3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Oubliez les montres et les endormissements : ici, vous êtes le guide.
Vous êtes allongé confortablement, les yeux fermés. Vous entendez ma voix, mais vous êtes surtout en train de suivre une sensation dans vos doigts, une image qui se forme derrière vos paupières, un souvenir qui remonte sans que vous l’ayez appelé. Dans la pièce à côté, un nouveau film de super-héros passe au cinéma. Ici, dans mon cabinet, il se passe autre chose. Quelque chose de plus silencieux, de plus profond, et qui ne ressemble à aucun spectacle.
Je sais ce que vous imaginez quand vous entendez « hypnose ». Le mot claque comme un vieux disque rayé : un homme en costume sombre qui balance une montre à gousset, un « vous avez sommeil » autoritaire, et hop, vous voilà transformé en poulet sur scène. Les films, les émissions de télévision, les numéros de cabaret ont superbement réussi leur travail : ils ont fait de l’hypnose un divertissement. Mais il y a un monde entre le strass des projecteurs et la lumière tamisée d’un cabinet de praticien. Un monde que j’essaie de vous faire traverser depuis 2014, à Saintes, avec des adultes qui viennent me voir pour des angoisses, des phobies, des douleurs chroniques, des dépendances ou simplement ce sentiment de ne plus être vraiment chez eux dans leur propre vie.
Cet article n’est pas une démonstration de pouvoir. C’est une invitation à repenser l’hypnose. Pas comme un spectacle où vous seriez spectateur, mais comme un voyage dont vous êtes le guide, le cartographe et l’explorateur. L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, ne vous endort pas. Elle vous réveille. Elle ne vous contrôle pas. Elle vous libère. Et pour comprendre cela, il faut d’abord oublier tout ce que vous croyez savoir.
L’image la plus tenace, celle qui colle à la peau de l’hypnose comme une mauvaise odeur, c’est celle du contrôle. Un praticien qui « prend le pouvoir », qui « fait faire » des choses à un sujet passif. C’est une vision héritée de l’hypnose de spectacle, mais aussi des premières pratiques médicales du 19e siècle, où le magnétiseur était une figure d’autorité absolue. Aujourd’hui, cette idée est non seulement fausse, mais elle est toxique pour la thérapie.
Quand vous venez me voir, vous n’êtes pas un sujet de laboratoire. Vous êtes une personne qui a souffert, qui a réfléchi, qui a tenté des choses. La dernière chose dont vous avez besoin, c’est qu’on vous enlève votre lucidité. L’hypnose ericksonienne, développée par Milton H. Erickson, est construite sur le postulat inverse : le patient est le meilleur expert de son propre problème et de sa propre solution. Mon rôle n’est pas de vous programmer comme un robot, mais de créer les conditions pour que votre inconscient – cette partie immense et créative de vous-même – trouve ses propres ressources.
Alors, la montre à gousset ? Elle est devenue le symbole de la manipulation. Balancer un objet luisant devant vos yeux pour capter votre attention, c’est une technique de fascination, certes. Mais elle est brutale, directe, et elle crée une relation de dominant à dominé. Erickson, lui, utilisait des histoires, des métaphores, des paradoxes. Il parlait de vos problèmes sans les nommer directement. Il s’adaptait à votre langage, à vos résistances, à votre rythme. Il ne vous « endormait » pas, il vous accompagnait dans un état de conscience modifié, un état que vous expérimentez déjà naturellement plusieurs fois par jour : quand vous êtes absorbé par un film, quand vous roulez sur l’autoroute sans vous souvenir des derniers kilomètres, quand vous rêvassez en regardant par la fenêtre.
Cette confusion entre hypnose thérapeutique et hypnose de spectacle est un poison parce qu’elle vous empêche de venir. Elle vous fait croire que vous allez perdre le contrôle. Or, en thérapie, la perte de contrôle est exactement ce que vous cherchez à éviter. Vous voulez reprendre le contrôle sur votre anxiété, sur votre alimentation, sur votre sommeil. L’hypnose ericksonienne vous offre un cadre où vous pouvez lâcher prise en toute sécurité, parce que vous savez que vous restez aux commandes. Si le téléphone sonne, vous ouvrez les yeux. Si une émotion est trop forte, vous pouvez dire stop. Vous êtes le pilote. Je ne suis que le copilote, celui qui lit la carte, mais c’est vous qui tenez le volant.
