3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Elle utilise vos propres images mentales pour changer en douceur.
Vous êtes peut-être en train de lire cet article parce que vous avez déjà essayé de changer quelque chose en vous. Une habitude tenace, une réaction émotionnelle qui vous dessert, une peur qui vous freine. Et vous avez buté sur un mur. Ce mur, c’est cette voix intérieure qui dit « oui, je veux changer », mais qui en même temps résiste, se crispe, trouve des excuses, ou pire, s’effondre dès que vous êtes confronté à la situation.
Je vois ça tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Des personnes intelligentes, motivées, qui ont déjà lu des livres, testé des méthodes, et qui se retrouvent avec cette frustration de ne pas « y arriver » avec leur volonté. Si ça vous parle, sachez que ce n’est pas un manque de force de caractère. C’est simplement que la partie de vous qui résiste a une bonne raison de le faire. Et c’est là que l’hypnose ericksonienne entre en jeu : elle ne combat pas votre résistance. Elle l’utilise.
Avant de comprendre comment l’hypnose ericksonienne contourne vos résistances, il faut d’abord accepter une idée contre-intuitive : la résistance n’est pas votre ennemie. Elle est un signal. Imaginez un système d’alarme dans une maison. Si vous forcez la porte d’entrée alors que l’alarme sonne, vous n’allez pas arrêter l’alarme, vous allez juste la faire sonner plus fort. C’est exactement ce qui se passe quand vous essayez d’arrêter de fumer à la force du poignet, ou de vous forcer à être calme dans une situation qui vous stresse.
La résistance est une protection. Votre inconscient, cette partie de vous qui gère votre rythme cardiaque, votre respiration, mais aussi vos habitudes et vos croyances profondes, a mis en place des garde-fous. Il se souvient d’un moment où tel comportement vous a protégé (par exemple, être sur vos gardes après une trahison est devenu une hypervigilance). Il fait son travail : vous maintenir en vie et en sécurité, selon une carte du monde qui a parfois 10, 20 ou 30 ans.
Le problème, c’est que cette protection est devenue obsolète. Elle vous enferme. Et le réflexe habituel (la volonté, l’ordre, la contrainte) est perçu par votre inconscient comme une agression. Il se braque. C’est comme si vous disiez à un enfant qui a peur du noir : « Arrête d’avoir peur, c’est débile. » Ça ne marche pas. L’enfant a besoin qu’on reconnaisse sa peur pour pouvoir la dépasser.
« Ce que vous résistez, persiste. Ce que vous accueillez, se transforme. » – Carl Gustav Jung
L’hypnose ericksonienne est née de cette observation. Milton Erickson, son fondateur, était un maître dans l’art de ne pas se heurter au mur. Il observait, écoutait, et trouvait la porte dérobée. Il ne disait pas « vous allez vous détendre maintenant » à quelqu’un de tendu. Il disait plutôt : « Vous pouvez ressentir la tension dans vos épaules, et peut-être même remarquer qu’elle pourrait commencer à se relâcher d’une manière qui vous convient. » Il utilisait la résistance comme une alliée.
L’hypnose ericksonienne ne ressemble pas à ce qu’on voit dans les spectacles. Il n’y a pas de pendule, pas de « dormez ! », pas de perte de contrôle. C’est une conversation très particulière, une forme de communication indirecte qui s’adresse à la partie créative de votre esprit : votre inconscient.
Pourquoi indirecte ? Parce que votre conscient, celui qui analyse, critique, juge, et qui est justement à l’origine de la résistance, a besoin d’être mis sur la touche en douceur. On ne le neutralise pas, on l’occupe. Comment ? Par des histoires, des métaphores, des suggestions glissées dans le langage, des questions qui ouvrent des possibles sans imposer de réponse.
Voici concrètement comment ça se passe dans mon cabinet :
L’observation et l’utilisation de votre réalité. Je ne vous demande pas d’imaginer une plage si vous n’aimez pas la mer. Je pars de ce que vous êtes. Si vous êtes tendu, je valide votre tension. Si vous êtes sceptique, j’accueille votre scepticisme. « Et vous pouvez vous demander comment il est possible qu’en lisant ces mots, vous puissiez déjà ressentir un début de changement dans votre respiration. » Je ne nie pas votre état, je l’utilise comme point de départ.
