HypnoseFondamentaux

Témoignage : j'ai guéri d'une phobie sans ordre ni autorité

Marie raconte comment l'hypnose ericksonienne a doucement désamorcé sa peur.

TSThierry Sudan
23 avril 202610 min de lecture

Je vais vous raconter une histoire. Pas une histoire de guérison spectaculaire, de révélation soudaine ou de victoire héroïque. Non, l’histoire de Marie ressemble plutôt à un chemin de traverse, discret et silencieux, où la peur a cessé de faire du bruit.

Marie est venue me voir il y a quelques mois. Elle avait 42 ans, un métier stable, deux enfants ados, et une vie qui, vue de l’extérieur, tenait parfaitement debout. Mais dedans, il y avait cette chose. Depuis toujours. Une peur qui n’avait pas de nom précis, ou plutôt qui en avait trop : peur de prendre l’avion, peur des espaces clos, peur de perdre le contrôle. Le genre de peur qui vous fait choisir vos vacances en fonction des trajets en voiture, qui vous fait éviter les ascenseurs, qui vous fait dire « non merci » à une invitation parce que le trajet en train vous angoisse.

Elle avait tout essayé. Des thérapies longues, des méthodes comportementales, des exercices de respiration, des médicaments parfois. Rien n’avait tenu. Ou plutôt, ça tenait un temps, puis ça revenait, comme une marée qu’on ne peut pas arrêter. Elle était fatiguée. Pas de la peur elle-même, mais de la lutte permanente contre elle.

Quand elle s’est assise dans le fauteuil, elle m’a dit : « Je ne veux plus qu’on me donne d’ordres. Je ne veux plus qu’on me dise de faire face, de respirer, de penser à autre chose. Je veux juste que ça s’arrête, mais sans avoir à me battre. »

J’ai souri. Parce que cette demande, je l’entends souvent. Et elle dit quelque chose d’essentiel : quand on souffre d’une phobie, la guerre est déjà perdue d’avance. On ne vainc pas la peur en la combattant. On l’apprivoise, ou on la contourne.

Pourquoi la peur ne se commande pas

Avant d’aller plus loin, il faut qu’on parle de ce qu’est vraiment une phobie. Pas dans les manuels de psychiatrie, mais dans votre corps. Quand vous avez une phobie, votre cerveau ne fait pas la différence entre un danger réel et un danger imaginé. Pour lui, c’est la même chose. Le système d’alarme s’active, et il s’active fort. Votre cœur s’emballe, votre respiration se bloque, vos muscles se tendent, et une seule pensée occupe tout l’espace : je dois fuir, je dois survivre.

Le problème, c’est que ce système d’alarme est archaïque. Il date de l’époque où un bruit dans les buissons pouvait signifier un prédateur. Aujourd’hui, le bruit dans les buissons, c’est une porte d’ascenseur qui se ferme ou un avion qui décolle. Mais votre cerveau, lui, n’a pas mis à jour le logiciel.

Alors on essaie de raisonner. On se dit : « C’est idiot, c’est juste un ascenseur, des millions de personnes le prennent chaque jour. » Mais la peur ne comprend pas la raison. Elle est pré-verbale, pré-logique. Elle est dans le corps, pas dans la tête.

Et c’est là que la plupart des approches échouent. Parce qu’elles s’adressent à la partie rationnelle de vous, celle qui dit « je sais que c’est irrationnel ». Mais l’autre partie, celle qui tremble, celle qui a peur, celle qui a peut-être un jour vécu une expérience (même oubliée) qui a associé cet objet ou cette situation à un danger, cette partie-là continue de faire son travail de protection. Elle ne vous écoute pas. Elle vous protège.

« Une phobie, ce n’est pas une faiblesse. C’est un système de protection qui a mal appris. Et comme tout apprentissage, il peut se désapprendre. Pas en le forçant, mais en lui montrant un chemin plus doux. »

L’hypnose ericksonienne : ne pas commander, mais suggérer

Marie était donc au bon endroit. L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, repose sur un principe simple : on ne force pas le changement, on le suggère. On ne donne pas d’ordres au conscient, on s’adresse à l’inconscient, cette partie de vous qui sait déjà comment guérir, qui respire sans que vous y pensiez, qui cicatrise vos blessures, qui rêve la nuit.

