3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Technique concrète pour gérer la douleur par la transe.
Tu ouvres les yeux au milieu de la nuit. Une douleur lancinante dans le genou, ou peut-être cette migraine qui pulse derrière l’œil droit. Tu regardes l’heure : 3h17. Trop tard pour appeler quelqu’un, trop tôt pour que les médicaments fassent effet. Tu es seul avec cette sensation qui envahit tout. Pourtant, il existe un chemin pour traverser cette nuit sans t’épuiser à lutter contre elle.
Je m’appelle Thierry Sudan, je suis praticien à Saintes depuis 2014, et je travaille quotidiennement avec des personnes qui vivent avec des douleurs chroniques ou aiguës. L’hypnose ericksonienne n’est pas une baguette magique qui efface la douleur, mais elle t’offre une capacité précieuse : celle de changer ton rapport à elle. Aujourd’hui, je vais te partager un protocole en cinq étapes que tu peux pratiquer seul, chez toi, quand la douleur se manifeste.
Ce protocole est le fruit de centaines de séances. Il ne remplace pas un suivi médical, mais il te redonne un levier d’action. Parce que la douleur n’est jamais seulement une information corporelle : elle est aussi une histoire que ton cerveau se raconte. Et dans cette histoire, tu peux intervenir.
Avant de plonger dans les étapes, il faut comprendre un mécanisme fondamental. Quand tu as mal, ton premier réflexe est souvent de contracter la zone douloureuse, de serrer les dents, de vouloir « chasser » la sensation. C’est compréhensible, mais contre-productif.
La douleur, dans le système nerveux, fonctionne comme une alarme. Elle te signale qu’il y a un problème. Mais quand tu luttes contre elle, ton cerveau interprète cette lutte comme une confirmation du danger. Il renforce alors le signal douloureux. C’est le cercle vicieux : plus tu veux éteindre le feu, plus tu alimentes les flammes.
L’hypnose propose une autre voie. Au lieu de combattre, tu observes. Tu changes de perspective. Tu passes du statut de victime de la douleur à celui d’explorateur de tes sensations. Et ce simple déplacement de position modifie profondément la chimie de ton cerveau.
La douleur n’est pas une fatalité que tu subis, c’est un signal que tu peux apprendre à décoder et à réguler. L’hypnose ne supprime pas le signal, elle te donne le volume.
Ce protocole en cinq étapes repose sur cette idée : tu ne vas pas effacer la douleur, mais tu vas créer un espace intérieur où elle n’est plus la seule occupante de la scène. Commençons.
La première étape est cruciale. Avant de pouvoir agir sur la douleur, tu dois établir un point de référence stable dans ton corps. Sans cela, tu risques de te perdre dans la sensation douloureuse, ce qui peut amplifier l’inconfort.
Installe-toi confortablement, assis ou allongé. Ferme les yeux si cela te convient. Prends trois respirations profondes, pas forcément plus longues, juste plus conscientes. Puis, porte ton attention sur une partie de ton corps qui n’est pas douloureuse. Ça peut être le bout de ton nez, l’extrémité de ton pouce gauche, ou la plante de tes pieds. Choisis une zone neutre, sans tension.
Maintenant, concentre-toi sur les sensations précises de cette zone. Pour le pouce : sens la température de l’air autour de lui, la texture de ce qu’il touche, le poids de ta main. Reste là pendant une minute, en laissant les détails sensoriels s’épaissir.
Ce point d’ancrage va devenir ton refuge. Quand la douleur deviendra trop présente dans les étapes suivantes, tu pourras toujours revenir à cette zone neutre pour te recentrer. Tu crées ainsi une porte de sortie dans ton propre corps, un endroit où la douleur n’a pas d’emprise.
Un patient que j’ai accompagné, coureur de fond avec une tendinite chronique au tendon d’Achille, utilisait son lobe d’oreille gauche. Il disait : « C’est ridicule, mais quand je me concentre sur mon oreille, la douleur au tendon devient moins bruyante. » Ce n’est pas ridicule. C’est la neuroplasticité en action : ton cerveau ne peut pas être pleinement focalisé sur deux sensations intenses à la fois.
Maintenant que tu as ton point d’ancrage, tu vas apprendre à décoller la douleur de toi. La plupart des personnes vivent la douleur comme collée à leur identité : « J’ai mal, je suis douleur. » Cette fusion aggrave la souffrance.
Imagine que la douleur est une couleur, une texture, une forme. Laisse-la se matérialiser dans ta conscience. Peut-être est-elle rouge, rugueuse, en forme de boule. Peut-être est-elle grise, liquide, qui s’écoule. Ne juge pas, ne cherche pas à la changer. Observe-la simplement.
