HypnoseFondamentaux

Votre première séance d'hypnose : étape par étape

Découvrez le déroulé rassurant d'une séance typique.

TSThierry Sudan
23 avril 202614 min de lecture

Vous avez pris rendez-vous. Peut-être que vous tournez autour de ce moment depuis des semaines, ou bien que vous avez décroché votre téléphone sur une impulsion, après une nuit blanche de plus. Et maintenant, vous vous demandez ce qui va se passer exactement. Est-ce que vous allez perdre le contrôle ? Est-ce que vous allez vous souvenir de tout ? Est-ce que ça va marcher pour vous, vous qui avez l’impression d’avoir tout essayé ?

Ces questions, je les entends à chaque première consultation. Et c’est normal. L’hypnose, ça reste un mot qui traîne avec lui des images de spectacle, de montre balancée devant les yeux ou de gens qui font des choses contre leur gré. La réalité est plus simple, plus humaine, et surtout plus respectueuse de ce que vous êtes. Je vais vous décrire ce qui se passe vraiment, du moment où vous poussez la porte jusqu’à celui où vous repartez, pour que vous sachiez exactement à quoi vous attendre.

Qu’est-ce que vous allez ressentir en arrivant dans le cabinet ?

Quand vous entrez pour la première fois, la plupart des gens me disent qu’ils se sentent un peu comme avant un examen. Le cœur qui bat un peu plus vite, la bouche sèche, l’envie de faire demi-tour. C’est une réaction de survie parfaitement normale : vous allez rencontrer un inconnu, lui confier des choses personnelles, et en plus vous ne savez pas vraiment comment ça va se passer. Votre cerveau fait son travail de protection.

Le cabinet est conçu pour que vous puissiez poser cette vigilance. Un fauteuil confortable, une lumière tamisée, du calme. Pas de divan psychanalytique, pas de table d’examen médicale. Juste un espace où vous pouvez vous asseoir face à moi ou légèrement de côté, selon ce qui vous met le plus à l’aise. Je commence toujours par un temps d’échange tout à fait ordinaire. On parle de votre trajet, de la météo, de votre semaine. Pas pour perdre du temps, mais pour que votre système nerveux comprenne qu’il n’y a pas de danger ici.

Ce premier contact, c’est le moment où je vous observe sans que vous ayez à faire un effort. Comment vous respirez, comment vous bougez dans le fauteuil, si vous croisez les bras ou si vous les laissez ouverts. Pas pour vous juger, mais pour commencer à comprendre votre langage corporel. Parce que l’hypnose, ça se joue autant dans ce que vous dites que dans ce que votre corps raconte sans que vous le sachiez.

L’hypnose ne commence pas quand je fais un geste ou quand je parle d’une voix différente. Elle commence dès l’instant où vous décidez que vous pouvez lâcher prise un tout petit peu.

Pourquoi est-ce que je vais vous poser autant de questions avant de commencer ?

Je vais passer entre vingt et trente minutes à vous interroger. Pas pour remplir une fiche administrative, mais pour construire une carte précise de votre territoire. Si vous venez pour une phobie des araignées, je ne vais pas me contenter de noter que vous avez peur. Je vais vous demander à quoi ressemble exactement cette peur : est-ce une image qui vous vient, une sensation dans le ventre, une voix intérieure qui vous dit que vous allez mourir ? Est-ce que ça a commencé après une rencontre précise avec une araignée, ou est-ce que c’est toujours là, sans raison claire ?

Je vais aussi vous questionner sur votre vie en général. Votre sommeil, votre alimentation, votre niveau de stress au travail, vos relations. Parce qu’une difficulté n’existe jamais dans le vide. Une personne qui fait des crises d’angoisse dans le métro ne fait pas que des crises d’angoisse dans le métro. Elle dort peut-être mal, elle a peut-être un patron qui la stresse, elle a peut-être eu une enfance où on lui a appris à tout contrôler. L’hypnose que je pratique ne traite pas les symptômes comme des ennemis à abattre. Elle les regarde comme des messages que votre système vous envoie.

