3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
La méthode qui désarme vos peurs sans confrontation brutale.
Vous êtes là, figé devant la porte de l’ascenseur alors que vous devez monter au sixième étage. La sueur perle sur votre front, votre cœur s’emballe, et une voix intérieure vous souffle : « Surtout, n’y va pas… ». Pourtant, vous savez rationnellement que cet ascenseur est sûr, contrôlé, banal pour des milliers de personnes chaque jour. Mais votre corps, lui, n’a pas reçu le message. Il réagit comme si un lion affamé se tenait derrière la porte.
Les phobies, qu’il s’agisse de la peur des araignées, des avions, des piqûres, des foules ou de l’eau, sont des mécanismes de survie qui ont mal tourné. Elles ne répondent pas à la logique. Vous ne pouvez pas vous raisonner pour arrêter d’avoir peur, pas plus que vous ne pouvez raisonner un feu de forêt. Pourtant, il existe une approche qui ne vous demande pas de « faire face » à votre peur de manière brutale, ni de revivre des traumatismes en pleurant dans un bureau. Cette approche, c’est l’hypnose ericksonienne. Je la pratique depuis plus de dix ans à Saintes, et je vois régulièrement des personnes se libérer de peurs qui les paralysaient depuis l’enfance, parfois en une seule séance.
Alors, comment une méthode qui semble presque trop douce pour être efficace peut-elle désarmer des peurs aussi tenaces ? C’est ce que nous allons explorer ensemble.
Commençons par une réalité qui peut sembler contre-intuitive : votre phobie n’est pas une faiblesse, ni un caprice. C’est un système d’alarme hyper-performant qui a été installé dans votre cerveau, souvent à votre insu, pour vous protéger d’un danger que vous avez perçu comme réel à un moment donné.
Imaginons Paul, un coureur que j’accompagne en préparation mentale. Paul a développé une peur panique des chiens après s’être fait mordre à l’âge de six ans. Aujourd’hui, adulte, il croise un labrador en laisse, parfaitement calme, et son cœur s’emballe, ses mains tremblent, il traverse la rue en courant. Logiquement, il sait que ce chien n’est pas dangereux. Mais son cerveau limbique, cette partie ancienne et automatique qui gère la survie, a gardé la trace de l’événement. Elle a fait une généralisation : « chien = danger mortel ». Pour elle, c’est une question de vie ou de mort. Elle ne fait pas la différence entre un rottweiler agressif et un golden retriever qui remue la queue.
Votre phobie est donc un apprentissage émotionnel. Votre cerveau a associé un stimulus (l’ascenseur, l’avion, l’araignée) à une réponse de peur intense. Et plus vous évitez la situation, plus vous renforcez l’idée que cette peur est justifiée. L’évitement vous soulage sur le moment, mais il cimente la phobie.
L’erreur classique des approches conventionnelles, comme les thérapies d’exposition brutales, est de considérer la peur comme un ennemi à écraser. On vous dit : « Va dans l’ascenseur, reste-y, tu verras, il ne t’arrivera rien. » Mais pour votre système nerveux, c’est comme lui demander de plonger dans un bain d’eau glacée sans préparation. Le corps se braque, la peur monte en flèche, et souvent, la personne finit par fuir, renforçant ainsi l’échec et la honte.
L’hypnose ericksonienne part d’un postulat radicalement différent : votre peur n’est pas votre ennemie, c’est une partie de vous qui a voulu vous protéger, mais qui utilise une carte obsolète. Au lieu de la combattre, nous allons lui parler, la remercier pour son travail, puis lui proposer une nouvelle carte, plus précise, plus adaptée à votre vie d’adulte.
« La phobie est un fantôme qui garde une porte que vous n’avez plus besoin de fermer. L’hypnose ne chasse pas le fantôme, elle lui montre que la porte peut rester ouverte. »
Milton Erickson, le père de cette approche, était un clinicien hors du commun. Paralysé à deux reprises par la polio, il a développé une sensibilité extrême aux signaux subtils du langage et du corps. Il a compris que la conscience rationnelle, celle qui dit « je sais que c’est idiot », est souvent un obstacle au changement. Elle analyse, juge, résiste. Elle veut tout contrôler. Or, la phobie ne se trouve pas dans la conscience. Elle est logée dans les couches plus profondes de l’esprit, là où les souvenirs, les émotions et les apprentissages automatiques s’enchevêtrent.
L’hypnose ericksonienne ne cherche pas à endormir la personne, ni à la faire obéir à des ordres. Elle utilise des histoires, des métaphores, des suggestions indirectes, des silences, des ambiguïtés. Le langage y est flou, poétique, multidirectionnel. Pourquoi ? Parce que ce langage « fait un détour » par la conscience critique. Il ne la confronte pas. Il lui glisse entre les doigts.
