3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Les mécanismes neurologiques qui vous piègent.
Vous êtes allongé dans votre lit, il est 23h42. Vous vous dites « encore une vidéo et j’éteins ». Une heure plus tard, vous avez regardé la recette d’un gâteau vegan, un chat qui joue du piano, et le replay d’un match de foot que vous aviez déjà vu. Vous n’êtes pas faible. Vous êtes simplement victime d’un détournement de votre propre cerveau. Et ce n’est pas de votre faute.
Je vois ça tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Des adultes intelligents, actifs, qui viennent me voir pour de l’hypnose ou de l’IFS, et qui finissent par avouer, presque honteux : « Je passe deux heures par jour sur Instagram sans rien en retirer. » Ou : « Je sais que je devrais travailler, mais mon pouce scrolle tout seul. » Alors on va décortiquer ce piège ensemble. Pas pour vous faire la morale, mais pour comprendre ce qui se passe dans votre boîte crânienne quand vous ouvrez TikTok.
Commençons par une vérité qui dérange : votre cerveau est une machine à survivre dans la savane, pas à scroller dans le métro. Il y a 200 000 ans, repérer un mouvement rapide dans les hautes herbes pouvait vous sauver la vie. Aujourd’hui, ce même circuit s’active quand vous voyez une notification rouge qui bouge. Le problème, c’est que votre cerveau n’a pas eu le temps de s’adapter à l’abondance numérique.
Prenons un exemple concret. Je reçois Marc, 38 ans, commercial. Il me dit : « Thierry, je passe mes soirées à scroller. Je ne peux pas m’arrêter. C’est plus fort que moi. » On creuse un peu. Marc n’est pas dépressif, pas anxieux. Mais il est fatigué le soir. Et son cerveau, en mode économie d’énergie, cherche la récompense immédiate. Le scrolling, c’est comme une machine à pop-corn : une petite récompense toutes les 30 secondes. Votre cerveau libère de la dopamine, ce neurotransmetteur du plaisir et de l’anticipation. Sauf que la dopamine n’est pas là pour vous récompenser d’avoir fini quelque chose. Elle est là pour vous motiver à chercher la prochaine récompense.
C’est le cœur du piège. Vous ne scrollez pas pour le contenu. Vous scrollez pour l’attente du prochain pic de dopamine. Et comme chaque vidéo, chaque photo, chaque like est une mini-surprise (positive, négative ou neutre), votre cerveau reste en alerte. C’est ce qu’on appelle le renforcement intermittent. Les machines à sous fonctionnent sur ce principe. Et votre fil d’actualité aussi. Vous tirez le levier, vous ne savez pas ce qui va sortir, mais vous espérez le jackpot. Et parfois, vous l’obtenez : une vidéo drôle, une nouvelle importante, un like inattendu. Alors vous continuez.
Point clé : Le scrolling infini n’est pas un manque de volonté. C’est un système de récompense intermittent qui pirate votre circuit de la motivation. Votre cerveau croit encore qu’il chasse un mammouth. Sauf que le mammouth, c’est la prochaine vidéo.
Pour sortir du piège, il faut d’abord le cartographier. Charles Duhigg, dans son livre Le pouvoir des habitudes, décrit une boucle en trois temps : le déclencheur, la routine, la récompense. Votre scrolling s’inscrit parfaitement là-dedans.
Le déclencheur, c’est quoi ? Pour beaucoup de mes patients, c’est une sensation d’inconfort : l’ennui, la fatigue, l’anxiété, ou même une émotion positive comme la fierté après une bonne journée. Le cerveau cherche à réguler cet état. La routine, c’est le geste : sortir le téléphone, ouvrir l’app, faire glisser le pouce. La récompense, c’est la petite bouffée de dopamine, la distraction, l’oubli temporaire.
Je reçois Sophie, 42 ans, enseignante. Elle me raconte : « Dès que je m’assois pour corriger des copies, je prends mon téléphone. Je ne peux pas m’en empêcher. » On décompose ensemble. Son déclencheur : l’inconfort de la tâche difficile et ennuyeuse. Sa routine : scroller 10 minutes. Sa récompense : éviter la corvée et ressentir un micro-plaisir. Le problème, c’est que la récompense est immédiate, alors que la satisfaction de corriger les copies est différée. Le cerveau choisit toujours le petit plaisir tout de suite plutôt que le grand plaisir plus tard. C’est le biais du présent immédiat.
Ce qui rend la boucle si puissante, c’est qu’elle devient automatique. Vous ne décidez plus de scroller. Vous réagissez à un déclencheur. C’est une habitude, au sens neurologique du terme : un chemin neuronal qui s’est creusé à force d’être emprunté. Plus vous scrollez, plus ce chemin est large, et plus il est facile de l’emprunter à nouveau. Votre cerveau devient un expert du scrolling. Et comme tout expert, il le fait sans réfléchir.