Certaines questions peuvent vous sembler intrusives. Si c’est le cas, vous avez le droit de ne pas répondre, ou de dire que vous préférez garder ça pour plus tard. Je ne suis pas là pour forcer des confidences. Je suis là pour créer un espace où vous pouvez dire les choses, à votre rythme. Et souvent, ce que vous gardez pour vous au début finit par sortir naturellement quand vous sentez que ça ne sera pas utilisé contre vous.

Cette phase de questionnement est aussi l’occasion de vérifier que l’hypnose est adaptée à votre demande. Parfois, ce dont vous avez besoin, c’est d’abord de parler, de mettre des mots sur ce qui va mal, et l’hypnose viendra après. Parfois, vous avez besoin d’un suivi médical en parallèle. Je suis formé pour repérer ces situations et vous orienter si nécessaire. Mon métier n’est pas de vous garder comme client à tout prix, mais de vous aider à aller mieux, même si ça passe par une autre porte que la mienne.

Est-ce que vous allez vraiment vous endormir ou perdre le contrôle ?

C’est la peur numéro un. Je vais être très clair : non, vous ne perdrez pas le contrôle. Et non, vous ne serez pas endormi au sens où vous seriez inconscient. L’état d’hypnose, c’est un état naturel que vous connaissez déjà. Vous l’avez vécu des centaines de fois sans le savoir.

Vous arrive-t-il de conduire sur une route que vous connaissez par cœur et de vous rendre compte soudain que vous êtes arrivé sans vous souvenir du trajet ? Vous êtes-vous déjà perdu dans un film au point d’oublier que vous êtes dans un fauteuil ? Avez-vous déjà été tellement absorbé par un livre que vous n’avez pas entendu qu’on vous appelait ? Voilà, c’est ça l’hypnose. Un état d’attention focalisée où votre conscience habituelle passe un peu en arrière-plan, mais où vous restez parfaitement présent à ce qui se passe.

Quand je vous guide vers cet état, je vais utiliser votre respiration, votre attention, et parfois des images. Je ne vais pas compter à l’envers d’une voix grave en vous disant que vous tombez dans un sommeil profond. Je vais plutôt vous inviter à laisser votre regard se fixer sur un point, à remarquer le rythme de votre souffle, à sentir le poids de votre corps dans le fauteuil. Je vais utiliser vos propres mots, ceux que vous avez employés pour décrire votre difficulté, pour construire un chemin qui vous est familier.

Pendant toute la séance, vous restez conscient de ce qui se passe. Vous pouvez ouvrir les yeux à tout moment. Vous pouvez parler si vous avez besoin de quelque chose. Vous pouvez même vous lever et partir, même si ça ne s’est jamais produit. Ce qui se passe, c’est que votre esprit critique, cette partie de vous qui analyse, juge, prévoit, se met en veille temporairement. Pas parce qu’elle est vaincue, mais parce qu’elle n’a plus besoin d’être aux commandes pendant un moment. Vous laissez votre système nerveux faire ce qu’il sait faire : se réguler.

Si vous avez peur de perdre le contrôle, c’est justement parce que vous êtes en contrôle permanent. L’hypnose vous propose une trêve, pas une reddition.

Comment se déroule concrètement la phase d’hypnose ?

Une fois que nous avons posé le cadre, que vous êtes installé confortablement et que j’ai une idée claire de ce que nous allons travailler, je vais commencer à vous guider. Il n’y a pas de formule magique unique. Chaque séance est différente parce que chaque personne est différente. Mais je peux vous donner une idée de ce qui se passe généralement.

Je vais d’abord vous aider à vous installer dans un état de relaxation attentive. Ça peut passer par votre respiration : je vous invite à suivre votre souffle, à remarquer comment l’air entre et sort, comment votre cage thoracique se soulève. Ou ça peut passer par une sensation : la chaleur de vos mains, le contact de vos pieds avec le sol, le poids de votre tête contre l’appui-tête. Je vais répéter certaines phrases, pas pour vous endormir, mais pour donner à votre cerveau un rythme prévisible, sécurisant.

