3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Fourmillements, lourdeur : ce que vous ressentez vraiment.
Vous êtes allongé confortablement, les yeux fermés, et vous écoutez ma voix. Peut-être que vous venez pour la première fois, peut-être que vous avez déjà quelques séances derrière vous. Et soudain, une sensation étrange apparaît : des fourmillements dans les doigts, une impression de lourdeur dans les jambes, ou l’impression que votre bras flotte tout seul. Vous vous demandez : « C’est normal, docteur ? » Et vous n’êtes pas le seul. Je dirais qu’un patient sur trois me pose cette question en fin de séance, avec un mélange de curiosité et d’inquiétude. Alors aujourd’hui, je veux vous rassurer : ces sensations, non seulement sont normales, mais elles sont souvent un signe que vous êtes en train de faire exactement ce qu’il faut. Mais pour comprendre pourquoi, il faut plonger un peu dans ce qui se passe dans votre corps et votre esprit quand vous entrez en état d’hypnose.
Imaginez que vous êtes en train de lire un livre captivant, ou que vous regardez un film qui vous absorbe complètement. À ce moment-là, vous ne faites plus attention à votre posture, à votre respiration, ni même à la pièce autour de vous. Votre attention est focalisée ailleurs, et votre corps suit sans que vous le contrôliez. L’hypnose, c’est un peu ça, en plus intentionnel. Quand vous entrez dans cet état de conscience modifié, votre système nerveux change de vitesse. Vous passez d’un mode « alerte » (sympathique) à un mode « repos et digestion » (parasympathique). Ce basculement n’est pas silencieux : il peut provoquer des signaux physiques.
Les fourmillements, par exemple, sont souvent liés à une micro-circulation qui s’active différemment. Vous avez peut-être déjà remarqué que quand vous êtes détendu, vos mains et vos pieds se réchauffent. C’est exactement ça : vos vaisseaux sanguins se dilatent, le sang circule mieux, et vos terminaisons nerveuses envoient des signaux inhabituels. Certains décrivent cela comme une vague électrique légère, d’autres comme des picotements. Rassurez-vous : ce n’est pas dangereux. C’est juste votre corps qui s’adapte à un état de calme profond.
Quant à la lourdeur, elle vient souvent d’une relaxation musculaire réelle. En état d’hypnose, vos muscles squelettiques peuvent se relâcher bien plus que dans une simple sieste. Vous savez, cette sensation d’être « collé au fauteuil » ? C’est le signe que votre tonus musculaire a diminué. Parfois, elle s’accompagne d’une impression d’engourdissement, comme si vos membres étaient en coton. C’est normal : votre cerveau réduit le traitement des signaux sensoriels non essentiels pour se concentrer sur l’intérieur.
« Quand je ressens des fourmillements sous hypnose, je ne lutte pas. Je les accueille comme la preuve que mon système nerveux lâche prise. » — Un patient régulier
Vous pourriez aussi ressentir des sensations de chaleur, de froid, ou même l’impression que votre corps se déforme ou flotte. Chaque personne est unique. Certains ne ressentent rien du tout et pourtant sont en état d’hypnose profond. L’important, c’est de comprendre que ce sont des manifestations normales de votre physiologie qui s’ajuste.
C’est une question que j’entends souvent, parfois avec une pointe d’anxiété : « Si je ne sens rien, est-ce que cela veut dire que je ne suis pas hypnotisable ? » Ou à l’inverse : « J’ai ressenti des choses bizarres, c’est bon signe ? » La réponse est nuancée. Les sensations physiques sont un indicateur parmi d’autres, mais elles ne sont ni nécessaires ni suffisantes pour juger de l’efficacité d’une séance.
En hypnose ericksonienne, l’état hypnotique n’est pas un but en soi. C’est un outil pour accéder à votre inconscient et travailler sur vos ressources. Certaines personnes plongent très profondément sans ressentir quoi que ce soit de particulier. D’autres ont des expériences sensorielles intenses dès la première minute. Cela dépend de votre sensibilité personnelle, de votre capacité à vous abandonner, et même de votre état du jour. Si vous êtes fatigué, stressé ou au contraire très détendu, les sensations varient.
Ce qui compte vraiment, c’est ce qui se passe après. L’hypnose est un moyen de créer un changement, pas une performance sensorielle. Si vous ressortez d’une séance avec une idée nouvelle, une émotion apaisée, ou une compréhension différente d’un problème, alors elle a « marché », même si vous n’avez rien senti de particulier. À l’inverse, vous pouvez avoir des fourmillements intenses sans que cela ne produise de changement durable. Alors ne vous accrochez pas à la sensation comme à un critère de réussite.
