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Témoignage : j'ai arrêté de fumer en deux séances

Récit sincère d'un changement qui a transformé sa vie.

TSThierry Sudan
23 avril 202613 min de lecture

Témoignage : j'ai arrêté de fumer en deux séances

Il y a des moments où la vie vous offre une porte de sortie, et vous ne la voyez même pas. C'est ce qui est arrivé à Julien, 42 ans, commercial dans une entreprise de logistique à La Rochelle. Quand il a poussé la porte de mon cabinet pour la première fois, il y a six mois, il ne croyait pas vraiment à l'hypnose. Il avait déjà tout essayé : les patchs, les gommes, l'acupuncture, la cigarette électronique. Rien n'avait tenu plus de trois semaines. Il fumait deux paquets par jour depuis vingt-cinq ans. Sa femme menaçait de partir, ses enfants refusaient de l'embrasser, et son médecin venait de lui annoncer un début de bronchite chronique.

« Je viens parce que je n'ai plus le choix », m'a-t-il dit en s'asseyant. « Mais je ne crois pas que ça marchera. »

Je l'ai regardé, et j'ai souri. C'est exactement ce que j'entends le plus souvent. Et c'est souvent ceux-là qui repartent les plus étonnés.

Pourquoi l'hypnose peut fonctionner là où la volonté échoue

Julien était un fumeur « de fond ». Pas celui qui allume une cigarette dans une soirée ou après un bon repas. Non, lui, il allumait la première en sortant du lit, avant même d'aller aux toilettes. Il fumait en conduisant, en attendant un client, en regardant la télé, en parlant au téléphone. Sa main droite ne savait pas rester vide plus de vingt minutes.

Quand je lui ai demandé ce qu'il ressentait en fumant, il a eu du mal à répondre. « Rien, c'est juste une habitude. » Et c'est là que tout se joue.

Une habitude, ce n'est pas un choix conscient. C'est un programme automatisé. Votre cerveau a appris, à force de répétitions, qu'à certains moments précis, fumer déclenche une sensation de soulagement. Pas de plaisir, notez bien. De soulagement. Parce que la nicotine crée une dépendance physique, certes, mais ce qui rend l'arrêt si difficile, ce n'est pas le manque chimique – il dure trois à cinq jours. C'est ce que les chercheurs appellent le « craving contextuel » : l'envie soudaine, irrépressible, qui surgit dans des situations précises. La pause café. Le stress d'un appel difficile. La fin d'un repas.

Et c'est là que la volonté ne suffit pas. Parce que la volonté, c'est un muscle qui se fatigue. Vous pouvez décider de ne pas fumer le matin, mais à 17h, après une journée épuisante, votre cerveau reptilien prend le dessus. « Tu as besoin de cette cigarette », vous souffle-t-il. Et vous obéissez, presque sans vous en rendre compte.

L'hypnose, elle, ne combat pas ce mécanisme. Elle le détourne. Vous ne luttez pas contre l'envie : vous la transformez. Vous ne supprimez pas l'habitude : vous la remplacez. Et surtout, vous n'utilisez pas votre volonté – vous utilisez votre imagination. Et l'imagination, contrairement à la volonté, ne se fatigue jamais.

Julien m'a raconté qu'à chaque fois qu'il essayait d'arrêter, il passait ses journées à lutter. Il comptait les heures, regardait sa montre, se sentait en échec. C'était une guerre intérieure épuisante. Et comme dans toute guerre, il finissait par perdre.

« Et si on arrêtait de se battre ? », je lui ai proposé. Il m'a regardé, perplexe.

La première séance : comprendre le piège sans le juger

La première séance avec Julien a duré une heure trente. Je ne l'ai pas hypnotisé tout de suite. D'abord, j'ai besoin de comprendre qui vous êtes, pas seulement votre symptôme. Parce que fumer n'est jamais le problème en soi. C'est la solution que vous avez trouvée – inconsciemment – pour gérer quelque chose d'autre.

Julien fumait pour « décompresser ». Mais quand on a creusé un peu, on a découvert qu'il fumait surtout pour ne pas ressentir. Ne pas ressentir la pression de son travail. Ne pas ressentir l'ennui des trajets. Ne pas ressentir la colère qu'il n'osait jamais exprimer. Ne pas ressentir le vide, parfois, le soir, quand tout le monde dort.

La cigarette était devenue son mécanisme de régulation émotionnelle. Pas très efficace, mais fiable. Et quand vous retirez un mécanisme de régulation à quelqu'un sans lui en donner un autre, vous créez un vide. Un vide que la volonté ne peut pas combler.

« Vous ne pouvez pas arrêter de fumer », je lui ai dit. « Vous pouvez seulement commencer à faire autre chose. »

Cette phrase, je la répète souvent. Parce que l'arrêt n'est pas une suppression. C'est un remplacement. Vous ne perdez pas quelque chose, vous gagnez quelque chose de mieux. Et pour que le cerveau accepte ce changement, il faut lui donner une raison suffisamment forte. Pas une raison logique – « c'est mauvais pour la santé », on le sait tous. Mais une raison émotionnelle. Un « pourquoi » qui fait vibrer.

