3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Reconnaître les symptômes d'un trauma enfoui au quotidien.
« Je n’arrive pas à m’arrêter de courir après la perfection. » C’est ce que m’a confié Jérémie, 42 ans, cadre commercial, dès les premières minutes de notre rencontre. Il était venu pour « un problème de stress au boulot », mais très vite, la conversation a dérivé vers cette sensation étrange : celle de ne jamais en faire assez, de se sentir coupable dès qu’il lève le pied. En apparence, tout allait bien : une carrière solide, une famille aimante, une santé correcte. Pourtant, il y avait ce poids invisible. Ce n’est pas un hasard si je commence par Jérémie. Son histoire est emblématique de ce que je vois presque chaque jour dans mon cabinet à Saintes : des adultes compétents, lucides, parfois brillants, qui portent en silence une blessure ancienne. Une blessure qui n’a pas été guérie. Et qui continue de dicter leurs choix, leurs réactions, leurs émotions.
Cette blessure, nous la portons tous à des degrés divers. Elle n’est pas le fruit d’un drame spectaculaire – même si cela arrive. Le plus souvent, elle naît de petites choses répétées : un parent trop exigeant, une phrase assassine entendue à l’école, un sentiment d’abandon lors d’une séparation. L’enfant que nous étions n’a pas pu digérer ces événements, et il a construit des stratégies de survie. Problème : ces stratégies, adaptées à l’époque, deviennent aujourd’hui des prisons. Comment savoir si votre enfant intérieur porte une blessure non guérie ? Voici trois signes qui ne trompent pas.
C’est le signe le plus visible, et souvent le plus déroutant. Vous êtes en pleine discussion avec votre conjoint(e). Il ou elle vous fait une remarque anodine – sur la manière dont vous avez rangé la vaisselle, par exemple. Et soudain, vous sentez une bouffée de colère ou de tristesse monter, bien plus forte que ce que la situation mérite. Vous vous entendez dire des mots que vous regrettez aussitôt, ou vous vous refermez comme une huître. Après coup, vous vous dites : « Mais pourquoi j’ai réagi comme ça ? C’était rien. »
Cette disproportion est un signal d’alarme. Elle indique que la situation présente a touché une corde sensible, une ancienne blessure. En hypnose ericksonienne et en IFS (Internal Family Systems), nous appelons cela une « activation ». Une partie de vous – souvent un « protecteur » – se réveille pour vous défendre contre une menace qui n’existe plus. Mais pour cette partie, la menace est bien réelle. Elle revit une scène ancienne. Par exemple, si petit, on vous a reproché de ne pas être assez ordonné, la remarque sur la vaisselle peut résonner comme une accusation fondamentale sur votre valeur.
Prenons un cas concret. Une patiente, appelons-la Sophie, venait me voir parce qu’elle explosait systématiquement quand son mari lui disait « On pourrait peut-être discuter de ça ? ». Pour elle, cette phrase déclenchait une panique intérieure. En explorant avec l’IFS, nous avons découvert une petite fille de 7 ans qui avait été convoquée par ses parents pour « discuter » de ses mauvaises notes – et qui s’était sentie humiliée, jugée, impuissante. Aujourd’hui, la phrase de son mari activait exactement le même circuit émotionnel. La réaction disproportionnée n’était pas un caprice d’adulte : c’était le cri de détresse d’un enfant intérieur qui n’avait jamais été entendu.
Ce mécanisme est universel. Il peut se manifester par des larmes incontrôlables devant un film, une rage soudaine dans un embouteillage, ou une angoisse paralysante avant une réunion. Si vous vous reconnaissez dans cette description, posez-vous cette question : « Quelle était la première fois où j’ai ressenti cette émotion aussi intensément ? » Souvent, la réponse vous ramène à l’enfance.
« Quand une réaction semble démesurée, ce n’est pas l’adulte qui répond. C’est l’enfant qui crie à travers lui. » — Observation clinique, cabinet de Saintes, 2023.
Un deuxième signe majeur, c’est cette sensation d’être constamment sous pression pour que tout soit « parfait ». Pas seulement au travail – dans les relations, l’organisation domestique, l’apparence physique. Vous avez l’impression que si vous lâchez prise une seconde, tout va s’effondrer. Vous êtes peut-être perçu(e) comme une personne fiable, rigoureuse, voire obsessionnelle. Mais à l’intérieur, c’est une course épuisante. Vous ne vous autorisez pas l’erreur, et quand elle arrive, vous vous flagellez mentalement.
Ce besoin de contrôle est presque toujours lié à une blessure d’abandon ou de rejet. L’enfant intérieur a appris très tôt que pour être aimé, il devait être « parfait ». Peut-être que vos parents ne vous accordaient de l’attention que lorsque vous réussissiez. Peut-être que vous avez grandi dans un environnement imprévisible où vous deviez anticiper les humeurs des adultes pour vous sentir en sécurité. Dans les deux cas, une partie de vous a pris le pouvoir : le « manager » ou le « perfectionniste ». Son job ? Vous protéger en évitant toute critique, tout rejet, toute imperfection qui pourrait raviver la douleur originelle.
