HypnosePhobies

L’hypnose peut-elle vraiment remplacer les médicaments ?

Une alternative naturelle aux anxiolytiques pour votre vol.

TSThierry Sudan
24 avril 202613 min de lecture

Vous êtes assis dans votre salon. Votre valise est prête depuis trois jours. Les billets sont imprimés, le passeport vérifié cinq fois. Vous avez même téléchargé une série, acheté des bonbons à la menthe, repéré la place côté couloir pour pouvoir vous lever sans déranger.

Mais au fond de vous, une voix — calme, insistante, terriblement familière — répète la même chose depuis des semaines : « Et si ça tournait mal ? »

Cette voix, vous la connaissez bien. Elle vous a déjà empêché de partir en week-end à Londres l’an dernier. Elle vous a fait annuler ce voyage à Rome pour lequel vous aviez économisé pendant deux ans. Elle vous a poussé à chercher sur Google « comment survivre à un vol en avion » à deux heures du matin, dans le noir, le cœur battant.

Alors vous êtes allé voir votre médecin traitant. Il a été compréhensif. Il vous a prescrit des anxiolytiques. « Prenez-en un demi avant l’embarquement, ça devrait aller. »

Sauf que ça n’est pas allé. Ou plutôt, ça a été pire. Parce que vous avez passé la nuit d’avant à stresser sur le fait de prendre le médicament, à vous demander si vous alliez être somnolent, si vous alliez rater l’appel de l’embarquement, si vous alliez « planer » et ne plus maîtriser vos jambes au moment de monter dans l’avion. Et puis le jour J, vous avez pris le cachet. Vous vous êtes senti lourd, flou, désorienté. Vous êtes monté dans l’avion, mais vous n’avez rien vécu. Juste un brouillard de quatre heures, une absence, quelques souvenirs flous de turbulences qui vous ont fait paniquer quand même — parce que le médicament n’empêche pas la peur, il l’endort à moitié, comme un chat qui feint de dormir mais qui reste aux aguets.

Je reçois des personnes comme vous toutes les semaines à mon cabinet de Saintes. Des hommes et des femmes qui ont une vie normale, un travail, des enfants, des projets. Mais qui, dès qu’il s’agit de prendre l’avion, deviennent quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui ne se reconnaît pas. Quelqu’un qui a honte de cette peur, qui la trouve irrationnelle, qui se dit « je suis nul, je suis le seul à avoir peur comme ça ». Et qui finit par chercher une solution chimique pour éteindre le signal d’alarme, sans jamais se demander d’où vient ce signal, ni pourquoi il est si bruyant.

Alors je vais vous poser une question honnête, directe, sans fard : l’hypnose peut-elle vraiment remplacer les médicaments ?

La réponse courte : oui, pour un nombre significatif de personnes, et surtout pour les phobies liées au transport aérien. Mais pas de la façon dont vous l’imaginez. Pas comme un cachet magique qui efface tout. L’hypnose ne « remplace » pas un anxiolytique comme on remplacerait une pile usagée. Elle fait quelque chose de bien plus profond, et c’est précisément pour ça qu’elle fonctionne là où les médicaments échouent souvent.

Je vais vous expliquer comment, pourquoi, et ce que vous pouvez faire dès maintenant, sans rendez-vous, sans cabinet, sans boule de cristal.

Qu’est-ce qui se passe vraiment dans votre corps quand vous avez peur de l’avion ?

Avant de parler de solutions, il faut comprendre le problème. Pas en surface, pas avec des généralités du type « j’ai le vertige » ou « j’ai peur du vide ». Non, il faut descendre dans le mécanisme.