Pour Julien, ce « pourquoi » était simple : sa fille de 8 ans lui avait dit, les larmes aux yeux : « Papa, je ne veux pas que tu meures. »

Il a pleuré en me racontant ça. Moi aussi, un peu.

« Le véritable changement ne commence pas quand vous décidez d'arrêter quelque chose. Il commence quand vous décidez de commencer quelque chose d'autre. »

La première séance d'hypnose a été douce. Je l'ai guidé vers un état de relaxation profonde, un peu comme cet entre-deux juste avant de s'endormir, où le corps est lourd et l'esprit léger. Dans cet état, je lui ai proposé de revisiter ses souvenirs de fumeur non pas comme des moments de plaisir, mais comme des moments de manque. De voir la cigarette pour ce qu'elle est vraiment : une béquille.

Je lui ai aussi glissé des suggestions pour que son inconscient commence à créer de nouvelles associations. Que la fumée ait un goût de carton brûlé. Que l'odeur sur ses doigts devienne désagréable. Que le geste d'allumer une cigarette soit associé à une sensation de lassitude.

Mais attention : l'hypnose ne force rien. Elle propose, elle suggère. Si votre inconscient n'est pas prêt, il refuse. Et c'est très bien comme ça. Julien, lui, était prêt. Profondément prêt, même s'il ne le savait pas encore.

À la fin de la séance, je lui ai donné un exercice simple : chaque fois qu'il aurait envie de fumer, il devait prendre une grande inspiration, retenir l'air cinq secondes, et expirer lentement en imaginant que la nicotine quittait son corps. Ça paraît ridicule, dit comme ça. Mais c'est un ancrage. Un petit rituel qui reconnecte le corps et l'esprit.

Il est reparti en souriant, un peu dubitatif. « C'est tout ? » m'a-t-il demandé. « C'est tout pour aujourd'hui », j'ai répondu.

La deuxième séance : le déclic qui change tout

Julien est revenu une semaine plus tard. Je m'attendais à le voir fatigué, irritable, comme la plupart des gens en sevrage. Il était souriant, détendu, presque joyeux.

« Je n'ai pas fumé depuis mardi », m'a-t-il annoncé.

Mardi, c'était trois jours après sa première séance. Il avait tenu quatre jours. Pour un fumeur de deux paquets par jour qui n'avait jamais dépassé trois semaines, c'était déjà un exploit.

« Mais ce n'est pas ça le plus surprenant », a-t-il ajouté. « C'est que ça ne m'a pas manqué. Enfin si, un peu. Mais c'était différent. Je sentais l'envie arriver, je faisais votre petit exercice de respiration, et elle passait. Comme une vague. »

C'est exactement ça. L'envie de fumer n'est pas un état permanent. C'est une vague qui monte, atteint un pic, puis redescend. La plupart des fumeurs ne le savent pas parce qu'ils cèdent avant que la vague ne redescende. Ils croient que l'envie va durer des heures, des jours. En réalité, une envie de fumer dure en moyenne trois à cinq minutes. Si vous tenez ce laps de temps, elle s'évanouit.

Le problème, c'est que votre cerveau vous raconte une autre histoire. « Tu vas craquer, tu n'y arriveras pas, c'est trop dur. » C'est cette histoire qu'il faut changer. Et c'est ce que nous avons fait lors de la deuxième séance.

Nous sommes allés plus profond. J'ai utilisé une technique d'hypnose que j'affectionne particulièrement : la « révision de l'histoire personnelle ». L'idée est simple : dans un état d'hypnose, le passé n'est pas figé. Vous pouvez revisiter un souvenir et lui donner une nouvelle signification.

Je lui ai demandé de se souvenir de sa première cigarette. Il avait 14 ans, dans la cour du collège, avec des copains. Il avait toussé, eu la tête qui tourne. C'était désagréable. Mais il avait continué parce que c'était « cool », parce que ça faisait « grand ». Nous avons revisité ce souvenir, et je lui ai proposé de voir cette cigarette non pas comme un rite de passage, mais comme une première trahison de son corps. Son corps lui disait « non », et il avait choisi d'ignorer ce message.

Puis nous sommes allés plus loin. Je lui ai demandé d'imaginer son poumon gauche, puis son poumon droit. De les voir, de les sentir. De visualiser la fumée qui les noircit, les alvéoles qui se bouchent. Et ensuite, d'imaginer un grand souffle d'air pur qui nettoie tout, qui redonne vie à chaque cellule.

Je ne vous cache pas que Julien a pleuré pendant cette séance. Pas de tristesse, mais de soulagement. Comme si quelque chose s'était débloqué au fond de lui.

« Quand vous changez le sens d'un geste, vous changez le geste lui-même. Et quand vous changez le geste, vous changez la personne. »

À la fin de cette deuxième séance, Julien avait arrêté de fumer. Pas « presque arrêté ». Pas « en phase de réduction ». Arrêté. Il n'a plus jamais touché une cigarette depuis six mois.

