3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Préparez-vous sereinement à l’hôpital ou au labo.
Vous êtes assis dans la salle d’attente du laboratoire. L’odeur d’éther flotte dans l’air. Vous entendez le bruit des portes qui claquent, le chariot qui roule dans le couloir. Votre cœur s’emballe. La sueur perle sur votre front. Vous regardez l’heure, vous regardez le numéro qui défile. Vous voulez partir, mais vous êtes là pour les résultats de ce bilan sanguin que le médecin vous a prescrit il y a trois semaines. Vous avez déjà repoussé deux rendez-vous. Là, vous êtes coincé.
On vous appelle. Vous vous levez, les jambes en coton. Vous entrez dans la cabine. L’infirmière vous sourit, vous dit de vous asseoir. Elle prépare le garrot, l’aiguille. Vous détournez le regard. Vous serrez les poings. Vous respirez vite. Et puis, au moment où l’aiguille touche votre peau, vous sentez le sol se dérober. Vous avez chaud, vous voyez des points noirs. Vous êtes sur le point de vous évanouir. Encore une fois.
Si cette scène vous parle, vous n’êtes pas seul. La phobie du sang, ou hémophobie, touche environ 3 à 4 % de la population. Contrairement à d’autres phobies, celle-ci déclenche une réponse physiologique unique : une chute brutale de la pression artérielle et du rythme cardiaque, suivie d’une perte de connaissance. Ce n’est pas une simple peur. C’est une réaction de votre système nerveux autonome qui vous protège… mais qui vous handicape.
Pendant des années, vous avez peut-être évité les prises de sang, repoussé des examens médicaux importants, ou vécu des moments d’angoisse intense à chaque fois que vous deviez vous faire piquer. Vous avez peut-être même développé des stratégies de contournement : boire beaucoup d’eau, vous allonger, serrer les poings, regarder ailleurs, compter jusqu’à dix. Mais rien n’y fait.
Je m’appelle Thierry Sudan. Je suis praticien installé à Saintes depuis 2014. Chaque semaine, je reçois des adultes qui viennent me voir pour cette phobie précise. Ils sont cadre, enseignant, retraité, sportif. Ils ont tous une histoire similaire : une ou plusieurs expériences traumatisantes liées au sang, à une aiguille, à une seringue. Et ils veulent que ça s’arrête.
Dans cet article, je vais vous expliquer comment l’hypnose ericksonienne, combinée à d’autres approches comme l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle, peut vous aider à préparer votre prochaine prise de sang sereinement. Je vais vous parler de mécanismes, de ce qui se passe dans votre cerveau, et surtout, de ce que vous pouvez faire dès maintenant, avant même de prendre rendez-vous.
Pour comprendre comment l’hypnose peut vous aider, il faut d’abord comprendre ce qui se passe dans votre corps et votre cerveau quand vous êtes confronté à une prise de sang. La phobie du sang est particulière. Elle ne fonctionne pas comme la peur des araignées ou de l’avion.
Quand vous avez peur de quelque chose, votre système nerveux sympathique s’active. C’est le fameux mécanisme de lutte ou fuite. Votre cœur s’accélère, vos pupilles se dilatent, votre respiration devient rapide. Vous êtes prêt à attaquer ou à vous enfuir. C’est une réponse adaptative, normale, qui vous prépare à un danger immédiat.
Mais dans la phobie du sang, c’est l’inverse qui se produit. Au moment où vous voyez l’aiguille, ou même quand vous y pensez, votre système nerveux parasympathique prend le dessus. Le nerf vague, ce grand câble qui relie votre cerveau à vos organes, s’active soudainement. Votre cœur ralentit, votre pression artérielle chute, vous pâlissez, vous avez des nausées. Et si la baisse est trop brutale, vous perdez connaissance. C’est ce qu’on appelle une syncope vasovagale.
Ce mécanisme est une réponse de conservation de l’énergie. Votre corps, confronté à une menace perçue comme inévitable et incontrôlable, choisit de « s’éteindre » plutôt que de lutter. C’est un vestige archaïque, un reste de notre héritage de mammifères. Chez certains animaux, faire le mort face à un prédateur peut sauver la vie. Chez vous, devant une prise de sang, c’est juste handicapant.
Mais ce mécanisme n’est pas une fatalité. Il est déclenché par une association mentale. Votre cerveau a appris que « aiguille = danger immédiat = évanouissement ». Cette association s’est installée à la suite d’une expérience marquante : une première prise de sang douloureuse, un soignant pressé, une piqûre ratée, ou simplement une observation d’une autre personne en train de s’évanouir. Depuis, votre système nerveux a créé un raccourci automatique.
L’hypnose va justement agir sur ce raccourci. Elle ne va pas effacer le souvenir, mais elle va modifier la façon dont votre cerveau interprète le signal. Elle va permettre à votre système nerveux de revenir à une réponse plus adaptée : rester calme, présent, détendu.
