3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Elle suggère, invite, et votre inconscient décide du changement idéal.
Imaginez la scène. Un patient est installé dans mon fauteuil, les yeux fermés, la respiration calme. Je viens de lui raconter l’histoire d’un jardinier qui, au lieu d’arracher une mauvaise herbe, décide d’observer comment elle pousse, puis de semer une autre graine à côté. La personne sourit légèrement. Je n’ai rien ordonné. Je n’ai pas dit : « Arrêtez de fumer », « Dormez mieux », ou « Soyez moins anxieux ». Et pourtant, trois semaines plus tard, elle me dira : « Je ne sais pas comment, mais je n’ai plus envie de cette cigarette le soir. » Ou bien : « Je me réveille moins souvent la nuit. »
Ce n’est pas de la magie. C’est le cœur de l’hypnose ericksonienne : une approche qui ne donne jamais d’ordres directs. Elle suggère, elle invite, elle propose. Et votre inconscient, ce vaste territoire intérieur que vous ne contrôlez pas consciemment, fait le reste. Mais pourquoi ce refus catégorique des ordres ? Pourquoi un praticien comme moi ne vous dira-t-il jamais « Vous allez faire ceci » ? La réponse est à la fois simple et vertigineuse : parce que votre inconscient n’obéit pas. Il choisit. Et c’est cette liberté qui rend le changement profond et durable.
Je vais vous expliquer comment cela fonctionne, avec des exemples concrets, des mécanismes décortiqués, et une honnêteté totale sur ce que cette approche fait – et ne fait pas.
La première chose à comprendre, c’est que l’inconscient, dans la vision ericksonienne, n’est pas un réservoir de pulsions refoulées ou un automate programmable. Non. C’est plutôt un jardinier qui sait déjà quelles graines sont bonnes pour votre terre, à quel moment les arroser, et comment les exposer à la lumière. Votre inconscient connaît vos ressources mieux que votre mental rationnel. Il sait, par exemple, que vous avez déjà surmonté des épreuves, que vous avez déjà trouvé des solutions créatives à des problèmes, même si vous les avez oubliées.
Quand un praticien donne un ordre direct – « Vous allez arrêter de stresser » – il dit à l’inconscient : « Fais ceci, maintenant, sans discuter. » Problème : l’inconscient n’aime pas qu’on lui dicte sa conduite. Il peut se rebeller, résister, ou faire semblant. C’est ce qui arrive avec les injonctions du type « Sois calme » quand on est en panique : ça ne marche pas. Pire, ça peut ajouter une couche de culpabilité.
L’hypnose ericksonienne part du principe inverse : l’inconscient est un partenaire, pas un subordonné. Milton Erickson, le fondateur de cette approche, disait souvent que chaque personne a déjà en elle les ressources nécessaires pour guérir ou changer. Mon rôle n’est pas de lui imposer un chemin, mais de l’aider à découvrir le sien. Pour cela, je ne donne pas d’ordres. Je sème des suggestions, des images, des métaphores. Je crée un terrain fertile. Et votre inconscient, en toute autonomie, décide de ce qu’il va en faire.
Prenons un exemple. Un coureur que j’accompagne en préparation mentale me dit : « Je bloque au 15e kilomètre. Ma tête me dit que je vais craquer. » Si je lui ordonnais : « Pense positif, ne craque pas », son mental conscient ferait peut-être un effort, mais son inconscient, lui, entendrait surtout le mot « craquer ». En hypnose ericksonienne, je vais plutôt lui raconter l’histoire d’un coureur qui, au 15e kilomètre, ralentit pour observer son souffle, et découvre que ce ralentissement n’est pas un échec mais un signal de son corps pour ajuster son allure. Je ne lui dis pas quoi faire. Je lui propose une autre perspective. Son inconscient, librement, intégrera cette idée ou non.
Blockquote :
« L’inconscient n’aime pas les ordres. Il aime les invitations. Quand on lui dit “Tu dois”, il se ferme. Quand on lui dit “Et si tu pouvais…”, il s’ouvre. » – Milton Erickson (paraphrase)
Je reçois régulièrement des personnes qui ont déjà essayé des méthodes plus directives. Un patient, appelons-le Marc, est venu me voir pour une phobie des examens. Il avait déjà consulté un hypnothérapeute qui lui avait dit : « Quand vous serez en examen, vous serez calme et confiant. » Résultat ? Marc se sentait encore plus anxieux. Pourquoi ? Parce que son conscient savait qu’il n’était pas calme, et l’ordre direct créait un conflit intérieur : « Je devrais être calme, mais je ne le suis pas, donc je suis nul. » La résistance s’installait.
