3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comment l’hypnose aide à surmonter la peur en compétition.
Tu es sprinteur. Depuis trois saisons, tu te qualifies sans problème pour les finales régionales. Mais à chaque fois, au moment de monter dans les starting-blocks, ton cœur s’emballe, tes mains deviennent moites, et ta respiration se bloque. Tu finis sixième, alors que tu as le chrono pour gagner. Tu n’es pas le seul.
J’ai reçu Maxime, un coureur de 400 mètres, dans mon cabinet à Saintes. Il décrivait exactement ce phénomène : « C’est comme si mon cerveau appuyait sur pause au pire moment. Je vois les autres passer, mais mon corps ne répond plus. » Maxime n’était pas faible. Il n’était pas moins entraîné. Il avait juste développé une phobie silencieuse : la peur de la compétition.
Quand on parle de phobie chez un sportif, on imagine souvent la peur panique d’un objet ou d’une situation dangereuse. Mais la phobie sportive, c’est plus insidieux. C’est une réaction de survie qui se déclenche dans un contexte où il n’y a aucun danger réel. Le corps se prépare à fuir un prédateur, alors que tu es simplement sur une ligne de départ. Et plus tu essaies de contrôler cette peur, plus elle s’ancre.
Dans cet article, je vais te montrer comment l’hypnose ericksonienne, combinée à la préparation mentale, peut transformer cette peur paralysante en un allié. Je vais te parler de mécanismes, de cas concrets, et te donner des clés pour commencer à travailler dès aujourd’hui.
« La peur n’est pas un ennemi à abattre. C’est un signal à décoder. Quand tu arrêtes de la combattre, elle cesse de te dominer. »
Beaucoup de sportifs que je reçois pensent que leur peur est un défaut de mental. Ils se disent : « Je manque de confiance », « Je suis trop sensible », « Je n’ai pas le mental d’un champion ». C’est faux. La phobie sportive est un processus neurophysiologique normal, mais qui s’est mal programmé.
Imagine ton cerveau comme un système d’alarme. Normalement, il détecte un danger réel (un tacle dangereux, une chute imminente) et déclenche une réponse de survie : accélération du rythme cardiaque, libération d’adrénaline, muscles tendus. Chez un sportif phobique, cette alarme se déclenche pour un faux danger : un public qui regarde, un adversaire plus rapide, un enjeu important.
Pourquoi ? Parce que ton cerveau associe inconsciemment un stimulus neutre (le bruit du starter, le regard des spectateurs) à une expérience passée désagréable. Peut-être as-tu vécu une contre-performance humiliante il y a des années, ou un accident lors d’un entraînement. Cette mémoire émotionnelle s’est stockée dans l’amygdale, une petite zone du cerveau qui gère les émotions. Depuis, chaque fois que tu te retrouves dans une situation similaire, l’amygdale envoie l’ordre : « Danger ! Prépare-toi à fuir ou à te figer. »
Et voilà le piège : plus tu essaies de raisonner cette peur, plus tu la renforces. Le cortex préfrontal (la partie rationnelle) dit : « Calme-toi, c’est juste une course. » Mais l’amygdale ne comprend pas le langage. Elle répond aux signaux corporels. Alors, quand tu te dis « ne stresse pas », ton corps interprète « stresse » et amplifie la réaction. C’est le cercle vicieux de la phobie.
Maxime, le coureur de 400 mètres, avait vécu une chute en finale régionale trois ans plus tôt. Il s’était relevé, avait fini dernier. Rien de grave en apparence. Mais son cerveau avait enregistré l’image du public qui le regardait, le bruit des starter, la douleur de la chute. Depuis, chaque compétition réactivait cette mémoire. Il n’avait pas peur de la course. Il avait peur de revivre cette humiliation.
Comprendre cela est libérateur. Tu n’es pas faible. Tu as simplement un système d’alarme mal calibré. Et la bonne nouvelle, c’est qu’on peut le recalibrer.
L’hypnose ericksonienne, nommée d’après le psychiatre Milton Erickson, est une approche douce et indirecte. Contrairement à l’hypnose de spectacle, elle ne te fait pas perdre le contrôle. Au contraire, elle t’aide à accéder à des ressources inconscientes que tu possèdes déjà, mais que tu n’utilises pas en compétition.
Voici comment ça fonctionne concrètement pour une phobie sportive.
D’abord, on installe un état de conscience modifié. Pas un sommeil, mais un état de relaxation profonde où ton esprit critique s’apaise. Dans cet état, ton cerveau est plus réceptif aux suggestions. C’est un peu comme quand tu es dans le train, que tu regardes défiler le paysage, et que tu es à la fois présent et ailleurs. Cet état permet de contourner le filtre du cortex préfrontal et d’atteindre directement l’amygdale.