L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, n’a rien à voir avec les spectacles de foire où l’on fait faire des choses ridicules à des volontaires. C’est un outil thérapeutique précis, respectueux, qui utilise votre propre fonctionnement mental pour créer des changements durables.
Quand vous êtes en état d’hypnose, vous n’êtes pas inconscient. Vous êtes simplement dans un état de conscience modifié, un peu comme quand vous êtes plongé dans un bon livre ou que vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir des derniers kilomètres. Votre esprit critique, votre cortex préfrontal, se met en veille. Votre cerveau émotionnel et votre imagination deviennent plus accessibles. C’est là que le changement peut opérer.
Voici concrètement comment je travaille avec une personne qui a une phobie du sang.
Première étape : désamorcer la réponse d’évanouissement
Nous travaillons d’abord sur la réaction physiologique elle-même. En hypnose, je vais guider la personne à revivre mentalement la situation de prise de sang, mais en y ajoutant des ressources. Par exemple, je peux lui apprendre à activer une réponse de tension musculaire volontaire, comme serrer les poings et contracter les jambes, au moment où elle sent les premiers signes de malaise. Cette technique, appelée tension appliquée, est validée scientifiquement. Elle empêche la chute de pression artérielle en maintenant le sang dans les membres.
Mais je ne me contente pas de donner une technique. En hypnose, je vais ancrer cette réponse dans un état de calme profond. La personne va associer le geste de serrer les poings à une sensation de sécurité, de puissance, de contrôle. La prochaine fois qu’elle sera dans la réalité, son corps se souviendra de cet ancrage.
Deuxième étape : changer le sens de l’aiguille
Votre cerveau a attribué une signification à l’aiguille : « danger, douleur, perte de contrôle ». En hypnose, nous pouvons changer cette signification. Je vais utiliser des métaphores, des histoires, des suggestions indirectes. Par exemple, je peux comparer l’aiguille à une petite abeille qui butine, ou à un instrument de précision qui ne fait que prélever une toute petite goutte d’information. Je peux transformer l’image mentale : au lieu de voir une aiguille menaçante, la personne peut apprendre à voir un outil neutre, voire utile.
Cette transformation n’est pas un simple déni. C’est une restructuration cognitive qui se fait à un niveau inconscient. Votre cerveau ne fait plus l’association « aiguille = peur ». Il crée une nouvelle association : « aiguille = soin, information, sécurité ».
Troisième étape : préparer le futur avec une ressource personnelle
En hypnose, nous pouvons aussi projeter la personne dans une future prise de sang. Nous la guidons à vivre mentalement la scène, mais cette fois avec toutes les ressources dont elle a besoin : calme, respiration lente, muscles détendus, regard posé sur un point fixe, sourire intérieur. Le cerveau ne fait pas la différence entre une expérience vécue et une expérience imaginée de façon vivante. En répétant mentalement une scène réussie, vous préparez votre système nerveux à reproduire ce schéma dans la réalité.
C’est exactement comme un sportif qui visualise son geste avant de le réaliser. Je travaille aussi comme préparateur mental sportif pour des coureurs et des footballeurs. Le principe est le même : vous ne pouvez pas performer si votre cerveau n’a pas déjà intégré le scénario de la réussite.
L’hypnose seule peut faire des merveilles, mais parfois, il y a une couche supplémentaire à explorer. C’est là qu’intervient l’IFS, l’Internal Family Systems, un modèle thérapeutique que j’utilise régulièrement.
L’IFS part du principe que notre esprit est composé de plusieurs « parties » ou sous-personnalités. Vous avez une partie organisée, une partie anxieuse, une partie perfectionniste, une partie qui aime le chocolat, etc. Ces parties ont toutes une intention positive, même si leurs comportements peuvent sembler contre-productifs.
Dans le cas de la phobie du sang, il y a une partie qui a très peur. Cette partie s’active dès qu’elle perçoit un déclencheur lié au sang ou à l’aiguille. Elle veut vous protéger. Elle a pris un rôle de pompier : dès qu’elle sent le danger, elle déclenche la réponse d’évanouissement pour vous éloigner de la menace. Son intention est bonne : elle veut vous éviter la douleur, le traumatisme, la perte de contrôle.
Mais cette partie est souvent très jeune. Elle s’est formée à un moment précis de votre vie, peut-être lors d’une première expérience médicale difficile. Elle est restée bloquée dans le passé, avec les mêmes réactions et les mêmes croyances. En IFS, nous ne combattons pas cette partie. Nous l’accueillons, nous la remercions, nous lui montrons que la situation a changé, que vous êtes maintenant un adulte capable de gérer une prise de sang.
Je me souviens d’une patiente, appelons-la Sophie, 42 ans, qui était venue pour une phobie du sang. Elle avait vécu un épisode traumatisant à 8 ans : une prise de sang ratée, où l’infirmière avait cherché la veine pendant plusieurs minutes. Sophie s’était évanouie, et personne ne l’avait rassurée après. Depuis, chaque prise de sang était un supplice.
