3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comprendre le rôle caché de ces habitudes.
C’est en voyant défiler les mêmes scénarios que vous finissez par vous dire : « Mais pourquoi est-ce que je refais toujours la même chose ? »
Je reçois souvent des personnes qui viennent avec une forme de lassitude, parfois même d’épuisement. Elles me décrivent des comportements qu’elles ne contrôlent plus, ou qu’elles contrôlent mal. L’une vérifie trois fois si la porte est fermée avant de dormir, une autre repousse systématiquement ses projets importants, un troisième se surprend à grignoter sans faim devant un écran, tard le soir. Et tous me disent la même chose : « Je sais que ce n’est pas logique, je sais que ça ne me fait pas du bien, mais je n’arrive pas à m’arrêter. »
Ce décalage entre ce que vous savez consciemment et ce que vous faites réellement est au cœur de ce dont nous allons parler aujourd’hui. Ce n’est pas un défaut de volonté, ni un manque de caractère. C’est un mécanisme de protection qui opère en coulisses, bien en dessous de votre radar mental.
Votre inconscient n’est pas un adversaire. Il est plutôt comme un gardien un peu trop zélé, qui a pris l’habitude de verrouiller toutes les portes, même celles qui donnent sur le jardin. Aujourd’hui, je vais vous expliquer comment ces comportements répétitifs, que vous jugez souvent négatifs, sont en réalité des tentatives de protection. Et surtout, comment l’hypnose, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle peuvent vous aider à négocier avec ce gardien, plutôt que de chercher à le virer.
Imaginez que vous conduisez tous les jours sur le même trajet pour aller au travail. Au bout d’un mois, vous ne réfléchissez même plus. Vous tournez à droite, vous freinez au feu, vous prenez la bretelle d’accès sans y penser. Votre cerveau a créé une autoroute neuronale. C’est économique, prévisible, rassurant. Vous pouvez penser à autre chose, écouter un podcast, planifier votre journée. Le trajet ne vous demande presque aucune énergie.
Maintenant, imaginez qu’un jour on vous demande de prendre un itinéraire complètement différent. Même si ce nouveau chemin est plus court ou plus beau, votre cerveau va immédiatement produire une micro-alerte. De l’attention, de la vigilance, de l’incertitude. Vous devez regarder les panneaux, vérifier votre GPS, anticiper les ronds-points. C’est fatigant. Votre inconscient n’aime pas ça. Il aime les routes goudronnées, pas les chemins de terre.
Cette logique s’applique à tout. À vos émotions, à vos relations, à vos façons de réagir au stress. Votre inconscient a enregistré, au fil des années, une série de stratégies qui ont fonctionné au moins une fois pour vous protéger d’une douleur, d’une peur ou d’une humiliation. Peu importe que ces stratégies soient devenues obsolètes ou contre-productives aujourd’hui. Pour lui, elles restent des solutions validées.
Prenons un exemple concret. Je reçois Sophie, une trentenaire brillante dans son travail, mais qui vit dans une angoisse permanente de ne pas être à la hauteur. Elle se prépare des heures pour chaque réunion, vérifie ses mails dix fois avant d’envoyer, et refuse systématiquement les promotions par peur de l’échec. Elle sait qu’elle est compétente. Ses collègues le lui disent. Mais son inconscient, lui, a enregistré un message bien plus ancien : « Si tu te fais remarquer, tu risques d’être critiquée, humiliée, rejetée. » Ce message vient de son enfance, d’un parent exigeant ou d’une situation scolaire douloureuse.
Alors son inconscient actionne le comportement répétitif : l’hyper-contrôle, l’évitement, la préparation excessive. Ce n’est pas agréable, mais c’est familier. Et le familier, pour le cerveau, est synonyme de sécurité.
Votre inconscient ne choisit pas ce qui est bon pour vous. Il choisit ce qui est connu. Et ce qui est connu, même douloureux, lui semble plus sûr que l’inconnu.
Ce mécanisme explique pourquoi il est si difficile de changer seul, par la simple volonté. Vous pouvez vous répéter cent fois « je vais me calmer », « je vais arrêter de grignoter », « je vais oser dire non ». Mais si votre inconscient ne met pas à jour sa carte de protection, vous reviendrez au comportement répétitif dès que la pression monte. Ce n’est pas un échec. C’est une fidélité à votre système de survie.
Quand on parle de protection, on pense souvent à des dangers physiques : un prédateur, une chute, une brûlure. Mais la grande majorité des protections que votre inconscient met en place concerne des dangers émotionnels et relationnels. Et ceux-ci sont bien plus fréquents dans votre vie quotidienne.