Ce qui a vraiment changé dans sa vie

Mais la vraie histoire, ce n'est pas l'arrêt du tabac. C'est ce qui a suivi.

Julien m'a rappelé il y a deux semaines. Il voulait me donner des nouvelles. Il était en pleine forme, m'a-t-il dit. Il avait repris le sport – du vélo, le week-end. Il dormait mieux. Ses enfants venaient spontanément s'asseoir à côté de lui sur le canapé. Sa femme lui avait dit qu'il sentait bon. « Ça fait bizarre, m'a-t-il confié. Je redécouvre mon corps. »

Mais le plus frappant, c'est ce qu'il m'a dit à propos de son travail. « Avant, j'avais besoin de fumer pour gérer le stress. Maintenant, je me rends compte que le stress, il est toujours là. Mais je n'ai plus besoin de le fuir. Je le traverse. »

C'est une phrase qui résume tout. La cigarette n'était pas un problème en soi. C'était une solution. Une solution inefficace, certes, mais une solution quand même. En arrêtant de fumer, Julien n'a pas perdu une solution – il en a trouvé une meilleure. Il a appris à accueillir ses émotions sans les anesthésier. À tolérer l'inconfort sans chercher à l'éviter. À être présent à lui-même, tout simplement.

Et c'est ça, le vrai changement. Pas de ne plus fumer. Mais de devenir quelqu'un qui ne fume pas.

Ce que l'hypnose ne fait pas (et c'est important à savoir)

Je ne vais pas vous vendre du rêve. L'hypnose n'est pas une baguette magique. Elle ne fait pas disparaître les envies comme par enchantement. Elle ne transforme pas votre vie en un claquement de doigts.

Ce qu'elle fait, c'est créer les conditions du changement. Elle vous donne des outils pour que votre inconscient et votre conscient travaillent ensemble, au lieu de se battre. Elle vous permet de contourner ce mur que la volonté seule ne peut pas franchir.

Mais il y a des conditions. La première, c'est que vous soyez prêt. Pas « un peu prêt ». Pas « je vais essayer pour voir ». Vraiment prêt. Prêt à lâcher quelque chose qui, malgré ses défauts, vous a accompagné pendant des années. Prêt à ressentir des choses que vous avez évitées.

La deuxième condition, c'est que vous acceptiez de faire votre part. L'hypnose, ce n'est pas passif. Je ne vais pas vous endormir et vous réveiller non-fumeur. Je vais vous guider, vous proposer des chemins, mais c'est vous qui marchez. L'exercice de respiration que j'ai donné à Julien, il l'a fait. Des centaines de fois. Parce qu'il avait décidé que ça valait le coup.

La troisième condition, c'est que vous acceptiez que le changement prenne le temps qu'il prend. Pour certains, une séance suffit. Pour d'autres, il en faut trois, cinq, dix. Julien a eu besoin de deux séances parce que son inconscient était déjà prêt à changer. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Et ce n'est pas grave. Chaque séance vous rapproche un peu plus de votre objectif.

Et vous, par où commencer ?

Si vous lisez ces lignes et que vous vous reconnaissez dans l'histoire de Julien, peut-être que vous êtes en train de vous dire : « Ça pourrait marcher pour moi ? » La réponse est : peut-être. Je ne peux pas vous le garantir, personne ne le peut.

Mais je peux vous proposer un premier pas tout simple. Quelque chose que vous pouvez faire maintenant, sans rendez-vous, sans matériel.

Asseyez-vous confortablement. Fermez les yeux. Prenez trois respirations profondes. Pas des respirations forcées, juste des respirations un peu plus longues que d'habitude. Puis posez-vous cette question : « Qu'est-ce que je ressentirais si j'étais libre de cette habitude ? »

Ne cherchez pas à répondre avec votre tête. Laissez la réponse monter de votre ventre, de votre cœur. Peut-être que c'est un sentiment de légèreté. Peut-être que c'est une image de vous en train de rire avec vos enfants. Peut-être que c'est juste un calme intérieur que vous n'avez pas connu depuis longtemps.

Ce n'est pas magique. C'est juste une façon de dire à votre inconscient : « Je suis prêt à écouter une autre histoire. »

Si cette question fait écho en vous, si elle provoque quelque chose – une émotion, une larme, un sourire – alors peut-être que le moment est venu. Et dans ce cas, vous savez où me trouver.

Je ne promets pas que vous arrêterez en deux séances. Je ne promets pas que ce sera facile. Mais je promets de vous accompagner avec honnêteté, respect et bienveillance, sur le chemin qui est le vôtre.

Parce qu'au fond, arrêter de fumer, ce n'est pas perdre quelque chose. C'est se retrouver soi-même.


Thierry Sudan
Praticien en hypnose ericksonienne, IFS et Intelligence Relationnelle
Saintes (17)
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À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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