3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Technique utilisée par les sportifs pour libérer leur potentiel.
Je les vois arriver dans mon cabinet de Saintes, souvent en plein doute. Ils viennent me voir après avoir déjà tout essayé, ou parce que leur entraîneur leur a conseillé de « travailler le mental ». La plupart du temps, ils me disent la même chose : « Thierry, je m’entraîne dur, je suis techniquement prêt, mais le jour de la compétition, je me sens oppressé. Je stresse, je perds mes moyens, et je ne performe pas à la hauteur de ce que je vaux. » Ils décrivent une pression intérieure qui les paralyse, une voix critique qui siffle plus fort que les encouragements, et cette impression frustrante d’avoir un potentiel coincé sous une chape de plomb. Ils cherchent un déclic, une solution rapide, une pilule magique. Ce que je leur propose, ce n’est pas ça. C’est un chemin plus subtil, plus profond : l’hypnose ericksonienne comme outil de préparation mentale pour performer… sans pression.
Performer sans pression. L’expression peut sembler contre-intuitive, voire utopique. Après tout, le sport de compétition, c’est justement la pression, non ? La pression de l’enjeu, du chrono, du public, des sponsors, de ses propres attentes. Mais c’est précisément là que le bât blesse. La pression, quand elle devient excessive, n’est plus un carburant, elle devient un poison. Elle transforme le geste juste en mouvement saccadé, la stratégie claire en brouillard mental, et la passion en angoisse. L’hypnose ne vise pas à supprimer la pression (elle serait irréaliste), mais à la contenir, à la rediriger, à la transformer. Elle permet de remettre le cerveau dans un état où le corps peut exprimer librement ce qu’il a appris sans être parasité par le mental.
Commençons par comprendre ce qui se joue dans votre tête lorsque vous êtes sur la ligne de départ ou face à un penalty décisif. Votre cerveau est une machine à anticiper les menaces. C’est son boulot principal depuis la nuit des temps : nous protéger en prévoyant le danger. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, le danger n’est plus un lion qui va vous dévorer, mais un public de 10 000 personnes ou un chrono qui tourne. Pourtant, votre système nerveux réagit de la même manière : il active ce qu’on appelle le mode « survie ».
En mode survie, votre cerveau reptilien prend le contrôle. Il libère du cortisol et de l’adrénaline en masse. Votre vision se rétrécit (vision tunnel), vos muscles se tendent, votre rythme cardiaque s’emballe, et votre cortex préfrontal – la partie logique et rationnelle de votre cerveau – se met en veille. Résultat : vous n’êtes plus dans l’analyse fine, vous êtes dans la réaction brute. Vous perdez votre lucidité. Vous ne voyez plus le jeu, vous ne sentez plus votre corps dans l’espace. Vous êtes en pilotage automatique, mais un pilotage automatique dysfonctionnel, hérité des temps préhistoriques. Ce n’est pas un défaut de caractère, c’est une question de neurobiologie. Et c’est là que l’hypnose intervient : elle vous apprend à court-circuiter ce réflexe de survie inadapté.
L’hypnose ericksonienne, dans son approche indirecte et permissive, ne lutte pas contre ce mécanisme. Elle propose plutôt de faire un détour. Elle ne vous dit pas « arrête de stresser », car votre cerveau conscient ne peut pas obéir à un ordre aussi vague et contre-productif. Elle vous accompagne dans un état de conscience modifié où vous allez pouvoir, en toute sécurité, désactiver l’alarme intérieure. C’est un peu comme si vous appreniez à votre système nerveux que le public et le chrono ne sont pas des prédateurs. Que vous pouvez rester en mode « performance » (celui de l’apprentissage, de la fluidité, du flow) même sous stress.
« Le mental ne se dompte pas, il s’apprivoise. L’hypnose, c’est la main douce qui permet de caresser le tigre sans se faire dévorer. »
Cette citation, je la répète souvent à mes patients sportifs. Car c’est le cœur du sujet. Vous n’allez pas devenir insensible. Vous allez devenir flexible. Vous allez apprendre à accueillir l’émotion (la pression, l’excitation, la peur) sans qu’elle vous contrôle. Vous allez créer une distance entre l’événement extérieur (le départ, l’adversaire, le score) et votre réaction intérieure. C’est dans cet espace, cet infime interstice, que se trouve la liberté du performeur.
L’hypnose n’est pas un état de sommeil ni de perte de contrôle. C’est un état de conscience focalisé, hyper-attentif, mais détendu. On pourrait le comparer à l’état dans lequel vous êtes juste avant de vous endormir, ou lorsque vous êtes complètement absorbé par un bon livre. Dans cet état, votre esprit critique s’apaise, et votre inconscient devient plus réceptif. C’est une fenêtre d’apprentissage accéléré.