« L’hypnose n’est pas un sommeil. C’est un éveil à des possibilités que vous ignoriez posséder. » — Milton H. Erickson
Alors, si ce n’est pas un spectacle, qu’est-ce que c’est ? La meilleure définition que je connaisse est celle-ci : l’hypnose est un état de conscience modifié, naturel et réversible, caractérisé par une hyper-concentration sur une idée, une sensation ou un souvenir. Vous n’êtes pas « endormi ». Vous êtes simplement tellement focalisé que le monde extérieur s’estompe.
Pensez à la dernière fois que vous avez lu un livre passionnant. Vous n’entendiez plus le bruit de la télévision, vous ne sentiez plus le poids du livre dans vos mains, vous étiez ailleurs. Vous étiez dans l’histoire. Votre cœur battait plus vite quand le héros était en danger. C’est une transe hypnotique légère. Ou pensez à un musicien qui improvise. Il ne réfléchit pas consciemment à chaque note. Ses doigts bougent « tout seuls », guidés par une connaissance intérieure, un apprentissage devenu automatique. C’est aussi une transe.
Dans mon cabinet, je ne cherche pas à vous endormir. Je cherche à vous guider vers cet état de concentration naturelle, mais en le dirigeant vers votre problème. Par exemple, si vous souffrez d’anxiété sociale, au lieu de lutter contre la peur, nous allons l’explorer ensemble. Je vais vous demander de vous concentrer sur la sensation dans votre ventre, sur la chaleur qui monte, sur l’image de cette foule qui vous terrifie. Et à partir de là, en utilisant votre propre langage, vos propres métaphores, votre inconscient va commencer à créer des ponts. Il va relier cette peur à une ressource oubliée : un moment où vous vous êtes senti fort, un souvenir de calme, une compétence que vous avez développée ailleurs.
Ce qui est fascinant, c’est que je n’ai pas besoin de savoir ce que vous vivez exactement. Je n’ai pas besoin de connaître le nom de votre bourreau ou la date exacte du traumatisme. En hypnose ericksonienne, on travaille souvent de manière indirecte. On parle de « cette sensation » sans la nommer. On utilise des métaphores : « C’est comme si un lourd manteau de plomb reposait sur vos épaules. Et si, sans le retirer, vous pouviez simplement… le sentir un peu moins lourd ? » Votre inconscient, qui connaît parfaitement la structure de votre problème, va comprendre le message et commencer à chercher des solutions.
Ce n’est pas magique. C’est un travail. Un travail que vous faites. Et ce travail est possible parce que vous êtes dans un état de réceptivité maximale, où le critique interne, cette voix qui juge, analyse et censure, est momentanément mis en veilleuse. C’est là que la créativité peut surgir.
J’aime comparer une séance d’hypnose ericksonienne à un voyage. Vous êtes le guide. Vous connaissez le terrain : vos peurs, vos douleurs, vos souvenirs. Moi, je suis le passeur. Je connais les sentiers, les techniques pour traverser les rivières, les endroits où le vent se calme. Mais c’est vous qui décidez où nous allons.
Cette métaphore est cruciale. Elle casse le mythe du praticien tout-puissant. Un bon hypnothérapeute ne vous impose pas un chemin. Il vous écoute, il observe votre respiration, les micro-mouvements de votre visage, la tonalité de votre voix. Il s’adapte. Si je sens que vous résistez à une suggestion, je ne force pas. Je change de direction. Je vais là où votre inconscient veut aller. Parfois, vous allez vous éloigner du problème central, et vous allez explorer une colline, un souvenir d’enfance, une sensation de liberté au bord de la mer. Ce n’est pas une digression. C’est le chemin le plus court.
Je me souviens d’un patient, un homme d’une cinquantaine d’années, cadre commercial, qui venait pour des attaques de panique en réunion. Il était très cartésien, très « dans sa tête ». La première séance, il a passé 20 minutes à me dire que l’hypnose ne marcherait pas sur lui. Je ne l’ai pas contredit. Je l’ai écouté. Puis je lui ai demandé de se concentrer sur sa main droite, et d’imaginer qu’elle devenait plus légère. Il a dit : « Je ne sens rien. » Je n’ai pas insisté. J’ai changé de métaphore. Je lui ai parlé de son jardin, de la taille des haies. Et tout à coup, sa main s’est levée de quelques centimètres, comme portée par un ballon. Il a ouvert les yeux, stupéfait. « Ce n’est pas possible, j’ai bougé sans le vouloir. » Non, il avait voulu bouger. Il avait simplement laissé son inconscient prendre le relais.
