3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Le mécanisme neuronal derrière les compulsions.
Vous avez déjà essayé d’arrêter de grignoter le soir, de vous ronger les ongles, ou de décrocher ce verre de trop en rentrant du travail ? Et vous avez tenu trois jours, une semaine, peut-être même un mois. Puis, un soir de fatigue ou de stress, votre main a plongé dans le paquet de chips sans que vous ayez vraiment eu le temps de dire « non ». Vous n’êtes pas faible. Vous n’êtes pas en manque de volonté. Vous êtes juste aux prises avec un système qui a été programmé pour répéter ce comportement, encore et encore, sans même vous demander votre avis.
Ce que vous vivez, c’est le fonctionnement normal d’un cerveau qui aime les habitudes. Il les aime parce qu’elles lui permettent d’économiser de l’énergie. Mais quand une habitude devient une compulsion – une pulsion qui vous pousse à agir malgré votre envie consciente d’arrêter – ce mécanisme de survie se transforme en prison. L’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle sont des outils qui permettent de déjouer ce piège. Pas en luttant contre votre cerveau, mais en lui parlant dans sa propre langue.
Je vais vous montrer comment ça marche, avec des exemples concrets, des mécanismes clairs, et une invitation à faire le premier pas dès maintenant.
Pour comprendre pourquoi il est si difficile de briser une habitude, il faut d’abord accepter une vérité inconfortable : votre cerveau n’est pas conçu pour votre bonheur à long terme. Il est conçu pour votre survie immédiate. Et pour survivre, il doit automatiser un maximum de comportements. Chaque fois que vous répétez une action dans un contexte similaire – allumer une cigarette après le café, ouvrir Instagram en faisant la queue, ou manger du chocolat quand vous vous sentez seul – votre cerveau tisse un lien neuronal plus fort entre le déclencheur et la réponse.
Ce processus s’appelle la potentialisation à long terme. C’est un peu comme tracer un sentier dans une forêt. La première fois, vous marchez dans les ronces. La dixième fois, le chemin est dégagé. La centième fois, c’est une autoroute à quatre voies. Votre cerveau ne se demande plus s’il doit emprunter cette route. Il la prend automatiquement, parce que c’est le chemin le plus rapide et le moins coûteux en énergie.
Prenons l’exemple de Julien, un coureur que j’accompagne. Il avait pris l’habitude de boire une bière après chaque entraînement. « C’est ma récompense », me disait-il. Mais cette « récompense » avait dérapé : une bière était devenue deux, puis trois. Et il ne pouvait plus s’arrêter. Ce n’était pas une question de soif. C’était un circuit neuronal qui s’était solidifié. Le déclencheur (rentrer du sport) → la routine (ouvrir le frigo, décapsuler) → la récompense (la sensation de détente immédiate). Ce triangle, popularisé par Charles Duhigg, est le socle de toute habitude, qu’elle soit bonne ou mauvaise.
Ce que Julien ne voyait pas, c’est que la « récompense » n’était pas la bière elle-même. C’était la baisse de cortisol, l’hormone du stress, qu’il associait à ce rituel. Son cerveau avait appris que cette séquence était une solution rapide à un inconfort – la fatigue post-effort, le vide après l’entraînement, ou peut-être une tension émotionnelle non digérée.
Une habitude n’est pas un ennemi à vaincre. C’est une solution que votre cerveau a trouvée pour répondre à un besoin. Si vous voulez changer le comportement, vous devez d’abord comprendre quel besoin il satisfait.
Cette compréhension est essentielle. Car tant que vous essayez de supprimer une habitude par la volonté seule, vous luttez contre un système qui a des années d’entraînement. Vous êtes comme un vélo qui veut grimper une côte contre un semi-remorque. Vous allez perdre. L’hypnose, elle, ne force pas le conducteur à lâcher le volant. Elle lui propose un autre itinéraire.
J’entends souvent des patients me dire : « Je sais que c’est mauvais pour moi. Je sais que je devrais arrêter. Mais je n’y arrive pas. » Et ils ajoutent, la voix pleine de culpabilité : « Je manque de discipline. » Non. Vous ne manquez pas de discipline. Vous utilisez un outil inadapté.
La volonté est une ressource limitée, située dans le cortex préfrontal, la partie la plus récente et la plus fatigable de votre cerveau. Elle fonctionne comme un muscle : elle s’épuise après un effort soutenu. Plus vous résistez à une envie, plus vous puisez dans cette réserve. Et quand elle est vide – en fin de journée, après une réunion difficile, ou quand vous êtes fatigué – les habitudes automatiques reprennent le contrôle. Ce n’est pas un défaut de caractère. C’est une loi de la neurobiologie.
Les compulsions, elles, sont encore plus sournoises. Elles ne sont pas de simples habitudes. Ce sont des comportements dictés par des parties de vous qui ont pris le pouvoir. En IFS, on appelle ces parties des « managers » ou des « pompiers ». Un manager va vous pousser à être parfait au travail pour éviter la honte. Un pompier, lui, va éteindre une émotion insupportable – anxiété, colère, tristesse – par une action impulsive : manger, boire, fumer, scroller sans fin.