Souvent, je compare cela à la méditation : certains méditent des années sans jamais ressentir de « vagues d’énergie », et pourtant leur vie change. D’autres ont des expériences transcendantes dès la première séance, mais n’intègrent pas les bénéfices dans leur quotidien. L’hypnose, c’est pareil. Les sensations sont la cerise sur le gâteau, pas le gâteau lui-même.
Vous avez peut-être déjà entendu des témoignages : l’un parle de bras qui lévitent, l’autre de jambes en plomb, un troisième de vertiges légers. Pourquoi tant de diversité ? Parce que votre expérience dépend de plusieurs facteurs que je vais détailler simplement.
D’abord, votre attention. En hypnose, vous êtes invité à vous concentrer sur une sensation intérieure – votre respiration, une image, une partie de votre corps. Cette focalisation amplifie ce que vous ressentez déjà. Si vous avez les mains froides en début de séance, vous pourriez sentir un réchauffement ou au contraire une intensification du froid. Votre cerveau, en mode réceptif, interprète les signaux corporels avec plus d’acuité.
Ensuite, la suggestion. Parfois, je guide votre attention : « Imaginez que vos pieds deviennent lourds, comme s’ils s’enfonçaient dans le sol. » Votre inconscient peut suivre cette suggestion et créer la sensation. Mais parfois, c’est l’inverse : vous résistez inconsciemment, et vous ressentez une légèreté ou une instabilité. C’est un dialogue entre votre conscient et votre inconscient.
Il y a aussi votre histoire personnelle. Les personnes qui ont vécu des traumatismes ou des blocages physiques (douleurs chroniques, tensions) peuvent ressentir des fourmillements dans des zones spécifiques. C’est comme si le corps libérait une énergie stockée. Dans ces cas, la sensation peut être plus intense, voire inconfortable. Mais c’est souvent un signe que quelque chose se dénoue.
Enfin, votre état d’esprit du jour. Si vous arrivez stressé, votre système nerveux est en alerte. Les premières minutes d’hypnose peuvent provoquer une « décharge » de tension, avec des tremblements légers ou des frissons. C’est normal : votre corps passe de la survie à la détente. Avec la pratique, ces réactions s’atténuent.
« Lors d’une séance, j’ai senti une vague de chaleur monter de mon ventre à ma poitrine. J’ai eu peur au début, mais Thierry m’a expliqué que c’était mon système nerveux qui se réinitialisait. Depuis, je les accueille comme des amies. » — Témoignage d’une patiente
Je veux être honnête avec vous : dans l’immense majorité des cas, tout va bien. Mais il existe des situations où ces sensations méritent votre attention. Pas pour paniquer, mais pour adapter la pratique.
Premier cas : la sensation est persistante et désagréable après la séance. Par exemple, des fourmillements qui durent des heures, ou une lourdeur qui ne disparaît pas. Cela peut indiquer une réponse de votre système nerveux un peu trop forte, ou un blocage émotionnel qui remonte. Si cela arrive, parlez-en à votre praticien. Parfois, une simple technique de recentrage suffit. Mais si c’est récurrent, il faut explorer la cause sous-jacente.
Deuxième cas : vous ressentez une douleur vive ou une pression anormale. L’hypnose ne doit jamais être douloureuse. Si vous avez une sensation de brûlure, de piqûre intense ou de compression, interrompez doucement l’état hypnotique (par exemple, en bougeant les doigts ou les orteils). Cela peut être lié à une position inconfortable, à un problème médical préexistant (comme une neuropathie), ou à une réaction de stress. Dans tous les cas, ne forcez pas.
Troisième cas : vous avez des antécédents de troubles neurologiques (épilepsie, migraines avec aura, etc.). L’hypnose est généralement sans danger, mais certaines sensations peuvent déclencher des réactions. Prévenez toujours votre praticien avant la première séance. Je prends toujours le temps de discuter des antécédents médicaux, car la sécurité est ma priorité.
Enfin, un conseil pratique : si une sensation vous inquiète pendant la séance, vous pouvez toujours ouvrir les yeux ou bouger. L’hypnose n’est pas un état de sommeil dont on ne peut pas sortir. Vous gardez le contrôle. Je dis souvent à mes patients : « Si vous voulez, vous pouvez lever la main à tout moment pour que je m’arrête. » C’est une sécurité qui permet de lâcher prise plus facilement.
C’est là que se joue une grande partie de l’efficacité de l’hypnose. Beaucoup de personnes, surtout les perfectionnistes ou les anxieux, ont tendance à analyser chaque sensation : « Est-ce que c’est normal ? », « Pourquoi je ressens ça ? », « Est-ce que ça va durer ? » Cette analyse mentale vous sort de l’état hypnotique. Vous passez de l’expérience à la pensée, et vous perdez le fil.