Concrètement, en séance de préparation mentale avec l’hypnose, je vais travailler sur plusieurs leviers. Le premier, c’est la désensibilisation. Nous allons, en état hypnotique, revivre mentalement la situation de compétition, mais en y intégrant des ressources de calme, de confiance, de puissance. Votre cerveau, qui ne fait pas la différence entre une expérience vécue et une expérience imaginée de manière très réaliste, va progressivement associer la compétition à un état de sérénité active. C’est un nouveau conditionnement.
Le deuxième levier, c’est la réinterprétation du stress. Je vous aide à changer le sens de vos sensations physiques. Cette boule au ventre, ces mains moites, ce cœur qui bat fort : au lieu de les lire comme des signes de peur, vous apprenez à les lire comme des signes de préparation, d’excitation, de puissance prête à être libérée. C’est ce qu’on appelle le « reappraisal » en psychologie cognitive, mais l’hypnose permet de l’ancrer profondément dans le corps, bien au-delà d’une simple pensée positive.
Le troisième levier, et c’est sans doute le plus puissant, c’est l’ancrage de ressources. En séance, je vous guide pour retrouver un souvenir précis où vous étiez au top de votre forme, où tout était fluide, où vous étiez en « flow ». Nous allons amplifier cette sensation, la colorer, lui donner une forme, un son, une image. Puis, nous allons l’associer à un geste simple (serrer le poing, toucher deux doigts, une respiration). Ce geste, vous pourrez le refaire avant la compétition, et il déclenchera instantanément une partie de cet état de flow. C’est un interrupteur mental que vous créez vous-même.
Un coureur que j’accompagnais, appelons-le Marc, était bloqué sur ses marathons. Il faisait des temps excellents à l’entraînement, mais en course, il partait toujours trop vite, victime de l’adrénaline, puis s’effondrait au 30e kilomètre. En hypnose, nous avons travaillé un ancrage de « rythme juste », celui de ses meilleures séances de fractionné. Il a appris à le déclencher en tapotant sa cuisse gauche. Lors du marathon suivant, il m’a raconté qu’au 25e kilomètre, sentant la panique monter, il a tapoté sa cuisse. Et il a dit : « C’était comme si mon corps savait exactement quelle vitesse tenir. Je n’ai pas eu à réfléchir. J’ai juste suivi la sensation. » Il a amélioré son record de 7 minutes.
Si vous venez me voir pour la première fois, vous allez peut-être vous demander à quoi ressemble une séance. Rassurez-vous, il n’y a pas de pendule, de regard magnétique ou de « vous êtes endormi ». C’est un dialogue, une co-construction. Je commence toujours par un échange. Je veux comprendre votre sport, votre quotidien, vos objectifs, mais surtout votre relation à la performance et à la pression. Qu’est-ce qui vous freine ? Qu’est-ce qui vous anime ? Quand avez-vous ressenti ce fameux « flow » pour la dernière fois ?
Ensuite, nous passons à la phase d’induction. Je vais vous inviter à fermer les yeux, à porter votre attention sur votre respiration, sur les sensations de votre corps. Je vais utiliser un langage particulier, fait de suggestions indirectes, de métaphores, de silences. Je vais vous guider vers un état de relaxation profonde, mais vous restez conscient, vous pouvez parler, bouger, ouvrir les yeux si vous le souhaitez. Vous êtes aux commandes. Je suis simplement un guide.
C’est dans cet état que nous allons pouvoir travailler. Par exemple, je peux vous proposer une métaphore : celle d’un chef d’orchestre. Votre corps est l’orchestre, vos émotions sont les musiciens, et votre mental est le chef. La pression arrive, les musiciens (les émotions) commencent à jouer plus vite, plus fort. Le chef peut paniquer et perdre le contrôle, ou il peut, avec calme et autorité, ralentir le tempo, faire un geste apaisant, et ramener l’harmonie. L’hypnose vous permet d’incarner ce chef d’orchestre intérieur.
Je peux aussi utiliser la technique de la « ligne du temps ». Nous projetons votre esprit dans le futur, juste après la compétition. Vous avez performé à votre meilleur niveau. Qu’est-ce que vous ressentez ? Qu’est-ce que vous voyez ? Qu’est-ce que vous vous dites à vous-même ? En ancrant cette sensation de réussite accomplie, votre inconscient commence à travailler pour que ce futur devienne votre présent. C’est un outil de visualisation puissant, mais décuplé par l’état hypnotique.
« L’hypnose ne vous donne pas de super-pouvoirs. Elle vous permet de retirer les obstacles qui empêchent vos vrais pouvoirs de s’exprimer. »
Une séance dure entre 60 et 90 minutes. Parfois, les effets sont immédiats : un sentiment de légèreté, une clarté mentale nouvelle. Parfois, c’est plus subtil, les changements se font sentir dans les jours qui suivent, pendant l’entraînement. Le travail se poursuit souvent avec des enregistrements audio personnalisés que vous pouvez écouter chez vous pour renforcer les ancrages. L’objectif n’est pas la dépendance au thérapeute, mais l’autonomie. Vous devenez votre propre préparateur mental.
