3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Les causes profondes de la résistance et comment les dépasser.
Tu es là, allongé confortablement dans mon fauteuil, les yeux fermés. Tu es venu me voir parce que tu veux arrêter de fumer, ou peut-être parce que tu as du mal à gérer ton stress au travail. Tu as entendu dire que l’hypnose pouvait t’aider, et tu es curieux, mais aussi un peu sceptique. Je te guide dans une première induction, je te parle de détente, de lâcher-prise, de laisser venir les images. Et là, je sens quelque chose. Une tension subtile. Un petit rire nerveux. Une question qui flotte dans l’air : « Et si ça ne marchait pas ? » Ou pire : « Et si je n’étais pas hypnotisable ? »
Je vois ça souvent. Très souvent même. Et je veux te rassurer tout de suite : cette résistance, ce petit frein intérieur, ce n’est pas un échec. Ce n’est pas un signe que tu es « trop rationnel » ou « trop fermé ». C’est juste une partie de toi qui essaie de te protéger, de garder le contrôle, de faire les choses « bien ». Et c’est précisément là que commence le travail le plus intéressant.
Dans cet article, je vais t’expliquer pourquoi certaines personnes résistent à l’hypnose ericksonienne. Pas pour te décourager, mais pour que tu comprennes que cette résistance est non seulement normale, mais qu’elle peut devenir ton meilleur allié. On va parler des causes profondes, des mécanismes qui se cachent derrière ce blocage, et surtout, des manières de les dépasser, une étape à la fois.
Commençons par une évidence : la résistance, en hypnose, ce n’est pas un mur infranchissable. C’est plutôt une porte qui grince, qui résiste un peu à l’ouverture. Dans ma pratique à Saintes, je rencontre des personnes qui arrivent avec une idée très précise de ce que l’hypnose « devrait » être. Elles ont vu des shows télévisés, des vidéos où quelqu’un claque des doigts et l’autre tombe en transe comme une marionnette. Alors, quand je leur propose une approche plus douce, plus indirecte, plus ericksonienne, leur esprit critique se met en alerte.
Milton Erickson, le père de cette approche, disait que la résistance est une forme de communication. Elle n’est pas un obstacle à contourner, mais un message à écouter. Quand une partie de toi résiste, elle te dit peut-être : « Je ne suis pas en sécurité », « Je ne comprends pas ce qui se passe », ou « J’ai besoin de garder le contrôle pour ne pas me perdre ». Et c’est tout à fait légitime.
Prenons un exemple. Je reçois un jour un homme d’une cinquantaine d’années, cadre dans une entreprise, venu pour des problèmes d’insomnie. Dès les premières minutes, il me dit : « Je suis très cartésien, docteur. Je ne crois pas aux trucs ésotériques. » Il croise les bras, le regard méfiant. Je lui souris. Je ne cherche pas à le convaincre. Je lui dis simplement : « C’est parfait. Votre esprit critique est un super outil. On va l’utiliser. » Et on commence par une induction qui n’en a pas l’air : je lui parle de son bureau, de sa chaise, de la façon dont il respire quand il est concentré. Au bout de vingt minutes, il est en transe, sans même s’en rendre compte.
Cette histoire illustre un point clé : la résistance n’est pas un défaut. C’est une réaction naturelle face à l’inconnu. Et plus tu es intelligent, plus tu as l’habitude de tout contrôler dans ta vie, plus cette résistance peut être forte. Mais ce n’est pas une fatalité.
Si tu ressens une résistance, ce n’est pas parce que tu es « borné » ou « trop rationnel ». C’est parce que plusieurs mécanismes opèrent en toi, souvent à ton insu. Laisse-moi t’en détailler quelques-uns.
1. La peur de perdre le contrôle C’est la cause la plus fréquente. L’hypnose, dans l’imaginaire collectif, est associée à une perte de contrôle : on pourrait te faire faire n’importe quoi, révéler tes secrets, ou pire, te laisser « bloqué » en transe. C’est faux, bien sûr. En hypnose ericksonienne, tu restes toujours aux commandes. Tu peux ouvrir les yeux à tout moment, parler, bouger. Mais ton inconscient, lui, ne le sait pas. Il perçoit l’hypnose comme une menace potentielle pour ton autonomie. Alors il résiste.
