sa cigarette était devenue un « interrupteur émotionnel » pour gérer le stress des gardes de nuit. En hypnose, elle a retrouvé une sensation de calme intérieur qu’elle avait oubliée, celle qu’elle ressentait enfant en écoutant le bruit de la mer. Elle a pu associer ce calme à un geste simple – poser sa main sur son ventre – et remplacer la cigarette. Aujourd’hui, elle ne fume plus depuis deux ans. Elle dit : « Je n’ai pas lutté contre l’envie. J’ai juste retrouvé une autre envie, plus forte. » C’est ça, le pouvoir de l’hypnose : non pas combattre vos automatismes, mais en installer de nouveaux, plus alignés avec qui vous êtes vraiment.
Ce processus est actif. Vous n’êtes pas passif·ve. Vous participez, vous imaginez, vous ressentez. L’hypnose est un entraînement, pas un sommeil. C’est pourquoi je l’utilise aussi en préparation mentale sportive : pour aider les coureurs à gérer la douleur, à améliorer leur concentration, à visualiser la victoire. Ce n’est pas de la magie. C’est de la neuroplasticité appliquée.
Certains craignent que l’hypnose soit une fuite, une manière d’éviter les problèmes en se réfugiant dans un état second. Là encore, c’est une idée reçue. La transe hypnotique n’est pas une évasion de la réalité. C’est une confrontation douce et sécurisée avec elle. En hypnose, vous ne fuyez pas votre anxiété, vous la regardez en face, mais avec un nouveau regard. Vous explorez les racines de votre souffrance, mais depuis un lieu de sécurité intérieure.
Prenons l’exemple d’une personne qui souffre de phobie des araignées. En état hypnotique, elle peut visualiser une araignée à distance, puis s’en approcher progressivement, tout en restant connectée à une ressource de calme (comme une plage imaginaire). Elle ne fuit pas l’objet de sa peur. Elle l’apprivoise. Elle redéfinit sa relation avec lui. À la fin, elle n’a plus besoin de l’hypnose pour affronter une araignée dans sa cave. Elle a intégré une nouvelle compétence.
C’est pourquoi je dis souvent que l’hypnose est un outil d’autonomie. Elle ne crée pas de dépendance au praticien. Elle vous donne des clés pour devenir votre propre thérapeute. Après quelques séances, vous pouvez utiliser des techniques d’auto-hypnose pour gérer un coup de stress, une insomnie, ou une envie soudaine. Vous reprenez le contrôle sur votre vie, pas en le verrouillant, mais en apprenant à danser avec les imprévus.
Je veux être honnête avec vous, comme je le suis avec chaque personne qui franchit la porte de mon cabinet à Saintes. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne fonctionne pas si vous n’êtes pas prêt·e à vous engager. Elle ne remplace pas un diagnostic médical ou psychiatrique. Si vous avez une dépression sévère, un trouble bipolaire ou des idées suicidaires, l’hypnose peut être un complément, mais pas un traitement unique. Elle ne vous fera pas oublier des traumatismes sans un travail d’accompagnement solide. Et elle ne transformera pas votre vie en un claquement de doigts.
Mais ce qu’elle fait, c’est ouvrir une porte. Une porte vers une meilleure connaissance de vous-même, vers des ressources que vous ignoriez avoir, vers une flexibilité mentale qui vous permet de sortir des boucles répétitives. Elle vous donne une méthode pour dialoguer avec votre inconscient, ce vaste réservoir de créativité et de sagesse. Et ça, c’est immense.
Point clé : L’hypnose ne résout pas tout, mais elle crée les conditions pour que vous résolviez ce qui vous bloque.
Si vous lisez ces lignes, c’est peut-être parce que, comme Sophie, comme le commercial anxieux, comme le footballeur, vous ressentez une part de vous qui voudrait changer, mais qui bute sur une peur : celle de perdre le contrôle. Je vous invite à considérer cette peur non pas comme un obstacle, mais comme un signal. Un signal que vous tenez à votre autonomie, et c’est une force. L’hypnose ne vous la volera pas. Elle vous apprendra à l’exercer avec plus de finesse.
Alors, que pouvez-vous faire maintenant ? Pas besoin de prendre rendez-vous tout de suite si vous n’êtes pas prêt·e. Commencez par une petite expérience. Ce soir, avant de vous endormir, asseyez-vous confortablement, fermez les yeux, et portez votre attention sur votre respiration pendant une minute. Laissez vos pensées défiler sans les juger. Si
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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