Le langage de la permission. L’hypnose ericksonienne utilise beaucoup les formulations comme « vous pouvez », « peut-être que vous remarquez », « une partie de vous ». Ces mots sont des portes ouvertes. Ils ne commandent pas, ils proposent. Votre conscient n’a pas de raison de s’opposer à une proposition. Il la laisse passer, et votre inconscient, qui aime les chemins de traverse, peut s’en saisir.
La confusion créative. Parfois, je vais utiliser une phrase un peu longue, une énumération de possibilités, ou une histoire apparemment sans rapport avec votre problème. Pendant que votre conscient essaie de suivre le fil logique, votre inconscient, lui, capte le message essentiel. C’est comme un magicien qui attire votre attention d’un côté pendant que l’autre main fait le tour. Votre résistance est concentrée sur la main visible, et le changement s’opère dans l’autre.
La métaphore sur mesure. C’est le cœur de la méthode. Si vous venez pour une anxiété sociale, je ne vais pas vous faire un cours sur la confiance en soi. Je vais peut-être vous raconter l’histoire d’un jardinier qui a planté une graine dans un sol trop sec. Au lieu d’arroser plus fort (la volonté), il a d’abord ameubli la terre autour, créant un espace pour que l’eau puisse pénétrer doucement. Votre inconscient fait le lien tout seul. Il comprend que pour laisser entrer la confiance, il faut d’abord assouplir la croûte protectrice de l’anxiété.
Si vous retenez une chose de cet article, c’est celle-ci : votre inconscient ne comprend pas le langage de la négation et des ordres abstraits. Dites-vous « je ne veux pas stresser ». Que fait votre inconscient ? Il entend « stresser ». Il ne supprime pas le mot, il active l’image du stress. Résultat : vous stressez. C’est le fameux « ne pensez pas à un ours blanc » – vous y pensez immédiatement.
L’hypnose ericksonienne utilise ce mécanisme à votre avantage. Elle ne vous dit pas « arrêtez d’avoir peur de parler en public ». Elle vous invite à construire une autre image. Par exemple, elle va vous demander : « Imaginez que vous êtes dans la salle de réunion. Vous pouvez ressentir le poids de vos pieds sur le sol. Et vous remarquez que devant vous, il y a une lumière, et que cette lumière peut être celle de votre message, et non celle qui vous éclaire. » Elle ne combat pas l’image de la peur, elle en propose une nouvelle, plus puissante, et elle laisse votre inconscient choisir.
C’est ce qu’on appelle la re-signification. On ne supprime pas le problème, on le met dans un nouveau contexte. Un coureur que j’accompagne en préparation mentale avait une douleur à la cheville qui le bloquait psychologiquement. En hypnose, on n’a pas nié la douleur. On l’a transformée en un signal. On a imaginé que la douleur était un petit phare rouge qui s’allumait pour lui dire « ralentis un peu, je suis en train de m’adapter ». Du coup, la douleur n’était plus une menace, mais une information. Son inconscient a accepté ce nouveau rôle, et la performance est revenue.
Cette utilisation des images mentales est puissante parce qu’elle contourne le filtre critique du conscient. Votre conscient peut dire : « C’est idiot, une douleur n’est pas un phare. » Mais votre inconscient, lui, voit l’image, la ressent, et commence à y répondre. Il ne discute pas la logique, il expérimente la sensation.
« L’inconscient est un cheval sauvage. Le conscient est le cavalier. Si vous tirez sur les rênes, le cheval se cabre. Si vous lui parlez doucement et lui montrez une direction, il vous emmène là où vous voulez aller. » – Milton H. Erickson
Dans ma pratique, je ne me contente pas de l’hypnose ericksonienne. Je l’intègre à deux autres approches qui, ensemble, forment une boîte à outils très complète pour dissoudre les résistances : l’Intelligence Relationnelle (IR) et l’IFS (Internal Family Systems).