En séance, nous avons invité la partie d’elle qui avait peur à se manifester. C’était une petite Sophie, recroquevillée dans un coin, tremblante. Nous lui avons parlé avec douceur, nous lui avons montré que la Sophie d’aujourd’hui était capable de rester calme, de respirer, de choisir un soignant de confiance. Petit à petit, la petite Sophie a accepté de lâcher prise. Elle a compris qu’elle n’avait plus besoin de protéger la grande Sophie de la même manière.
Lors de la séance suivante, Sophie a fait une prise de sang réelle. Elle est restée calme, a regardé l’aiguille sans paniquer, et est sortie du laboratoire en souriant. La partie qui avait peur n’avait pas disparu. Elle était juste devenue une alliée, une vigie silencieuse, plutôt qu’une alarme stridente.
L’IFS est particulièrement efficace pour les phobies anciennes, celles qui sont liées à des souvenirs d’enfance ou à des expériences répétées. Il permet de libérer la charge émotionnelle attachée au déclencheur, sans avoir à revivre le traumatisme en détail.
Je veux être honnête avec vous. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer votre mémoire. Vous vous souviendrez encore de cette mauvaise expérience, de cette piqûre ratée, de cette infirmière pressée. Mais ces souvenirs ne déclencheront plus la même réaction émotionnelle et physiologique.
L’hypnose ne va pas non plus vous transformer en quelqu’un qui adore les piqûres. Vous n’allez pas devenir un donneur de sang volontaire enthousiaste du jour au lendemain (sauf si vous le souhaitez vraiment, et dans ce cas, c’est possible). L’objectif n’est pas de vous faire aimer la prise de sang. L’objectif est de la rendre neutre, supportable, sans crise d’angoisse ni évanouissement.
Certaines personnes viennent me voir en pensant qu’une seule séance suffira à tout régler. C’est parfois vrai. Certaines phobies simples, récentes, avec un déclencheur clair, peuvent se résoudre en une à deux séances. Mais pour les phobies anciennes, complexes, liées à des traumatismes multiples, il faut souvent trois à cinq séances. Chaque personne est unique. Je ne promets jamais un nombre de séances précis. Je vous promets un travail sérieux, respectueux, adapté à votre rythme.
L’hypnose ne fonctionne pas non plus si vous n’êtes pas prêt à changer. Si vous venez en séance en vous disant « de toute façon, ça ne marchera pas », vous aurez raison. L’état hypnotique nécessite une certaine ouverture, une disponibilité intérieure. Ce n’est pas une question de « croire » ou de « ne pas croire ». C’est une question de laisser faire, d’accepter de lâcher prise pendant un moment.
Enfin, l’hypnose ne remplace pas un avis médical. Si vous avez une phobie du sang sévère qui vous empêche de faire des examens médicaux importants, parlez-en d’abord à votre médecin traitant. Il pourra vous prescrire un bilan, vous orienter vers un professionnel de santé mentale, ou organiser une prise de sang dans des conditions adaptées (allongé, avec un accompagnant). L’hypnose est un complément, pas un substitut.
« L’hypnose ne vous enlève pas votre peur. Elle vous apprend à lui faire une place, à la remercier, puis à passer à autre chose. C’est une danse, pas un combat. »
Vous n’avez pas besoin d’attendre une séance d’hypnose pour commencer à changer les choses. Voici des actions concrètes que vous pouvez mettre en place dès aujourd’hui.
1. Changez votre discours intérieur
Votre cerveau écoute ce que vous lui dites. Si vous vous répétez « je vais m’évanouir, je vais m’évanouir », vous programmez votre système nerveux à le faire. Essayez plutôt de vous dire : « Mon corps sait gérer ça. Je vais rester présent. Je peux ressentir les premiers signes et les accueillir sans paniquer. »
2. Apprenez la tension appliquée
C’est la technique la plus efficace pour éviter l’évanouissement. Asseyez-vous, croisez les jambes, serrez les poings, contractez les bras, les épaules, les abdominaux et les jambes. Maintenez la tension pendant 10 à 15 secondes. Relâchez. Répétez deux à trois fois avant la prise de sang. Pendant la piqûre, si vous sentez les premiers signes de malaise (chaud, points noirs, nausée), contractez immédiatement vos muscles. Cette tension empêche la chute de pression artérielle.
3. Choisissez votre moment et votre lieu
Ne vous forcez pas à faire une prise de sang quand vous êtes fatigué, stressé, ou pressé. Choisissez un créneau où vous êtes calme. Prévenez l’infirmière de votre phobie. Demandez à être allongé. Certains laboratoires acceptent de vous recevoir dans une salle de repos, avec un accompagnant. Vous avez le droit de poser des conditions.
4. Utilisez la respiration lente
Avant la piqûre, expirez lentement, plus longtemps que l’inspiration. Par exemple, inspirez sur 4 secondes, expirez sur 6 secondes. Cela active le nerf vague de façon contrôlée, et calme le système nerveux. Ne retenez pas
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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