Milton Erickson, le fondateur de cette approche, disait que l’inconscient est un allié puissant, mais qu’il n’aime pas la tyrannie. Si vous lui ordonnez de ne plus avoir peur, il se braque. Si vous lui proposez une autre possibilité, il l’explore.

Concrètement, comment ça se passe ? Pas de pendule, pas de « vous allez vous endormir profondément ». Non. On parle. On parle de la peur, mais on parle aussi d’autres choses. On raconte des histoires. On utilise des métaphores. On crée un espace où la peur n’est pas une ennemie à abattre, mais une invitée qu’on peut écouter.

Marie, par exemple, avait peur de l’avion. Pas seulement du décollage ou des turbulences, mais de l’idée même d’être enfermée dans un tube métallique à 10 000 mètres d’altitude. Quand elle en parlait, ses épaules remontaient, sa voix devenait plus aiguë. Son corps revivait la peur.

Je ne lui ai pas dit : « Vous allez prendre l’avion et vous verrez que tout va bien. » Je lui ai demandé : « Si vous pouviez choisir un endroit où vous vous sentez totalement en sécurité, où serait-ce ? » Elle a parlé d’une plage en Bretagne, un matin d’été, avec le bruit des vagues et l’odeur du sable mouillé. Rien à voir avec un avion. Mais c’était son refuge.

Pendant plusieurs séances, on a construit ce refuge. On l’a rendu plus réel. On y a ajouté des détails : la température de l’air, la texture du sable sous ses pieds, le cri des mouettes. Et doucement, on a appris à son inconscient qu’il pouvait accéder à ce refuge à tout moment. Même dans un avion.

Ce n’est pas magique. C’est un apprentissage. L’inconscient apprend qu’il existe d’autres réponses que la panique. Il apprend qu’il peut associer la situation redoutée à une sensation de sécurité. Pas en niant la peur, mais en lui offrant un contrepoint.

Le jour où la peur a changé de forme

Marie est venue un jour avec un sourire que je ne lui connaissais pas. Elle m’a dit : « J’ai pris l’ascenseur. Pas celui du cabinet, celui de mon immeuble. Il est tout petit, il fait un bruit bizarre, et d’habitude je le prends en apnée. Mais là, j’ai senti que je pouvais. »

Elle n’a pas dit « j’ai vaincu ma peur ». Elle a dit « j’ai senti que je pouvais ». C’est une nuance fondamentale. La peur n’avait pas disparu, mais elle avait changé de statut. Elle n’était plus une force qui la dominait, mais une sensation qu’elle pouvait accueillir.

Comment c’est arrivé ? Je ne pourrais pas vous dire exactement. Personne ne le peut. L’hypnose ericksonienne, c’est un peu comme planter une graine. Vous préparez le sol, vous arrosez, vous mettez au soleil. Mais vous ne voyez pas la graine germer. Un jour, vous regardez, et il y a une tige. Vous ne savez pas exactement quand elle a poussé.

Ce qui s’est passé pour Marie, c’est que son inconscient a trouvé une solution. Il a réassocié la situation d’enfermement (l’ascenseur, puis plus tard l’avion) à une ressource intérieure de calme et de sécurité. Le lien entre le stimulus (l’ascenseur) et la réponse (la panique) s’est affaibli. Un nouveau lien s’est créé : ascenseur = refuge possible.

C’est ce qu’on appelle, en termes techniques, une dissociation thérapeutique. Mais en vrai, c’est juste l’histoire d’une femme qui a appris à son cerveau qu’il pouvait choisir une autre réponse.

« On ne guérit pas d’une phobie en la supprimant. On guérit en apprenant à son système nerveux qu’il peut faire autre chose que paniquer. Et ça, ça ne se commande pas. Ça se suggère. »

Ce que l’hypnose ne fait pas

Je veux être honnête avec vous. L’hypnose ericksonienne n’est pas une pilule magique. Elle ne fait pas disparaître la peur en une séance. Elle ne vous transforme pas en quelqu’un de téméraire qui saute en parachute le lendemain.