Puis, mentalement, déplace-la à quelques centimètres de ton corps. Tu peux la poser sur une table imaginaire à côté de toi, ou la suspendre dans l’air devant toi. Ce geste symbolique est puissant. Tu passes de « j’ai mal » à « je remarque une sensation de douleur qui est là, près de moi ».
Un footballeur que j’ai suivi après une entorse à la cheville m’a raconté : « Au début, j’avais l’impression que la douleur était dans l’os, impossible à bouger. En la déplaçant à côté de moi, j’ai réalisé que je pouvais respirer plus librement. » Cette distance de quelques centimètres crée un espace psychologique immense.
Si la douleur est trop forte pour être déplacée, commence par la réduire en taille. Imagine-la rétrécir comme un ballon qui se dégonfle. Ou change sa couleur du rouge vif au bleu pâle. Ces modifications sensorielles sont les premiers pas vers une régulation.
Tu as maintenant un objet-douleur devant toi. Tu peux commencer à jouer avec lui. C’est l’étape la plus créative du protocole. La douleur n’est pas une entité fixe : elle a des dimensions que tu peux modifier.
Interroge-toi : quelle est sa température ? Est-elle chaude, brûlante, froide, glacée ? Si elle est brûlante, imagine que tu souffles doucement dessus, comme sur une soupe trop chaude. Visualise la couleur passer du rouge au orange, puis au jaune. La chaleur diminue avec cette transformation.
Ensuite, regarde son poids. Est-elle lourde comme une pierre, ou légère comme un nuage ? Si elle est lourde, imagine que tu la soulèves avec un ballon d’hélium. Elle devient plus légère, moins écrasante.
Enfin, son mouvement. Est-elle pulsatile, fixe, vibrante ? Si elle pulse, ralentis le rythme mentalement. Imagine un métronome qui ralentit, ou une vague qui s’apaise.
Je t’entends penser : « C’est trop abstrait, ça ne marchera pas. » Je comprends ce doute. Mais ce que tu es en train de faire, c’est activer les mêmes régions cérébrales qui traitent la douleur. En les sollicitant volontairement, tu reprends un contrôle partiel. Les études en neuro-imagerie montrent que ces visualisations modifient l’activité du cortex somatosensoriel.
Un patient, artisan menuisier avec des douleurs lombaires chroniques, modifiait la texture de sa douleur : « Elle ressemblait à du papier de verre. Je l’ai transformée en velours, puis en coton. La sensation était toujours là, mais moins agressive. » Il n’a pas guéri son dos, mais il a cessé d’avoir peur de sa douleur. Et cette peur en moins valait tous les antalgiques.
Après avoir modulé la douleur, tu vas lui opposer une ressource. Pas une lutte, une présence alternative. Tu vas convoquer dans ton corps une sensation agréable, réconfortante, que tu as déjà expérimentée.
Ferme les yeux, reviens à ton point d’ancrage. Puis, cherche dans ta mémoire un moment où tu t’es senti en sécurité, calme, ou même joyeux. Peut-être une promenade en forêt, un bain chaud, une étreinte avec un proche. Ne te contente pas de l’image : revis la sensation dans ton corps. Sens la chaleur, la légèreté, la détente.
Ancre cette ressource dans un geste simple. Par exemple, tu poses ta main sur ton cœur, ou tu frottes doucement ton pouce et ton index. Ce geste devient ton déclencheur. Chaque fois que tu le feras, la sensation de ressource reviendra plus facilement.
Maintenant, laisse cette ressource se diffuser dans la zone douloureuse. Tu n’envoies pas la ressource « contre » la douleur, tu l’invites à cohabiter. Imagine la ressource comme une lumière douce qui éclaire la douleur sans l’effacer. Ou comme une musique calme qui joue en même temps qu’un bruit désagréable, mais que tu peux choisir d’écouter.
La guérison ne consiste pas à éliminer ce qui dérange, mais à faire de la place pour ce qui réconforte.
Une femme que j’ai accompagnée, atteinte de fibromyalgie, utilisait la sensation de sa main posée sur la tête de son chien. Elle disait : « Quand je pose ma main sur mon ventre douloureux, je me souviens de la douceur de son pelage. La douleur est encore là, mais elle n’est plus seule. » Elle avait créé un compagnon de route pour sa douleur.
La dernière étape est la plus subtile. Après avoir modulé la douleur et activé une ressource, tu ne cherches plus à agir. Tu laisses ton système nerveux intégrer ces nouvelles informations.
Tu reviens à ton point d’ancrage. Tu prends une inspiration plus ample, tu bouges doucement les doigts, les orteils. Tu rouvres les yeux si tu les avais fermés. Mais tu ne juges pas le résultat. Peut-être que la douleur a diminué de 30%, peut-être qu’elle est toujours là, mais différente. Peut-être qu’elle n’a pas bougé du tout. Aucune de ces issues n’est un échec.