Prenez l’exemple de Sophie, une patiente qui venait me voir pour ses crises de boulimie. Elle me disait : « Je ne comprends pas. Je rentre du boulot, je suis crevée, et je me retrouve devant le frigo à engloutir un paquet de gâteaux en cinq minutes. Je ne veux même pas les manger. C’est plus fort que moi. » En IFS, nous avons exploré cette « partie » qui la poussait à manger. Ce n’était pas une ennemie. C’était une partie qui avait appris, des années plus tôt, que manger était le seul moyen de calmer une sensation de vide intérieur. Elle faisait son travail : protéger Sophie de l’effondrement émotionnel. Mais elle le faisait avec des solutions d’un autre âge.
L’hypnose ericksonienne permet d’entrer en contact avec cette partie sans la combattre. Parce que si vous la combattez, elle se renforce. Elle devient plus rigide, plus bruyante. En revanche, si vous l’écoutez, si vous reconnaissez son rôle, elle peut se détendre. Et dans cet espace de détente, une nouvelle option peut émerger.
L’hypnose, contrairement à ce qu’on voit dans les spectacles, n’est pas un état de sommeil ou de perte de contrôle. C’est un état de conscience modifié, naturel, que vous expérimentez plusieurs fois par jour sans le savoir : quand vous êtes absorbé par un film, quand vous conduisez sur autoroute sans vous souvenir des derniers kilomètres, ou quand vous rêvassez sous la douche. Dans cet état, votre cerveau critique – le cortex préfrontal – ralentit son activité. Et votre cerveau automatique – le système limbique, les ganglions de la base – devient plus accessible.
C’est là que réside la clé. Les habitudes et les compulsions sont stockées dans ces régions automatiques. Elles ne répondent pas aux ordres conscients. Vous pouvez vous répéter « je ne vais pas fumer » cent fois par jour, cela n’affectera pas le circuit neuronal qui associe le café à la cigarette. En revanche, en état d’hypnose, vous pouvez proposer à ce circuit une nouvelle association, une nouvelle réponse, sans passer par la résistance consciente.
Je travaille souvent avec des sportifs, des coureurs et des footballeurs, pour la préparation mentale. L’un d’eux, un footballeur amateur, avait une compulsion à regarder le ballon quand il recevait une passe, au lieu de lever la tête pour voir le jeu. Il savait qu’il devait lever la tête. Il s’entraînait à le faire. Mais en match, sous pression, son cerveau revenait automatiquement au comportement ancien. En hypnose, nous avons créé une nouvelle ancre : à chaque fois qu’il sentait le ballon arriver, je lui ai suggéré de sentir un léger tiraillement au niveau de sa nuque, comme un fil invisible qui l’invitait à lever les yeux. Après quelques séances, le geste est devenu automatique. Sans effort conscient.
C’est la même logique pour les compulsions alimentaires, le tabac, ou les grignotages. L’hypnose ne vous enlève pas votre liberté. Elle vous donne accès à une partie de votre cerveau qui peut apprendre autrement. Elle reprogramme le pilote automatique, sans que vous ayez à lutter contre lui.
Si l’hypnose est la clé qui ouvre la porte du cerveau automatique, l’IFS est la carte qui vous permet de vous y retrouver. L’IFS part d’une idée radicale : vous n’avez pas un seul « vous ». Vous êtes composé de multiples parties, parfois contradictoires. Il y a une partie qui veut arrêter de fumer, et une autre qui allume une cigarette dès que l’anxiété monte. Il y a une partie qui veut manger sainement, et une autre qui réclame du sucre dès que vous vous sentez seul.
Ces parties ne sont pas des ennemis. Ce sont des protecteurs. Elles ont développé des stratégies, parfois extrêmes, pour vous protéger de douleurs que vous avez vécues – souvent dans l’enfance, parfois dans des moments plus récents. La partie qui vous pousse à grignoter le soir n’est pas une « mauvaise habitude ». C’est une partie qui a appris que le sucre calmait une angoisse, et elle continue à appliquer cette solution, même si elle n’est plus adaptée.
Je me souviens de Marc, un patient qui avait une compulsion à vérifier trois fois la porte d’entrée avant de se coucher. Il savait que c’était irrationnel. Il passait des minutes à lutter contre cette envie. Mais la tension montait jusqu’à ce qu’il cède. En IFS, nous avons rencontré la partie qui le poussait à vérifier. Elle était jeune, anxieuse, et elle portait la mémoire d’un cambriolage que Marc avait vécu enfant. Cette partie ne savait pas que Marc était aujourd’hui un adulte en sécurité. Elle agissait comme si le danger était toujours présent. Une fois que Marc a pu la remercier, lui dire « je te vois, je comprends que tu veux me protéger, mais je suis en sécurité maintenant », cette partie s’est apaisée. La compulsion a diminué de 80 % en deux semaines.
Quand vous arrêtez de lutter contre une partie de vous, elle cesse de lutter contre vous. La guérison n’est pas une guerre civile. C’est une trêve négociée avec amour.
