3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Deux pistes efficaces, mais laquelle vous correspond ?
Vous êtes peut-être en train de lire cet article parce que l’idée de croiser une araignée, de prendre l’avion ou de passer une IRM vous tord le ventre. Peut-être que vous avez déjà tout essayé : la raison, l’évitement, les encouragements des proches (« Allez, ce n’est rien »). Mais la peur, elle, reste là, intacte, comme une alarme qui ne s’éteint jamais vraiment.
Je vois régulièrement des personnes arriver dans mon cabinet de Saintes avec ce genre de phobie spécifique. Elles ont souvent entendu parler de deux approches : l’hypnose et l’EMDR. Et la question revient systématiquement : « Laquelle est la plus efficace ? » La réponse honnête, c’est que les deux peuvent l’être, mais elles ne fonctionnent pas de la même manière. Elles ne parlent pas au même endroit en vous. Et selon votre histoire, votre sensibilité et la façon dont votre cerveau a « encodé » cette peur, l’une vous conviendra peut-être mieux que l’autre.
Mon objectif ici n’est pas de vous vendre une méthode miracle, mais de vous donner les clés pour comprendre ce qui se joue dans votre phobie, et comment ces deux outils peuvent vous aider à reprendre le contrôle. Nous allons voir ensemble les mécanismes, les différences concrètes, et surtout, comment choisir celle qui a le plus de chances de vous libérer durablement.
Avant de comparer les outils, il faut comprendre ce qu’est une phobie spécifique. Ce n’est pas une « grande peur » que l’on peut surmonter avec un peu de volonté. C’est un circuit de survie qui s’est emballé et qui s’est verrouillé.
Imaginez votre cerveau comme un système d’alarme ultra-sensible. Pour la plupart des gens, voir une araignée déclenche une petite alerte : « Attention, potentiel danger. » Le cerveau évalue, la personne reste calme, et l’alerte s’éteint. Chez une personne phobique, cette même araignée déclenche l’alarme incendie générale. Sirènes, sprinklers, évacuation d’urgence. Le corps se fige, le cœur s’emballe, la pensée rationnelle s’éteint. Pourquoi ? Parce qu’à un moment donné – souvent dans l’enfance, mais pas toujours – votre cerveau a fait une association très forte entre cet objet/situation et un sentiment de danger intense.
Prenons l’exemple de Claire, une cliente que j’ai accompagnée. Elle avait une phobie des piqûres (aiguilles, seringues). Impossible de faire une prise de sang sans faire un malaise. En explorant son histoire, elle s’est souvenue d’une vaccination à 5 ans où l’infirmière l’avait maintenue de force. Son cerveau, pour la protéger, n’a pas seulement enregistré la piqûre. Il a enregistré la piqûre + l’impuissance + la trahison + la douleur. Ce paquet d’informations s’est stocké dans un réseau de mémoire particulier, dans une partie du cerveau qui ne raisonne pas (l’amygdale et le système limbique). Aujourd’hui, même adulte et rationnelle, voir une aiguille réactive ce vieux paquet, et l’alarme de 5 ans se déclenche comme si c’était la première fois.
Voilà le cœur du problème : la phobie n’est pas rationnelle. Elle est engrammée. Et c’est pour ça que se dire « arrête de stresser » ne marche pas. Vous ne pouvez pas raisonner une alarme qui a été câblée au niveau du système nerveux autonome.
L’hypnose que je pratique, l’hypnose ericksonienne, ne consiste pas à vous endormir ou à vous faire perdre le contrôle. Elle vise à créer un état de conscience modifié, un état de « transe », où votre esprit critique habituel s’apaise et où votre cerveau devient plus réceptif à de nouvelles possibilités. C’est un peu comme si on passait du mode « alerte rouge » à un mode « dialogue interne paisible ».
Concrètement, quand je travaille une phobie avec l’hypnose, je ne vous force pas à « affronter » votre peur de manière frontale. Je fais le chemin inverse. Je vais d’abord vous aider à installer un état de sécurité profond, un ancrage de calme. Ensuite, nous allons, en douceur, approcher l’objet de la peur, mais uniquement depuis cet état de sécurité. L’idée est de créer une nouvelle association.
« Votre phobie n’est pas une fatalité. C’est une mémoire qui a mal vieilli. L’hypnose vous offre la possibilité de la réécrire, en douceur, sans revivre la violence initiale. »
Prenons l’exemple d’un patient que j’appellerai Marc, tétanisé par l’idée de prendre l’avion. En hypnose, nous ne sommes pas montés dans un avion. Nous sommes allés dans un lieu imaginaire de paix. De là, nous avons commencé à « jouer » avec l’idée de l’avion. D’abord une toute petite image, lointaine, floue. Puis, au fil des séances, nous avons augmenté la proximité, toujours en maintenant l’état de sécurité. Le cerveau de Marc a progressivement appris que l’on pouvait penser à un avion sans que l’alarme ne se déclenche. La connexion « avion = danger immédiat » a commencé à se desserrer.