Ce qu’elle fait, c’est ouvrir une porte. Elle vous montre qu’il existe un chemin où la peur n’est plus le seul paysage. Elle vous donne des outils pour que votre inconscient puisse, à son rythme, désapprendre la peur.

Marie a mis plusieurs semaines avant de prendre l’avion. Et quand elle l’a fait, elle avait encore un peu peur. Mais elle avait aussi une autre sensation : celle de pouvoir respirer, de pouvoir s’asseoir sans que son cœur ne s’emballe, de pouvoir regarder par le hublot et trouver ça beau, même un peu.

Elle m’a dit après : « Ce n’était pas agréable, mais ce n’était plus insupportable. » Et c’est ça, la guérison. Pas l’absence de peur, mais la fin de la tyrannie de la peur.

Comment ça marche vraiment : le rôle de l’alliance thérapeutique

Si je devais résumer en une phrase ce qui a changé pour Marie, je dirais que c’est la relation. Pas une relation d’autorité, mais une relation d’alliance.

Quand vous venez me voir, je ne suis pas le sachant qui va vous dire quoi faire. Je suis un guide qui connaît le terrain, mais c’est vous qui marchez. Je ne vous ordonne pas de guérir, je vous accompagne là où vous avez besoin d’aller. Et parfois, ce n’est pas là où vous pensiez.

Marie, par exemple, croyait qu’elle devait « affronter sa peur ». Elle s’était préparée à un combat. Mais ce dont elle avait besoin, c’était de faire la paix avec elle-même. De comprendre que la partie d’elle qui avait peur n’était pas une ennemie, mais une protectrice qui avait mal appris.

L’hypnose ericksonienne, c’est une conversation avec cette partie. On ne la juge pas. On l’écoute. On lui dit : « Je comprends que tu aies eu peur. Tu as fait ton travail. Mais maintenant, on peut peut-être essayer autre chose. »

Et cette autre chose, ce n’est pas moi qui la décide. C’est l’inconscient de la personne, qui sait toujours mieux que quiconque ce dont il a besoin pour guérir.

Et si c’était votre tour ?

Si vous lisez ces lignes et que vous reconnaissez quelque chose de vous dans l’histoire de Marie, sachez ceci : vous n’êtes pas seul. La phobie n’est pas une fatalité. Elle n’est pas un défaut de caractère ou une preuve de faiblesse. C’est juste un apprentissage qui a mal tourné, et comme tout apprentissage, il peut se réapprendre.

Mais surtout, sachez que vous n’avez pas à vous battre. Vous n’avez pas à affronter votre peur les poings serrés. Vous pouvez choisir un chemin plus doux, plus respectueux de ce que vous êtes.

L’hypnose ericksonienne, l’IFS, l’Intelligence Relationnelle : ce sont des approches qui ne vous demandent pas d’être courageux, mais d’être curieux. Curieux de ce que votre peur essaie de vous dire. Curieux de ce qui se cache derrière la panique. Curieux de savoir comment votre inconscient peut, lui aussi, trouver la paix.

Je ne vous promets pas que tout disparaîtra en un claquement de doigts. Je vous promets que vous pouvez reprendre le pouvoir sur votre vie, sans avoir à faire la guerre à une partie de vous-même.

Si vous êtes à Saintes ou dans les environs, si vous sentez que le moment est venu d’essayer autre chose, je suis là. On peut en parler, sans engagement, juste pour voir si ce chemin pourrait être le vôtre.

Parce qu’au fond, guérir d’une phobie, ce n’est pas arrêter d’avoir peur. C’est retrouver la liberté de choisir comment vous voulez vivre. Et ça, ça vaut le détour.

Thierry Sudan
Praticien en hypnose ericksonienne, IFS et Intelligence Relationnelle
Saintes (17)
Accompagnement des adultes en souffrance et préparation mentale sportive

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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