2. Le besoin de faire « bien » Tu es peut-être perfectionniste. Tu veux être un « bon client », un « bon hypnotisé ». Tu te dis : « Il faut que je me détende, il faut que je laisse aller. » Et plus tu forces, plus tu te tends. C’est un paradoxe que je vois tous les jours. La résistance, ici, est une forme de zèle mal placé. Tu veux tellement réussir que tu échoues. Je le dis souvent à mes patients : « L’hypnose, ça ne se fait pas. Ça se laisse arriver. »
3. Le manque de familiarité avec l’état modifié de conscience Pour beaucoup, l’hypnose est un territoire inconnu. Tu ne sais pas à quoi ça ressemble. On te dit que ce sera comme « être entre sommeil et éveil », mais ça ne te parle pas. Alors, quand tu commences à ressentir des sensations inhabituelles – lourdeur, légèreté, distorsion du temps – ton esprit critique s’affole. Il interprète cela comme un danger. Et il résiste pour te ramener à un état plus familier, plus « normal ».
4. Les croyances limitantes Certaines personnes arrivent avec des idées préconçues : « Je ne suis pas hypnotisable », « Il faut avoir un esprit faible », « C’est réservé aux gens créatifs ». Ces croyances, souvent héritées de l’enfance ou de lectures mal interprétées, agissent comme des verrous inconscients. Tant qu’elles ne sont pas adressées, la résistance reste active.
5. Le conflit entre les parties de toi C’est là que l’IFS (Internal Family Systems) que j’utilise souvent entre en jeu. Imagine que tu as en toi plusieurs « parties » : une partie qui veut arrêter de fumer, une autre qui aime la cigarette parce qu’elle t’apaise, une autre encore qui craint le changement. La résistance peut venir de cette partie protectrice qui ne veut pas que tu changes trop vite. Elle a de bonnes raisons, même si elles sont inconscientes.
Ce qui distingue l’hypnose ericksonienne de l’hypnose classique, c’est sa souplesse. Erickson n’a jamais cherché à briser la résistance. Il l’a utilisée. Il disait : « La résistance est une ressource. » Concrètement, ça veut dire quoi ?
Quand je sens qu’une personne résiste, je ne force pas. Je ne répète pas « détendez-vous » plus fort. Je fais le contraire. Je valide la résistance. Je peux dire : « Et vous pouvez même continuer à résister, à garder une partie de vous en éveil, à vérifier que tout va bien. C’est parfaitement normal. » En faisant cela, je désamorce le conflit. La partie qui résistait n’a plus besoin de se battre. Elle peut se détendre.
Un exemple concret. Une jeune femme vient me voir pour une phobie des araignées. Elle est très tendue, presque en hyperventilation. Je lui propose une induction classique, mais elle n’arrive pas à fermer les yeux complètement, elle les entrouvre, elle vérifie. Je lui dis : « C’est bien, gardez les yeux ouverts si vous voulez. Vous pouvez même regarder autour de vous. Et en même temps, vous pouvez laisser une partie de votre attention se porter sur votre respiration. » Elle suit. Progressivement, ses paupières s’alourdissent. Elle entre en transe. La résistance n’a pas été combattue, elle a été intégrée.
C’est là toute la force de l’approche ericksonienne. On ne dit pas « non » à la résistance. On dit « oui, et… ». On l’invite à danser avec nous.
« La résistance n’est pas un obstacle, c’est une boussole. Elle indique où se trouve la porte de sortie. » — Milton Erickson (adapté)
Tu te demandes peut-être comment, concrètement, on fait pour dépasser cette résistance. Voici quelques pistes, que j’utilise quotidiennement avec mes patients, et que tu peux aussi expérimenter si tu prépares une séance pour toi-même.
1. Accepter la résistance comme une alliée La première étape, c’est de changer ton regard sur elle. Au lieu de te dire « Je résiste, c’est nul », essaye de te dire « Ah, une partie de moi a besoin de sécurité. Je vais l’écouter ». Cette simple reformulation change tout. Elle crée un espace de compassion intérieure. En séance, je peux te demander : « Où est-ce que tu sens cette résistance dans ton corps ? Est-ce qu’elle a une forme, une couleur ? » En l’objectivant, tu lui enlèves son pouvoir.
2. Utiliser la confusion à bon escient Erickson était un maître de la confusion. Parfois, il racontait des histoires apparemment sans queue ni tête, ou il utilisait des double-sens. Pourquoi ? Parce que quand ton esprit conscient est un peu perdu, ton inconscient en profite pour s’ouvrir. Je ne le fais pas de manière artificielle, mais je peux te parler de choses qui n’ont pas de lien direct avec ton problème, tout en y faisant allusion indirectement. Exemple : si tu veux arrêter de fumer, je peux te parler de quelqu’un qui a appris à faire du vélo sans les roulettes, et comment il a dû lâcher prise pour trouver son équilibre. Ton conscient n’a pas de prise là-dessus, mais ton inconscient capte le message.