Ce patient n’était pas un bon sujet. Il était simplement un humain, avec un inconscient qui fonctionne. Et cet inconscient, une fois qu’il a compris qu’il pouvait faire confiance au cadre, a commencé à travailler. En trois séances, les attaques de panique ont disparu. Pas parce que je les ai effacées. Parce que son propre système a trouvé une nouvelle façon de répondre au stress.
« Le patient est la meilleure source de ses propres solutions. Le thérapeute est simplement un facilitateur. » — Principe fondamental de l’hypnose ericksonienne.
L’hypnose ericksonienne est une porte d’entrée magnifique. Mais parfois, le voyage a besoin de cartes plus précises. C’est pourquoi j’ai intégré l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle dans ma pratique. Ces deux approches ne remplacent pas l’hypnose, elles la prolongent. Elles donnent des mots et une structure à ce que l’hypnose vous fait vivre.
L’IFS, c’est l’idée que votre esprit n’est pas un bloc monolithique, mais une famille de « parties ». Il y a la partie de vous qui veut arrêter de fumer, et celle qui allume une cigarette dès que vous êtes stressé. Il y a la partie de vous qui veut être en couple, et celle qui sabote chaque relation pour vous protéger. En hypnose, ces parties sont souvent ce qui crée la résistance ou le conflit intérieur. L’IFS offre un langage pour dialoguer avec elles. « Bonjour, partie qui me fait grignoter le soir, qu’est-ce que tu essaies de protéger ? » Sous l’hypnose, cette partie peut apparaître comme une image, une sensation, une voix. Et on peut négocier, rassurer, transformer.
L’Intelligence Relationnelle, elle, est la boussole du voyage. Elle vous apprend à observer vos réactions émotionnelles non pas comme des faiblesses, mais comme des informations. Vous êtes en colère ? Qu’est-ce que cette colère vous dit sur votre besoin non respecté ? Vous avez peur ? Quelle est la menace que votre inconscient a détectée ? En séance, je vous aide à décoder ces signaux. Et sous hypnose, ces décodages deviennent des ancrages, des ressources que vous pouvez rappeler dans la vie réelle.
Un exemple concret. Une patiente, professeure des écoles, venait pour un épuisement professionnel. En hypnose, elle a eu l’image d’un petit robot qui tournait en rond dans sa tête, les yeux vissés sur un écran. C’était sa partie « performante », celle qui ne s’arrêtait jamais. Grâce à l’IFS, nous avons dialogué avec ce robot. Il nous a dit qu’il avait peur de s’arrêter, parce que s’il s’arrêtait, tout s’effondrerait. Grâce à l’Intelligence Relationnelle, elle a compris que ce robot était une stratégie de survie héritée de son enfance, où l’amour parental était conditionné à la réussite. L’hypnose a permis de contacter cette partie, l’IFS a permis de la comprendre, et l’Intelligence Relationnelle a permis de lui offrir une nouvelle mission : non plus « tourne sans t’arrêter », mais « fais des pauses pour mieux avancer ». Le burn-out n’a pas été guéri par une formule magique, mais par une réorganisation profonde de son monde intérieur.
Soyons honnêtes. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer vos souvenirs, transformer votre personnalité, ou vous rendre millionnaire en une séance. Si vous cherchez un spectacle, vous serez déçu. Si vous cherchez une solution rapide et sans effort, vous serez aussi déçu.
Ce que l’hypnose ne fait pas :
Mais c’est une bonne nouvelle. Pourquoi ? Parce que si l’hypnose était une baguette magique, elle serait une illusion. Vous seriez dépendant de moi. Or, l’objectif de l’hypnose ericksonienne est exactement l’inverse : vous rendre autonome. Je ne veux pas que vous ayez besoin de moi pour gérer votre stress. Je veux vous donner les clés pour que vous puissiez, seul, retrouver cet état de concentration naturelle, cette ressource intérieure, quand vous en avez besoin.
C’est pourquoi je vous apprends souvent des auto-hypnoses. Des petits rituels de 5 minutes, que vous pouvez faire chez vous, dans le métro, avant une réunion. C’est votre voyage, votre carte. Je ne suis qu’un passeur temporaire.
« Le véritable objectif de la thérapie est de rendre le thérapeute inutile. » — Milton H. Erickson
Il y a de vrais praticiens, et il y a des gens qui font du spectacle sous couvert de thérapie. Comment faire la différence ? Voici quelques repères.
Un bon praticien en hypnose ericksonienne :
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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