3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Pas d'inquiétude : l'inconscient a tout enregistré pour vous.
« Je ne me souviens de rien. C’est normal, docteur ? »
Je l’entends souvent, presque à chaque début de séance, ou parfois le lendemain par message. Une cliente, appelons-la Claire, est venue me voir il y a quelques mois pour une anxiété sociale qui l’empêchait de prendre la parole en réunion. À la fin de notre première séance d’hypnose, elle a ouvert les yeux, m’a regardé avec un mélange de surprise et d’inquiétude, et a dit : « Je ne me souviens de presque rien. J’ai peur d’avoir raté quelque chose. »
Spoiler : elle n’avait rien raté du tout. Quelques semaines plus tard, elle animait une réunion de quinze personnes sans bégayer ni rougir.
Si vous êtes en train de lire cet article parce que vous avez vécu la même chose, ou parce que vous hésitez à tenter une séance d’hypnose et que l’idée de « perdre le contrôle » vous freine, je veux vous rassurer tout de suite : ne pas se souvenir de sa séance est non seulement normal, mais c’est souvent un signe que les choses se passent bien.
Asseyez-vous, respirez. On va démêler tout ça ensemble.
Commençons par le début : qu’est-ce qui se passe dans votre cerveau pendant une séance d’hypnose ?
Quand vous êtes en état hypnotique – ce que j’appelle un « état modifié de conscience » – votre attention se focalise intensément sur certaines choses (ma voix, une sensation, une image intérieure) et se détourne complètement d’autres choses (l’environnement, le temps qui passe, la mémoire immédiate). C’est exactement ce qui vous arrive quand vous êtes plongé dans un bon film, ou quand vous conduisez sur une route familière et que vous arrivez à destination sans avoir aucun souvenir du trajet. Vous étiez là, vous conduisiez bien, mais votre cerveau a mis en veille la mémoire épisodique – celle qui enregistre « je suis en train de faire X à tel moment ».
En hypnose, la partie de votre cerveau qui « prend des notes » – le cortex préfrontal et l’hippocampe – ralentit son activité. C’est normal, c’est même le but. Cette baisse de l’activité critique et mémorielle permet à votre inconscient de travailler sans être parasité par le mental rationnel, celui qui analyse, juge, compare, contrôle.
Pendant ce temps, votre inconscient – appelons-le plutôt votre « intelligence intérieure » ou votre « système de régulation profonde » – fait son ménage. Il revisite des souvenirs, désactive des associations émotionnelles inutiles, installe de nouvelles ressources. Et tout cela, il le fait en silence, sans que votre conscient ait besoin d’être au courant.
Le souvenir d’une séance d’hypnose, c’est un peu comme le sommeil : vous ne vous rappelez pas chaque phase de rêve, pourtant votre cerveau a travaillé toute la nuit. L’important, ce n’est pas de se souvenir du voyage, c’est d’arriver à destination.
C’est la question la plus légitime du monde. Et je vais y répondre honnêtement : vous ne le saurez pas tout de suite. Pas par un test, pas par une sensation immédiate, pas par un « déclic » spectaculaire. Et c’est très bien comme ça.
Ce qui compte, ce n’est pas ce que vous ressentez pendant la séance, mais ce que vous constatez dans votre vie après. Les changements induits par l’hypnose sont souvent progressifs, discrets, presque invisibles au début. Ils ressemblent à un jardin qu’on arrose : vous ne voyez pas la pousse pousser en temps réel, mais au bout de quelques jours, une petite tige verte sort de terre.
Prenons un exemple concret. Un sportif que j’accompagne – appelons-le Julien, coureur de trail – venait me voir pour gérer son stress avant les compétitions. Pendant nos séances, il entrait rapidement en hypnose, mais il disait systématiquement : « Je ne me souviens de rien, je ne sais pas ce que vous avez fait. » Pourtant, après trois séances, il a couru un ultra-trail sans une seule crise d’angoisse, alors que d’habitude il vomissait avant le départ. Quand je lui ai demandé ce qui avait changé, il m’a répondu : « Je ne sais pas. Je me suis juste senti calme, sans savoir pourquoi. »
C’est exactement ça. L’inconscient ne vous envoie pas un compte-rendu écrit. Il modifie votre rapport au monde, à vos émotions, à vos comportements. Et vous, vous le vivez, sans forcément pouvoir le décrire.