Vous avez déjà vécu ça : vous ouvrez Instagram pour « 5 minutes », et 45 minutes plus tard, vous émergez, hagard, sans savoir ce que vous avez regardé. C’est ce que les chercheurs appellent la perte de conscience du temps ou flow négatif. En hypnose, on appelle ça un état de conscience modifié. Le scrolling vous met dans une sorte de transe légère : votre attention est captée, votre conscience du temps s’estompe, et vous êtes comme aspiré.
Ce n’est pas un hasard si les concepteurs d’applications parlent de « design addictif ». Ils utilisent des techniques comme le scroll infini (pas de fin naturelle), le pull-to-refresh (tirer pour rafraîchir, comme un levier de machine à sous), et les notifications personnalisées. Leur objectif n’est pas de vous informer. Leur objectif est de retenir votre regard le plus longtemps possible, parce que c’est comme ça qu’ils gagnent de l’argent. Vous n’êtes pas le client. Vous êtes le produit.
Je pense à Jérôme, 45 ans, cadre commercial. Il me dit : « Je perds des heures le soir. Je me couche à 1h du matin, je suis épuisé, et le lendemain je suis moins performant. » On a mesuré : il passait en moyenne 2h45 par jour sur son téléphone, principalement en scrolling. Soit 19 heures par semaine. L’équivalent d’un mi-temps. Et il n’en retirait rien. Pas de plaisir, pas d’apprentissage, pas de connexion réelle. Juste une fatigue mentale et une frustration.
Cette perte de temps n’est pas anodine. Elle entretient un sentiment d’échec personnel. Vous vous dites : « Je n’ai pas de discipline. » Vous culpabilisez. Et cette culpabilité, à son tour, devient un nouveau déclencheur pour scroller, pour vous distraire de cette émotion désagréable. C’est un cercle vicieux.
Quand vous scrollez, vous ne cherchez pas vraiment du contenu. Vous cherchez quelque chose de plus profond. En IFS (Internal Family Systems), on dirait qu’une partie de vous essaie de remplir un besoin non satisfait. Quel besoin ? Cela dépend des personnes. Pour certains, c’est le besoin de connexion sociale. Pour d’autres, le besoin de stimulation intellectuelle. Pour d’autres encore, le besoin d’éviter la solitude ou l’anxiété.
Le scrolling est une tentative de réponse, mais c’est une fausse réponse. Il donne l’illusion de la connexion (vous voyez des visages, des interactions), mais c’est une connexion pauvre, sans profondeur. Il donne l’illusion de l’apprentissage (des titres, des résumés), mais c’est une connaissance superficielle. Il donne l’illusion du repos, mais c’est une distraction qui fatigue votre système nerveux.
Prenons l’exemple d’Anne, 36 ans, maman de deux enfants. Elle vient me voir pour une fatigue chronique. Elle me dit : « Le soir, quand les enfants sont couchés, j’ai enfin un moment pour moi. Je prends mon téléphone pour me détendre. » Sauf qu’au lieu de se détendre, elle scrolle. Et son cerveau reste en alerte, bombardé d’informations, d’images, de comparaisons sociales. Au bout d’une heure, elle est plus fatiguée qu’avant. Elle n’a pas reposé son système nerveux. Elle l’a sur-stimulé.
Ce que son cerveau cherchait vraiment, c’était du repos, du calme, une vraie déconnexion. Mais la routine du scrolling était trop ancrée. Elle répondait au déclencheur « fatigue » par une routine qui aggravait la fatigue. C’est un contresens complet.
Point clé : Le scrolling est souvent une tentative maladroite de répondre à un besoin réel (repos, connexion, stimulation). Le problème, c’est qu’il répond à l’envie immédiate, pas au besoin profond. Vous finissez avec une fausse satisfaction et une vraie fatigue.
Je ne vais pas vous dire d’installer un bloqueur d’applications ou de mettre votre téléphone en noir et blanc. Ces techniques peuvent aider ponctuellement, mais elles ne traitent pas la cause. La cause, c’est ce qui se passe à l’intérieur de vous avant que votre pouce ne bouge. C’est là que l’hypnose et l’IFS deviennent utiles.
En hypnose ericksonienne, on travaille avec l’inconscient pour reprogrammer les automatismes. Concrètement, on va identifier le moment précis où l’envie de scroller apparaît. On va le ralentir. En état d’hypnose, on peut explorer ce qui se joue dans ce micro-instant : quelle sensation corporelle ? Quelle émotion ? Quelle pensée automatique ? Puis on va installer de nouvelles réponses. Par exemple, au lieu de tendre la main vers le téléphone, votre inconscient peut apprendre à respirer profondément, à regarder par la fenêtre, ou à poser la main sur votre ventre. Ce n’est pas magique. C’est un entraînement neuronal. On creuse un nouveau chemin à côté de l’ancien.