J’ai vu des sportifs accumuler les discours de motivation, les livres de développement personnel, les applications de méditation. Tout cela a de la valeur, mais cela reste souvent au niveau du conscient. Or, le problème de la pression, de l’anxiété de performance, il est profondément ancré dans l’inconscient. C’est une programmation. Vous avez peut-être été programmé, enfant, à associer la réussite à la peur de l’échec (« si tu ne gagnes pas, tu es nul »). Ou alors, vous avez intériorisé que le stress est votre ennemi.
Un discours de motivation, c’est une voix extérieure qui essaie de convaincre votre conscient. Mais votre inconscient, lui, reste sur ses positions, protégé par ses vieilles croyances. C’est comme essayer de réparer un bug logiciel en criant sur l’écran. L’hypnose, elle, va directement modifier le code source. Elle s’adresse à la partie de vous qui gère vraiment les automatismes, les émotions, les croyances profondes.
Prenons l’exemple d’un footballeur, que j’appellerai Julien. Il était un excellent tireur de penalty à l’entraînement, mais en match, il ratait systématiquement. Son conscient savait quoi faire. Son inconscient, lui, avait enregistré une peur du regard des autres, une pression du résultat. En hypnose, nous avons exploré l’origine de cette peur. Nous avons découvert qu’à 12 ans, il avait raté un penalty décisif et s’était senti humilié par son entraîneur. Cette scène s’était gravée comme un film d’horreur. Nous avons pu, en état hypnotique, « remonter le film », le revoir en toute sécurité, et y intégrer des ressources de force et de sérénité. Nous avons aussi recadré l’événement : ce n’était pas un échec, c’était un apprentissage qui l’avait rendu plus résilient. Aujourd’hui, Julien est le tireur numéro un de son équipe, avec un taux de réussite de 90% en match. Il dit : « Je ne réfléchis plus. Je suis juste dans une bulle. Je vois le ballon, le but, et mon corps fait le reste. »
C’est cela, la puissance de l’hypnose. Elle ne se contente pas de gérer les symptômes (le stress, la pression), elle va à la racine. Elle désactive les vieilles programmations limitantes et en installe de nouvelles, alignées avec votre objectif de performance sereine.
Avant de conclure, je veux être honnête avec vous. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Il y a des pièges dans lesquels je vois souvent tomber les sportifs, et que je vous invite à éviter.
Premier piège : vouloir aller trop vite. Vous venez pour une séance et vous espérez que tout sera réglé en une heure. Parfois, un seul déclic suffit. Mais souvent, un travail de fond est nécessaire. Les vieilles habitudes mentales sont tenaces. Donnez-vous le temps de les déconstruire. Je recommande généralement entre 3 et 6 séances pour un changement durable, parfois plus selon la profondeur des blocages.
Deuxième piège : chercher à supprimer toute émotion. La performance sans pression ne signifie pas être un robot. L’émotion est le sel de la performance. L’excitation, la tension, l’adrénaline sont des carburants formidables. L’objectif n’est pas de les anéantir, mais de les réguler pour qu’elles soient au service de votre geste, pas contre lui. Un sportif sans émotion est un sportif sans vie, sans inspiration.
Troisième piège : négliger le travail personnel. Je vous donne des outils, je vous guide, mais je ne peux pas faire le travail à votre place. L’écoute des enregistrements, la pratique des ancrages, l’attention portée à vos ressentis au quotidien : c’est votre partie. La préparation mentale est un entraînement, au même titre que la préparation physique. Elle demande de la régularité et de l’engagement.
Quatrième piège : se comparer aux autres. Votre chemin est unique. Ne regardez pas ce que fait untel ou unetelle. Votre pression, vos peurs, vos forces sont les vôtres. L’hypnose est un processus sur mesure. Ce qui fonctionne pour un marathonien ne fonctionnera pas forcément pour un footballeur ou un judoka. Et c’est tant mieux. C’est précisément pour cela que je construis chaque séance en fonction de la personne que j’ai en face de moi, de son histoire, de son sport, de sa sensibilité.
Un dernier point important : l’hypnose ne remplace pas un suivi médical ou psychothérapeutique si vous souffrez de troubles anxieux sévères ou de dépression. Elle est un outil de développement et de performance pour des personnes globalement en bonne santé psychique. Si vous sentez que votre mal-être dépasse le cadre sportif, je vous orienterai vers un collègue plus adapté. Mon rôle est d’être clair et responsable.
Vous êtes peut-être en train de lire cet article et de vous dire : « D’accord, mais moi, je ne peux pas venir à Saintes tout de suite. Par quoi je commence ce soir ? » Voici un petit exercice simple, directement issu de ce que je propose en séance. Il ne remplace pas un accompagnement personnalisé, mais il vous donne un avant-goût de ce que l’hypnose peut vous apporter.
Asseyez-vous confortablement, les pieds à plat sur le sol, les mains sur les cuisses. Prenez une inspiration profonde par le nez, et expirez lentement par la bouche, comme si vous soufflie
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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