3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comprenez pourquoi vous restez pleinement conscient et acteur de votre séance.
Vous êtes allongé confortablement, les yeux fermés. J’ai une voix calme, un rythme posé. Je prononce des phrases qui parlent de détente, de lourdeur, de légèreté. Et là, une pensée vous traverse : « Et si je perdais le contrôle ? »
C’est la peur la plus fréquente que j’entends en consultation, en particulier de la part de personnes qui n’ont jamais expérimenté l’hypnose. Elle est légitime. Elle vient d’un bon endroit : votre survie, votre vigilance, votre besoin de rester maître de vous-même. Mais cette peur repose sur un malentendu profond.
Je vais être très clair : l’hypnose ericksonienne ne vous fait pas perdre le contrôle. Jamais. Et si un praticien vous promet le contraire, fuyez.
Vous ne serez ni endormi, ni inconscient, ni manipulé contre votre gré. Vous entendrez tout ce que je dis, vous pourrez ouvrir les yeux à tout moment, et vous garderez votre libre arbitre intact. En réalité, ce qui se passe est bien plus subtil, bien plus respectueux de votre conscience que ce que l’imaginaire collectif laisse croire.
Prenons un exemple concret. Je reçois souvent des sportifs, comme des coureurs de fond ou des footballeurs amateurs. L’un d’eux, que j’appellerai Vincent, est venu me voir parce qu’il bloquait systématiquement sur les 10 derniers kilomètres d’un marathon. Il avait peur que l’hypnose « prenne le dessus » et qu’il ne puisse plus gérer son effort. Je lui ai dit : « Tu vas rester en pleine conscience. On va juste travailler sur la façon dont ton cerveau interprète la fatigue. »
À la fin de la séance, il m’a dit : « Je n’ai jamais été aussi présent. Je savais exactement ce que tu faisais, mais en même temps, je me sentais libre de laisser partir mes tensions. »
Voilà le paradoxe de l’hypnose ericksonienne : vous êtes plus conscient, plus concentré, plus en contrôle de ce que vous voulez changer, tout en laissant les automatismes inutiles s’effacer.
Et si on regardait cela de plus près ?
Votre cerveau est une machine à survivre. Il est programmé pour détecter le moindre danger, y compris la menace de perdre le contrôle. Quand vous fermez les yeux et que vous entendez une voix qui parle de « lâcher prise », votre cortex préfrontal – cette partie de votre cerveau qui planifie, analyse et décide – reste en alerte. Il ne s’éteint jamais.
En hypnose ericksonienne, on ne cherche pas à endormir cette partie. On l’invite à se mettre en retrait, comme on baisserait le volume d’une musique que l’on connaît par cœur, pour laisser émerger d’autres sons. Vous êtes toujours là, vous savez ce qui se passe. Vous pouvez même avoir une conversation intérieure avec vous-même : « Tiens, il dit que mon bras devient lourd. Est-ce que c’est vrai ? Est-ce que je le sens ? »
Ce dialogue intérieur, c’est la preuve que vous contrôlez. Vous n’êtes pas passif. Vous êtes un explorateur de votre propre fonctionnement.
Milton Erickson, le fondateur de cette approche, disait que l’hypnose n’est pas un état imposé, mais un état appris. Vous apprenez à utiliser vos propres ressources, vos propres souvenirs, vos propres sensations, pour créer un changement. Le praticien n’est qu’un guide, pas un pilote.
Prenons une métaphore simple. Imaginez que vous êtes dans une voiture. Moi, le praticien, je suis le GPS. Je vous indique une route. Mais c’est vous qui tenez le volant, qui appuyez sur l’accélérateur ou le frein. Si la route ne vous plaît pas, vous pouvez tourner, vous arrêter, ou même éteindre le GPS. Vous êtes le conducteur. Toujours.