La résistance n’est pas un ennemi. C’est un signal. Votre inconscient résiste aux ordres parce qu’il perçoit une menace : on veut lui imposer un changement qui n’est pas aligné avec son rythme, sa logique interne ou ses besoins profonds. Imaginez qu’on vous ordonne de changer la disposition de votre salon sans vous demander votre avis. Vous allez probablement résister, même si la nouvelle disposition est meilleure. C’est pareil pour votre psychisme.
L’hypnose ericksonienne contourne cette résistance en ne la confrontant jamais. Au lieu de dire « Vous allez arrêter de fumer », je peux dire : « Vous avez peut-être remarqué que, parfois, votre main cherche une cigarette sans que vous le décidiez. Et peut-être que, d’ici quelques jours, vous observerez que ce geste devient moins fréquent, ou qu’il se transforme en autre chose, comme une respiration plus profonde. » Je n’ordonne rien. Je décris des possibilités. Je laisse l’inconscient faire le tri.
Cette approche est particulièrement utile pour les personnes qui ont un fort besoin de contrôle, ou qui se méfient des méthodes trop intrusives. En ne donnant pas d’ordres, je respecte leur souveraineté intérieure. Et paradoxalement, c’est ce respect qui permet au changement de s’ancrer.
Comment fait-on, concrètement, pour suggérer sans ordonner ? La réponse tient en un mot : les suggestions indirectes. Ce sont des formulations qui ouvrent des possibilités plutôt que de les imposer. Voici quelques exemples que j’utilise souvent :
Ces formes de langage ne forcent pas. Elles créent un espace de liberté. Et dans cet espace, l’inconscient peut faire ce qu’il fait de mieux : connecter des points, activer des ressources, et produire un changement qui semble parfois venir de nulle part.
Un patient, footballeur amateur, souffrait de crampes nerveuses avant chaque match. Je n’ai pas dit « Ne stresse pas ». J’ai utilisé une suggestion indirecte : « Vous savez, quand un moteur est très performant, il a besoin d’un petit temps de chauffe avant de donner le meilleur. Peut-être que votre corps, avant un match, fait exactement la même chose. » Il a souri. Trois semaines plus tard, il m’a dit : « Je ne sais pas pourquoi, mais maintenant, je vois cette tension comme un signal que je suis prêt, pas comme un problème. » Je n’avais rien ordonné. J’avais juste planté une graine.
L’un des principes les plus fascinants de l’hypnose ericksonienne, c’est l’utilisation de la résistance. Au lieu de lutter contre elle, on l’intègre. Erickson était un maître dans cet art. Si un patient disait « Je n’arrive pas à me détendre », Erickson ne répondait pas « Mais si, vous allez y arriver ». Il disait : « Très bien. Ne vous détendez pas. Restez tendu. Et peut-être que, pendant que vous restez tendu, vous pouvez remarquer une petite zone de votre corps qui, elle, est un peu plus relâchée. » Le patient, qui résistait à la détente, se retrouvait à coopérer. Sa résistance devenait un point d’appui.
Cette approche est puissante pour les personnes qui ont un fort caractère ou qui viennent en hypnose avec des doutes. Je me souviens d’un préparateur mental sportif, venu me voir pour un burnout. Il était habitué à tout contrôler. Quand je lui ai proposé une première induction, il a ouvert les yeux au bout de deux minutes en disant : « Je n’y arrive pas, je pense à autre chose. » J’aurais pu insister. J’ai plutôt dit : « Parfait. Pendant que vous pensez à autre chose, votre inconscient peut en profiter pour travailler sur ce qui est vraiment important pour vous, sans que votre conscient s’en mêle. » Il a souri, a fermé les yeux, et la séance a été très productive.
La résistance n’est pas un obstacle. C’est une information. Elle nous dit comment l’inconscient fonctionne. En l’accueillant au lieu de la combattre, on transforme un « non » en un « oui » silencieux.
Je veux être honnête avec vous. L’hypnose ericksonienne ne fait pas tout. Elle ne peut pas vous transformer en quelqu’un d’autre. Elle ne peut pas effacer des traumatismes profonds en une séance. Elle ne donne pas d’ordres, certes, mais cela signifie aussi qu’elle ne garantit pas un résultat précis dans un délai fixe. Parfois, le changement est rapide : une personne qui arrête de fumer du jour au lendemain après une séance. Parfois, il est plus progressif : un coureur qui met plusieurs semaines à intégrer une nouvelle façon de gérer sa fatigue.