Voici quelques exemples de ce que votre inconscient cherche à éviter à travers des comportements répétitifs :
Chacun de ces dangers est réel pour votre inconscient. Il ne fait pas la différence entre une menace réelle et une menace perçue. Pour lui, une peur de rejet active les mêmes circuits qu’un danger physique. Et donc, il va déployer des comportements répétitifs pour neutraliser cette menace.
J’ai accompagné Marc, un coureur amateur qui se blessait systématiquement trois semaines avant chaque compétition importante. Il venait me voir pour « travailler sur sa préparation mentale », mais très vite, le motif profond est apparu. Marc avait grandi dans une famille où la réussite était valorisée, mais où l’échec était vécu comme une catastrophe. Gagner une course, c’était exister. Perdre, c’était s’effondrer.
Son inconscient avait trouvé une solution de contournement : la blessure. Elle lui permettait d’éviter la compétition sans avoir à affronter la honte de perdre. « Je ne me suis pas retiré parce que j’avais peur, je me suis retiré parce que j’étais blessé. » La blessure protégeait son estime de soi. Elle était devenue un comportement répétitif, involontaire, mais terriblement efficace pour éviter la douleur émotionnelle.
Bien sûr, Marc en souffrait. Il voulait courir, il s’entraînait dur. Mais une partie de lui, une partie plus ancienne et plus méfiante, préférait une douleur physique prévisible à une douleur émotionnelle inconnue. C’est cette partie que nous avons appris à écouter, en hypnose et en IFS, plutôt que de la combattre.
Ce que je veux que vous reteniez ici, c’est que votre comportement répétitif a une intention positive. Il essaie de vous protéger de quelque chose. Même si cette protection est maladroite, coûteuse, et qu’elle vous empêche de vivre pleinement. Quand vous arrêtez de la juger, vous pouvez commencer à comprendre ce qu’elle essaie de préserver en vous.
L’hypnose que je pratique, celle de Milton Erickson, n’a rien à voir avec un spectacle de scène ou un état de sommeil profond. C’est un état de conscience modifiée où votre attention se déplace du mental analytique vers des ressources plus intuitives, créatives et corporelles. C’est un peu comme si on éteignait le bruit du moteur pour entendre ce qui se passe sous le capot.
Dans cet état, votre inconscient devient plus accessible. Non pas pour qu’on lui donne des ordres, mais pour qu’on dialogue avec lui. Erickson disait que l’inconscient est un allié puissant, à condition de savoir lui parler dans son langage : celui des images, des sensations, des métaphores, des symboles.
Prenons l’exemple de la vérification compulsive. Si vous avez besoin de vérifier trois fois que la porte est fermée, votre conscient vous dit : « Arrête, c’est stupide, tu sais qu’elle est fermée. » Mais cette injonction ne fait qu’augmenter l’anxiété. Pourquoi ? Parce qu’elle attaque la partie protectrice. En hypnose, on va plutôt dire à cette partie : « Merci d’être là, merci de veiller sur la sécurité. Je vois que tu fais ton travail avec sérieux. Maintenant, je voudrais savoir de quoi tu as vraiment peur. »
Et là, souvent, quelque chose se dénoue. La personne peut ressentir une vieille peur d’intrusion, un souvenir d’enfance où son espace n’était pas respecté, un sentiment d’insécurité globale. Le comportement répétitif n’est que le symptôme. La cause, c’est une partie de soi qui porte une blessure non consolée.
L’hypnose ericksonienne permet de créer un espace de sécurité où cette partie peut se détendre un peu. On ne lui demande pas de disparaître. On lui propose une nouvelle mission, moins coûteuse. Par exemple, au lieu de vérifier la porte trois fois, on peut suggérer que la partie accepte un seul geste symbolique, comme poser la main sur la poignée en disant intérieurement : « Je suis en sécurité ici. »
C’est un réapprentissage en douceur. Pas de lutte, pas de forcing. Juste une redirection de l’attention, avec l’accord de l’inconscient.
En hypnose, on ne force pas une porte fermée. On apprend à écouter celui qui la tient fermée, pour comprendre ce qu’il protège. Et souvent, il accepte de l’ouvrir un peu, quand il se sent entendu.
C’est aussi pour cela que l’hypnose est particulièrement efficace pour les comportements répétitifs liés à l’anxiété, aux addictions douces, aux tics, aux rituels. Elle ne s’attaque pas au symptôme de front. Elle remonte à la source, à ce que le comportement protège, et elle offre une alternative qui respecte l’intention de protection.
