HypnoseFondamentaux

Pourquoi l'hypnose ne vous endort pas mais vous réveille vraiment

La vérité sur cet état de conscience qui libère vos souffrances.

TSThierry Sudan
23 avril 202613 min de lecture

Vous êtes allongé sur le fauteuil, les yeux fermés, et vous entendez ma voix qui vous guide. Peut-être que vous imaginez un escalier, un lieu de paix, ou simplement que vous laissez votre attention suivre ma respiration. Et à ce moment-là, une pensée vous traverse : « Et si je ne me réveille pas ? » ou « Je ne sens rien, ça ne marche pas… ». Je l’entends souvent, cette petite voix intérieure qui doute. Parce qu’on a tous en tête l’image de l’hypnose de spectacle, celle où quelqu’un devient raide comme une planche ou se met à chanter comme une poule. On pense que l’hypnose, c’est une forme de sommeil, un état de passivité où l’on perd le contrôle. Mais laissez-moi vous dire une chose : l’hypnose ne vous endort pas. Elle vous réveille. Elle réveille des parties de vous qui étaient mises en veille, des ressources que vous pensiez perdues, et surtout, elle réveille votre capacité à être pleinement présent à ce qui se joue en vous.

Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes depuis 2014, et je travaille chaque jour avec des adultes qui viennent me voir parce qu’ils souffrent. Anxiété, phobies, stress chronique, douleurs tenaces, ou simplement ce sentiment de tourner en rond. Et presque à chaque fois, ils arrivent avec cette question : « Est-ce que je vais me souvenir de tout ? » ou « Est-ce que je vais pouvoir sortir de l’état hypnotique quand je veux ? ». La réponse est oui, évidemment. Mais plus que cela, ce qui se passe dans mon cabinet est tout sauf un endormissement. C’est un éveil. Un éveil à des sensations, des émotions, des souvenirs, et surtout à une nouvelle façon de dialoguer avec soi-même. Alors, si vous êtes curieux de comprendre ce qui se passe vraiment quand vous fermez les yeux et que vous écoutez une voix, restez avec moi. On va déconstruire ensemble ce mythe qui colle à la peau de l’hypnose.

Qu’est-ce que l’hypnose ericksonienne change vraiment dans votre cerveau ?

Pour comprendre pourquoi l’hypnose ne vous endort pas, il faut d’abord regarder ce qui se passe dans votre tête. Littéralement. Votre cerveau, quand vous êtes éveillé et en pleine conscience ordinaire, fonctionne sur un mode de veille active. Vous analysez, vous planifiez, vous jugez, vous filtrez. C’est le mode « pilotage automatique », celui qui vous permet de conduire sans penser à chaque geste, mais aussi celui qui vous maintient dans des schémas de pensée répétitifs. Par exemple, si vous êtes anxieux, votre cerveau passe son temps à scanner l’environnement pour détecter des menaces. C’est épuisant.

Quand vous entrez en état hypnotique, quelque chose de radical se produit. Les neurosciences l’ont montré grâce à l’imagerie cérébrale : l’activité de votre cortex préfrontal dorsal latéral – le centre du contrôle, de la volonté et de la critique – diminue. En même temps, les connexions entre votre cortex préfrontal et votre système limbique (le siège des émotions et de la mémoire) se renforcent. Concrètement, vous passez d’un état de contrôle à un état de réceptivité. Vous n’êtes pas endormi : votre cerveau est plus actif sur certaines zones, notamment celles liées à l’imagerie mentale et à la régulation émotionnelle.

C’est là que le réveil commence. Vous n’êtes plus dans la réaction automatique. Vous êtes dans un état de conscience élargie, où vous pouvez observer vos pensées et vos émotions sans être submergé. C’est comme si vous passiez d’un film d’action où vous êtes le personnage principal à un documentaire où vous êtes le réalisateur. Vous êtes toujours là, vous ressentez tout, mais vous avez une distance. Cette distance, c’est la clé qui libère vos souffrances. Parce que la souffrance, souvent, c’est l’absence de distance. C’est être collé à une émotion, à une croyance, sans pouvoir bouger. L’hypnose vous offre un petit espace de liberté.