L’hypnose et l’IFS se complètent parfaitement. L’hypnose crée un espace de sécurité où les parties peuvent se montrer sans peur d’être jugées ou réprimées. Et l’IFS donne un langage pour dialoguer avec elles. Vous n’êtes plus en train de vous battre contre vous-même. Vous devenez le leader bienveillant de votre propre système intérieur.
Il y a un dernier ingrédient, souvent négligé, dans la mécanique des compulsions : la relation à l’autre. L’Intelligence Relationnelle, c’est la capacité à comprendre et à gérer la dynamique entre vous et les autres. Et c’est crucial, car beaucoup d’habitudes compulsives sont maintenues par un isolement silencieux.
Quand vous êtes seul avec votre compulsion – que ce soit manger en cachette, boire en secret, ou scroller des heures sur votre téléphone – vous entrez dans une boucle de honte. La compulsion vous soulage sur le moment, puis la culpabilité s’installe, puis vous vous isolez encore plus, et la compulsion revient plus forte. C’est un cercle vicieux que l’on voit souvent chez les personnes qui souffrent de troubles alimentaires ou d’addictions.
L’Intelligence Relationnelle vous apprend à briser ce cycle en rétablissant une connexion authentique avec les autres. Pas une connexion superficielle, mais une connexion où vous pouvez dire : « Je traverse une période difficile, et j’ai besoin d’aide. » C’est terriblement vulnérable. C’est aussi terriblement efficace.
J’ai travaillé avec une patiente, Élise, qui avait une compulsion à acheter des vêtements en ligne chaque fois qu’elle se sentait rejetée par son mari. Elle passait des heures à faire défiler des sites, à commander, puis à renvoyer. Elle avait des centaines d’euros de dépenses inutiles. En explorant la situation, nous avons vu que cette compulsion était une tentative de combler un vide relationnel. Au lieu d’affronter la conversation difficile avec son mari, elle se réfugiait dans un shopping compulsif qui lui donnait une illusion de contrôle. Grâce à l’Intelligence Relationnelle, elle a appris à exprimer ses besoins autrement. Elle a commencé par une phrase simple : « J’ai besoin de me sentir importante pour toi. » Le mari, qui n’avait jamais entendu cela, a pu répondre. La compulsion a perdu son utilité.
L’hypnose et l’IFS travaillent sur le monde intérieur. L’Intelligence Relationnelle travaille sur le monde extérieur. Les deux sont nécessaires. Car une compulsion n’est jamais seulement un problème de cerveau. C’est souvent un symptôme d’une déconnexion – avec soi-même, avec les autres, ou avec le sens de sa vie.
Vous n’avez pas besoin d’attendre une séance pour commencer à bouger les choses. Voici une pratique simple, inspirée de l’hypnose et de l’IFS, que vous pouvez essayer dès ce soir.
Installez-vous dans un endroit calme. Fermez les yeux. Prenez trois respirations profondes, en laissant l’air descendre jusqu’au ventre. Puis, portez votre attention sur la compulsion qui vous pose problème – celle qui vous épuise, celle que vous voulez changer. Ne la jugez pas. Observez-la comme si vous regardiez un nuage passer dans le ciel.
Maintenant, posez-vous cette question, intérieurement : « Quelle est l’émotion qui est juste avant cette compulsion ? » Est-ce de l’ennui ? De la fatigue ? De la tristesse ? De l’anxiété ? Ne cherchez pas à la changer. Contentez-vous de la nommer. Par exemple : « Je sens de l’anxiété dans ma poitrine. »
Ensuite, imaginez que cette émotion est une petite partie de vous, assise à côté de vous. Donnez-lui un visage, un âge, une couleur. Demandez-lui, avec curiosité : « Qu’est-ce que tu veux pour moi ? » Écoutez la réponse sans l’interpréter. Peut-être qu’elle dit : « Je veux que tu sois en sécurité. » Ou : « Je veux que tu arrêtes de souffrir. » Ou même : « Je ne sais pas. »
Remerciez cette partie. Dites-lui : « Merci d’être là. Je te vois. » Et laissez-la être. Vous venez de faire un acte révolutionnaire : vous avez arrêté de combattre une partie de vous pour l’accueillir. C’est le premier pas vers une libération durable.
Cette pratique ne remplace pas un accompagnement, surtout si la compulsion est envahissante. Mais elle vous montre que le changement est possible, et qu’il commence par une attitude de curiosité plutôt que de guerre.
Si vous lisez ces lignes, c’est probablement parce qu’une partie de vous aspire à une vie plus libre, plus légère, moins dictée par des automatismes qui vous épuisent. Cette partie a raison. Vous n’êtes pas votre habitude. Vous n’êtes pas votre compulsion. Vous êtes celui ou celle qui peut les observer, les comprendre, et finalement les transformer.
L’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle ne sont pas des baguettes magiques. Ce sont des outils qui vous redonnent le pouvoir sur votre propre cerveau, sans violence, sans lutte. Ils vous
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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