Ensuite, on utilise des métaphores et des suggestions indirectes. Par exemple, pour Maxime, j’ai utilisé l’image d’un baromètre intérieur. « Imagine que ta peur est une aiguille de baromètre. Quand elle monte trop haut, elle bloque tout. Mais si tu apprends à la descendre doucement, elle devient un indicateur de pression, pas un frein. » Cette métaphore lui a permis de visualiser la peur comme un outil, pas comme un ennemi.
L’étape suivante est la dissociation. On apprend au sportif à se détacher de la peur. Par exemple, je guide : « Tu peux observer ta peur comme si tu regardais un nuage passer dans le ciel. Tu n’es pas le nuage. Tu es celui qui le regarde. » Cette simple distance change tout. La peur devient une sensation temporaire, pas une identité.
Enfin, on ancre une ressource. On associe un geste ou un mot à un état de calme et de confiance. Pour un footballeur que j’accompagnais, c’était de toucher son brassard avant chaque penalty. Pour Maxime, c’était de souffler trois fois en fermant les yeux. Ce geste devient un interrupteur. En compétition, il suffit de l’activer pour redescendre le niveau de stress.
« L’hypnose ne supprime pas la peur. Elle te donne une télécommande pour en régler le volume. »
L’hypnose seule est puissante. Mais je l’associe souvent à l’IFS (Internal Family Systems), un modèle qui considère que notre psyché est composée de plusieurs « parties ». Chaque partie a une intention positive, même celle qui te paralyse.
Quand un sportif arrive avec une phobie, une partie de lui veut le protéger. Elle dit : « Si tu échoues encore, tu vas souffrir. Alors je vais te figer pour t’éviter cette douleur. » Cette partie n’est pas malveillante. Elle est juste maladroite. Elle utilise une stratégie de survie inadaptée au contexte.
Avec l’IFS, on ne combat pas cette partie. On l’écoute. Je demande au sportif : « Quelle est l’émotion derrière cette peur ? Qu’est-ce que cette partie essaie de te dire ? » Souvent, c’est une peur plus ancienne : peur du jugement parental, peur de décevoir, peur de ne pas être aimé. La phobie sportive n’est que la pointe de l’iceberg.
Prenons l’exemple de Laura, une footballeuse de 22 ans. Elle avait une peur panique de rater un penalty. À chaque séance, elle tremblait. En IFS, on a découvert une partie d’elle-même, âgée de 8 ans, qui avait vécu une humiliation en cours de sport. Un professeur l’avait ridiculisée devant toute la classe. Cette partie était toujours là, terrifiée à l’idée de revivre cette honte. Une fois que Laura a pu accueillir cette petite fille avec compassion, la peur du penalty a diminué de 70 % en deux séances.
L’IFS et l’hypnose se complètent parfaitement. L’hypnose installe un état de sécurité et de réceptivité. L’IFS donne un cadre pour dialoguer avec les parties. Ensemble, ils permettent de désactiver la phobie à la racine, pas seulement en surface.
L’hypnose et l’IFS travaillent sur l’inconscient. Mais la préparation mentale vient structurer le conscient. C’est le versant actif et concret du duo.
Beaucoup de sportifs pensent que la préparation mentale, c’est juste se répéter « je suis fort, je suis fort ». C’est une erreur. La préparation mentale, c’est un entraînement systématique de l’esprit, comme on entraîne un muscle. Et quand on a une phobie, il faut des stratégies spécifiques.
1. La respiration carrée. C’est la base. Inspire 4 secondes, bloque 4 secondes, expire 4 secondes, bloque 4 secondes. Ça force le système parasympathique à s’activer. En compétition, ça redescend le rythme cardiaque en 30 secondes.
2. La visualisation de scénario. Au lieu de visualiser uniquement la réussite (ce qui peut créer de la pression), on visualise aussi les imprévus. « Tu es sur la ligne, le starter tarde, tu sens la peur monter. Et là, tu respires, tu touches ton ancrage, et tu te recentres. » En répétant ce scénario, le cerveau apprend à gérer la peur en direct.
3. La réinterprétation physiologique. Les symptômes de la peur (cœur qui bat, sueurs, mains qui tremblent) sont presque identiques à ceux de l’excitation. On apprend au sportif à les étiqueter différemment. « Mon cœur bat vite ? C’est mon corps qui se prépare à performer. » Ce simple changement de mot modifie la chimie cérébrale.
4. La routine pré-compétition. On crée une séquence fixe de gestes (s’étirer, respirer, se toucher l’épaule, visualiser un point). Cette routine ancre le cerveau dans un état familier. Elle devient un refuge quand l’anxiété monte.