3. Donner des permissions explicites Je dis souvent : « Vous avez le droit de ne pas entrer en transe. Vous avez le droit de rester en pleine conscience. Vous avez le droit de penser à autre chose. » Ces permissions enlèvent la pression. Et paradoxalement, c’est quand on te donne la permission de ne pas changer que le changement peut arriver. C’est le principe de la prescription du symptôme : je te demande de faire ce que tu fais déjà, mais de manière intentionnelle. Cela te redonne du pouvoir.
4. Travailler avec les parties Si la résistance persiste, je peux proposer un dialogue direct avec cette partie. En IFS, on appelle ça « le protecteur ». Je peux te guider : « Est-ce que tu peux te tourner vers cette partie qui résiste ? Demande-lui ce qu’elle craint. Qu’est-ce qui se passerait si elle laissait faire ? » Très souvent, la réponse est surprenante : « J’ai peur que tu changes trop vite et que tu perdes des amis », ou « J’ai peur que tu deviennes quelqu’un d’autre ». Une fois que la peur est entendue, la résistance se dissout.
5. Utiliser l’humour et la métaphore L’hypnose ericksonienne est pleine d’histoires. Les métaphores parlent directement à l’inconscient, sans passer par le filtre du jugement. Je peux te raconter l’histoire d’un jardinier qui a essayé de forcer une graine à pousser en tirant dessus, et qui a tout cassé. Puis qui a compris qu’il fallait juste l’arroser et attendre. Ce genre d’image fait son chemin toute seule.
Au-delà de la séance, la résistance est un formidable outil de connaissance de soi. Elle te révèle où sont tes peurs, tes attachements, tes stratégies de survie. Quand tu résistes à l’hypnose, tu résistes peut-être aussi à d’autres choses dans ta vie : à lâcher prise dans une relation, à changer de travail, à accepter une émotion difficile.
Je me souviens d’un patient, un sportif de haut niveau, qui venait pour améliorer sa concentration. Il était très performant, mais il avait un mental de compétiteur qui voulait tout contrôler. Il résistait à chaque induction. On a passé trois séances à juste parler de son sport, de ses rituels, de ses frustrations. Un jour, il m’a dit : « Je crois que j’ai compris. Je résiste parce que j’ai peur de ne pas être à la hauteur si je lâche prise. » Cette prise de conscience a été plus puissante que n’importe quelle transe. Il a appris à s’entraîner avec plus de fluidité, sans se juger.
La résistance est donc une messagère. Elle te dit : « Regarde ici, il y a quelque chose que tu n’as pas encore intégré. » En hypnose, on ne cherche pas à la faire taire. On lui tend le micro.
Parfois, malgré toutes ces astuces, la résistance reste forte. C’est normal. Cela peut signifier que la source est plus profonde, ou qu’elle est liée à un traumatisme, à une peur ancienne. Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à en parler ouvertement avec ton praticien. Un bon hypnothérapeute saura adapter son approche, ralentir le rythme, ou même utiliser d’autres outils comme l’EMDR ou la PNL.
Je te conseille aussi de ne pas rester seul avec cette frustration. La résistance n’est pas une honte. C’est un signal. Et comme tout signal, il mérite d’être écouté. Si tu sens que tu bloques, pose-toi les questions suivantes :
Ces questions, tu peux te les poser avant même de venir en séance. Tu peux les écrire dans un carnet. Tu verras, des réponses émergeront.
Je vais être honnête avec toi : l’hypnose ericksonienne n’est pas une baguette magique. Elle ne fonctionne pas si tu attends qu’on te « répare » passivement. Elle demande une participation active, une curiosité, une acceptation de ton propre fonctionnement. La résistance que tu ressens n’est pas un obstacle sur le chemin, elle est le chemin.
Chaque fois que tu sens cette tension, cette petite voix qui dit « oui mais », rappelle-toi qu’elle fait partie de toi, qu’elle a une intention positive. Et au lieu de la combattre, demande-lui : « Qu’est-ce que tu veux me dire ? » Tu seras surpris de la réponse.
Si tu es à Saintes ou dans les environs, et que tu te reconnais dans ce que je viens d’écrire, sache que je reçois dans mon cabinet pour des séances individuelles. On peut commencer par un premier échange, sans engagement, pour que tu voies si cette approche te parle. Tu n’es pas obligé d’être « hypnotisable » pour venir. Tu es juste invité à être toi-même, avec tes résistances, tes doutes, et ta volonté de changer.
Prends soin de toi. Et la prochaine fois que tu sentiras une résistance monter, souris-lui. Elle est peut-être en train de t’ouvrir une porte.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les indices d'un passé qui refait surface.
Des outils concrets pour des échanges plus sereins.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.