Ce qui compte, c’est que tu as expérimenté que tu peux interagir avec la douleur. Que tu n’es pas passif. Cette expérience, répétée, crée de nouveaux circuits neuronaux. À force, la réponse automatique de lutte s’affaiblit, et une réponse plus flexible émerge.
Je te conseille de noter dans un carnet ce que tu as observé : la couleur initiale de la douleur, sa texture, comment elle a réagi à tes modifications. Ce journal devient une carte personnelle de ton territoire intérieur. Tu identifies ce qui fonctionne pour toi, ce qui ne fonctionne pas.
Un coureur de trail que je suis depuis deux ans a noté toutes ses séances d’auto-hypnose pendant six mois. Il a découvert que sa douleur au genou changeait de couleur selon son état de fatigue. Rouge après une grosse semaine d’entraînement, orange après une séance modérée. Cette observation lui a permis d’ajuster son programme sans attendre la blessure.
Je dois être honnête avec toi. Ce protocole n’est pas une solution miracle. Il ne remplace pas un diagnostic médical, une rééducation, ou un traitement adapté. Si ta douleur est liée à une lésion organique non traitée, l’hypnose ne réparera pas le tissu. Elle peut t’aider à mieux vivre en attendant les soins, ou à gérer les douleurs résiduelles.
Certaines personnes ne ressentent aucun changement les premières fois. C’est normal. L’auto-hypnose est une compétence qui s’apprend, comme le vélo ou la natation. Au début, tu es maladroit, tu oublies les étapes, tu doutes. Puis, avec la répétition, le geste devient fluide.
Si la douleur est très intense (8/10 ou plus), ce protocole peut être difficile à mettre en œuvre. Dans ce cas, commence par une version simplifiée : juste le point d’ancrage et une respiration plus lente. Parfois, le simple fait de poser l’attention sur une zone neutre suffit à créer une brèche.
Idéalement, pratique ce protocole dans un moment calme, avant que la douleur ne devienne trop envahissante. Le matin au réveil, ou le soir avant de dormir sont de bons moments. Mais tu peux aussi l’utiliser en pleine crise, en adaptant le rythme.
Une patiente, professeure des écoles, l’utilisait pendant les récréations pour sa migraine chronique. Elle s’asseyait cinq minutes dans la salle des professeurs, fermait les yeux, et faisait les cinq étapes en version accélérée. Elle disait : « Ce n’est pas parfait, mais ça me permet de finir la journée sans m’effondrer. »
La régularité est plus importante que la durée. Cinq minutes par jour valent mieux qu’une heure une fois par mois. Plus tu pratiques, plus tu crées un chemin neuronal familier que ton cerveau empruntera spontanément face à la douleur.
Si tu veux vraiment intégrer ce protocole, ne le lis pas seulement. Passe à l’action maintenant. Pose ton téléphone ou ton ordinateur. Prends une minute pour faire la première étape : trouve ton point d’ancrage. Sens-le. C’est tout.
Demain, ajoute la deuxième étape. Et ainsi de suite. Ne cherche pas la perfection. Cherche la répétition.
La douleur t’a peut-être volé des nuits, des journées, des activités que tu aimais. Elle ne volera pas ta capacité à redevenir acteur de ton expérience. Ce protocole est un outil parmi d’autres, mais il est entre tes mains. Tu n’as pas besoin de permission pour l’essayer.
Voilà où nous en sommes. Tu as maintenant une carte en cinq étapes pour naviguer la douleur : ancrage, distance, modulation, ressource, intégration. Ce n’est pas un remède, c’est un chemin. Un chemin que tu peux emprunter seul, à ton rythme, sans rendez-vous ni ordonnance.
Mais si tu sens que la douleur est trop lourde à porter seule, si elle empiète sur ta vie d’une manière qui te semble insurmontable, sache que tu n’es pas obligé de la traverser en solitaire. Je reçois à Saintes des personnes qui viennent avec leur douleur, leur fatigue, leur espoir parfois usé. On ne fait pas de miracle. On explore ensemble, on ajuste, on trouve ce qui fonctionne pour toi.
Si tu as envie d’être accompagné pour approfondir ce protocole ou pour d’autres approches comme l’IFS ou l’Intelligence Relationnelle, je suis là. Un appel, un mail, une rencontre. Pas d’engagement, juste une conversation pour voir si ce que je propose peut t’être utile.
En attendant, essaie. Essaie ce soir. Essaie demain matin. La douleur ne partira peut-être pas, mais toi, tu bougeras. Et c’est ça, le premier pas vers un autre rapport à elle.
Prends soin de toi.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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