3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Redéfinissez ce qu'est vraiment la réceptivité à l'hypnose.
Un matin, je reçois un message d’Antoine, un triathlète que j’accompagne depuis quelques semaines. Il me dit : « Je ne suis pas assez suggestible. J’ai essayé de me concentrer sur ta voix, de faire les exercices, mais mon cerveau n’a pas “lâché”. Je pense que l’hypnose n’est pas faite pour moi. » Je lui réponds ceci : « Antoine, est-ce que tu as déjà été absorbé par un bon film au point d’oublier le temps ? Est-ce que tu as déjà conduit sur une route familière sans te souvenir du trajet ? » Il marque un temps, puis : « Oui, bien sûr. » Alors je lui dis : « Tu es suggestible. Tu as juste une idée fausse de ce que ça signifie. »
Cette conversation, je l’ai eue des dizaines de fois. Des gens intelligents, volontaires, habitués à contrôler leur vie, qui viennent me voir en disant : « Je veux bien essayer l’hypnose, mais je suis trop rationnel, je ne vais pas y arriver. » Ou pire : « Je n’ai pas assez de volonté pour me laisser aller. » C’est un malentendu profond. La suggestibilité n’a rien à voir avec la faiblesse de caractère ou un manque de discipline. Elle est une capacité naturelle, un talent que nous possédons tous, mais que nous avons parfois appris à museler.
Quand les gens pensent « suggestible », ils imaginent quelqu’un de crédule, influençable, sans volonté. Dans l’imaginaire collectif, une personne suggestible serait celle qu’on peut manipuler facilement, qui dit oui à tout, qui n’a pas de colonne vertébrale. C’est une vision héritée du XIXe siècle, des shows d’hypnose de foire où des spectateurs « faibles d’esprit » se mettaient à chanter comme des poules.
En réalité, la suggestibilité est un mécanisme neuropsychologique tout à fait normal. Elle désigne la capacité de notre cerveau à accepter une idée, une sensation ou un comportement sans passer par un filtre critique rigide. C’est ce qui vous permet de frissonner quand quelqu’un décrit une scène effrayante, d’avoir l’eau à la bouche en entendant parler d’un citron, ou de vous sentir fatigué après avoir vu quelqu’un bâiller. Ce n’est pas un défaut, c’est une fonction d’adaptation.
En hypnose ericksonienne, la suggestibilité n’est pas un trait fixe. Ce n’est pas « on l’a ou on ne l’a pas ». C’est une compétence qui peut être activée, développée, canalisée. Elle dépend de l’état de conscience dans lequel vous vous trouvez, de la relation avec le thérapeute, et du contexte. Un même individu peut être très suggestible dans un environnement sécurisé et fermé comme une salle de consultation, et totalement résistant dans un autre.
Je le vois tous les jours. Des cadres dirigeants, des sportifs de haut niveau, des mères de famille surchargées : ce sont souvent les personnes les plus « en contrôle » qui ont le plus de mal à laisser tomber cette armure. Mais ce n’est pas un défaut. C’est une protection qui a été utile. Le travail n’est pas de la briser, mais de l’assouplir.
Voilà le paradoxe central : plus vous voulez « bien faire », moins vous êtes suggestible. C’est contre-intuitif, mais c’est une vérité clinique. La volonté, c’est ce muscle qui vous permet de vous concentrer, de résister à la tentation, de tenir un objectif. C’est formidable pour passer un examen ou finir un marathon. Mais en hypnose, c’est un frein.
Imaginez que vous êtes au bord d’une piscine et que quelqu’un vous dit : « Ne pense surtout pas à un ours blanc. » Qu’est-ce qui se passe ? Vous pensez à un ours blanc. Plus vous essayez de ne pas y penser, plus l’image s’impose. C’est le travail du mental : quand on lui interdit quelque chose, il y va. En hypnose, c’est pareil. Plus vous essayez de « vous laisser aller », plus vous vous tendez. Plus vous voulez « être hypnotisé », plus vous analysez : « Est-ce que ça marche ? Suis-je en transe ? »
La volonté active le cortex préfrontal, la partie du cerveau qui analyse, planifie, juge. C’est le vigile qui dit : « Attention, danger, contrôle. » Or, pour entrer en état de suggestibilité, il faut justement calmer ce vigile. Pas le supprimer – il reste en veille, prêt à réagir si nécessaire – mais lui demander de baisser la garde un instant.
Je me souviens d’un patient, Philippe, un chef d’entreprise de 50 ans. Il venait pour des douleurs chroniques au dos. À chaque début de séance, il me disait : « Allez, je suis prêt, je vais me concentrer. » Il fermait les yeux, front plissé, mâchoire serrée. Et rien. Il sortait frustré : « Je n’y arrive pas. » Un jour, je lui ai proposé autre chose. Je lui ai dit : « Philippe, vous n’avez rien à faire. Vous n’avez pas à vous concentrer. Vous pouvez même vous dire que ça ne marchera pas. Laissez votre esprit vagabonder. » Il a souri, sceptique. Et là, sans effort, il est parti dans un état de détente profonde. Il avait lâché la volonté.