Prenons un exemple. Si je vous dis : « Vous allez maintenant vous détendre complètement et oublier votre peur », votre conscient va immédiatement réagir : « Ah bon ? Et comment je fais ça ? Ça ne marche pas, j’ai toujours peur. » Vous êtes en résistance, et c’est normal. En revanche, si je vous raconte l’histoire d’un jardinier qui, chaque matin, ouvre la porte de son jardin. Un jour, il trouve une branche tombée qui bloque la porte. Il ne la force pas, il la contourne, il la soulève doucement. Votre esprit, lui, va peut-être faire le lien avec votre propre porte bloquée. Sans que vous le décidiez, une solution commence à germer. Vous n’êtes pas en train de lutter contre votre peur, vous êtes en train d’écouter une histoire, et votre inconscient, lui, travaille.
C’est exactement ce que nous faisons en séance. Je ne vous demande pas de « gérer » votre peur. Je vous invite à entrer dans un état de conscience modifié, un état de relaxation profonde et de focalisation intérieure. C’est un état que vous connaissez déjà : lorsque vous êtes absorbé par un film, lorsque vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir des derniers kilomètres, lorsque vous rêvassez. Dans cet état, votre critique interne s’apaise. Votre esprit devient plus réceptif, plus flexible. C’est là que le changement peut avoir lieu, sans effort, sans lutte.
C’est peut-être le mécanisme le plus fascinant et le plus utile de l’hypnose pour les phobies. Votre cerveau, et plus particulièrement votre système nerveux autonome, répond de la même manière à un danger réel qu’à un danger imaginaire, pourvu que l’image soit suffisamment vivante.
Si je vous demande de fermer les yeux et d’imaginer, le plus précisément possible, que vous tenez un citron juteux dans votre main. Vous le sentez, vous le soupesez, vous le portez à votre nez et vous sentez son odeur acidulée. Puis vous mordez dedans à pleines dents. Que se passe-t-il ? Très probablement, votre bouche se remplit de salive. Pourtant, il n’y a pas de citron. Votre cerveau a activé les mêmes circuits que si le citron était réel. C’est la puissance de la représentation mentale.
L’hypnose ericksonienne utilise cette capacité pour désactiver la réponse phobique sans exposition réelle. Nous n’allons pas vous mettre dans un avion. Nous allons, en état d’hypnose, vous permettre de « voyager » dans l’avion de votre imagination, mais en ayant au préalable installé des ressources de calme, de sécurité, de contrôle.
Je me souviens de Claire, venue pour une peur panique de l’avion. Elle devait prendre l’avion pour le mariage de sa fille à Barcelone, et l’idée seule la faisait pleurer. En séance, je ne lui ai pas demandé de « visualiser le décollage ». Nous avons d’abord installé un lieu de sécurité intérieur, un espace où elle se sentait totalement en paix. Puis, progressivement, comme on entre dans une eau froide, je l’ai invitée à imaginer qu’elle regardait un écran montrant un avion. Puis qu’elle montait les marches. À chaque étape, si une vague de peur survenait, nous revenions immédiatement au lieu de sécurité. Nous avons créé une nouvelle association : avion = sécurité + contrôle + choix. En trois séances, la peur s’est effondrée. Elle a pris l’avion sans anxiolytique, pour la première fois en quinze ans.
Cette approche respecte votre rythme. Vous n’êtes jamais submergé. Vous restez aux commandes, même en hypnose. C’est vous qui choisissez d’avancer ou de reculer. L’hypnose n’est pas un pouvoir du thérapeute sur vous, c’est un outil que vous apprenez à utiliser pour vous-même.
Si vous deviez retenir une seule technique de l’hypnose ericksonienne pour comprendre son efficacité contre les phobies, ce serait la métaphore thérapeutique. Une métaphore, c’est une histoire qui parle à l’inconscient. Elle contourne la résistance parce qu’elle ne dit pas directement ce qu’elle veut dire. Elle suggère, elle évoque, elle laisse votre esprit faire le lien.
Erickson racontait souvent l’histoire d’un plant de tomate qui poussait dans une serre trop chaude. Le jardinier, au lieu de le forcer à sortir, ouvrait la porte de la serre un peu plus chaque jour. Le plant, progressivement, s’habituait à la brise, à la lumière directe, à la fraîcheur de la nuit. Un jour, il pouvait être transplanté en pleine terre sans choc. Cette histoire, racontée à une personne phobique de l’extérieur, de la foule, du changement, agit comme une suggestion indirecte. L’inconscient comprend : « Je peux m’habituer progressivement, sans violence. »
Pour les phobies, j’utilise souvent la métaphore du fleuve. Imaginez une rivière qui a creusé son lit profondément dans la roche. L’eau y coule toujours de la même manière, puissante, inévitable. C’est votre peur : un chemin neuronal creusé par la répétition. Maintenant, imaginez que vous construisez une petite déviation, un canal secondaire. Au début, l’eau n’y coule pas. Mais à chaque pluie, un filet d’eau passe. Avec le temps, le canal s’élargit. Un jour, la rivière principale est moins puissante, une partie de l’eau a changé de chemin. Vous n’avez pas détruit l’ancien lit, vous en avez créé un nouveau.
