3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Des pratiques douces pour retrouver la sérénité.
Vous les reconnaissez ? Ces moments où une réaction vous échappe, où une peur irrationnelle vous submerge, où vous vous entendez dire ou faire des choses que vous regrettez ensuite, sans vraiment comprendre pourquoi. Par exemple, ce manager de 45 ans qui, avant chaque réunion d’équipe, sent son cœur s’emballer, sa gorge se serrer, et qui se met à bégayer. Pourtant, il connaît son sujet, il est compétent. Mais à cet instant précis, ce n’est pas lui qui parle. C’est une partie de lui, bien plus jeune, qui revit une scène de son enfance : le regard sévère de son père, la peur de ne pas être à la hauteur, l’impression de devoir prouver sa valeur à chaque seconde. Cette partie, en IFS (Internal Family Systems – Système Familial Intérieur), on l’appelle une partie exilée, souvent un enfant intérieur anxieux. Elle porte des émotions et des croyances douloureuses que le reste du système a tenté de contenir, de cacher, de contrôler. Mais elle continue d’influencer vos comportements, vos choix, vos relations, parfois de façon discrète, parfois bruyante. Le but de l’IFS n’est pas de la faire taire, de la réprimer ou de la « guérir » comme on soignerait une maladie. Il s’agit de l’accueillir, de comprendre son rôle, de la libérer de son fardeau. Et cela passe par des pratiques concrètes, douces, que vous pouvez expérimenter seul, chez vous, sans précipitation. Voici trois exercices pour entrer en relation avec votre enfant intérieur anxieux, pour l’apaiser de l’intérieur, sans le renforcer.
Avant de plonger dans les exercices, il est essentiel de saisir la logique du système. Imaginez votre psyché comme une famille intérieure. Il y a des parties qui gèrent, qui organisent, qui protègent : ce sont les manager et les pompiers. Le manager, c’est celui qui vous dit « Il faut être parfait, ne rien laisser au hasard, anticiper tous les scénarios ». Il essaie de contrôler l’environnement pour que l’enfant intérieur anxieux ne se réveille pas. Le pompier, lui, agit en urgence : quand l’anxiété devient trop forte, il vous pousse à grignoter, à scroller sur votre téléphone, à boire un verre, à vous isoler. Il éteint le feu émotionnel à tout prix, mais ses solutions sont rarement durables.
Et puis il y a l’exilé. Cet enfant intérieur porte la vulnérabilité originelle. Il s’est formé lors d’un événement passé – une humiliation, une séparation, un sentiment d’abandon, un choc – où vous n’aviez pas les ressources pour faire face. Il a été « exilé » dans un coin de votre psyché parce que ses émotions étaient trop intenses, trop dangereuses à ressentir pour le système. Mais il ne disparaît pas. Il continue d’envoyer des signaux : une boule au ventre, une sensation d’oppression, une voix intérieure qui répète « Je ne suis pas assez bien », « Je vais être rejeté », « Il va arriver quelque chose de grave ». L’anxiété chronique est souvent la voix de cet exilé qui crie pour être entendu, mais que les managers et pompiers tentent de réduire au silence.
L’IFS propose un changement de paradigme : au lieu de lutter contre l’anxiété (ce que font les managers et pompiers), vous allez apprendre à vous en approcher avec curiosité et compassion. Vous allez devenir le Self – cette partie de vous qui est calme, confiante, connectée, créative. Le Self n’a pas besoin de chasser l’anxiété. Il peut simplement être présent, accueillir l’enfant intérieur, et lui offrir ce dont il a manqué : une présence sécurisante, inconditionnelle. Les exercices qui suivent sont des passerelles vers ce Self, des gestes concrets pour que vous puissiez, pas à pas, vous relier à cette partie vulnérable sans vous y noyer.
Cet exercice est le plus simple à mettre en œuvre, même en pleine crise d’angoisse. Il ne demande pas de « comprendre » quoi que ce soit, juste de poser un geste physique et symbolique. Il s’inspire de la technique de grounding (ancrage) mais intègre une dimension relationnelle avec l’enfant intérieur.
Quand l’utiliser ? Dès que vous sentez l’anxiété monter : avant une réunion, dans les transports, au réveil, ou lors d’une rumination mentale.
Comment faire ?