C’est un des apprentissages les plus difficiles pour mes clients sportifs. Ils sont habitués à tout contrôler : leur respiration, leur cadence, leur alimentation. Quand je leur dis que l’hypnose est l’art de ne rien faire, ils me regardent comme si je parlais chinois. Mais c’est exactement ça : la suggestibilité émerge quand vous cessez d’essayer.
Si la volonté n’est pas la clé, qu’est-ce qui l’est ? Je vous propose de regarder quatre facteurs concrets que j’observe en consultation.
1. La sécurité relationnelle. La suggestibilité dépend énormément de la confiance que vous accordez au thérapeute. Si vous sentez un jugement, une impatience, ou simplement une absence de connexion, votre cerveau reste en alerte. C’est normal : c’est une réaction de survie. Un bon hypnothérapeute ne vous « force » pas. Il crée un espace où vous pouvez baisser la garde à votre rythme. Dans mon cabinet, je passe souvent les premières minutes à parler de choses ordinaires – la météo, le trajet, les enfants – non pas pour perdre du temps, mais pour que votre système nerveux reconnaisse : « Ici, c’est sûr. »
2. La flexibilité cognitive. Certaines personnes ont un mode de pensée très linéaire, analytique. Elles ont besoin de tout comprendre, de tout contrôler. C’est une force dans beaucoup de domaines, mais ça peut rendre l’hypnose plus difficile. Ce n’est pas un problème de suggestibilité, c’est une habitude mentale. La bonne nouvelle, c’est que ça se travaille. On peut apprendre à passer d’un mode « contrôle » à un mode « exploration ». Je propose parfois à mes clients des petits exercices entre les séances : regarder un nuage sans lui donner de forme, écouter une musique sans l’analyser, laisser leurs pensées dériver. C’est tout simple, mais ça assouplit le mental.
3. L’état émotionnel du moment. Vous arrivez stressé, fatigué, après une journée de travail ? Votre système nerveux est en mode « survie ». Dans cet état, la suggestibilité est réduite. Ce n’est pas un échec, c’est une information. Je dis souvent à mes clients : « Si vous êtes en hypervigilance aujourd’hui, on ne va pas lutter contre. On va plutôt utiliser cette énergie. » On peut par exemple transformer cette tension en ressource, en laissant l’hypnose travailler sur le stress lui-même. Parfois, les séances les plus puissantes sont celles où la personne arrive « résistante ».
La suggestibilité n’est pas un état fixe. C’est une danse entre votre histoire, votre contexte et la qualité de la relation. Et comme toute danse, ça s’apprend.
4. Les croyances sur l’hypnose. Si vous pensez que l’hypnose est une perte de contrôle, que vous allez révéler des secrets ou faire des choses contre votre gré, votre cerveau va logiquement se défendre. Ces croyances sont souvent héritées de films, de spectacles, ou de récits familiaux. Je les prends très au sérieux. Je n’essaie pas de les contredire frontalement. Je les accueille. Et souvent, en quelques minutes d’explication, la résistance tombe. Une fois que la personne comprend qu’elle reste aux commandes, qu’elle peut ouvrir les yeux à tout moment, la suggestibilité naturelle peut émerger.
Milton Erickson, le père de l’hypnose que je pratique, avait une approche radicalement différente de l’hypnose classique. Là où l’hypnose traditionnelle insistait sur la soumission et les suggestions directes (« vous allez vous détendre, vos paupières deviennent lourdes »), Erickson partait du principe que chaque personne est unique et que son inconscient est un allié, pas un adversaire.
Concrètement, cela signifie que je ne cherche pas à « briser votre résistance » ou à « vous faire obéir à mes suggestions ». Je cherche à utiliser votre propre fonctionnement mental pour créer un espace de changement. Votre suggestibilité n’est pas un problème à résoudre, c’est un matériau à travailler.
Prenons un exemple. Une cliente, Sophie, vient pour arrêter de fumer. Elle me dit : « Je suis trop rationnelle, je vais analyser tout ce que vous dites. » Je lui réponds : « Parfait. Vous allez analyser. Je vais même vous y encourager. Pendant qu’on parle, vous pouvez analyser ma voix, les bruits dehors, la texture du fauteuil. Analysez tout. » En faisant cela, je ne lutte pas contre son mode de fonctionnement. Je l’utilise. Et progressivement, son analyse devient si précise qu’elle se transforme en observation flottante, en attention diffuse. Sans qu’elle s’en rende compte, elle glisse dans un état de suggestibilité.
L’hypnose ericksonienne utilise aussi beaucoup la métaphore, l’histoire, le langage indirect. Pourquoi ? Parce que votre conscient, celui qui juge et contrôle, peut se dire : « Ce n’est qu’une histoire. » Pendant ce temps, votre inconscient, qui est le vrai destinataire du message, capte le sens caché. C’est une façon de contourner les résistances sans les affronter.