Ensuite, selon votre demande, je vais utiliser différentes approches. Si vous venez pour un deuil non fait, je vais peut-être vous proposer de visualiser un lieu où vous pouvez rencontrer la personne disparue, dans un espace symbolique où vous pouvez dire ce qui n’a pas été dit. Si vous venez pour une phobie, je vais vous aider à revoir la situation qui fait peur, mais en la regardant comme si vous étiez dans un film, avec la possibilité d’appuyer sur pause ou de changer la couleur de l’image. Si vous venez pour une addiction, je vais travailler avec la partie de vous qui a besoin de ce comportement, pour comprendre ce qu’elle cherche à vous apporter et trouver d’autres moyens de l’obtenir.

Pendant tout ce temps, je vais parler d’une voix calme, mais pas monotone. Je vais m’adapter à ce que je vois : si votre respiration s’accélère, je vais ralentir mon rythme. Si vous froncez les sourcils, je vais reformuler. Si vous souriez, je vais insister sur ce qui provoque ce sourire. C’est une conversation, mais une conversation qui se passe à un niveau différent du langage habituel.

Vous allez peut-être avoir des sensations physiques étranges. Des picotements dans les doigts, une sensation de lourdeur ou de légèreté, l’impression que vos bras flottent. C’est normal. C’est simplement votre système nerveux qui change d’état, qui passe d’un mode vigilance à un mode récupération. Certaines personnes voient des couleurs, d’autres entendent des sons, d’autres ne ressentent rien de particulier. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de vivre une séance d’hypnose.

Que se passe-t-il après la phase de travail ?

Quand la partie active de la séance est terminée, je vais vous ramener progressivement. Pas d’un coup sec en comptant à rebours. Je vais vous inviter à revenir dans la pièce, à sentir votre corps dans le fauteuil, à bouger doucement les doigts et les orteils, à ouvrir les yeux quand vous êtes prêt. Ce retour peut prendre quelques minutes. Certaines personnes ont besoin de rester assises un moment avant de se lever. D’autres sautent du fauteuil en disant qu’elles se sentent légères.

Ensuite, nous prenons le temps d’échanger sur ce qui s’est passé. Je ne vais pas vous demander de tout raconter, parce que parfois ce qui se vit en hypnose est difficile à mettre en mots, et c’est très bien comme ça. Mais je vais vous demander comment vous vous sentez, si quelque chose vous a surpris, si vous avez des questions. Certaines personnes ont des prises de conscience immédiates : « Ah, je comprends maintenant pourquoi je réagis comme ça avec ma mère. » D’autres ne ressentent rien de particulier sur le moment, et les choses se mettent en place dans les jours qui suivent.

Il est possible que vous vous sentiez un peu fatigué après la première séance. Votre cerveau a travaillé, il a fait des connexions nouvelles, il a mobilisé de l’énergie. C’est comme après une séance de sport intense. Certaines personnes ont soif, d’autres ont faim. Je vous conseille toujours de boire un verre d’eau avant de repartir, et de ne pas prendre de décision importante dans l’heure qui suit. Laissez votre système s’intégrer ce qui vient de se passer.

Je vous donne aussi des pistes pour les jours suivants. Parfois un petit exercice à faire chez vous, parfois juste une observation à porter sur votre quotidien. « Essayez de remarquer, sans vouloir changer quoi que ce soit, comment vous réagissez la prochaine fois que vous êtes dans une situation qui d’habitude vous stresse. » Ce n’est pas un devoir, c’est une invitation à continuer le travail entre les séances.

Ce qui se passe après une séance est aussi important que ce qui se passe pendant. Le changement ne commence pas dans mon cabinet, il commence quand vous repartez et que vous vivez votre vie.

Combien de séances faut-il pour voir des résultats ?