Je me souviens de Claire, une femme de 42 ans qui venait pour des crises d’angoisse. Elle me disait : « Dès que je sens mon cœur qui s’accélère, je panique, et je suis perdue. » En séance, nous avons travaillé avec l’hypnose pour lui apprendre à observer cette accélération comme une vague. Elle ne la combattait pas, elle la regardait. Et à sa grande surprise, la vague passait. Elle n’était pas endormie pendant la séance. Elle était plus éveillée que jamais à ce qui se passait dans son corps. L’hypnose ne l’a pas endormie, elle l’a réveillée à sa propre capacité à réguler son système nerveux.

« L’hypnose ne vous plonge pas dans le sommeil, elle vous plonge dans une attention si vive que le reste du monde s’efface. C’est une hyperconscience, pas une inconscience. »

Pourquoi vous sentez-vous plus lucide après une séance qu’avant ?

C’est une question que mes patients me posent souvent : « Thierry, je me sens plus clair, plus léger, mais je n’ai pas l’impression d’avoir dormi. Est-ce normal ? » Absolument. Et c’est même le signe que la séance a fonctionné. Si vous vous sentiez endormi, groggy, ou confus, ce serait plutôt le signe que vous êtes resté en surface, dans une relaxation légère, mais pas dans un état hypnotique profond.

Quand vous êtes en état hypnotique, votre cerveau produit des ondes thêta. Ces ondes sont associées à la créativité, à l’apprentissage, et à la mémoire. Elles sont aussi présentes juste avant l’endormissement, mais aussi dans les moments d’inspiration intense. Ce n’est pas un état de sommeil, c’est un état de « veille intérieure ». Vous êtes plus connecté à votre monde interne. Les distractions extérieures – le bruit de la rue, la lumière, les soucis du quotidien – s’estompent. Vous n’êtes pas ailleurs, vous êtes ici, mais plus profondément.

Prenons un exemple concret. Imaginez que vous êtes dans une pièce avec une radio allumée en fond sonore. Vous l’entendez, mais vous ne l’écoutez pas vraiment. Votre attention est dispersée. L’hypnose, c’est comme si vous éteigniez la radio et que vous vous asseyiez au centre de la pièce. Soudain, vous entendez votre propre respiration, les battements de votre cœur, les pensées qui traversent votre esprit. Vous n’êtes pas endormi, vous êtes plus présent. Et cette présence, elle est thérapeutique. Parce que beaucoup de nos souffrances viennent du fait que nous fuyons notre expérience intérieure. Nous nous distrayons avec des écrans, du travail, des ruminations. L’hypnose vous ramène à l’intérieur, et c’est là que la guérison opère.

Julien, un footballeur que j’accompagne en préparation mentale, me disait après une séance : « D’habitude, je suis dans le match, mais ma tête est ailleurs. Là, j’ai l’impression d’avoir vu chaque détail, chaque mouvement. » C’est exactement ça. L’hypnose ne l’a pas endormi, elle l’a réveillé à une perception plus fine de lui-même et de son environnement. Et cette lucidité, il la retrouve ensuite sur le terrain. Vous aussi, vous pouvez la retrouver dans votre vie quotidienne, que ce soit pour gérer une émotion, prendre une décision, ou simplement savourer un moment.

Comment l’IFS et l’Intelligence Relationnelle amplifient cet éveil ?

L’hypnose seule est déjà un outil puissant. Mais quand je l’associe à l’IFS (Internal Family Systems) et à l’Intelligence Relationnelle, l’éveil devient encore plus profond. L’IFS, c’est une approche qui considère que notre psyché est composée de différentes « parties » – des sous-personnalités qui ont chacune leur rôle, leurs croyances, leurs émotions. Par exemple, il y a une partie de vous qui veut être parfaite, une autre qui a peur de l’échec, une autre qui se renferme pour vous protéger. Ces parties ne sont pas des ennemis, elles sont des gardiens. Mais parfois, elles prennent le contrôle et créent de la souffrance.