Ce que l’hypnose fait vraiment :
Ce qu’elle ne fait pas :
L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est une autre approche extrêmement puissante, mais son mode d’action est différent. Là où l’hypnose va construire un nouveau chemin à côté de l’ancien, l’EMDR va directement ouvrir le « fichier » de la mémoire traumatique pour le retraiter.
L’idée de base est que la mémoire de l’événement à l’origine de la phobie est restée « coincée », stockée de manière dysfonctionnelle dans le cerveau. Elle n’a pas été digérée. Les stimulations bilatérales (mouvements oculaires, taps sur les genoux, sons alternés) que l’on utilise en EMDR permettent de stimuler le système de traitement de l’information du cerveau. C’est un peu comme si on relançait le processus de « digestion* » de la mémoire qui s’était interrompu.
Je pense à Sophie, venue pour une phobie des chiens. Ce n’était pas une peur « générale ». C’était très précis : elle avait été mordue au visage par un berger allemand à 8 ans. En EMDR, nous n’avons pas simplement parlé de sa peur. Nous sommes retournés, en sécurité, sur la scène du mordage. Pas pour qu’elle revive la terreur, mais pour qu’elle la regarde avec les ressources de son adulte d’aujourd’hui. Les mouvements oculaires ont permis à son cerveau de « décoincer* » l’information. Ce qui était un bloc de terreur (le chien, l’odeur, l’aboiement, la douleur) s’est dissous. Sophie a pu dire, avec une vraie surprise : « C’était un chien qui avait peur, il m’a mordue parce qu’il était terrorisé. Ce n’était pas contre moi. » La mémoire était retraitée. La phobie a disparu.
Ce que l’EMDR fait vraiment :
Ce qu’elle ne fait pas :
Alors, hypnose ou EMDR ? Voici un petit test que je propose souvent à mes patients pour les aider à y voir plus clair. Ce n’est pas une science exacte, mais une boussole.
Question 1 : D’où vient cette peur ?
Question 2 : Comment réagissez-vous face à la peur ?
Question 3 : Que recherchez-vous dans la thérapie ?
Si vous avez majoritairement répondu A : L’EMDR est probablement une excellente piste pour vous. Quand la cause est claire comme de l’eau de roche, l’EMDR permet d’aller droit au but et de retraiter le fichier source. C’est souvent très satisfaisant pour les esprits qui aiment la clarté et l’efficacité.
Si vous avez majoritairement répondu B : L’hypnose ericksonienne est sans doute plus adaptée. Elle ne vous demandera pas de « comprendre » votre peur, mais de la ressentir et de la transformer depuis votre propre langage sensoriel. C’est une approche très respectueuse de votre rythme et de votre sensibilité, idéale si l’idée de « retourner » dans le souvenir vous effraie.
Si vous avez majoritairement répondu C : Vous êtes flexible, et c’est une force. Dans mon cabinet, il m’arrive souvent de combiner les deux approches. On peut commencer par de l’hypnose pour installer un grand état de sécurité et de ressource, puis utiliser un protocole EMDR pour retraiter un souvenir spécifique. Ou l’inverse. L’important n’est pas la méthode, mais le résultat : que votre vie ne soit plus dictée par cette peur.
Une crainte légitime que j’entends souvent est : « D’accord, mais est-ce que ça va tenir dans le temps ? » C’est une excellente question. La durabilité du travail dépend moins de la méthode (hypnose ou EMDR) que de la manière dont le changement a été intégré.
Une phobie est un apprentissage émotionnel. Quand on la « guérit », on ne la désapprend pas, on la remplace par un nouvel apprentissage. L’hypnose et l’EMDR sont excellentes pour créer ce nouvel apprentissage. Mais comme tout apprentissage, il peut parfois nécessiter une « révision ».
Voici ce que j’observe dans ma pratique :
L’avantage de l’hypnose est que je vous apprends des outils d’auto-hypnose. Vous repartez avec un « kit de survie » que vous pouvez utiliser si vous sentez une petite bouffée d’anxiété monter. L’EMDR, lui, laisse souvent une sensation de « nettoyage en profondeur » très stable.
« La vraie liberté, ce n’est pas de ne plus jamais avoir peur. C’est de savoir que même si la peur frappe à la porte, vous n’êtes plus obligé de la laisser entrer et de la laisser s’installer dans votre salon. »
Avant de prendre rendez-vous, vous pouvez dès maintenant poser un geste concret pour amorcer le changement. La phobie a besoin de votre attention pour survivre. Plus vous l’évitez, plus elle grandit. Plus vous la combattez, plus elle s’ancre.
Alors voici un petit exercice, tout simple, que je donne souvent. Il ne guérit pas la phobie, mais il vous replace en position de force.
Ce que vous venez de faire, c’est un petit pas d’hypnose. Vous avez appris à votre cerveau que l’on peut penser à la peur sans que le corps ne réagisse automatiquement. Vous avez créé une micro-pause entre le stimulus et la réponse. C’est le début de la liberté.
Si vous sentez que cette simple expérience vous
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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