L’IFS, c’est l’idée que votre esprit est composé de plusieurs « parties » ou « sous-personnalités ». Vous avez une partie qui veut changer, une partie qui a peur du changement, une partie qui critique, une partie qui se sent vulnérable. Lorsque vous « résistez », c’est souvent une partie protectrice qui prend le contrôle. En hypnose ericksonienne, je peux dialoguer avec cette partie. Je ne la force pas à partir. Je la remercie pour son travail (elle vous a protégé pendant des années), et je lui demande ce dont elle a besoin pour se détendre un peu. C’est une négociation de paix intérieure.
L’Intelligence Relationnelle, c’est la capacité à être en bonne relation avec soi-même et avec les autres. Elle m’apprend à créer un espace de sécurité dans la séance. Si vous sentez que je vous juge, que je veux vous « réparer », votre résistance va s’activer. Si au contraire, je suis présent, curieux, et que je valide votre expérience sans vouloir la changer, vous pouvez lâcher prise. L’IR est le terreau dans lequel l’hypnose peut pousser.
Concrètement, dans une séance, ça peut donner ça : je vous sens hésiter, votre regard se ferme un peu. Au lieu d’insister, je ralentis. Je dis : « Je remarque qu’il y a une partie de vous qui n’est pas tout à fait prête à aller là où nous allons. C’est parfait. Elle a ses raisons. On peut prendre le temps de l’écouter. Peut-être que cette partie pourrait même nous montrer, à sa manière, quel est le bon rythme. » Cette simple phrase fait deux choses : elle valide la résistance (elle a le droit d’exister) et elle la responsabilise (elle peut nous guider). La résistance se transforme en ressource.
Je veux être clair. L’hypnose ericksonienne n’est pas une baguette magique. Elle ne vous fera pas perdre 10 kilos en une séance si vous n’avez pas une réelle envie de changer votre alimentation. Elle ne vous rendra pas « heureux » si vous êtes dans une situation de vie objectivement difficile (deuil, séparation, maladie). Elle ne supprime pas les émotions, elle vous apprend à les traverser.
Voici ce qu’elle fait vraiment :
Mais elle demande une chose : votre participation active. Pas de l’effort, non. De la curiosité. De la confiance dans le processus. L’hypnose est une collaboration. Je suis un guide, vous êtes l’explorateur. Si vous venez en vous disant « ça ne marchera pas », c’est une résistance légitime, et on peut travailler avec. Mais si vous ne voulez pas changer du tout, aucune technique au monde ne pourra vous y forcer.
Un exemple concret : un patient est venu pour une phobie des araignées. En hypnose, il a pu, en toute sécurité, imaginer une araignée. La première fois, son corps s’est crispé. On a accueilli cette crispation. On a demandé à la partie protectrice ce qu’elle craignait. Elle a répondu : « Qu’il perde le contrôle. » On a alors proposé à cette partie de garder un œil sur la situation, mais de laisser le patient explorer, juste un tout petit peu. La séance suivante, il pouvait regarder une photo. Trois séances plus tard, il a laissé une araignée traverser sa main. Ce n’était pas un miracle. C’était le résultat d’un dialogue respectueux avec ses résistances.
Si vous vous reconnaissez dans cette lutte intérieure, si vous sentez que vous tournez en rond avec votre volonté, voici une petite expérience à faire chez vous, ce soir, avant de vous coucher.
Ce n’est pas de l’hypnose formelle, mais c’est l’esprit de l’hypnose ericksonienne. C’est le début d’un dialogue avec vous-même.
L’hypnose ericksonienne ne vous demande pas de devenir quelqu’un d’autre. Elle vous invite à devenir plus pleinement vous-même, en dénouant les nœuds que la vie a créés. Elle utilise la sagesse de votre propre inconscient, vos propres images, votre propre rythme. Elle ne vous arrache pas vos défenses, elle vous apprend à les baisser quand elles ne sont plus nécessaires.
Si vous habitez Saintes ou les environs, et que vous sentez que le moment est venu d’explorer cette approche en douceur, je vous invite à prendre contact. Nous pourrons échanger sans engagement, pour voir si ma manière de travailler résonne avec vous. Parfois, le simple fait de dire « je suis prêt à être aidé » est déjà un premier pas qui contourne la plus grande de toutes les résistances : celle qui nous empêche de demander de l’aide.
Prenez soin de vous.
Thierry Sudan
Praticien en hypnose ericksonienne, IFS et Intelligence Relationnelle
Saintes
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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