Je pense à Marc, un sportif de haut niveau que j’accompagne en préparation mentale. Il courait le marathon en 2h30, mais il n’était jamais content. Chaque course était une déception, car il trouvait toujours un détail à améliorer. Il se réveillait la nuit pour vérifier son planning d’entraînement. En séance, nous avons exploré son enfance : son père, absent la plupart du temps, ne s’intéressait à lui que lorsqu’il gagnait une compétition. Le petit Marc avait conclu : « Je ne vaux que si je gagne. » Aujourd’hui, même adulte, il court après cette validation impossible. Le besoin de contrôle n’est pas une faiblesse de caractère : c’est une stratégie de survie émotionnelle.
Ce signe peut aussi se manifester par une difficulté à déléguer, une anxiété face à l’imprévu, ou une tendance à tout planifier dans les moindres détails. Vous êtes peut-être du genre à arriver en avance à tous vos rendez-vous, à vérifier trois fois que la porte est fermée, ou à refaire votre liste de courses si un élément manque. Rassurez-vous : ce n’est pas un diagnostic de trouble obsessionnel. C’est juste votre enfant intérieur qui essaie de maîtriser un monde qu’il a vécu comme chaotique. La guérison passe par lui apprendre, doucement, qu’il peut être aimé même imparfait.
Le troisième signe est un peu plus paradoxal. D’un côté, certaines personnes fuient le conflit comme la peste. Elles disent « oui » quand elles pensent « non », elles avalent leur colère, elles s’effacent pour éviter la confrontation. De l’autre, certaines personnes semblent attirer le conflit : elles cherchent la bagarre, provoquent, ont besoin de gagner chaque dispute. Ces deux comportements apparemment opposés sont en réalité les deux faces d’une même pièce : une blessure non guérie liée à la peur de l’abandon ou à la peur de l’intrusion.
Expliquons-nous. L’évitement du conflit vient souvent d’un enfant intérieur qui a appris que s’exprimer était dangereux. Peut-être que dans votre famille, on vous a appris à « ne pas faire de vagues », ou que vos émotions étaient invalidées (« Arrête de pleurer, ce n’est rien »). Pour rester en sécurité, vous avez développé un « fawn » – un comportement de soumission. Aujourd’hui, vous êtes peut-être perçu(e) comme une personne agréable, conciliante, mais vous vous sentez vide ou utilisé(e). Vous accumulez de la rancœur silencieuse.
À l’inverse, la recherche de conflit peut être une tentative maladroite de créer une connexion ou de tester la fiabilité de l’autre. Un patient, Thomas, se retrouvait régulièrement en dispute avec ses collègues. En apparence, il avait un fort caractère. En réalité, il m’a confié : « Au moins, quand on se dispute, je sais où je suis. Le silence, c’est pire. » En explorant son histoire, nous avons découvert que ses parents se parlaient à peine pendant des semaines après une dispute. Pour le petit Thomas, le silence était synonyme d’abandon. Alors, adulte, il préférait le conflit – au moins, il y avait de l’énergie, de la présence. La blessure sous-jacente était la même : une peur panique d’être invisible.
Ces deux tendances peuvent coexister chez une même personne selon les contextes. Par exemple, vous pouvez être très conciliant(e) avec votre conjoint(e), mais exploser au volant. Ou l’inverse. L’important est de reconnaître que derrière ces comportements, il y a une partie de vous qui cherche à se protéger. Cette partie n’est pas votre ennemie. Elle a juste besoin d’être rassurée autrement que par l’évitement ou l’affrontement.
Pour bien comprendre ces signes, il faut faire un petit détour par la mécanique. L’enfant que vous étiez – appelons-le votre « enfant intérieur » – n’est pas une métaphore flippante. C’est une réalité neurologique. Le cerveau de l’enfant est immature ; il ne peut pas traiter les émotions complexes comme le ferait un adulte. Quand un événement est trop douloureux (une humiliation, une perte, une négligence), l’enfant n’a pas les ressources pour l’intégrer. Il le « gèle » – il le met de côté pour survivre. Ce mécanisme de dissociation est normal, adaptatif. Mais ce qui est gelé reste actif, sous la surface.
En IFS, nous disons que chaque blessure crée ce qu’on appelle une « partie exilée ». C’est la partie de vous qui porte la honte, la peur, la solitude. Pour la protéger, d’autres parties – les « protecteurs » – se mettent en place. Le perfectionniste, l’évitant, le provocateur, l’hypervigilant… Ces protecteurs sont bien intentionnés. Ils ont été formés à une époque où ils étaient nécessaires. Mais à l’âge adulte, ils deviennent souvent des obstacles. Ils vous empêchent de vivre pleinement, d’être spontané, de faire confiance.
Prenons un exemple concret. Une enfant de 6 ans entend ses parents se disputer violemment. Elle se sent terrorisée. Pour survivre, elle se dissocie : elle se réfugie dans sa chambre, se met à lire, fait comme si de rien n’était. Cette dissocation devient un protecteur : « Si je ne ressens rien, je ne souffre pas. » Trente ans plus tard, cette femme adulte a du mal à ressentir ses émotions dans son couple. Elle est perçue comme distante, froide. Elle ne comprend pas pourquoi. La blessure originelle – la peur de l’abandon dans le conflit parental – n’a jamais été guérie. Elle est juste gelée.