Quand vous montez dans un avion, votre cerveau — celui qui est censé vous protéger, celui qui a passé des millions d’années à évoluer pour détecter les dangers — reçoit une série d’informations contradictoires. D’un côté, vos yeux vous disent : « Je suis dans un tube métallique posé sur un tarmac. » De l’autre, votre oreille interne, votre système vestibulaire, capte des vibrations, des bruits de moteur, des changements de pression. Et puis il y a ce décollage : cette poussée dans le dos, ce bruit assourdissant, cette sensation de quitter le sol — quelque chose qu’aucun humain n’est programmé pour faire.

Votre amygdale cérébrale — une petite structure en forme d’amande au cœur de votre cerveau — détecte une anomalie. Elle ne sait pas faire la différence entre « je suis dans un avion sécurisé avec des pilotes formés » et « je suis en train de tomber d’une falaise ». Elle active donc le même programme : décharge d’adrénaline, accélération du rythme cardiaque, respiration courte, transpiration, envie de fuir.

C’est un processus archaïque, puissant, et totalement automatique.

Les anxiolytiques (benzodiazépines comme le Xanax, le Lexomil, le Valium) agissent en freinant ce système d’alarme. Ils augmentent l’effet d’un neurotransmetteur appelé GABA, qui calme l’activité neuronale. Concrètement, ils disent à votre amygdale : « Chut, ne t’emballe pas. »

Sauf que ce message n’est pas ciblé. Il ne dit pas « calme-toi spécifiquement pour cette peur de l’avion ». Il dit « calme-toi pour tout ». Votre attention, votre vigilance, votre capacité à réagir, votre mémoire, votre équilibre émotionnel — tout est ralenti, atténué, mis sous une couche de coton.

Vous ne vivez pas votre vol. Vous le subissez dans un état second. Et si vous prenez ces médicaments régulièrement — pour chaque vol, pour chaque situation anxiogène — vous créez une dépendance psychologique et parfois physiologique. Vous apprenez à votre cerveau que la seule façon de gérer la peur, c’est de l’anesthésier.

L’hypnose, elle, ne cherche pas à endormir la peur. Elle cherche à lui parler.

Comment l’hypnose reprogramme votre peur sans vous endormir

Je vais être très clair : l’hypnose n’est pas un état de sommeil. Vous ne perdez pas conscience. Vous n’êtes pas « sous le contrôle » de quelqu’un. Vous ne faites pas des choses contre votre volonté. Tout ce que j’ai vu dans les films, dans les spectacles de foire, dans les vidéos TikTok — ce n’est pas ça. Ou plutôt, c’est une version déformée, spectaculaire, souvent fausse.

L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, est un état d’attention focalisée, un peu comme quand vous lisez un bon roman et que vous ne voyez plus le temps passer, que vous oubliez où vous êtes, que les bruits de la rue disparaissent. Votre conscience est toujours là, mais elle est concentrée sur autre chose, plus profonde, plus réceptive.

Dans cet état, on peut accéder à des parties de votre psychisme qui sont habituellement inaccessibles. C’est là que se trouve la clé de votre peur de l’avion.

Votre peur n’est pas un bloc monolithique. Ce n’est pas « j’ai peur, point ». C’est un assemblage de souvenirs, d’images, de sensations corporelles, de croyances, de décisions que vous avez prises à un moment donné — parfois il y a très longtemps. Par exemple :

  • Vous avez vu un film catastrophe quand vous aviez 8 ans.
  • Vous avez vécu un vol très turbulent à 12 ans, et un adulte a eu une réaction de panique à côté de vous.
  • Vous avez entendu vos parents dire « l’avion, c’est dangereux » sans y penser.
  • Vous avez un besoin de contrôle très fort dans votre vie, et l’avion est l’un des rares endroits où vous ne contrôlez rien.

Chacune de ces expériences a créé une connexion neuronale. Une petite autoroute dans votre cerveau qui dit : « avion = danger ». Et chaque fois que vous prenez l’avion, vous empruntez cette autoroute, vous la renforcez, vous la rendez plus large, plus rapide.