Alors, d’où vient cette impression de « perte de contrôle » que certaines personnes ressentent ? Elle vient souvent d’une confusion entre lâcher prise et abandon. Lâcher prise, c’est cesser de lutter contre une sensation ou une pensée. C’est un acte volontaire. Abandonner, c’est se soumettre sans consentement. En hypnose ericksonienne, on ne fait que du lâcher prise conscient.
Je vous donne un autre exemple. Une cliente, appelons-la Sophie, stressée par son travail, est venue me voir. Elle avait peur de « craquer » en séance, de pleurer sans pouvoir s’arrêter. Je lui ai expliqué que si elle pleurait, ce serait elle qui déciderait d’ouvrir les yeux ou de continuer. En fin de séance, elle m’a dit : « J’ai senti l’émotion monter, mais j’ai choisi de la laisser passer. Je n’ai pas pleuré, mais j’ai senti que je pouvais le faire si je voulais. C’est moi qui ai décidé. »
Voilà la clé : vous décidez. À chaque instant.
« L’hypnose n’est pas un état de sommeil, mais un état de concentration intense où le patient reste pleinement conscient de ce qui se passe. » – Milton Erickson
Quand vous entrez en état hypnotique – ce qu’on appelle aussi « transe » – votre cerveau ne s’éteint pas. Il change de mode de fonctionnement. Les neurosciences le confirment : l’activité cérébrale se modifie, mais elle reste intense. Ce qui change, c’est la relation entre votre conscient et votre inconscient.
En temps normal, votre conscient – cette voix intérieure qui analyse, juge, planifie – est très actif. Il filtre en permanence les informations. En transe, ce filtre s’assouplit. Votre inconscient – cette immense bibliothèque de souvenirs, d’automatismes, de compétences – devient plus accessible.
Mais attention : votre conscient ne disparaît pas. Il est juste moins bavard. Vous pouvez toujours l’écouter si vous voulez. Vous pouvez même décider de sortir de la transe à tout moment. C’est ce qu’on appelle la « réversibilité ». C’est un critère fondamental de l’hypnose éthique.
Prenons un exemple du quotidien. Vous êtes au volant, sur une autoroute familière. Soudain, vous réalisez que vous avez parcouru les dix derniers kilomètres sans vraiment y penser. Votre conscient était ailleurs – dans une conversation imaginaire, une musique, une préoccupation du travail. Pourtant, vous avez parfaitement conduit : vous avez freiné, changé de voie, respecté les limites. Votre inconscient a géré.
Étiez-vous en perte de contrôle ? Non. Vous étiez en pilotage automatique, mais vous pouviez reprendre le contrôle à tout moment – et vous l’avez fait quand vous avez réalisé que vous étiez « ailleurs ».
L’hypnose ericksonienne, c’est exactement cela : un état de conscience modifié, naturel, que vous expérimentez déjà plusieurs fois par jour sans le savoir. La seule différence, c’est qu’on le fait intentionnellement, avec un objectif précis.
Ce qui fait peur, souvent, c’est l’idée que quelqu’un d’autre pourrait « programmer » votre inconscient. Mais en hypnose ericksonienne, le praticien ne fait que suggérer. Il propose des images, des sensations, des directions. C’est à vous d’accepter ou non. Votre inconscient est farouchement loyal à votre système de valeurs. Il ne fera jamais quelque chose qui va contre votre intégrité.
Je me souviens d’un joueur de football que j’ai accompagné. Il avait une peur panique de rater un penalty décisif. En séance, je lui ai proposé d’imaginer un scénario où il réussissait. Son corps s’est détendu, son rythme cardiaque a ralenti. Puis je lui ai dit : « Et si tu imagines que tu rates ? » Immédiatement, son visage s’est crispé, ses épaules se sont levées. Il a ouvert les yeux et m’a dit : « Je n’ai pas aimé cette image, je l’ai arrêtée. »
Il avait arrêté. De lui-même. Parce que son inconscient a refusé une suggestion qui ne lui convenait pas. Voilà le niveau de contrôle que vous avez.