Pour un footballeur que j’accompagnais, sa routine était : trois pas à droite du ballon, deux respirations, regard vers le gardien, puis tirer. Il avait une phobie des penalties depuis deux saisons. Après six semaines de travail, il a transformé sa peur en concentration. Il m’a dit : « Maintenant, je ne pense plus à rater. Je pense à ma routine. »
Je vais te partager un cas anonymisé pour illustrer tout cela.
Sophie, 34 ans, coureuse amateur. Elle participait à des 10 km depuis cinq ans. Mais depuis un an, elle développait une anxiété croissante avant chaque course. Au départ, elle tremblait, avait des nausées, et son rythme cardiaque montait à 180 battements par minute avant même de courir. Résultat : elle abandonnait au bout de 3 km, ou finissait avec un chrono très en dessous de son potentiel.
Elle est venue me voir. Lors de la première séance, on a utilisé l’hypnose pour explorer l’origine. Elle a revécu une course où elle avait été prise de malaise en plein effort, avec une sensation d’étouffement. Son cerveau avait associé le départ de course à ce danger.
On a travaillé en trois phases.
Phase 1 : Hypnose et IFS. On a accueilli la partie d’elle qui avait peur. C’était une partie protectrice, qui voulait l’empêcher de revivre ce malaise. Sophie a pu lui dire : « Je te remercie de me protéger, mais aujourd’hui je suis en sécurité. » On a ancré un geste : poser la main sur son sternum en inspirant.
Phase 2 : Préparation mentale. On a construit une routine pré-course : 10 minutes avant le départ, elle s’isolait, respirait en carré, visualisait le parcours, et se répétait : « Mon corps sait quoi faire. Je suis prête. » On a aussi travaillé la réinterprétation des symptômes : « Mon cœur bat vite, c’est l’excitation de courir. »
Phase 3 : Exposition progressive. On a simulé en hypnose des départs de course, en augmentant progressivement l’intensité des sensations. Puis elle a fait des courses d’entraînement avec des départs simulés. Enfin, une vraie course.
Le résultat : Sophie a couru son 10 km trois mois plus tard. Elle a terminé avec un chrono de 48 minutes, son meilleur temps depuis deux ans. Elle m’a dit : « La peur était là, mais elle était petite. Je l’ai regardée, je l’ai accueillie, et j’ai couru avec elle. »
« La phobie ne disparaît pas toujours complètement. Mais elle cesse d’être le pilote. C’est toi qui reprends le volant. »
Je veux être honnête avec toi. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer ta peur en une séance. Elle ne va pas transformer un sportif anxieux en champion olympique du jour au lendemain. Et elle ne remplace pas un entraînement physique sérieux.
Voici ce qu’elle fait concrètement :
Mais elle exige un engagement de ta part. Les séances en cabinet sont un laboratoire. Le vrai travail se fait sur le terrain, en compétition. Tu dois répéter les exercices, ancrer les routines, et accepter que la peur puisse encore pointer son nez. La différence, c’est qu’elle ne te dominera plus.
Certains sportifs viennent en espérant une « réparation rapide ». Ce n’est pas comme ça que ça marche. La phobie s’est construite sur des mois ou des années. La déconstruire prend du temps. Mais chaque séance te rapproche d’un état où la compétition redevient un plaisir, pas une épreuve.
Tu n’as pas besoin d’attendre un rendez-vous pour commencer. Voici trois actions concrètes que tu peux mettre en place aujourd’hui.
1. Identifie ton déclencheur précis. Prends un carnet. Note la dernière fois où tu as ressenti une peur intense en sport. Où étais-tu ? Qu’as-tu vu, entendu, senti ? Quelle était la première pensée qui a traversé ton esprit ? Plus tu es précis, plus tu aides ton cerveau à localiser le problème.
2. Pratique la respiration carrée 3 fois par jour. Pas besoin d’être en compétition. Au réveil, à midi, le soir. Inspire 4 secondes, bloque 4, expire 4, bloque 4. Fais 5 cycles. Ça habitue ton système nerveux à redescendre. En course, tu pourras l’utiliser en 30 secondes.
3. Change ton discours intérieur. Au lieu de dire « j’ai peur », dis « je ressens une activation ». Au lieu de « je vais échouer », dis « je suis en train de me préparer à performer ». Ce n’est pas du déni. C’est une réorientation de l’attention. Ton cerveau croit ce que tu lui dis.
Ces trois exercices sont simples. Mais ils sont puissants. Si tu les fais pendant une semaine, tu verras déjà une différence. La peur sera peut-être encore là, mais elle sera moins bruyante.
Je sais ce que tu ressens. Cette boule au ventre avant une course. Cette voix intérieure qui dit « et si ça rate ? ». Cette impression d’être le seul à ne pas y arriver. Mais tu n’es pas seul
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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