L’hypnose permet de construire une autre route. Pas de détruire l’ancienne — elle existera toujours, c’est un souvenir — mais d’en créer une nouvelle, plus large, plus rapide, qui mène à une réponse différente : « avion = sécurité, calme, contrôle intérieur ».

Je ne vous demande pas de croire ça sur parole. Je vais vous donner un exemple concret, anonymisé, d’une personne que j’ai accompagnée.

L’histoire de Marc : de la pilule au déclic

Marc avait 43 ans quand il est venu me voir. Cadre commercial, il voyageait deux fois par mois pour son travail. Il avait développé une phobie de l’avion progressive, insidieuse. Au début, ce n’était qu’une légère appréhension. Puis des sueurs froides au moment du décollage. Puis une crise de panique en plein vol, au-dessus de l’Atlantique, alors qu’il était seul dans son siège et qu’il a cru mourir.

Son médecin lui avait prescrit du Xanax. Marc en prenait un comprimé une heure avant l’embarquement. Ça marchait « à peu près ». Il avait moins peur, mais il était fatigué, lent, irritable. Et surtout, il avait l’impression de ne pas être lui-même. « Je fais semblant d’être normal, mais je ne suis pas présent », m’a-t-il dit.

Nous avons travaillé ensemble en trois séances d’hypnose, espacées sur un mois.

La première séance a été consacrée à comprendre l’origine de sa peur. Ce n’était pas un traumatisme spectaculaire. C’était une accumulation : un voyage en famille quand il était petit, où sa mère avait eu très peur pendant une tempête. Il s’en souvenait comme d’une image floue, mais son corps s’en souvenait très bien.

La deuxième séance a été celle du « recadrage ». Sous hypnose, je l’ai invité à revivre ce souvenir, non pas comme un enfant impuissant, mais comme l’adulte qu’il est aujourd’hui, avec ses ressources, sa force, sa capacité à protéger. Nous avons « réécrit » la scène : sa mère n’était plus en panique, elle était calme, confiante, et lui, le petit Marc, se sentait en sécurité. C’est ce qu’on appelle une « restructuration de la mémoire ». Le souvenir ne disparaît pas, mais l’émotion qui lui est associée change.

La troisième séance a été pratique. Je l’ai emmené, en hypnose, dans un simulateur de vol. Nous avons vécu chaque étape : l’enregistrement, l’attente en salle d’embarquement, l’installation dans le siège, le roulage, le décollage, les turbulences. À chaque étape, je lui ai appris à utiliser sa respiration, une image mentale de sécurité, et une « ancre » — un geste simple (presser son pouce et son index) qui déclenchait un état de calme immédiat.

Marc a pris l’avion trois semaines plus tard pour un vol Paris-Marseille. Sans Xanax. Il m’a envoyé un message après l’atterrissage : « J’ai eu un petit moment de stress au décollage, j’ai fait ma technique, c’est passé. Je suis content. »

Il ne m’a pas dit « je n’ai plus peur du tout ». Il m’a dit « j’ai su quoi faire quand la peur est venue ».

C’est ça, la différence.

Ce que l’hypnose fait que les médicaments ne font pas

Les anxiolytiques agissent sur le symptôme. L’hypnose agit sur la cause.

Les anxiolytiques vous rendent passif face à la peur. L’hypnose vous rend actif.

Les anxiolytiques vous apprennent à dépendre d’une substance. L’hypnose vous apprend à dépendre de vous-même.

Les anxiolytiques fonctionnent pendant qu’ils sont dans votre sang. L’hypnose fonctionne encore des mois, des années après, parce qu’elle a modifié des connexions neuronales.

Je ne dis pas que les médicaments sont « mauvais ». Ils ont leur place, leur utilité, surtout dans les moments de crise aiguë, quand la peur est si intense qu’elle vous empêche de penser, de bouger, de respirer. Mais ils ne résolvent pas le problème en profondeur. Ils mettent un couvercle sur une cocotte-minute. À un moment, la vapeur ressort ailleurs.