L’hypnose ericksonienne repose sur un pari : celui que votre inconscient sait ce qui est bon pour vous, et qu’il va le faire à son rythme. Cela demande de la confiance. Pas une confiance aveugle en le praticien, mais une confiance en vous-même, en vos ressources intérieures. Mon rôle n’est pas de vous « guérir », mais de créer les conditions pour que vous vous guérissiez vous-même.
C’est pourquoi je ne promets jamais de résultats spectaculaires en trois séances. Je dis : « Je vais vous proposer des pistes. Votre inconscient décidera. » Et je respecte que, parfois, le changement ne vienne pas tout de suite, ou qu’il prenne une forme inattendue. Un patient qui venait pour des insomnies s’est retrouvé, après quelques séances, à changer de travail. L’insomnie avait disparu, mais ce n’était pas le but initial. Son inconscient avait choisi une solution plus large.
Blockquote :
« L’hypnose ericksonienne ne vous donne pas de réponse. Elle vous aide à poser la bonne question à votre propre inconscient. Et c’est lui qui trouve la réponse qui vous correspond vraiment. »
Vous vous demandez peut-être : comment l’inconscient fait-il ce choix ? Est-ce qu’il calcule ? Est-ce qu’il suit des règles ? Je vais vous donner une image simple. Imaginez votre inconscient comme un immense océan où flottent des milliers de bouées, chacune représentant une ressource, une mémoire, une capacité. Votre mental conscient, lui, est un petit bateau qui navigue en surface. Quand vous êtes en souffrance, c’est comme si le bateau était bloqué dans un courant, incapable d’accéder aux bouées.
Les suggestions indirectes que je sème sont comme des vents doux qui poussent le bateau vers des zones de l’océan qu’il n’avait pas explorées. Le bateau ne choisit pas consciemment la direction. Il suit le vent. Mais l’océan, lui, sait où sont les bouées utiles. L’inconscient, en captant les suggestions, va activer des connexions neuronales, des souvenirs, des compétences que vous aviez oubliées ou négligées.
Par exemple, une personne qui souffre d’anxiété sociale a peut-être, dans son histoire, vécu un moment où elle s’est sentie parfaitement à l’aise en public – un exposé réussi, une fête agréable. Mais ce souvenir est enfoui sous des couches de peur. L’hypnose ericksonienne ne va pas ordonner « Souviens-toi de ce moment ». Elle va raconter une histoire de confiance, utiliser des métaphores de pont ou de porte, et l’inconscient, de lui-même, va aller piocher ce souvenir et le reconnecter au présent.
C’est pour cela que le changement semble parfois « magique » : parce qu’il vient de l’intérieur, sans effort conscient. Vous ne décidez pas de changer. Vous constatez que le changement est déjà là. Un footballeur que j’accompagnais ne se rendait pas compte qu’il avait amélioré sa concentration jusqu’à ce que son entraîneur le lui fasse remarquer. Son inconscient avait intégré la suggestion pendant les séances, sans que son mental ne s’en aperçoive.
Si vous lisez ces lignes et que vous vous reconnaissez dans une difficulté – une habitude tenace, une anxiété récurrente, un blocage sportif – je vous invite à considérer cette idée : vous n’avez pas besoin d’ordres pour changer. Vous avez besoin d’un espace où votre inconscient peut respirer, explorer, choisir.
Vous pouvez commencer par une petite expérience, ici et maintenant, sans rendez-vous. Asseyez-vous confortablement. Fermez les yeux. Prenez trois respirations profondes. Puis, sans rien décider, dites-vous intérieurement : « Peut-être que mon inconscient sait déjà ce dont j’ai besoin pour aller mieux. Peut-être qu’il va me le montrer, d’une façon ou d’une autre, dans les jours qui viennent. » N’attendez rien de précis. Laissez la phrase flotter en vous. Vous venez de faire une suggestion indirecte à votre propre inconscient. Il fera le reste, ou pas. Mais vous avez ouvert une porte.
Si vous voulez aller plus loin, je suis là. Mon cabinet à Saintes est un lieu où je ne donne pas d’ordres. Je crée des espaces. Je sème des graines. Et je vous regarde, souvent étonné, voir ce que votre inconscient décide de faire pousser. Si cela vous parle, prenez contact. Nous trouverons un moment pour que vous puissiez, à votre rythme, découvrir ce qui est déjà là, en vous.
Prenez soin de vous. Thierry
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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