C’est une question que tout le monde pose, et je vais être honnête : il n’y a pas de réponse universelle. Certaines personnes viennent une fois et repartent avec ce dont elles avaient besoin. Un déclic, une prise de conscience, un blocage qui se dénoue. C’est rare, mais ça arrive. La plupart des gens ont besoin de trois à cinq séances pour un problème circonscrit comme une phobie ou une habitude. Pour des choses plus ancrées comme des traumatismes anciens ou des schémas relationnels répétitifs, ça peut prendre plus de temps.

Ce qui compte, ce n’est pas le nombre de séances, c’est ce que vous en faites. L’hypnose n’est pas une pilule magique qu’on avale passivement. C’est un outil que je vous prête, et que vous apprenez à utiliser. Plus vous vous engagez dans le processus, plus vous êtes prêt à regarder en face ce qui vous fait souffrir, plus les résultats seront rapides et durables.

Je ne promets jamais de résultats en un nombre fixe de séances. Si quelqu’un vous fait cette promesse, méfiez-vous. Ce que je peux vous promettre, c’est que je ferai de mon mieux à chaque séance, que je m’adapterai à ce que vous vivez, et que je ne vous laisserai pas tomber si les choses ne bougent pas aussi vite que vous le souhaiteriez. Parfois, le changement prend du temps simplement parce que votre système a besoin de sécurité pour lâcher ce qui le protège depuis des années.

Et si après quelques séances, nous voyons que l’hypnose ne vous convient pas, ou que votre demande nécessite une autre approche, je vous le dirai. Mon objectif n’est pas de multiplier les séances, mais de vous aider à aller mieux, même si ça signifie vous orienter vers un collègue ou un autre professionnel.

Comment savoir si l’hypnose est faite pour vous ?

Si vous êtes arrivé jusqu’ici dans cet article, c’est probablement que vous avez une raison de vous poser la question. Peut-être que vous souffrez d’une anxiété qui vous pourrit la vie, d’une peur qui vous empêche de faire des choses simples, d’un deuil qui n’arrive pas à se faire, d’une habitude que vous n’arrivez pas à lâcher malgré tous vos efforts. Peut-être que vous avez déjà essayé des thérapies parlées, des médicaments, des méthodes alternatives, et que rien n’a vraiment pris.

L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer votre histoire, ni vous transformer en quelqu’un d’autre. Ce qu’elle peut faire, c’est vous aider à accéder à des ressources que vous avez déjà en vous, mais que vous n’arrivez pas à utiliser parce que votre système est bloqué. Elle peut vous aider à voir votre problème sous un angle nouveau, à défaire des liens automatiques qui vous font souffrir, à donner une voix à des parties de vous qui ont été réduites au silence.

La condition pour que ça marche, c’est que vous soyez prêt à essayer. Pas à y croire aveuglément, mais à vous donner la permission de vivre l’expérience sans jugement. Vous pouvez être sceptique, c’est même une bonne chose. Le scepticisme est une forme d’intelligence critique. Mais si ce scepticisme vous empêche de vous laisser guider ne serait-ce qu’un instant, alors l’hypnose aura du mal à opérer.

Si vous hésitez encore, je vous propose un petit test. Prenez un moment ce soir, chez vous, dans un endroit calme. Fermez les yeux et portez votre attention sur votre respiration pendant trente secondes. Juste trente secondes. Si vous arrivez à le faire sans que votre esprit parte immédiatement ailleurs, l’hypnose peut vous convenir. Si vous n’y arrivez pas, elle peut aussi vous convenir, parce qu’elle vous apprendra précisément à faire cette pause.

Ce que vous pouvez faire maintenant

Vous n’avez pas besoin d’attendre d’avoir pris rendez-vous pour commencer à préparer le terrain. La première chose que vous pouvez faire, c’est d’écrire sur un carnet ce que vous aimeriez changer, précisément. Pas en termes vagues comme « être moins stressé », mais en termes concrets : « Quand mon patron me parle d’une échéance, je sens mon cœur s’emballer et j’ai envie de fuir. » Plus vous serez précis dans la description de votre difficulté, plus nous pourrons travailler efficacement

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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