Je travaille aussi avec l’IFS (Internal Family Systems), qui est une approche complémentaire. L’IFS considère que nous avons tous en nous différentes « parties » – des sous-personnalités avec leurs propres croyances, émotions, protections. Parfois, une partie de vous veut vraiment changer (votre partie « motivée »), mais une autre partie a peur de lâcher prise (votre partie « contrôle »). En hypnose, on peut entrer en dialogue avec ces parties, les rassurer, leur montrer qu’elles n’ont plus à jouer ce rôle. Et là, la suggestibilité se libère d’elle-même.
Il y a quelques croyances qui reviennent systématiquement dans mon cabinet. Je vous les liste, parce que les reconnaître, c’est déjà les désamorcer.
« Je ne me souviendrai de rien. » C’est faux. La plupart des gens se souviennent de leur séance d’hypnose, parfois même très précisément. Ce qui change, c’est la qualité de l’attention. Vous n’êtes pas « endormi », vous êtes dans un état de conscience modifié, proche de la rêverie éveillée. Vous pouvez entendre chaque mot, décider d’ouvrir les yeux, parler si besoin.
« Je vais perdre le contrôle. » C’est l’inverse. L’hypnose vous apprend à reprendre le contrôle sur des automatismes qui vous échappent (une phobie, une addiction, une douleur). Vous restez aux commandes. Si une suggestion ne vous convient pas, votre cerveau la rejette automatiquement. Personne ne peut vous faire faire quelque chose contre votre volonté en état d’hypnose.
« Il faut être dans le noir, avec une musique, et être très détendu. » L’hypnose peut se pratiquer les yeux ouverts, en marchant, en parlant. Milton Erickson hypnotisait ses patients en pleine conversation, sans cérémonie. La suggestibilité n’est pas liée à un décor, mais à un état d’esprit.
« Plus je suis fatigué, plus je suis suggestible. » Pas du tout. La fatigue mentale peut rendre plus réceptif aux suggestions simples, mais elle réduit la capacité à intégrer des changements profonds. Le meilleur état pour l’hypnose, c’est un état de calme alerte, pas d’épuisement.
« Certaines personnes ne peuvent pas être hypnotisées. » C’est le mythe le plus tenace. Environ 10 à 15 % des personnes sont très peu réactives aux tests de suggestibilité standardisés. Mais en hypnose ericksonienne, avec une approche individualisée, ce pourcentage chute drastiquement. J’ai vu des gens qui se disaient « imperméables » vivre des transformations profondes. Ce n’est pas une question de don, c’est une question d’accordage.
Vous n’avez pas besoin d’être en consultation pour développer votre réceptivité. Voici quelques pratiques simples que je propose à mes clients entre les séances.
Pratiquez l’attention flottante. Asseyez-vous cinq minutes sans rien faire. Ne fixez rien. Laissez vos yeux vagabonder, votre oreille capter les sons sans les nommer. Si une pensée arrive, laissez-la passer comme un nuage. C’est un entraînement à ne pas contrôler.
Utilisez la respiration comme un ancrage. Avant de dormir, ou le matin au réveil, prenez trois respirations profondes. À chaque expiration, imaginez que vous relâchez une tension. Ne cherchez pas à bien faire. Juste respirez.
Exposez-vous à des récits immersifs. Lisez un roman, regardez un film captivant, écoutez une musique qui vous transporte. Laissez-vous absorber. C’est exactement le même mécanisme que la suggestibilité hypnotique. Plus vous le faites, plus votre cerveau s’habitue à entrer dans ces états.
Accueillez vos résistances sans les juger. Si vous sentez que vous bloquez quelque chose – une émotion, une pensée, une détente – ne luttez pas. Dites-vous : « Tiens, il y a une partie de moi qui veut rester en contrôle. C’est ok. » Cette simple acceptation peut désamorcer la résistance.
Parlez à votre inconscient. Avant de dormir, formulez une intention simple : « Je suis prêt à laisser mon inconscient travailler pour moi. » Ou : « Je suis ouvert aux solutions qui émergent pendant mon sommeil. » C’est une suggestion douce, sans attente.
Si vous lisez cet article, c’est probablement que vous vous êtes déjà demandé si l’hypnose pouvait vous aider. Peut-être que vous avez une peur, une douleur, une habitude que vous voulez changer. Peut-être que vous avez déjà essayé des choses, sans succès. Et peut-être que vous vous êtes dit : « Je ne suis pas assez suggestible. »
Je voudrais que vous reteniez ceci : la suggestibilité n’est pas une qualité mystérieuse réservée à une élite. C’est une capacité naturelle, que vous utilisez déjà tous les jours, sans le savoir. Le problème, ce n’est pas que vous ne pouvez pas être hypnotisé. C’est que vous avez appris à vous protéger, à analyser, à contrôler. Et c’est une force, pas une faiblesse.
Le travail que je propose, en hypnose ericksonienne, en IFS, en Intelligence Relationnelle, n’est pas de vous transformer en quelqu’un de « docile ». C’est de vous aider à retrouver cette flexibilité que vous aviez enfant, cette capacité à être absorbé, à imaginer, à laisser les choses se faire. Sans perdre votre lucidité.
Si vous êtes à Saintes ou dans les environs, si vous sentez que votre mental vous enferme plus qu’il ne vous protège, je vous invite à venir en
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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