Si vous voulez un indicateur concret, observez plutôt ces trois choses dans les jours qui suivent une séance :
Si vous ne constatez rien tout de suite, ne vous inquiétez pas. Parfois, le changement met plusieurs jours à émerger, comme une graine qui germe lentement.
Un de mes clients, Paul, est venu me voir pour une phobie des piqûres. Pendant la séance, il était tellement détendu qu’il a eu l’impression de s’être endormi. À la fin, il m’a dit : « Je n’ai rien entendu de ce que vous avez dit. J’ai dû rater les suggestions. »
Je lui ai souri et je lui ai proposé un petit test. Je lui ai demandé de fermer les yeux et de s’imaginer une seringue. Avant la séance, cette simple image le faisait transpirer et son cœur s’emballait. Cette fois, il a ouvert les yeux, un peu étonné : « C’est étrange… je la vois, mais ça ne me fait plus rien. » Vous comprenez ? Son conscient n’avait pas enregistré les mots, mais son inconscient avait parfaitement intégré les nouvelles associations.
L’inconscient fonctionne comme un ordinateur en arrière-plan. Pendant que vous êtes « en mode veille » (en hypnose), il télécharge des mises à jour, installe des correctifs, nettoie des fichiers obsolètes. Vous n’avez pas besoin d’être témoin de chaque ligne de code pour que le logiciel fonctionne mieux après.
D’ailleurs, une étude menée par des chercheurs en neurosciences cognitives a montré que les patients sous hypnose pouvaient modifier des réponses émotionnelles et comportementales même lorsqu’ils n’avaient aucun souvenir conscient des suggestions données. Le cerveau traite l’information à un niveau profond, bien en dessous du radar de la mémoire explicite.
Alors, si vous avez peur d’avoir « raté » quelque chose, dites-vous ceci : votre inconscient est un élève bien plus appliqué que votre conscient. Il écoute tout, même quand vous avez l’impression de rêvasser.
Une autre peur, symétrique : « Je me souviens de tout ce que vous avez dit. Est-ce que ça signifie que je n’étais pas vraiment en hypnose ? »
Pas du tout. Certaines personnes ont une conscience plus analytique, ou un style d’apprentissage très visuel/verbal. Elles peuvent rester partiellement présentes et se souvenir de beaucoup d’éléments, tout en étant profondément en état hypnotique. C’est ce qu’on appelle un « niveau de transe léger à moyen », et c’est parfaitement efficace.
L’hypnose n’est pas un interrupteur ON/OFF. C’est un continuum. Vous pouvez être à 20 % de transe ou à 90 %, et les deux peuvent produire des changements significatifs. Ce qui compte, ce n’est pas la profondeur de votre état, c’est la qualité de l’accord entre votre conscient et votre inconscient.
Si vous êtes du genre à vous souvenir de tout, voici ce que je vous suggère : ne cherchez pas à analyser la séance en direct. Laissez-vous simplement porter. Votre mental voudra prendre des notes, évaluer, comparer. Dites-lui : « Merci, je prends le relais plus tard. » Et concentrez-vous sur les sensations corporelles, les images, les émotions. Ce sont elles qui portent le changement, pas les mots.
Vous voulez optimiser vos séances ? Voici quelques conseils pratiques, que vous vous souveniez de tout ou de rien.
1. Arrivez avec une intention claire, mais pas d’attentes précises. Avant la séance, prenez deux minutes pour formuler intérieurement ce que vous souhaitez : « Je veux me sentir plus calme face aux examens », ou « Je veux arrêter de grignoter le soir ». Ensuite, laissez tomber. Ne contrôlez pas comment ça va arriver. Votre inconscient a ses propres chemins, souvent plus courts que les vôtres.