L’IFS, ou Internal Family Systems, est un modèle que j’utilise beaucoup en complément de l’hypnose. Il part d’une idée simple mais puissante : votre esprit n’est pas un bloc monolithique. Il est composé de plusieurs « parties », chacune avec sa propre personnalité, ses émotions, ses croyances, et sa mission.
Vous avez sans doute déjà ressenti cette conversation intérieure : une partie de vous veut changer, une autre résiste. Une partie veut prendre soin des autres, une autre a besoin de repos. Une partie veut réussir, une autre a peur de l’échec. Ces parties ne sont pas des pathologies. Ce sont des sous-personnalités qui se sont formées pour vous aider à traverser la vie.
Dans le cadre des comportements répétitifs, l’IFS distingue deux types de parties :
Ces deux types de parties sont des protecteurs. Le problème, c’est qu’ils travaillent souvent sans consulter le reste du système, et qu’ils utilisent des stratégies rigides, apprises dans l’enfance.
L’IFS propose une approche radicalement différente de la psychologie classique. Au lieu de chercher à supprimer ou contrôler ces parties, on apprend à entrer en relation avec elles. On les remercie pour leur travail. On leur demande ce qu’elles craignent vraiment si on arrêtait le comportement. Et on découvre qu’en dessous de chaque protecteur, il y a une partie vulnérable, souvent très jeune, qui porte une blessure originelle.
C’est cette partie vulnérable qui a besoin d’être entendue, et non le comportement répétitif qui a besoin d’être éliminé. Quand la vulnérabilité est reconnue et apaisée, le protecteur peut lâcher prise naturellement.
J’ai travaillé avec un footballeur qui avait un rituel de préparation extrêmement rigide avant chaque match. Il devait enfiler ses chaussures dans un ordre précis, toucher trois fois le poteau de but, répéter une phrase. Si un coéquipier le dérangeait pendant ce rituel, il devenait agressif. En IFS, nous avons rencontré la partie qui exigeait ce rituel. C’était un jeune gardien de but de douze ans, qui avait vécu un match catastrophique et s’était promis de tout contrôler pour ne plus jamais ressentir cette honte.
Quand cette partie s’est sentie entendue, reconnue dans sa peur, elle a accepté de réduire le rituel à un seul geste symbolique. Le joueur a retrouvé de la souplesse et de la spontanéité sur le terrain. Le comportement répétitif n’était plus nécessaire, car la blessure qu’il protégeait était en train de guérir.
Les comportements répétitifs ne se jouent pas seulement à l’intérieur de vous. Ils se jouent aussi dans vos relations. Car ces comportements, vous les reproduisez souvent avec les autres, sans le savoir.
L’Intelligence Relationnelle, c’est la capacité à reconnaître vos schémas relationnels, à comprendre ce qui se joue dans l’interaction, et à choisir une réponse plus libre plutôt qu’une réaction automatique.
Prenons un exemple courant : la tendance à dire « oui » quand on veut dire « non ». C’est un comportement répétitif qui protège du conflit, du rejet, de la déception de l’autre. Mais à force, il vous épuise, vous rend amer, et vous finissez par exploser ou vous retirer. Le cycle se répète.
En Intelligence Relationnelle, on va observer ce qui se passe dans la relation quand ce comportement s’active. Qu’est-ce que vous ressentez dans le corps ? Quelle émotion monte ? Quelle peur se réveille ? Et surtout : quelle est l’intention positive derrière ce « oui » contraint ?
Souvent, c’est une partie de vous qui a appris très tôt que dire non était dangereux. Que dire non, c’était risquer de perdre l’amour, l’attention, la sécurité. Alors cette partie a pris le contrôle de la relation, en vous faisant dire oui pour préserver le lien. Mais ce lien est un leurre, car il est construit sur votre sacrifice.
L’Intelligence Relationnelle vous donne des outils pour reprendre votre place dans la relation sans détruire l’autre. Elle vous apprend à exprimer vos besoins, à poser des limites, à tolérer la déception de l’autre sans vous effondrer. Et à reconnaître que vous n’êtes pas responsable des émotions des autres.
C’est un travail complémentaire à l’hypnose et à l’IFS. L’hypnose vous reconnecte à votre monde intérieur, l’IFS vous permet de dialoguer avec vos parties, et l’Intelligence Relationnelle vous aide à incarner ces changements dans le monde réel, avec les autres.
Un comportement répétitif n’est jamais un défaut. C’est une solution ancienne, devenue inadaptée, mais qui a autrefois permis de survivre. Le problème n’est pas le comportement. Le problème, c’est qu’il est devenu le seul outil disponible.
Quand vous élargissez votre bo
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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