C’est une question que l’on me pose souvent : « Je sais que j’ai eu une enfance difficile, j’en ai parlé en thérapie, mais pourquoi je continue à réagir comme avant ? » La réponse est subtile. La conscience intellectuelle ne suffit pas. Savoir que vous avez été humilié par votre père ne change pas automatiquement la réaction de votre corps quand votre patron vous critique. Le cerveau émotionnel (le système limbique) et le cerveau rationnel (le cortex préfrontal) ne communiquent pas directement. La blessure est encodée dans le corps, dans le système nerveux, dans des schémas automatiques.
C’est là que des approches comme l’hypnose ericksonienne et l’IFS sont puissantes. Elles ne se contentent pas de parler de l’enfant intérieur : elles créent un espace sécurisé pour entrer en contact avec lui, le reconnaître, le rassurer. En hypnose, par exemple, on peut accéder à l’état modifié de conscience où cette partie blessée peut être revisitée sans être submergée. En IFS, on apprend à dialoguer avec les protecteurs, à négocier avec eux, à libérer les exilés. Ce n’est pas un processus magique. C’est un travail patient, souvent bouleversant, mais profondément libérateur.
Un exemple marquant : une patiente qui avait une peur panique de l’abandon. Chaque fois que son ami tardait à répondre à un message, elle entrait dans une angoisse terrible. En IFS, nous avons rencontré une petite fille de 4 ans, assise seule dans une cour de récréation, attendant sa mère qui ne venait jamais la chercher à l’heure. Cette petite fille avait été « exilée ». En séance, nous avons pu lui dire : « Tu n’es plus seule. Je suis là maintenant. » Cela semble simple, mais c’est un processus qui prend du temps, car la confiance ne se reconstruit pas en un jour.
Si ces trois signes résonnent en vous, la première chose à faire est de ne pas vous juger. Votre enfant intérieur n’est pas un problème à résoudre. C’est une partie de vous qui a besoin de compassion. La culpabilité ne guérit rien. Au contraire, elle renforce les protecteurs.
Voici trois actions concrètes que vous pouvez mettre en place dès aujourd’hui :
Accueillez la réaction disproportionnée sans agir. La prochaine fois que vous sentez cette bouffée d’émotion monter – colère, tristesse, panique –, ne réagissez pas immédiatement. Prenez une respiration. Dites-vous intérieurement : « Une partie de moi est en train de réagir à quelque chose d’ancien. Je peux juste observer. » Ce simple recul crée un espace entre le stimulus et la réponse. C’est le début de la régulation.
Identifiez votre protecteur principal. Demandez-vous : « Quelle est la partie de moi qui prend le contrôle quand je me sens menacé(e) ? » Est-ce le perfectionniste ? L’évitant ? Le provocateur ? Donnez-lui un nom. Par exemple : « Ah, voilà mon manager qui veut tout planifier. » En le nommant, vous cessez de vous identifier à lui. Vous devenez le « Self » – la conscience calme et compatissante qui peut dialoguer avec cette partie.
Offrez une présence à votre enfant intérieur. Chaque soir, avant de vous endormir, fermez les yeux et imaginez-vous enfant, à l’âge où vous pensez que la blessure s’est formée. Regardez-le/la. Que ressent-il/elle ? Vous n’avez pas besoin de changer quoi que ce soit. Juste d’être là. Dites-lui : « Je te vois. Tu as fait de ton mieux. Je suis là maintenant. » Cela peut sembler étrange au début, mais c’est un puissant acte de réparation.
Ces trois signes – réactions disproportionnées, besoin de contrôle, évitement ou recherche de conflit – ne sont pas des défauts. Ce sont des indicateurs. Ils vous montrent où votre enfant intérieur a besoin d’attention. Les reconnaître est déjà un acte de courage. Beaucoup de personnes passent leur vie à les ignorer, à les compenser par le travail, les addictions, les relations toxiques. Vous, vous avez choisi de lire jusqu’ici. Cela signifie que vous êtes prêt(e) à regarder en face.
Je ne vais pas vous promettre une guérison rapide. La blessure non guérie ne se dissout pas en un claquement de doigts. Mais je peux vous dire ceci : chaque fois que vous accueillez une partie de vous avec bienveillance, vous desserrez un peu l’étau. Le chemin est fait de petites victoires. Un jour, vous surprendrez à rire franchement après avoir fait une erreur. Un autre jour, vous direz « non » sans vous excuser. Ce sont des signes que votre enfant intérieur commence à se sentir en sécurité.
Si vous sentez que ce travail résonne profondément, si vous avez besoin d’un cadre pour explorer ces blessures, je suis là. Mon cabinet à Saintes est un espace où l’on peut parler de ces choses sans jugement, avec des outils concrets – hypnose, IFS, intelligence relationnelle. Je ne suis pas un gourou, juste un praticien qui
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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