2. Ne jugez pas votre état pendant la séance. Si vous vous surprenez à penser « Je ne suis pas assez concentré », ou « Je ne ressens rien », dites-vous simplement : « C’est parfait comme ça. » Le jugement est l’ennemi de l’hypnose. Plus vous vous autorisez à être exactement comme vous êtes, plus l’inconscient peut travailler.
3. Après la séance, notez ce qui vous vient, même si ça semble insignifiant. Un mot, une image, une sensation. « Chaud dans la poitrine », « souvenir de ma grand-mère », « envie d’appeler mon ami ». Ces petites choses sont des messages de l’inconscient. En les notant, vous renforcez le dialogue avec lui.
4. Accordez-vous un temps d’intégration. Ne passez pas directement de la séance à une réunion stressante ou à un écran de téléphone. Marchez cinq minutes, buvez un verre d’eau, regardez par la fenêtre. Laissez le changement s’installer en silence.
5. Faites confiance au processus, même si vous ne voyez rien. C’est le plus difficile, je le sais. Nous vivons dans une culture du résultat immédiat. Mais l’hypnose, comme la thérapie, est un processus organique. Un client m’a dit un jour : « Je ne sentais rien pendant les séances, mais trois semaines après, je me suis rendu compte que je ne fumais plus. » Il ne s’en était même pas rendu compte sur le moment.
Si après plusieurs séances vous ne constatez aucun changement et que l’impression de « ne pas se souvenir » vous frustre, il y a peut-être autre chose à explorer.
Parlez-en à votre praticien. Un bon hypnothérapeute saura adapter son langage, utiliser des techniques plus directes ou plus suggestives selon votre profil. Parfois, un simple ajustement de la voix ou des métaphores peut tout changer.
Vérifiez votre état d’esprit avant la séance. Êtes-vous vraiment disposé à changer ? Ou y a-t-il une partie de vous qui résiste, qui veut garder le contrôle ? L’honnêteté avec soi-même est la clé.
Essayez une autre approche. L’hypnose ericksonienne que je pratique est très permissive et indirecte. Certaines personnes réagissent mieux à des approches plus directes (hypnose classique) ou à d’autres outils comme l’EMDR, la cohérence cardiaque, ou l’IFS (Internal Family Systems). Il n’y a pas de honte à chercher ce qui vous correspond.
Rappelez-vous que le changement peut être lent. Parfois, l’inconscient a besoin de plusieurs séances pour dénouer des schémas anciens. Un client qui souffrait d’insomnie chronique n’a vu une amélioration qu’après la quatrième séance. Aujourd’hui, il dort huit heures par nuit.
Je vais être honnête avec vous : l’hypnose ne fait pas de miracles. Elle ne transforme pas votre vie en un claquement de doigts. Mais elle ouvre des portes. Elle permet à votre inconscient de faire ce qu’il sait faire de mieux : vous aider à guérir, à grandir, à vous adapter.
Ne pas se souvenir de la séance, c’est un peu comme ne pas se souvenir de la digestion après un bon repas. Vous ne sentez pas votre estomac travailler, pourtant les nutriments passent dans votre sang, vos cellules les utilisent, et vous vous sentez mieux sans savoir exactement pourquoi.
Alors, si vous êtes en train de lire ces lignes et que vous hésitez encore à franchir le pas, ou si vous êtes déjà venu et que vous doutez de l’utilité de ce que vous avez vécu, je vous invite à une chose simple : prenez un carnet, notez une intention pour la semaine à venir – une petite chose que vous aimeriez voir changer – et observez. Sans forcer. Sans attendre. Juste avec curiosité.
Et si l’envie vous vient d’en parler, je suis là. Un message, un appel, une séance. Pas pour vous convaincre, mais pour vous accompagner là où vous êtes.
Prenez soin de vous.
— Thierry
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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