La manipulation, c’est quand on vous fait faire quelque chose contre votre volonté, à votre insu, ou par la ruse. En hypnose ericksonienne, tout est transparent. Je vous explique ce que je vais faire, pourquoi je le fais, et vous donnez votre consentement éclairé. Si vous n’êtes pas d’accord, on ne fait pas.
Le mythe de la manipulation vient en partie des spectacles d’hypnose de scène. Là, le showman sélectionne des personnes très suggestibles, qui acceptent de jouer le jeu. Il utilise des techniques de pression sociale et de divertissement. Ce n’est pas de l’hypnose thérapeutique. C’est du théâtre.
En consultation, l’éthique est radicale. Je ne peux pas vous faire faire quelque chose que vous ne voulez pas. Si je vous suggérais de lever le bras, vous pourriez très bien ne pas le faire. Et si vous le faites, ce sera parce que vous avez accepté intérieurement l’idée. Pas parce que je vous ai « forcé ».
Votre inconscient est comme un jardinier. Il accepte les graines qu’on lui propose, mais il ne les fait pousser que si elles sont compatibles avec le sol. Et vous êtes le sol. Si une suggestion ne résonne pas avec vous, elle ne prendra pas.
Prenons un exemple de la vie quotidienne. Vous êtes avec un ami qui vous dit : « Imagine que tu es sur une plage chaude. » Vous pouvez fermer les yeux et essayer. Mais si vous n’aimez pas la plage, si vous préférez la montagne, votre cerveau va rejeter l’image ou la transformer. Vous restez acteur.
En hypnose, c’est pareil. Je peux suggérer des images de sérénité, mais si votre inconscient préfère une image de force ou de puissance, il va la modifier. Vous êtes le créateur de votre expérience.
Ce qui est fascinant, c’est que cette peur de la manipulation révèle souvent une force : votre capacité à dire non. Vous êtes dans une vigilance saine. Et c’est précisément cette vigilance que l’hypnose respecte. On ne la combat pas, on l’invite à se détendre un peu, comme on inviterait un garde du corps à s’asseoir quelques minutes dans un endroit sûr.
« Vous n’êtes jamais plus libre que lorsque vous choisissez consciemment de laisser votre inconscient prendre le relais. »
L’objectif de l’hypnose ericksonienne n’est pas de vous rendre dépendant du praticien. C’est même tout le contraire. Le but est de vous apprendre à utiliser vos propres ressources pour résoudre vos problèmes. Vous repartez avec des outils que vous pouvez utiliser seul.
Prenons un exemple concret. Un coureur que j’accompagne, Pierre, avait des douleurs au genou qui n’avaient pas de cause médicale claire. En séance, on a travaillé sur la façon dont son cerveau interprétait la douleur. On a utilisé des images de fluidité, de légèreté. Au bout de quelques séances, il a appris à reproduire cet état seul, avant ses courses. Il me disait : « Maintenant, quand je sens la douleur arriver, je respire, je ferme les yeux deux secondes, et je me rappelle l’image qu’on a construite. Ça suffit. »
Voilà l’autonomie. Vous n’avez plus besoin de moi. Vous avez intégré un nouveau réflexe, une nouvelle façon de fonctionner.
L’hypnose ericksonienne vous apprend aussi à mieux connaître votre propre fonctionnement. Vous découvrez comment votre inconscient communique : par des sensations, des images, des émotions. Vous devenez plus attentif à vos signaux internes. Vous apprenez à faire confiance à votre intuition, à vos ressentis.
Un footballeur que j’ai suivi m’a raconté qu’après quelques séances, il avait commencé à « sentir » avant un match si son corps était prêt ou non. Il ajustait son échauffement en fonction. Il avait repris le contrôle de sa préparation mentale, là où avant il subissait son stress.