En hypnose, je vous guide pour rencontrer ces parties. Pas pour les combattre, mais pour les comprendre. Et là, c’est un réveil. Vous découvrez que cette partie anxieuse, que vous pensiez être « vous », est en fait une partie qui essaie de vous protéger d’un danger souvent ancien. Vous pouvez alors dialoguer avec elle, la remercier, et lui demander de se détendre. C’est un processus de réconciliation intérieure. Vous n’êtes plus victime de vos émotions, vous devenez le leader de votre système interne.

L’Intelligence Relationnelle, elle, vient ajouter une couche. Elle vous apprend à reconnaître vos patterns relationnels – comment vous réagissez face à l’autre, comment vous vous coupez de vos besoins, comment vous répétez des schémas. En hypnose, vous pouvez revivre une situation conflictuelle avec une nouvelle perspective. Vous n’êtes plus en réaction, vous êtes en réponse. Vous pouvez choisir comment agir, au lieu de subir. C’est un éveil à votre pouvoir d’action.

Je pense à Marc, un homme d’une cinquantaine d’années qui venait pour une dépression masquée. Il était toujours souriant, mais il sentait un vide intérieur. En séance, nous avons rencontré une partie de lui qui s’appelait « le soldat ». Cette partie était chargée de tout contrôler, de ne jamais montrer de faiblesse. En hypnose, Marc a pu voir que ce soldat était épuisé. Il a pu le remercier et lui dire qu’il pouvait se reposer. Ce fut un moment d’une grande émotion. Marc n’était pas endormi, il était plus éveillé que jamais à sa propre humanité. L’hypnose, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle ne vous endorment pas, elles vous réveillent à la complexité et à la beauté de qui vous êtes vraiment.

Pourquoi le lâcher-prise n’est pas une perte de contrôle mais un gain de liberté ?

C’est sans doute la peur la plus courante : « Et si je perds le contrôle ? » Je l’entends souvent en début de séance. Cette peur est légitime. Notre société nous apprend à tout maîtriser : notre emploi du temps, nos émotions, notre image. Perdre le contrôle, c’est angoissant. Mais l’hypnose vous apprend une vérité contre-intuitive : plus vous essayez de contrôler, plus vous vous enfermez. Et plus vous lâchez prise, plus vous gagnez en liberté.

Le lâcher-prise en hypnose, ce n’est pas s’abandonner à une force extérieure. C’est abandonner la lutte intérieure. C’est arrêter de vouloir forcer une émotion à disparaître, arrêter de vouloir changer une pensée par la volonté. C’est accepter ce qui est, pour pouvoir le transformer. Quand vous luttez contre une vague, vous vous épuisez et vous risquez de vous noyer. Quand vous plongez dedans, vous ressortez de l’autre côté. L’hypnose vous apprend à plonger.

Pendant une séance, vous êtes toujours conscient. Vous pouvez ouvrir les yeux à tout moment. Vous pouvez parler, bouger, interrompre la séance. C’est vous qui avez le contrôle ultime. Mais vous choisissez de laisser aller, parce que vous sentez que c’est plus sûr, plus doux. C’est un contrôle éclairé, pas une perte de pouvoir. C’est comme apprendre à nager : au début, vous avez peur de lâcher la berge, mais une fois que vous savez que l’eau vous porte, vous nagez librement.

Je me souviens d’une patiente, Sophie, qui avait une phobie de l’avion. Elle me disait : « Je dois tout contrôler dans l’avion, sinon je panique. » En hypnose, nous avons travaillé sur la sensation de lâcher prise. Je lui ai proposé d’imaginer qu’elle était allongée sur un nuage. Au début, elle crispait tout son corps. Puis, petit à petit, elle a senti que le nuage la portait. Elle a souri et m’a dit : « C’est étrange, je ne contrôle rien, mais je me sens en sécurité. » Ce lâcher-prise n’était pas une faiblesse, c’était un gain de liberté. Elle a pu prendre l’avion sans anxiété quelques semaines plus tard. L’hypnose ne l’a pas endormie, elle l’a réveillée à une confiance fondamentale en la vie.