L’hypnose, elle, va chercher la source de la vapeur. Elle vous donne des outils pour régler la pression vous-même.

Et contrairement à une idée reçue, l’hypnose n’est pas réservée aux « gens crédules » ou à ceux qui « se laissent facilement hypnotiser ». Tout le monde peut entrer en état d’hypnose, à condition d’être volontaire et de faire confiance au processus. Certaines personnes sont plus rapides, d’autres plus lentes. Certaines ont besoin de plus de séances, d’autres d’une seule. Mais le potentiel est en chacun.

Je reçois régulièrement des ingénieurs, des chefs d’entreprise, des médecins, des militaires. Des gens dont le métier repose sur le contrôle, la rationalité, l’analyse. Et ils sont souvent les plus surpris de voir à quel point leur cerveau peut changer quand on lui donne les bonnes clés.

« Je ne croyais pas à l’hypnose. Je pensais que c’était du cirque. Puis j’ai essayé parce que je n’avais plus rien à perdre. Et aujourd’hui, je prends l’avion sans cachet. Je n’y crois toujours pas, mais mon corps, lui, il a compris. » — Un patient, cadre supérieur, 52 ans, après 4 séances.

Les limites (parce qu’il faut être honnête)

Je ne vais pas vous vendre du rêve. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne fonctionne pas pour tout le monde, ni pour toutes les situations.

Voici les cas où l’hypnose seule peut ne pas suffire :

  1. Si vous avez un trouble anxieux généralisé non traité. La phobie de l’avion est parfois un symptôme d’un problème plus large. Dans ce cas, l’hypnose peut aider, mais elle doit être associée à un suivi psychothérapeutique plus global, et parfois à un traitement médicamenteux de fond (pas forcément des anxiolytiques, mais des antidépresseurs qui régulent l’anxiété de base).

  2. Si vous avez un traumatisme sévère lié à l’aviation. Par exemple, si vous avez vécu un accident réel, un atterrissage d’urgence, une situation où vous avez vraiment cru mourir. L’hypnose peut aider, mais le travail est plus long et nécessite parfois des approches complémentaires comme l’EMDR.

  3. Si vous n’êtes pas prêt à changer. L’hypnose ne force personne. Si vous venez « parce qu’on vous a dit de venir », ou parce que vous voulez qu’on « vous enlève la peur » sans y mettre du vôtre, ça ne marchera pas. Vous devez être acteur de votre changement.

  4. Si vous attendez un résultat en une séance pour une phobie très ancienne et très ancrée. C’est possible, mais pas garanti. Certaines personnes ont besoin de 2, 3, 4 séances. D’autres d’une seule. Ça dépend de votre histoire, de votre capacité à vous laisser aller, de la relation avec le praticien.

Ce que je peux vous garantir, en revanche, c’est que l’hypnose ne vous fera aucun mal. Elle n’a pas d’effets secondaires physiques. Elle ne crée pas de dépendance. Elle ne vous laisse pas dans un état second après la séance — vous repartez parfaitement lucide, parfois même plus détendu qu’en arrivant.

Et concrètement, comment ça se passe ?

Si vous venez me voir à Saintes pour une phobie de l’avion, voici à quoi vous attendre.

La première séance dure environ 1h15. On parle. Je vous pose des questions sur votre peur : quand a-t-elle commencé ? Qu’est-ce qui la déclenche exactement ? Qu’avez-vous déjà essayé ? Qu’est-ce qui vous fait le plus peur dans l’avion : le décollage, les turbulences, le manque de contrôle, la claustrophobie, la peur de paniquer ?

Je vous explique comment fonctionne l’hypnose, je réponds à vos questions, je lève les malentendus. Beaucoup de personnes ont peur de « perdre le contrôle » sous hypnose. Je vous rassure : vous gardez le contrôle tout le temps. Vous pouvez ouvrir les yeux, parler, vous lever à tout moment.

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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