C’est exactement ce que nous faisons avec l’hypnose. Nous ne supprimons pas le souvenir de l’incident qui a déclenché la phobie. Nous créons un nouveau chemin, une nouvelle réponse. Et avec le temps, c’est ce nouveau chemin qui devient la route principale. Votre peur n’a pas disparu, elle est devenue inutile. Elle est là, mais elle ne vous gouverne plus.
« Une phobie, c’est une carte qui dit « ici, danger mortel ». L’hypnose ne déchire pas la carte. Elle vous en tend une nouvelle, avec des chemins que vous n’aviez jamais explorés. »
Je veux être honnête avec vous, car la confiance est la base de tout travail thérapeutique. L’hypnose ericksonienne n’est pas une baguette magique. Elle ne vous fera pas oublier votre peur, elle ne la fera pas disparaître par enchantement. Elle ne vous rendra pas « invincible » ou « insensible ». Ce n’est pas non plus un spectacle de foire où vous perdez le contrôle.
Ce qu’elle fait, c’est vous redonner le choix. Là où vous étiez en réaction automatique, vous pouvez devenir acteur. Là où votre corps disait « je dois fuir », il peut dire « je peux rester, je suis en sécurité ».
Elle ne fonctionne pas non plus si vous n’êtes pas prêt. Si vous attendez passivement que le thérapeute « fasse le travail », cela ne marchera pas. L’hypnose est une collaboration. Je suis un guide, un accompagnant. Vous êtes l’explorateur. C’est vous qui faites le voyage. Je vous prête juste une lampe torche et une carte.
Par ailleurs, une phobie très envahissante, surtout si elle s’accompagne d’attaques de panique fréquentes ou de troubles anxieux généralisés, peut nécessiter un accompagnement plus long. L’hypnose reste très efficace, mais elle s’intègre parfois dans un travail plus global. Je ne promets jamais une guérison en une séance, même si cela arrive. Je promets un processus respectueux, efficace, et qui vous rend votre autonomie.
Enfin, l’hypnose ne remplace pas un avis médical. Si votre peur de l’avion cache un problème cardiaque, ou si votre peur des araignées est liée à un traumatisme complexe, il est essentiel d’en parler à votre médecin traitant. L’hypnose est un formidable outil de transformation psychologique, mais elle ne soigne pas les pathologies organiques.
Si vous êtes curieux, voici à quoi ressemble une séance typique dans mon cabinet à Saintes. Vous arrivez, nous parlons. Je vous pose des questions précises : quand la phobie a-t-elle commencé ? Dans quel contexte ? Que ressentez-vous exactement dans le corps ? Qu’avez-vous déjà essayé ? Cette phase est essentielle. Elle me permet de comprendre votre carte du monde, votre langage, vos ressources.
Ensuite, je vous explique ce que nous allons faire. Pas de mystère. Je vous décris l’état d’hypnose : une relaxation profonde où vous restez conscient, où vous pouvez parler si vous le souhaitez, où vous gardez le contrôle. Je vous rassure : vous entendrez tout, vous pourrez ouvrir les yeux à tout moment. L’hypnose n’est pas un sommeil, c’est un état de conscience élargie.
Puis vient l’induction. Je ne vous fixe pas avec un regard magnétique. Je vous invite à porter votre attention sur votre respiration, sur les sensations de votre corps, sur une image apaisante. Ma voix devient plus lente, plus rythmée. Je laisse des silences. Peu à peu, vous sentez votre corps se détendre, votre esprit se calmer. Vous êtes dans cet état entre veille et sommeil, hyper-conscient de ma voix, mais détaché des bruits extérieurs.
C’est là que je déploie le travail. Je peux utiliser une métaphore, une régression en toute sécurité (revisiter la scène originelle avec des ressources nouvelles), une dissociation (séparer la peur de la situation), ou une restructuration (changer la signification de la peur). Chaque séance est unique, car chaque personne est unique. Je n’ai pas de protocole standard pour les phobies. J’ai une boîte à outils, et je choisis ceux qui sont adaptés à votre histoire.
Vers la fin, je vous ramène doucement, en comptant de un à cinq, en vous suggérant que vous emportez avec vous ce sentiment de calme et de maîtrise. Vous ouvrez les yeux, souvent surpris d’être aussi détendu. Vous vous sentez différent, même si vous ne savez pas toujours mettre des mots sur ce qui s’est passé. Le changement a commencé, souvent sans que vous ayez eu à lutter.
Avant même de prendre rendez-vous, vous pouvez expérimenter un petit geste qui ouvre la porte du changement. La prochaine fois que vous sentez monter une vague de peur liée à votre phobie, arrêtez-vous une seconde. Ne luttez pas. Ne cherchez pas à la chasser. Dites-vous intérieurement : « *C’est une partie de moi qui essaie de me protéger. Merci. Je peux chois
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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