L’autonomie, c’est aussi la capacité à dire non. En séance, si une suggestion ne vous convient pas, vous pouvez la refuser. Et c’est très important. Cela signifie que vous êtes en train d’apprendre à poser des limites, même dans un état de relaxation profonde. C’est une compétence que vous pourrez transférer dans votre vie quotidienne.
Je me souviens d’une cliente, stressée par son patron autoritaire. Elle avait du mal à dire non. En séance, on a travaillé sur une image où elle restait calme tout en posant une limite. Elle a pu le faire en hypnose, puis dans la réalité. Elle m’a dit : « Je n’ai pas crié, je n’ai pas fui. J’ai juste dit non, calmement. Et ça a marché. »
L’hypnose ne vous enlève rien. Elle vous donne des clés.
Comment savoir, pendant une séance, que vous êtes toujours aux commandes ? Voici quelques indicateurs concrets.
Vous pouvez ouvrir les yeux à tout moment. Certaines personnes le font pour vérifier. C’est parfaitement normal. Si vous le faites, vous verrez que vous êtes simplement là, dans la pièce, détendu mais conscient. Vous pouvez refermer les yeux et replonger. C’est vous qui gérez le volume de votre attention.
Vous pouvez parler. Si je vous pose une question, vous pouvez répondre. Vous pouvez aussi rester silencieux. Vous avez le choix. En hypnose ericksonienne, on n’exige pas de réponse. On laisse l’espace.
Vous pouvez bouger. Si une position devient inconfortable, vous pouvez vous ajuster. Certaines personnes se grattent le nez, changent de jambe, ouvrent brièvement les yeux. Tout cela est normal. Votre corps reste sous votre contrôle.
Vous pouvez avoir des pensées parasites. Peut-être que pendant que je parle, vous pensez à votre liste de courses, à un film que vous avez vu, à un bruit dehors. Ce n’est pas un échec. C’est votre conscient qui fait son travail. Il reviendra vers la séance quand il sera prêt. Vous ne « ratez » rien.
Vous pouvez ressentir des émotions. Peut-être que la tristesse ou la colère monte. Vous pouvez choisir de la laisser s’exprimer ou de la mettre de côté. C’est votre décision. Je ne ferai jamais rien pour vous « forcer » à pleurer ou à rire.
Un client m’a raconté un jour : « Pendant la séance, j’ai senti une grosse colère monter dans ma poitrine. J’ai eu peur de perdre le contrôle, alors j’ai ouvert les yeux. Tu m’as regardé, tu m’as souri. J’ai refermé les yeux et j’ai décidé de laisser la colère être là sans agir. Elle est passée toute seule. » Il avait repris le contrôle en choisissant de ne pas agir.
Votre inconscient est un allié, pas un ennemi. Il ne vous trahira pas. Il vous protège. Et si vous sentez que quelque chose ne va pas, il vous le signalera. Et vous pourrez réagir.
« Le contrôle n’est pas la rigidité. Le vrai contrôle, c’est la capacité à s’ajuster en conscience. »
Si vous êtes encore hésitant, je vous propose une approche simple. Vous n’êtes pas obligé de vous allonger. Vous pouvez rester assis, les yeux ouverts si vous préférez. On peut commencer par une simple conversation, pour que vous vous sentiez en sécurité.
Je vous expliquerai chaque étape. Je vous dirai ce que je vais faire et pourquoi. Vous pourrez poser toutes les questions que vous voulez. Rien n’est mystérieux. L’hypnose ericksonienne est une pratique transparente.
Vous pouvez aussi décider de ne pas fermer les yeux. On peut travailler avec une focalisation visuelle, sur un point fixe, ou même avec les yeux ouverts en regardant un objet. L’état hypnotique ne dépend pas des paupières fermées.
Si à un moment vous voulez arrêter, vous dites « stop » ou vous ouvrez les yeux. C’est simple. Je ne vous retiendrai pas. Je ne vous dirai pas « restez, c’
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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