Avec l’IFS, on va plus loin. On va rencontrer la partie de vous qui scrolle. Oui, vous avez bien lu : une partie de vous. En IFS, on considère que notre psyché est composée de multiples « parts » ou sous-personnalités. Il y a la part qui veut scroller. Elle a souvent une bonne intention : vous protéger, vous distraire, vous apaiser. Mais elle le fait avec des moyens qui ne vous servent plus. Quand vous entrez en dialogue avec cette part, sans la juger, elle se détend. Et vous pouvez lui trouver un nouveau rôle.
Je me souviens de Laurent, 48 ans, chef d’entreprise. Il scrollait compulsivement le matin au réveil et le soir avant de dormir. En IFS, on a rencontré la part qui le poussait à scroller. C’était une part anxieuse, qui avait peur de manquer quelque chose (une information, une opportunité). Elle était épuisée de veiller ainsi. On l’a remerciée, on lui a montré qu’on pouvait la décharger. Laurent a commencé à mettre son téléphone dans une autre pièce la nuit. Il s’est autorisé 10 minutes de lecture papier le matin. La part anxieuse s’est calmée. Le scrolling a diminué de 80% en trois semaines.
Beaucoup de personnes viennent me voir en disant : « J’ai essayé d’arrêter. J’ai supprimé l’application. J’ai tenu trois jours. Puis j’ai craqué. » Et elles se sentent nulles. Mais le problème, ce n’est pas leur volonté. Le problème, c’est qu’elles ont essayé de lutter contre un circuit neuronal automatique avec de la force brute. C’est comme essayer de retenir son souffle pendant 5 minutes. Vous allez y arriver un moment, mais vous allez finir par respirer. La volonté est une ressource limitée. Elle s’épuise.
Le scrolling n’est pas un choix conscient. C’est une réponse conditionnée. Vous ne décidez pas de scroller. Vous réagissez à un déclencheur. Et tant que vous n’aurez pas modifié le déclencheur ou la routine, vous recommencerez. Les résolutions du type « je vais arrêter de scroller » sont vouées à l’échec parce qu’elles attaquent le symptôme, pas le système.
Ce qui marche, c’est le remplacement. Vous ne pouvez pas supprimer une habitude. Vous pouvez seulement la remplacer par une autre. C’est la loi neurologique de base. Si vous voulez arrêter de scroller le soir, il faut proposer à votre cerveau une autre routine qui apporte une récompense similaire ou meilleure. Par exemple : lire un roman (récompense : immersion, calme), écouter un podcast (récompense : stimulation sans écran), ou simplement respirer pendant 2 minutes (récompense : détente).
Je ne vais pas vous laisser avec une analyse sans solution. Voici trois choses que vous pouvez mettre en place dès ce soir.
Premièrement, identifiez votre déclencheur principal. Pendant les prochaines 48 heures, chaque fois que vous vous surprenez à scroller, posez-vous cette question : « Qu’est-ce que je ressentais juste avant de prendre mon téléphone ? » Ennui ? Fatigue ? Anxiété ? Colère ? Joie ? Notez-le. Vous allez voir un pattern apparaître. Le simple fait de nommer le déclencheur réduit son pouvoir. Votre cerveau passe du mode automatique au mode conscient.
Deuxièmement, créez une friction. Le scrolling est facile parce que le téléphone est toujours à portée de main. Mettez-le dans une autre pièce quand vous travaillez ou quand vous dormez. Achetez un réveil classique. Désactivez les notifications non essentielles (tout sauf appels et messages importants). Plus il y a de friction, moins le geste est automatique. Vous allez gagner les 10 secondes nécessaires pour que votre cortex préfrontal (la partie rationnelle) reprenne la main sur votre cerveau reptilien.
Troisièmement, proposez une alternative. Pour chaque moment de scrolling, prévoyez une alternative crédible. Vous scrollez dans les transports ? Préparez un livre audio ou un podcast. Vous scrollez le soir au lit ? Mettez un livre sur votre table de nuit. Vous scrollez aux toilettes (oui, on sait) ? Laissez le téléphone dans le salon. L’alternative doit être simple, accessible, et apporter une récompense. Au début, ce sera inconfortable. Votre cerveau va protester. C’est normal. C’est le sevrage. Tenez 10 jours. Au bout de 10 jours, le nouveau chemin commence à se creuser.
Et si vous sentez que vous n’y arrivez pas seul, que la culpabilité est trop lourde, ou que ce scrolling cache quelque chose de plus profond (une dépression, une anxiété sociale, un deuil non fait), alors venez me voir. Je ne vais pas vous juger. Je vais vous aider à comprendre ce qui se joue, et à remettre votre cerveau de votre côté. Pas contre lui.
Le scrolling n’est pas une fatalité. C’est une habitude. Et une habitude, ça se comprend, ça se déconstruit, et ça se remplace. Vous avez déjà fait le premier pas en lisant cet article jusqu’au bout. Maintenant, posez votre téléphone. Vraiment. Respirez. Regardez autour de vous. Vous êtes là. Et c’est bien suffisant.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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