En quoi l’hypnose est-elle un outil de préparation mentale pour le sport ou la vie quotidienne ?

Vous n’êtes pas obligé d’être sportif pour bénéficier de la préparation mentale. Les principes sont les mêmes pour un coureur de marathon, un footballeur, ou un manager stressé. Il s’agit d’optimiser votre état d’esprit pour performer, mais aussi pour être en paix avec vous-même. L’hypnose, dans ce cadre, est un accélérateur.

Quand vous êtes en état hypnotique, vous pouvez ancrer des ressources. Par exemple, vous pouvez associer un geste – comme serrer le poing – à un état de calme profond. Ensuite, en situation de stress, ce simple geste déclenchera cet état. C’est ce qu’on appelle un ancrage. Vous pouvez aussi répéter mentalement une performance, comme un footballeur qui visualise son tir au but réussi. Votre cerveau ne fait pas la différence entre une action réellement vécue et une action vividement imaginée. Les connexions neuronales se renforcent dans les deux cas.

Pour les sportifs que j’accompagne, l’hypnose est un réveil de leurs capacités. Ils découvrent qu’ils ont des ressources insoupçonnées. Un coureur de fond peut apprendre à gérer la douleur en la transformant en énergie. Un footballeur peut apprendre à rester focalisé malgré le bruit du stade. Mais pour vous, dans votre vie quotidienne, c’est pareil. Vous pouvez apprendre à gérer une réunion stressante, à rester calme face à un conflit, ou à trouver l’inspiration pour un projet créatif. L’hypnose ne vous endort pas, elle vous éveille à votre plein potentiel.

Comment intégrer un début d’éveil dès aujourd’hui ?

Je ne vais pas vous promettre que vous allez résoudre tous vos problèmes en un jour. Mais je peux vous proposer quelque chose de simple à essayer maintenant, chez vous. Asseyez-vous confortablement, fermez les yeux, et portez votre attention sur votre respiration. Ne la modifiez pas, observez-la simplement. Puis, mentalement, dites-vous : « Je suis éveillé à mon souffle. » Restez ainsi pendant une minute. Si des pensées viennent, ne les chassez pas, observez-les comme des nuages. Ce petit exercice est une micro-séance d’hypnose. Vous n’êtes pas endormi, vous êtes éveillé à l’instant présent.

Ce que vous venez de faire, c’est un début de réveil. Vous avez créé une petite distance avec le flot mental. C’est le même mécanisme que ce que nous faisons en cabinet, mais en plus guidé. Si vous sentez que cela vous apaise, vous pouvez le répéter plusieurs fois par jour. C’est un outil que vous avez toujours avec vous.

Et si vous alliez plus loin ?

Si vous lisez ces lignes, c’est probablement parce que vous cherchez quelque chose. Peut-être une solution à une souffrance qui dure, peut-être un mieux-être pour lequel vous avez déjà essayé beaucoup de choses. L’hypnose, l’IFS, l’Intelligence Relationnelle ne sont pas des baguettes magiques. Elles demandent un engagement, une curiosité envers vous-même, et parfois un peu de courage pour affronter ce qui est là. Mais je peux vous dire une chose : elles offrent un chemin. Un chemin qui ne vous endort pas, mais qui vous réveille à votre propre force.

Je vous reçois dans mon cabinet à Saintes, en face à face, ou en visio pour ceux qui sont plus loin. On commence toujours par un temps d’échange, sans engagement. On parle de vous, de ce qui vous amène, de vos espoirs et de vos craintes. Et si on sent que le courant passe, on commence le travail. Ce n’est pas une promesse de guérison instantanée, mais une promesse de présence. La mienne, et surtout

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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