« Ce n’est pas la technique qui guérit, c’est la présence. Quand vous posez votre main sur votre cœur, vous dites à votre système nerveux : ‘Je ne suis plus seul dans cette peur.’ » – Thierry Sudan
Pourquoi ça marche ? La main sur le cœur active le nerf vague, le principal nerf parasympathique qui calme le système nerveux. Associée à la parole d’accueil, elle envoie un signal de sécurité à l’amygdale (le centre de la peur) : « Il y a un adulte ici, je peux baisser la garde. » L’enfant intérieur, qui ne peut pas être raisonné par la logique, comprend ce langage corporel et émotionnel. Il se sent porté. Ce n’est pas une solution miracle, mais une porte d’entrée. Avec la répétition, cette main devient un réflexe, un rappel immédiat que vous n’êtes pas seulement votre anxiété, mais aussi celui ou celle qui peut la contenir.
Celui-ci demande un peu plus de temps et d’intention. Il est idéal en fin de journée, ou le week-end, quand vous êtes tranquille. L’idée est de donner une voix, un espace, à l’enfant intérieur anxieux, non pas pour le laisser déborder, mais pour l’écouter activement.
Préparation : Installez-vous confortablement, dans un endroit calme. Vous pouvez avoir un carnet et un stylo. Placez deux chaises en face à face, ou imaginez simplement deux espaces distincts : l’un pour vous (votre Self adulte), l’autre pour l’enfant intérieur. Si vous préférez, vous pouvez aussi personnifier l’enfant avec un objet (un coussin, une peluche).
Les étapes :
Pourquoi ça marche ? Cet exercice permet de sortir du schéma habituel : soit vous êtes identifié à l’anxiété (vous êtes l’enfant), soit vous la combattez (vous êtes le manager). Ici, vous créez une relation. L’enfant intérieur cesse d’être un symptôme à éliminer pour devenir une personne à connaître. Et quand il se sent connu, sa charge émotionnelle baisse. Il n’a plus besoin de crier aussi fort. C’est un processus, pas une performance. Certains dialogues durent 2 minutes, d’autres 20. L’important est la régularité. Un petit pas chaque jour ou chaque semaine est plus efficace qu’une longue session une fois par mois.
Cet exercice est plus introspectif, presque rituel. Il permet de donner une forme narrative à la relation que vous construisez avec votre enfant intérieur. L’écriture a ce pouvoir de fixer les choses, de les rendre réelles, et de créer une distance salutaire.
Quand l’utiliser ? Après avoir fait l’exercice de la chaise vide une ou deux fois, ou lorsque vous avez identifié une situation récurrente qui déclenche l’anxiété.
Comment faire ?
Pourquoi ça marche ? L’écriture active le cortex préfrontal, la partie rationnelle du cerveau. En écrivant, vous ne vous laissez pas submerger par l’émotion brute. Vous la mettez en forme, en mots. Vous devenez le narrateur de votre histoire, pas seulement son personnage. L’enfant intérieur, lui, reçoit un message tangible, une preuve que quelqu’un (vous) se souvient de lui, le prend au sérieux, et s’engage à ses côtés. C’est une réparation symbolique, mais profondément réelle pour le système nerveux.
Soyons honnêtes. Ces trois pratiques ne vont pas faire disparaître l’anxiété en une semaine. Elles ne remplacent pas un accompagnement thérapeutique si votre souffrance est envahissante, si vous avez des antécédents de traumatismes complexes, ou si vous vous sentez régulièrement submergé au point de ne plus fonctionner. Dans ces cas, un professionnel formé à l’IFS ou à d’autres approches somatiques (EMDR, Somatic Experiencing) est indispensable. L’IFS en solo a ses limites : on peut parfois entrer en contact avec des parties très douloureuses sans avoir les ressources du Self pour les contenir. Si vous sentez que cela vous fragilise plus que ça ne vous aide, arrêtez-vous et cherchez un thérapeute.
Ces exercices sont des pratiques d’entraînement. Comme on va à la salle de sport pour renforcer un muscle, on fait ces gestes pour renforcer la connexion avec le Self. Au début, c’est bancal, on oublie, on doute. Puis, progressivement, un réflexe s’installe. Vous commencez à reconnaître la voix de l’enfant intérieur non plus comme une menace, mais comme un signal. Vous apprenez à dire, intérieurement : « Ah, tiens, la
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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