L’attitude idéale, c’est celle d’un observateur bienveillant. Vous notez la sensation, vous l’accueillez, et vous la laissez passer sans la juger. C’est un peu comme regarder des nuages dans le ciel : ils viennent, ils changent de forme, ils repartent. Vous ne leur demandez pas de signification. Vous les laissez être.
Si vous ressentez des fourmillements, dites-vous simplement : « Ah, voilà une sensation. » Puis revenez à votre respiration ou à l’image que je vous propose. Ne cherchez pas à la contrôler, à l’amplifier ou à la faire disparaître. Plus vous luttez, plus elle s’installe. Plus vous l’acceptez, plus elle se dissout d’elle-même.
Je travaille souvent avec l’IFS (Internal Family Systems) pour aider les patients à dialoguer avec ces sensations. Parfois, un fourmillement dans la poitrine cache une émotion non exprimée, comme une tristesse ou une colère. Mais ce travail se fait en conscience, pas en plein état hypnotique. Pendant l’hypnose, je vous invite à rester dans l’expérience sensorielle brute, sans l’interpréter. Vous aurez tout le temps après la séance pour en parler si vous le souhaitez.
« La clé, c’est d’arrêter de vouloir comprendre ce que vous ressentez pendant que vous le ressentez. Faites confiance à votre corps : il sait ce qu’il fait. » — Extrait d’une séance avec un patient coureur
Si on va un cran plus loin, ces manifestations physiques sont parfois un langage. Votre inconscient, quand il est en confiance, peut utiliser le corps pour communiquer ce que les mots ne savent pas dire. Prenons un exemple que j’ai vécu récemment.
Un patient, coureur de fond, venait pour une préparation mentale avant un marathon. Il avait des blocages sur les derniers kilomètres, une peur de l’échec qui le paralysait. Pendant une séance d’hypnose, il a ressenti une lourdeur intense dans les jambes, comme si elles étaient en béton. Je lui ai demandé de rester avec cette sensation sans la fuir. Après quelques minutes, des images sont apparues : il revoyait une course d’enfance où il avait chuté devant tout le monde. La lourdeur était la trace émotionnelle de cette honte. Une fois conscient, il a pu la libérer.
Les fourmillements peuvent aussi indiquer une zone de tension émotionnelle. Par exemple, des picotements dans la gorge sont souvent liés à des paroles non dites. Une chaleur dans le ventre peut signaler une émotion refoulée. Mais attention : il ne faut pas surinterpréter. Parfois, ce n’est qu’une simple réaction physiologique. C’est pourquoi je ne tire jamais de conclusions hâtives. Je laisse le patient explorer lui-même, avec mon accompagnement.
Si vous êtes curieux, vous pouvez, après une séance, noter les sensations que vous avez eues et voir si un lien avec votre histoire personnelle émerge. Mais sans pression. L’inconscient a son propre rythme.
C’est une question légitime, surtout si vous avez des antécédents médicaux. Voici quelques repères simples.
Les sensations hypnotiques typiques sont :
Les signes qui doivent vous alerter (et vous faire consulter un médecin) :
Dans le doute, parlez-en à votre médecin traitant. Et si vous avez un trouble connu (comme une sciatique, un syndrome des jambes sans repos, ou une fibromyalgie), prévenez votre praticien avant la séance. L’hypnose peut être adaptée pour être confortable et sécurisée.
Alors, sensations étranges en hypnose : normal ou pas ? La réponse est claire : dans l’écrasante majorité des cas, oui, c’est normal. Ce sont les signes de votre système nerveux qui se réorganise, de votre corps qui lâche prise, et parfois de votre inconscient qui commence à parler. Ne les craignez pas. Accueillez-les avec la même curiosité que vous auriez pour un paysage que vous découvrez pour la première fois.
Si vous avez encore des doutes, ou si vous voulez vivre par vous-même ce que ces sensations peuvent vous apprendre, je vous invite à venir faire l’expérience en cabinet ou en visio. Pas besoin d’avoir un problème particulier : parfois, juste goûter à cet état suffit à comprendre à quel point votre corps et votre esprit sont connectés. Et si vous préférez commencer seul, installez-vous dans un endroit calme, fermez les yeux, et portez votre attention sur votre respiration pendant cinq minutes. Observez ce qui se passe. Peut-être que des fourmillements apparaîtront. Peut-être pas. Dans les deux cas, vous aurez fait un pas vers vous-même.
Prenez soin de vous.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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